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Au dessus de toutes les villes du monde, subitement, les Suzerains sont apparus, intellectuellement, technologiquement et militairement plus avancés que les hommes. Bienveillants, ils n’ont fait que peu de demandes : la Terre devrait être unifiée, la pauvreté éradiquée et les guerres oubliées. Avec quelques réticences au début, l’humanité s’y est pliée, et ainsi commence l’Age d’Or. Mais à quel prix ?

Traduction approximative de la quatrième de couverture

Sur Kakao Talk, avec deux amies, nous parlons parfois de Teen Wolf (de Stiles, surtout), et de fil en aguille, un jour, la discussion s’est orientée sur la littérature YA, sur les romans post-apocalyptiques, et je suis ressortie de tout ça avec deux recommandations de romans (merci Ethlenn !) en particulier, dont Chilhood’s End, traduit sous le titre « Les enfants d’Icare » en français. Bon, sauf que je me sens quand même un peu flouée, parce que Childhood’s End (littéralement : « La fin de l’enfance ») n’est pas tant « post-apo » que « apo-apo », voire « pré-apo ». En effet, l’humanité ne gère pas les retombées de l’apocalypse, mais la voit venir, et à la place gère les retombées d’une utopie, les bonnes comme, de façon plus surprenante, les moins bonnes. Donc en fait, Childhood’s End, divisé en trois parties intitulées Earth and the Overlords (la Terre et les suzerains), The Golden Age (l’âge d’or) et The Last Generation (la dernière génération), c’est plus du « post-uto pré-apo »… Aussi, c’est un bon livre. Du moins, j’ai trouvé que c’était un bon livre, même si je pense que j’aurais pu l’apprécier plus, parce que (1) la vie de tous les jours m’est tombée dessus  si bien que j’ai mis limite deux semaines à finir un bouquin que j’aurais dû lire en 3-4 heures (enfin, je l’ai quand même lu en 3-4 heures, mais étalées sur deux semaines ^^’) (2) la préface m’a légèrement spoilée… pas trop, mais un peu, et j’ai trouvé ça dommage (du coup, après mon expérience avec Le meurtre d’O-Tsuya, j’ai résolu de lire les préfaces à la fin des livres à présent… ce qui est quand même un peu con), d’autant que c’était sur un truc que le livre voulait quand même un minimum mystérieux, et quelque chose d’importance également, puisque la préface révélait l’apparence des Overlords, qui est à la fois un pied-de-nez, et un indice. Enfin, cela dit, le livre réserve d’autres surprises, et tient sur largement plus que sur cette révélation qui, c’est vrai, nous est faite assez tôt. Donc… sur quoi ça tient ?

Eh bah ça tient sur le fait, déjà, que je n’ai pas lu cette histoire cinquante fois dans ma vie. Ou une seule, en fait. Les invasions extra-terrestres, je connais, et j’ai aussi vu de gentils extra-terrestres (dans des romans et films, hein, parce que sinon, je n’ai jamais été enlevée par une soucoupe volante… ou bien je n’ai pas le droit de vous en parler en tout cas), mais une invasion extra-terrestre bienveillante qui consiste à créer le Paradis sur Terre ? Pour le coup, ça, je n’avais jamais vu. Alors, j’admets que je suis peu versée en science-fiction donc l’idée me parait peut-être originale parce que je n’ai pas lu les 14000 histoires qui y ressemblent, mais en tout cas, pour moi c’était neuf, et forcément, j’étais intriguée. Et j’ai aimé la façon dont Arthur C. Clarke se servait de son histoire pour parler de la nature humaine, ainsi que la façon dont il décrivait la fin de l’humanité (ou d'une forme d'humanité en tout cas). Childhood’s End n’est pas une histoire d’individus. Il y a des personnages qui ressortent, certains sympathiques (Stormgreen, qui sert de lien entre l’humanité et les Overlords à leur arrivée, par exemple, ou encore Jan, dont j’ai pu comprendre la curiosité, et admirer le cran), certains moins (j’ai eu du mal avec George, par exemple), mais le roman n’a aucun mal à faire des bonds de 40 ans, si bien qu’on saute des pans entiers de la vie des personnages, et que finalement le seul à être présent tout le long du roman est Karellen, le grand superviseur extra-terrestre (et accessoirement le personnage auquel je me suis le plus attachée, et celui qui m’a le plus mis la larme à l’œil à la fin, parce qu’il y a quelque chose de tragique à son existence). Bref le roman va vite (et se lit assez rapidement également quand le quotidien laisse faire, car l’écriture est simple), nous menant d’étape en étape pour l’humanité, et il est plus intéressé, j’ai l’impression, par cette humanité, que par les individus en particulier. Cela m’a bien convenu~

