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Note 1 : à la base cet article devait être posté le 8, pendant que j'étais à la Japan Expo, mais du coup OB a pas voulu. Donc il est en retard, et ça explique certains trucs dedans.

Note 2 : le désavantage d'acheter ses bouquins en anglais c'est qu'on n'a pas la version française traduite par un professionnel à citer. Donc j'ai traduit comme j'ai pu.

 

Ce ne fut que lorsque les os des premières victimes à leur avoir servi de repas furent découverts, qu'une ville frappée par la panique commença à réaliser la vraie nature et la vraie force de ces créatures noires grouillantes (avec leurs dents acérées comme des rasoirs et leur soif de sang humain). Les hommes et les rats avaient été ennemis naturels pendant des millions d'années, mais pour la première fois (de façon soudaine, choquante, et horrible), l'équilibre des forces venait de basculer.

Quatrième de couverture (traduction approximative)

Finalement, au-delà des Chair de Poule de ma jeunesse, de quelques livres éparpillés par-ci par-là, je me suis rendue compte avec tristesse que mes expériences « littérature horreur » étaient assez limitées et que j’étais beaucoup trop restée dans le Stephen King. « Ze fuck is that horizon tout petit ? » me suis-je dit « Il faut élargir tout ça ! ». Et pour commencer, je suis simplement allée me renseigner sur les livres populaires du genre. Les I’m a legend, Rosemary’s Baby et tribulations de l’ami Ctulhu, tout ça. J’en ai achetés quelques uns, dont Les Rats de James Herbert, et j’ai décidé de commencer par celui-là parce que

1/la couverture me plaisait : c’est rigolo, elle est découpée comme si des rats l’avaient grignotée… oui je m’amuse de peu

2/la couverture m’indiquait également que le livre contenait une préface de Neil Gaiman, et moi si Neil Gaiman me recommande un livre, je lui fais plutôt confiance. Une fois à l’intérieur il s’est avéré que Stephen King aussi me recommandait le bouquin, donc yay pour ça ! Encore que voici ce qu’il disait (traduit vite fait par moi, vu que j’ai acheté le livre en anglais) : « James Herbert vient vers nous les deux mains tendues, et ne se contentant pas de nous interpeler, il nous saisit par le col et se met à nous crier au visage » … et en général, déjà que je n’aime pas qu’on envahisse mon espace vital, me hurler au visage c’est juste pas possible. Mais bon, ce n’était pas littéral quoi (et je pense voir ce que Stephen King a voulu dire, parce que James Herbert ne prend pas de pincettes : il a le style direct –donc plutôt facile à lire-, et graphique –donc peut-être pas si facile à lire si vous êtes du genre vraiment faible-)

3/ le roman était court et j’avais trois jours avant de partir à la Japan Expo, donc ça m’arrangeait bien de commencer et finir quelque chose avant de partir (comme ça je pouvais emmener d’autres bouquins dans ma valise).

Bon le souci par rapport au point 3 par contre, c’est que j’avais un peu sous-estimé Les Rats. En général, mon modus operanti est que je lis tous les soirs avant de me coucher, entre 1h et 1h30 (ça dépend en gros de l’album que je mets pour m’accompagner… un truc sans paroles, généralement une OST, ma favorite pour la lecture étant celle de Dead Man parce qu’elle n’est pas intrusive). L’idée est de m’imposer une routine. Je ne m’imposerais pas de lire si je ne voulais pas lire, et le fait que j’enchaine bouquin sur bouquin, ayant pour une fois ENVIE d’aller dans mon lit, est preuve de mon enthousiasme (l’idée est aussi, justement, d’effectivement aller me coucher, et de me calmer pour mieux dormir), mais j’essaie d’encadrer parce que de base je suis quelqu’un qui aime les « cadres » (bon après si je dépasse d’un quart d’heure c’est pas la mort hein !), et aussi parce que j’ai eu un hiatus lecture hyper long, et que j’essaie de préserver mon regain de lectures en l’intégrant au cours de ma vie quotidienne (mais si, vous savez : celle dont je vous parle beaucoup trop dans tous mes articles alors que vous n’en avez rien à battre… un peu comme maintenant, en fait). Comme je lis en gros à raison de 100 pages/heure (format poche), et Les Rats ne faisant que 200 pages (dans un format un peu plus grand qu’un format poche mais c’était quasi kif-kif parce qu’il y a de l’espace sur les pages), ça ne me tiendrait pas les trois soirées, mais tant pis, je ferais 3 x 40 minutes, j’ai des cds de 40 minutes aussi. La première soirée, pas de souci, mais la seconde, j’ai écouté 2 fois mon album, parce que bordel, je voulais savoir comment le roman allait finir ! Il n’était pas question d’attendre une soirée de plus ! (et du coup le troisième soir, j’ai lu un/e mini-roman/longue nouvelle dont je vous parle bientôt)

