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Au Bengale, l’amour suit des chemins sinueux avant de triompher : quand le sérieux Apurbo tombe amoureux de Mrinmayi, une jeune villageoise vive et espiègle, et décide de l’épouser, sa mère se met alors en tête de transformer Mrinmayi en parfaite femme au foyer. Mais la jeune femme se révèle rétive et seul l’amour d’Apurbo pourra lui redonner sa joie de vivre.

Giribala n’est encore qu’une petite fille lorsqu’elle vient demander à Sashi de lui apprendre à lire. Le temps passe, Giribala grandit, mais Sashi, absordé par ses préoccupations d’adulte, ne comprend pas qu’elle attend de lui d’autres leçons…

Quatrième de couverture

Au final, j’ai décidé, après Le meurtre d’O-Tsuya, qu’il était quand même temps de liquider ce coffret Folio (qui, au passage, nous fait rêver d’Orient mais surtout de Japon, parce qu’il y a trois auteurs japonais sur cinq quand même) , et je me suis donc attaquée (« attaquée », « liquider », je suis drôlement violente aujourd’hui moi) au petit livre (oui, petit, donc au passage je précise que les articles seront courts aussi) suivant, à savoir La petite mariée, qui regroupe deux nouvelles écrites par Rabindranath Tagore, un auteur indien apparemment très célèbre, mais que je ne connaissais pas parce que je suis inculte comme ça. Ces deux histoires sont extraites de son recueil Le vagabond et d’autres histoires, et s’intitulent La petite mariée, et Nuage et soleil. Et la quatrième de couverture m’avait dit que l’auteur allait faire rimer émotion et passion, or bien sûr, il faut toujours croire la quatrième de couverture (après tout, c’est pas comme si elle avait un bias commercial), donc j’en attendais beaucoup. Non, plus sérieusement, j’étais curieuse de voir ce que ça allait donner. Et je dois dire que la première chose que j’ai dû faire, pour le coup, a été de mettre certaines choses « de côté » dans ma tête. C’est-à-dire qu’on se retrouve avec des petites filles qui se retrouvent mariées à des types ayant dix ans de plus qu’elles, sans qu’elles aient leur mot à dire, et mettons que c’est pas exactement un procédé que j’approuve. Mais question de culture et d’époque j’imagine, j’ai tâché de ne pas me laisser arrêter. Et, alors, ai-je réussi à apprécier ces deux histoires ?

Pour ce qui est de la première : non. Et pourtant, c’est très joliment écrit, tout comme le reste de ce petit livre. L’auteur a clairement le don pour trouver de très belles métaphores, et l’écriture n’est pas bien compliquée, mais malgré tout très riche en couleurs, en « texture » et en sensations car elle évoque énormément d’images. C’est très agréable à lire. Mais l’histoire en soi ne m’a pas embarquée du tout. En fait, j’ai bien compris que c’était censé avoir une happy-end, mais moi l’histoire de cette gosse à l’esprit libre qui se retrouve mariée contre son gré parce que le type l’a vue et s’est dit « je la veux », je pense que ça clashe trop avec mes propres valeurs pour le coup. C’est-à-dire que je veux bien lire des trucs qui ne cadrent pas avec ma conception des choses, hein, évidemment, mais quand l’histoire est aussi courte, je n’ai pas le temps de rentrer vraiment dedans, et il ne me reste plus que cette idée que « elle finit par courber l’échine et se rendre compte que le mariage qu'on l'a forcée à accepter, c’est bien, et elle tombe amoureuse de son mari » qui ne me convainc pas. Désolée, c’est très joliment écrit, mais je passe mon tour sur ce coup-là.

En revanche, j’ai largement plus apprécié la seconde histoire, qui est plus longue, parce que je l’ai trouvée tout aussi joliment écrite, tout en ayant plus de choses à offrir. C’est une autre histoire d’amour entre une petite fille et un jeune homme plus âgé, et il y a un autre mariage pas exactement voulu de la part de la jeune fille (mais attention, y a un twist~), mais à ça il faut rajouter la description du contexte des deux personnages, c’est-à-dire celui de l’impérialisme anglais. Les anglais ont la main mise sur le pays, et les injustices y vont bon train et personne ne dit (au mieux les gens se taisent, au pire ils collaborent), si bien que lorsque le personnage principal masculin risque la prison, il en est à trouver ça pas plus mal, car dit-il « les barreaux de fer ne mentent pas, tandis que cette liberté que nous avons au-dehors nous déçoit et nous attire toutes sortes d’ennuis. Et si nous parlons de bonne compagnie, les menteurs et les lâches sont, en comparaison, moins nombreux à l’intérieur parce qu’il y a moins de place, au-dehors leur nombre est beaucoup plus grand ». Par rapport à la première histoire, Nuage et soleil a un ton plus tragique, mais la nouvelle m’a également semblée plus étoffée, j’ai trouvé les personnages plus engageants car également mieux développés : le héros a un arc véritable qui le fait passer de l’adolescence à l’âge adulte, et toute la scène où l’héroïne essaie d’attirer l’attention du jeune homme avec ses noyaux de cerises était d’un adorable consommé, et dressait un portrait instantané d’elle très naturel et très attachant.

Dans l’ensemble, je dirais que ce petit livre a atteint son objectif, parce que le but était, je pense, de servir d’introduction à l’auteur et de me donner envie d’en lire plus. Or cet auteur a une très belle plume, donc… j’ai envie d’en lire plus. Et si possible du plus long. Yay !

Mariage, cette chanson, c'est l'association hypra bateau (et pas très adaptée à l'ambiance de ce livre), mais j'aime particulièrement cette chanson, donc...

Tag(s) : #Littérature, #Nouvelle, #Inde, #La petite mariée, #Rabindranath Tagore, #Nuage et Soleil, #2000s, #2004, #Tranche de vie, #Drame, #Coming of Age, #Romance

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