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Aux origines, au plus profond de la Sibérie : un secret ancestral, protégé par une ligne d’élues, convoité par des hommes prêts à tout pour se l’accaparer. De nos jours, en Californie : Quand Zoé découvre qu’elle est la nouvelle héritière de cette lignée, il est trop tard. Les tueurs l’ont déjà identifiée et sont à ses trousses. […] Qui s’emparera du secret ? Qui sera tué ? Qui survivra ?

Quatrième de couverture abrégée

Happy Days (ou Jours Heureux en français) est une série américaine qui a connu 11 saisons, et a été diffusée de 1974 à 1984 (cette intro va quelque part). En 1977, alors que la série commençait, à priori, à s’essouffler, le personnage de Fonzie (personnage le plus populaire de la série), dans un épisode intitulé Hollywood, s’est retrouvé à sauter par-dessus un requin en ski nautique. Et ainsi fut née l’expression « to jump the shark » (« sauter par-dessus le requin ») qui désigne ce moment dans une fiction où, pour relancer l’intérêt d’un récit, son auteur écrit quelque chose d’énorme et souvent très con (par exemple : une amnésie en dernier tiers de drama... OUI C'EST TOI QUE JE REGARDE HANA YORI DANGO... entre autres). Bon, eh bah, Le Secret des Glaces (vous voyez que j’y viens !) c’est un roman qui, lui aussi, a malheureusement jump-é le shark proverbial. Mais ne nous avançons pas trop : je vais y revenir, mais d’abord prenons les choses à leur commencement. Au commencement, Dieu créa France Loisir … bon, okay... mais quelqu’un créa France Loisir. Et plusieurs années plus tard, je me suis retrouvée abonnée à France Loisir, à recevoir des bouquins tout le temps, et des bouquins que je ne choisissais jamais, parce que j’oubliais tout le temps de le faire (ma mémoire pourrie ne date pas d'hier). C’est comme ça que je me suis retrouvée avec Le Secret des Glaces, un livre de Philip Carter. Philip Carter qui est (je cite ce qu’il y a écrit sur mon bouquin) « le pseudonyme d’un célèbre auteur de best-sellers »… mais je sais pas lequel, du coup ça nous fait une belle jambe. Quant au livre, je n’en savais strictement rien non plus en l’ouvrant. Essentiellement il a juste trainé dans ma bibliothèque pendant cinq ans, et un jour je me suis dit « il serait peut-être temps que je le lise… en plus la couverture est jolie » (notez que cinq ans, c’est pas si long, y a des livres que je ne lis pas depuis bien plus longtemps que ça). Donc je l’ai lu. Et d’après le site officiel de l’auteur (enfin, du pseudonyme donc), il y a une suite (ou juste un autre livre ? C’est pas clair) de prévue… mais je la lirai pas. Parce qu’à mon sens,  l’histoire est terminée (on pourrait bien entendu rajouter des choses, mais c’est pas absolument nécessaire), et puis aussi parce que sans avoir trouvé Le Secret des Glaces excessivement mauvais, je ne dirais pas non plus que j’ai trouvé ça très bon.

Le livre, au début, m’a embarquée. On commence par le meurtre d’une femme dont on ne sait rien, on comprend qu’il y a quelque chose de gros derrière tout ça, et on revient immédiatement en arrière pour nous faire assister à une tentative d’évasion où une jeune femme et son petit ami essaient d’échapper à l’enfer d’un goulag. Le style d’écriture est facile à lire, l’action est prenante, le suspense était au rendez-vous à ce moment-là, bref j’avais très envie de savoir ce qui allait se passer, ce que j’allais découvrir. En fait, le livre est découpé en plusieurs parties. On commence avec l’évasion du goulag, on poursuit en se penchant sur la découverte du personnage masculin principal du roman (Ry) et de son frère (Dom), et ensuite on découvre le personnage féminin principal (Zoé), et jusque là tout allait bien je dois dire. Personne ne savait ce qui leur arrivait, ils courraient tous pour leur vie en essayant de reconstituer le puzzle, et moi aussi j’avais envie de reconstituer le puzzle. D’autant que j’ai bien aimé Zoé. Ry aussi, notez bien, d’autant qu’il a l’habitude des situations « vie ou mort », si bien qu’il se montre drôlement utile, mais j’ai été plus intéressée par Zoé parce que le roman adopte largement plus son point de vue (ce qui a pour effet de lui donner plus de personnalité), et parce qu’elle est jetée dans cette situation sans y être adaptée, ce qui fait qu’il m’a été plus facile de m’identifier à elle, vu que moi non plus je ne serais pas adaptée au type de situation dans laquelle elle se trouve. Cela dit, quand je dis « pas adaptée », ça veut dire qu’elle flippe et n’a pas l’entraînement de Ry, mais Zoé est quand même carrément bad-ass, prouvant au fil du roman qu’elle n’a pas froid aux yeux, et qu’elle a une sacrée ressource. Ce qui est drôlement cool aussi. Non, jusque là, vraiment, tout allait bien. C’était pas un livre qui allait changer ma vie et secouer les tréfonds de mon âme, mais ça faisait un bon thriller qui se lisait vite et bien, et me gardait en suspense. Là où j’ai commencé à décrocher, en fait, c’est lorsque les personnages ont fini par se rencontrer et s’échanger les infos qu’ils avaient. Pour plusieurs raisons. Dont je vais faire une liste. Becoz I have un cas très prononcé de flemmite aigue. Mes raisons donc :