Donc, vous l’avez compris, j’ai beaucoup aimé ce roman, je suis rentrée dedans à fond, et j’ai très envie de lire les suites (il y en a deux).

Le livre est en fait une série de portraits qui finissent dans le sang et s’articulent autour de celui d’un homme qui, ironiquement, est certainement l’un des personnages les plus lisses du roman. Cet homme, c’est Harris, un professeur qui petit à petit prend conscience de l’invasion des rats, de sa gravité, de son horreur, et se retrouve impliqué dans la lutte contre ces rongeurs infernaux. Le personnage sert parfaitement le roman, et il est sympathique, donc on se prend au jeu, mais il a moins de relief pourtant que tous les personnages de passage que l’auteur s’attache à nous décrire le temps de quelques paragraphes, histoire de nous donner le sentiment de les connaître lorsqu’il les tue aussitôt, dans des circonstances douloureuses. Cela pourrait paraître un peu frustrant, mais en vérité j’ai trouvé ça intéressant de voir Herbert dresser tous ces profils, et puis ça servait l’idée du roman qui en a après un gouvernement ayant abandonné une partie de sa population. Ce sont des gens, des personnes, qui meurent dans le sud de Londres, et pâtissent de l’insalubrité des installations dont personne ne veut s’occuper.

Maintenant, ce qui est un peu triste est que cette collection de portraits que j’ai autant appréciée m’a également posé souci parce que le roman est d’un sexisme (de son époque, peut-être, mais malgré tout) assez désolant. Certains personnages sont sexistes (mention spéciale au prêtre qui décrit l’infidélité d’un mari comme une passade commune aux hommes sur laquelle sa femme doit fermer les yeux) et ça c’est pas un souci parce que le livre ne nous demande pas de les apprécier,  mais c’est le fait que le roman tout entier le soit qui m’a gênée. Du côté des personnages masculins, on a des individus très différents, certains sympathiques, d’autres non, certains hauts placés, d’autres non, on a des scientifiques, des enseignants, des élèves, des gardiens de zoo,… et la plupart sont actifs, plusieurs prennent part à la résolution finale, etc. Du côté des femmes c’est moins reluisant. Le personnage qu’on voit le plus, Jude, la petite amie d’Harris, a pour rôle principal de lui faire à manger le matin et de coucher avec lui. Dans les autres personnages féminins : des dames dans le métro qui rêvent de romance et de rendre jalouses leurs copines avec leur nouveau mec et qui deviennent inutiles et muettes dès que les rats attaquent (heureusement un homme est là pour les prendre par la main), une demoiselle nymphomane qui a sombré dans l’alcoolisme après avoir perdu l’homme qui arrivait à la contenter, une femme mariée devenu dingue à la mort de son mari, et à l’école quand les rats débarquent les filles paniquent et les garçons s’amusent (et vu les rats en question, croyez-moi qu’il n’y a pas de quoi), etc. Voilà, c’est pas la joie quoi. Et ça m’a pas gâché la lecture, mais c’était agaçant, ça me faisait grimacer, d’autant que les personnages divers et leurs destins étaient ma partie favorite du roman.  

