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Sorti en 1999

Réalisé par Roger Michell

Ecrit par Richard Curtis

 

Avec :

Julia Roberts >>> Anna Scott

Hugh Grant >>> Will Thacker

Rhys Ifans >>> Spike

Tim McInnerny >>> Max

Gina McKee >>> Bella

Emma Chambers >>> Honey Thcacker

Hugh Bonneville >>> Bernie

 

Dontesque ?

Un jour, une superstar américaine rentre dans le petit magasin de livres de voyage d’un libraire londonien.

 

~oOo~

Partie que j’étais en mode « Hugh Grant is the new love of my life, again » (et aussi parce que no internet => écume la dvdthèque, un peu), il allait de soi que je retomberais un jour sur Coup de Foudre à Notting Hill, qui est longtemps resté mon film de référence le concernant. En gros, s’il me fallait décider de mes trois films favoris avec Hugh Grant, là tout de suite, je choisirais, comme ça a toujours été le cas (depuis que je les ai tous découverts, bien entendu) : About a boy, Music and Lyrics (dont je vous ai déjà causé tous les deux) et Notting Hill. Cela dit, je n’avais pas revisité celui-ci depuis un bail, et j’angoissais un peu quant à ce que j’allais y trouver. Les roms-coms, cf. l’article sur Music & Lyrics, n’ont pas à rougir d’être ce qu’elles sont, mais mettons que, à mes yeux en tout cas, elles marchent en équilibre sur une corde fine. Parce qu’une rom-com repose en majeure partie sur les relations entre ses personnages, et a généralement pour « end game » de former un couple, elle doit susciter l’envie du public de voir ce couple se former, nous le présenter comme la fin la plus souhaitable à l’histoire. Or certaines roms-coms appréciées par le passé m’ont désagréablement surprise : il s’est avéré que plusieurs couples m’ayant fait rêver étant jeune étaient problématiques (plus ou moins selon le film, bien entendu), et donc pas toujours souhaitables (idem: plus ou moins selon le film). C’est à ce genre de déconvenue que je redoutais de devoir faire face en lançant Notting Hill. Heureusement : yay. Pas de déconvenue, le film me plait toujours. En revanche, il ne me plait plus pour les mêmes raisons. Bon, d’accord, maintenant comme à l’époque, Hugh Grant pèse tellement dans la balance qu’il est à deux doigts de l’exploser, mais il y a autre chose sur le plateau qui la fait pencher : ce film est super calme. Et j’adore à quel point il est calme, j’adore son silence. Mais parce que je ne suis pas (trop) chiante comme fille (ça dépend d’à qui vous demandez), j’aime aussi sa musique !

En fait, la scène de ce film qui m’avait le plus marquée était même une scène musicale : celle de Ain’t no sunshine when she’s gone. J’aime beaucoup la chanson Her qui ouvre et ferme le film (d’autant que les paroles s’accordent vraiment bien à un film dans lequel Anna, le personnage de Julia Roberts, a une présence quasi-mystique…. mais on y reviendra) mais le passage où Hugh Grant/Will marche à travers les saisons m’a toujours particulièrement plu. Je ne sais pas exactement à quoi cela tient pour être honnête. Peut-être la chanson en elle-même, que j’ai toujours aimée, peut-être le procédé visuel utilisé pour le passage des saisons, peut-être les paroles qui reflètent assez bien les sentiments de Will pour Anna (« il n’y a plus de soleil quand elle est partie, plus de chaleur quand elle s’en va, il n’y a plus de soleil quand elle est partie, et elle est toujours partie trop longtemps chaque fois qu’elle s’en va »)… plus probablement, ça tient d’un peu tout cela à la fois, mais en tout cas j’adore cette scène, et en me posant devant le film à nouveau, c’est celle que j’étais le plus impatiente de revoir. Néanmoins, je maintiens mes propos : la tranquillité de ce film a un charme particulier. Quand on y réfléchit, elle est aussi étrange. Notting Hill est rempli de choses qui devraient « faire du bruit ». Entre les paparazzis qui coursent Anna Scott, le groupe d’amis excentriques, le fait que, oui, le film contient une course en voiture contre la montre,... on pourrait s’attendre à un film plus bruyant, mais les scènes entre Anna et Will sont toujours calmes, et ils (okay, Will) parlent de façon un peu chaotique parce qu’hésitante et gênée mais très tempérée malgré tout. Spike, le colocataire extravagant de Will, qui ne travaille apparemment pas et décide de sortir en tenue de plongée parce qu’il n’avait plus rien de propre à se mettre, et trouve cela classe de toute façon, aurait été exubérant et une potentielle usine à slapstick grossier dans un autre film, mais dans ce film, bien qu’il soit effectivement utilisé comme « comic relief » farfelu, il parle finalement d’un ton calme et posé la plupart du temps, il murmure même lors de certaines scènes, et l’une de ses réactions les plus drôles est un silence méchamment embarrassé. Je sais que ça n’a pas l’air important, mais tout le long du film, je pouvais voir tous les moments, tous les instants où Notting Hill aurait pu décider de partir dans le « plus », et choisissait de jouer la note en dessous. Je l’ai adoré de le faire à chaque fois. Ce film est très reposant à regarder. Drôle, mais reposant.