=> Il est arrivé un moment où j’avais le sentiment désagréable d’en savoir plus que les personnages principaux. J’avais recollé pas mal de trucs, j’avais l’avantage de croire à ce en quoi ils ne voulaient pas croire, et puis forcément j’avais eu l’intro pour me donner des indices. Il y a aussi des choses que j’avais simplement devinées, et bref, tout ça a fait que lors de certains twists, je suis restée de marbre, et surtout le suspense n’était plus si intense. Ce qui est quand même un peu con dans un roman qui tombe autant dans la catégorie « thriller ». Le suspense manquant, il restait l’action, et elle était sympa effectivement, mais au bout d’un moment, j’en suis venue à regretter que cette histoire ne soit pas un film. Parce que ça ferait un film sympa, et que dans un film on peut VOIR l’action. Et je ne dis pas qu'elle ne peut pas embarquer dans un roman (clairement), mais s’il arrive un moment où l’action spectaculaire est 90% de la raison pour laquelle je lis quelque chose (faut dire qu’elle interrompait souvent le reste),… autant que le spectacle soit visible.

=> J’aurais pu me passer de la romance. Je ne dirais pas qu’elle m’a profondément dérangée, et dans un sens je comprends pourquoi elle existe (les romances des gardiennes, l’amour en général, et ce qu’il peut nous pousser à faire sont un thème du roman), mais quand elle s’est concrétisée, j’ai juste poussé un soupir entendu, parce qu’elle ne m’a pas embarquée plus que cela. Disons que l’amour qu’il y a entre les deux personnages m’a semblé un peu… « trop profond trop vite », en gros. Enfin, c’est pas un problème majeur du roman, juste un petit truc qui m’a fait dire « meh » (j’ai toujours des réflexions puissantes de ce genre).

=> Le roman a jump-é le shark, donc. Alors, je ne peux pas exactement vous dire comment, parce que ce serait vous spoiler et que ce serait la pire chose à faire avec ce type de roman, mais mettons qu’à un moment donné les personnages lisent une lettre qui explique un peu la situation, et qu’à ce moment-là on découvre que notre situation est liée à une autre situation plus grande. Pour faire un parallèle, prenez le film la Momie dans lequel des gens découvrent une momie vivante dans une pyramide (en gros… ça fait longtemps que j’ai pas vu le film). C’est déjà plutôt intéressant, non ? Maintenant imaginez que le film décide de faire le lien entre cette histoire-là et la théorie complotiste qui veut que les extra-terrestres aient bâti les pyramides. Ce retournement (inutile) rend le tout trop gros, ça casse la crédibilité de l’ensemble (je sais, je sais, ni la Momie ni le Secret des Glaces ne sont vraiment « crédibles », mais ça casse la « suspension consentie de l'incrédulité »), et vous avez à peu près ce que j’ai ressenti face au roman. Bref, le roman, à mes yeux, a jumpé le poisson, et des fois que vous n’ayez pas suivi, cabrioler par-dessus la poiscaille, c’est pas indiqué.

Je n’ai pas détesté le Secret des Glaces du tout. En fait, c’était intéressant au début de voir les personnages en cavale (ils vont en France au début wouhou ! … et la France est sacrément stéréotypée, y a même, littéralement, un type en béret qui se balade avec une baguette dites-donc !), et la première moitié du roman m’a tenue en haleine. C’est la seconde moitié qui a perdu de la vitesse à mon goût, et à la fin, je n’ai lu les derniers chapitres que parce que… bah… j’avais commencé le livre, donc autant le finir hein. Je ne dirais pas non à une adaptation au cinéma (ce serait pas le film le plus subtil au monde, mais ce serait divertissant), mais je ne relirai probablement jamais ce bouquin, et compte plutôt le laisser dans un « arbre aux livres » (super initiative, et je suis drôlement contente que ça existe dans ma ville) en espérant qu’il plaise plus, jusqu’au bout, à quelqu’un d’autre qu’à moi.

Tag(s) : #Littérature, #Roman, #Le secret des glaces, #Philip Carter, #2010s, #USA, #2011, #Thriller, #Policier, #Action, #Fuck la loi, #Fantastique

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