Et cette humanité connaît deux fins au cours de Childhood’s End. La première, c’est la mort lente de son esprit, tandis qu’elle atteint une paix « sans horizon », comme c’est écrit dans le roman. Elle atteint un cul-de-sac, en quelque sorte. La réflexion est faite que les Overlords, dans toute leur bienveillance, n’ont peut-être pas compris la nature humaine, si bien qu’ils ont tué son âme. D’après le roman, l’homme est une créature définie par son évolution, son besoin d’avancer, si bien que quand on lui retire ça, il stagne (voire se nécrose, car l’ennui, la stagnation, serait mère des vices). Ainsi, une fois l’Utopie installée sur Terre, la paix règne, tout n’est jamais allé aussi bien, et tout le monde le reconnait, mais on a une humanité qui ne créé plus rien de neuf. Ils sont libres d’exercer les métiers qu’ils veulent si ils en ont envie (car en vérité, ils n’ont plus besoin de travailler), de faire les études qu’ils veulent : mais dans quel but ? Exister pour exister, sans besoin d’améliorer sa condition, sans possibilité d’être curieux, va à l’encontre de la nature humaine, d’après le livre, et c’est pour ça qu’on se retrouve notamment avec la création d’une communauté dont les habitants décident de revenir à une vie plus simple, afin de booster une créativité morte (car les créations artistiques, nous dit le livre, naissent d’un besoin de surmonter des obstacles, grands ou petits, et quand il n’y a plus d’obstacles, la créativité meurt). L’ « aspiration » est au cœur de la nature humaine, et dans une réalité où il n’y a plus rien à quoi aspirer (la planète a atteint l’âge d’or et les étoiles nous sont refusées), alors, quoi ?

L’autre fin, celle que je ne vous spoile pas et qui arrive vraiment à la fin du roman, est celle qui m’a légèrement mis la larme à l’œil, je vous l’avoue. Pas vraiment de tristesse cela dit, car je n’ai pas trouvé que Childhood’s End soit un roman triste. Mélancolique, peut-être, mais j’ai surtout trouvé une certaine poésie à la conclusion, et je n’ai pas le sentiment que le roman voulait provoquer la tristesse, en vérité. Au début, je vous avoue que j’ai aussi trouvé que la conclusion jump-ait un tout petit peu le shark figuré, mais au final ça ne m’a pas dérangée plus que ça, et j’ai vu de l’espoir dans cette seconde fin, elle était douce-amère de très jolie façon. Mais s’il y aurait des choses à dire sur cette conclusion et sur le rapport qu’elle a au titre du roman, je n’ai vraiment pas envie de vous en dire trop. Parlons-en en commentaires si vous avez lu le roman !

Et du coup, si vous ne l’avez pas lu et qu’il y a des commentaires, faites attention, mais surtout : lisez-le ! Pour ma part, ça m’a vraiment bien plu, et j’ai trouvé l’histoire… eh bien, jolie. Même si ce n’est peut-être pas vraiment l’effet que voulait faire Arthur C. Clarke, car j’ai le sentiment qu’on peut lire cette histoire de façon largement plus pessimiste que moi… Bref, ça m’a plu, et tant qu’à faire, si ça vous plaisait aussi, j’en serais ravie~

Tag(s) : #Littérature, #Roman, #Angleterre, #Childhood's End, #Arthur C. Clarke, #1950s, #1953, #SF, #Utopie-Dystopie

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