Au-delà de Spike, j’évoquais le cercle d’amis excentriques de Will : ils ne le sont pas tous. En fait j’ai à moitié menti, il n’y en a réellement que deux qui semblent hors-normes : sa petite sœur, et son colocataire Spike. Les autres sont plus normaux, et certains peuvent se montrer irritants (l’un d’entre eux surtout) mais ils sont attachants pour des raisons qui leurs sont propres, et ils donnent l’impression d’être de vrais gens. Notamment, le couple marié sont des personnages que j’apprécie beaucoup. Je crois que cela tient simplement au lien très fort qu’il y a entre eux. Ils ont leurs tragédies, mais leur couple est solide, et ils y trouvent un bonheur paisible qui me plait. Deux scènes, en particulier, m’étaient restées toutes ces années, l’une d’entre elles étant une simple montée d’escalier qui a la joliesse discrète d’un quotidien plein de tendresse, et l’autre étant ce moment où Bella est sur le point d’être laissée pour compte pendant la course en voiture, et où son mari refuse tout simplement de l’exclure du grand moment. Ces deux-là me plaisent, et tous les amis de Will me plaisent, parce qu’ils forment autour de lui un cercle chaleureux et confortable, que pour le coup je lui enviais presque. Ils ne sont pas envahissants mais ils sont présents, ils donnent leur avis et se moquent de Will, mais ils ne sont pas là pour débiter des répliques cinglantes et ils soutiennent leur ami. Leur dynamique a vraiment fonctionné pour moi.

Mais bien entendu, le cœur du film reste le couple Anna/William, la love story. Encore que le véritable coup de foudre de Notting Hill, c’est surtout celui que j’ai eu pour Hugh Grant (à nouveau) hein. Will est charmant, gentil, délicieusement maladroit (son discours sur les abricots était adorable, et l’interview qu’il se retrouve obligé de conduire, complètement paumé, est une de mes scènes favorites du film), et en plus il bosse dans une libraire (où il n’y a pas de romans, okay, mais on pourra toujours arranger ça après le mariage) ! Hugh Grant est très séduisant dans ce film (je trouve), dans le registre « awkward » qu’il maîtrise si bien, et il m’a carrément fait tomber sous le charme de son rôle. Anna Scott, quant à elle, est un personnage que je trouve, comme je le disais, presque « mystique ». C’est étrange, parce que toute l’idée est qu’elle est cette figure inatteignable mais que Will et le spectateur sont invités à voir au-delà de son succès, nous sommes censés réaliser qu’au bout du compte elle n’est qu’une « fille qui se tient devant un garçon, et lui demande de l’aimer »  (très jolie scène au passage… la ligne est un peu « cheesy », mais elle marche à chaque fois sur moi, parce que Julia Roberts la vend parfaitement). Simplement, tout le long, elle a eu pour moi une présence presque flottante. Ce qui ne signifie pas que je ne l’ai pas appréciée.

A l’image de tout le film, le personnage a un quelque chose de silencieux qui m’a plu. Parfois, elle a de plus longues lignes, mais bien souvent elle ne répond que de quelques mots, et elle affiche un sourire un peu mystérieux. Elle s’énerve lors de certaines scènes, mais même lorsqu’elle s’énerve, même lorsqu’on sent que ça bout à l’intérieur, il y a une douceur, pas vraiment dans le personnage, mais dans les scènes.  C’est une chose que j’ai appréciée, et par ailleurs, j’ai aimé ce que son histoire nous dit de la célébrité, et de la façon dont le public « s’empare » de ses idoles. Les paparazzis, les journaux qui impriment des scandales qui, non, n’auront pas disparu le lendemain mais ressortiront à la prochaine affaire pour enfoncer le clou, le public qui se divertit de la vie privée des célébrités, les « objectifient », etc. Il n’y a rien de bien nouveau là-dedans, mais on vit dans un monde où j’ai le sentiment que tout cela se fait de plus en plus vrai (faut dire aussi que je côtoie des sphères où c’est poussé à son maximum, parce que ce sont des sphères dans lesquelles les idoles sont vendues au public avec une idée de proximité accrue qui les rend plus vulnérables à ce genre de choses, tandis que le public se les approprie, tombant dans l'illusion égoïste et nocive que les stars leurs appartiennent), donc ce sont des sujets qui m’intéressent. Au cours du film, je n’ai simplement pas vraiment eu le sentiment d’avoir appris à connaître Anna. C’est étonnant, dans un sens, parce que Notting Hill lui donne un contexte, et ce n’est pas comme si elle n’avait pas de personnalité, mais si c’est elle qui mène la danse en grande partie (elle décide d’embrasser Will en premier, elle décide de quand elle revient vers lui, et elle a le dernier mot), j’ai toujours eu l’impression de l’observer de loin. Faut dire : c’est le cas. Notting Hill est vécu du point de vue de Will, si bien qu’Anna nous est également montrée à travers ses yeux (elle n’a pas de scènes sans lui par exemple), et pour reprendre la façon dont Will qualifie leur première rencontre, elle donne le sentiment d’être « vraiment agréable. Surréaliste, mais vraiment agréable ». Encore que parfois elle malmenait vraiment le cœur de Will. Pas vraiment volontairement, le contexte faisait beaucoup, mais du coup je pouvais comprendre qu’il ressente l’envie de s’éloigner. Mais, non, je tenais quand même à ma fin de conte de fées où la princesse épouse l’homme de rien, et l’ « indéfiniment » que prononce Anna à la fin du film m’a toute émotionnée dites-donc :’)

En clair, j’ai beaucoup aimé ce film à nouveau, je trouve qu’il est très bon. Réaliste, non: c’est de la pure fantaisi. Mais j’avais envie que le couple principal se forme, j’ai apprécié les personnages, je me suis beaucoup amusée et tout cela en profitant du charme de l’ambiance reposante du film. Comme je le disais dans l’intro, je ne suis pas chiante comme fille, donc moi, j’en demande pas plus. Pas de déconvenue donc, et Notting Hill reste fermement ancré dans mon trio Hugh Grant.

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