Un autre truc que j’ai apprécié, puisqu’on parle de « partie favorite » (teintée par le sexisme, okay, mais…) : le roman était efficace. Je n’aurais vraiment pas aimé croiser un rat, une souris ou même un hamster (LES RONGEURS C’EST LE MAL) dans ma maison à ce moment-là, et je tendais l’oreille pour repérer les bruits suspects un peu. Comme je vous le disais, Herbert ne prend pas de pincettes, et ça veut dire qu’il y a du gore dans l’affaire, des gens (comprenez par là : des vieux, des adultes, des bébés, des chiens, etc) qui se font déchiqueter vivants, avec de l’hémoglobine qu’on ne nous épargne pas,… mais ce n’est pas ça qui m’a inquiétée en vérité. Enfin, c’était pas rassurant, ça n’avait pas l’air fun de se faire bouffer vivant par une marée de rats, et j’ai retenu mon souffle chaque fois qu’un personnage se retrouvait face aux animaux en question, j’avais toujours super peur, parce que j’avais « vu » tellement de gens mourir que je savais que la menace était réelle… mais ce qui me foutait vraiment les boules, en fait, c’était la description de l’intelligence des rats.

"Il faut essayer de les suivre" fit Harris d'un ton ferme. "Ils pourraient nous mener à leur repaire."
A ses mots, le rat de tête s’arrêta pour tourner la tête vers eux. Les deux autres se figèrent puis firent de même.
Harris n'oublierait jamais la terreur qu'il ressentit en sentant se poser sur lui ces trois regards intelligents et vicieux. Ce ne fut pas juste leur taille, ou la répulsion qu'il éprouvait pour la vermine en général, qui le cloua sur place. Ce fut le fait qu'ils ne fuyaient pas, qu'ils n'essayaient pas de se cacher. Ils ne trahissaient aucune panique. Leurs trois corps immobiles, ils se contentaient d'observer les deux hommes d'un air mauvais, comme débattant de s'ils allaient nager jusqu'à eux ou reprendre leur chemin.

James Herbert (traduction approximative)

La façon dont ils regardaient leurs victimes, les jaugeant du regard. La façon dont ils ne fuyaient pas, mais n’attaquaient pas forcément tout de suite, et observaient. Je pouvais presque sentir l’intelligence méchante qu’ils devaient avoir dans les yeux. Et ça, ça me faisait sérieusement froid dans le dos.  Mais j’ai adoré que le livre arrive à me faire peur comme ça, bien entendu, et jusqu’à la fin (qui livre une dernière horreur m’ayant foutu le malaise bien comme il faut), je n’ai pas été certaine que l’humanité s’en sortirait pour être honnête. Parce que les rats étaient un raz de marée intelligent, vicieux et affamé. Pour ce que j’en savais le livre 2 pouvait bien raconter la fin des derniers réfugiés humains, et le livre 3 pouvait être dénué de personnages humains, et raconter l’établissement de la société mondiale des rats. Et au passage, je ne suis pas en train de vous dire que ce n’est pas ce que font ces livres. Déjà parce que je ne les ai pas encore lus, mais aussi parce que si vous voulez savoir à quel point l’humanité est dans la merde à la fin du premier livre, il faudra le découvrir par vous-mêmes.

Moi en attendant, malgré que j’ai tiqué sur le sexisme du roman, j’ai apprécié ma lecture, j’ai eu énormément de mal à m’en détacher, et j’ai super hâte de découvrir la suite (mais d’abord faut que je l’achète, parce qu’en fait quand j’ai acheté le premier livre, je ne savais même pas qu’il y avait des suites !), mais aussi de voir l’adaptation cinématographique (qui est apparemment assez libre). Le livre ne sera pas du goût de tout le monde, je pense, (déjà si vous avez la phobie des rongeurs, mieux vaut éviter, ça risque pas d’arranger les choses) mais si c’est un livre qui vous tente, je vous encourage à y jeter un œil (et à revenir en discuter avec moi ? :D) ~

Tag(s) : #Littérature, #Roman, #Angleterre, #Rats Trilogy, #The rats, #James Herbert, #1970s, #1974, #Animal attack, #Gore, #Animaux, #Horreur, #Survival, #Pandémie

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