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Le rat blanc mutant a grandi, s’est reproduit, renflouant ses rangs de créatures à son image. Ils ont assis leur dominance sur les autres rats, à la fourrure sombre, qui partent à la recherche de nourriture, et la ramènent à leur repaire. A présent, les rats noirs n’en peuvent plus d’attendre, torturés qu’ils sont par une soif impossible à tarir. Mais la chose blanche et visqueuse qui les gouverne, sait. Ses deux têtes se balancent, la salive à la gueule tandis qu’elle se souvient du goût de la chair humaine.

Quatrième de couverture (plus ou moins)

Vous vous en souvenez peut-être, je vous ai parlé du tome 1 de cette trilogie il n’y a pas si longtemps, vous en disant du bien, et ajoutant que j’avais envie d’en lire la suite. Ce qui m’a pris du temps. Parce qu’entre juillet et maintenant, essentiellement, je me suis remise aux dramas, et c’est complètement chronophage (c’est pour ça, d’ailleurs, que je n’ai sorti aucune vidéo depuis, et que ça me paraît drôlement mal barré : je ne pense pas pouvoir continuer les Cernes et les vidéos en même temps, c’est comme ça). Mais je voulais vraiment ne pas arrêter de lire cette fois. J’étais tellement heureuse d’avoir repris, je ne voulais pas tout foutre en l’air, et donc deux mois après la reprise de la folie dramatesque, je me suis un peu disciplinée et j’ai décidé de lire la suite de The Rats, que j’ai dévorée presque aussi rapidement que son prédécesseur, et m’a laissée avec l’envie de lire le tome 3. Du coup, vous vous en doutez, j’ai aimé ce second volume….

Et pourtant, j’ai quand même été un peu déçue, la raison étant que ce volume 2 ne m’a pas semblé bien différent du premier. En fait j’ai eu l’impression de lire le premier roman mais transposé dans un nouveau contexte (ici l’histoire se passe en forêt et pas en ville). Alors, bien entendu, quand même, il y a des variations, parce que les évènements du premier livre ont bien eu lieu, cinq ans auparavant, ce qui fait que le public n’est pas remis du traumatisme de la première attaque (petites natures les gens quand même: je vois pas ce qu'il y a de traumatisants à ce que des centaines de gens se fassent bouffer vivants par des rats mutants), et est donc plus prompt à s’inquiéter. Mais au final, la structure du roman, elle, est quand même la même. Au-delà de certains thèmes similaires (le principal étant la lenteur des autorités à réagir), les personnages du premier roman sont pour la plupart absents (j’ai eu un moment de « facepalm » assez balèze en lisant ce livre d’ailleurs : je me suis demandé si le casting n’avait pas pu être ré-engagé =.=) si bien qu’on n’a pas un développement de portrait existant, mais à la place, un autre personnage masculin principal qu’on suit le long de l’intrigue « fil rouge », tandis que le roman multiplie les portraits de figurants qui se font bouffer ci et là. On a la même structure à ce niveau-là donc, mais également au niveau de la progression qui passe de « lente réalisation » à « horreur » puis « omg les rats ont été éliminés, c’est bon » pour finir sur un « lol non c’était un fake-out en fait.... GET EATEN MOZEURFUQUEUR » (ce dont on se doutait vu le nombre de pages restants, donc je ne vous spoile pas) et un face-off avec le "chef" des rats (plus ou moins). J’ai eu le sentiment que ce volume 2 répétait les étapes du volume 1, et c’est vrai que, bah, du coup cétait un peu moins enthousiasmant, d’autant que ni le premier volume ni celui-ci n’a d’intrigue vraiment bien complexe.

Cela dit, le livre est toujours fun, toujours efficace. Et toujours bien gore aussi, ce que j’apprécie, car cela participe énormément à l’ambiance. Je ne suis pas spécialement branchée gore-fest niveau cinéma, et ce n’est pas comme si je les recherchais en roman, mais mettons qu’un film est, par nature, quelque chose de visuel, alors qu’un roman doit me permettre de me représenter une scène grâce aux mots, et le fait que James Herbert prenne autant le temps de détailler permet de vraiment se prendre l’horreur des situations en pleine face. Bon et puis honnêtement, les descriptions sont aussi divertissantes parce que tout semble très over-the-top. Cependant, les moments qui continuent de vraiment « marcher » sur moi ne sont pas les moments d’horreur sanglante, mais, par exemple ce passage au début où une petite fille croit voir un petit chien dans les fourrés et veut s’approcher. Nous, bien sûr, on sait qu’il ne s’agit pas d’un chien, et on la « regarde » s’approcher en se rongeant un peu les ongles, d’autant qu’on a eu le tome 1 pour bien nous démontrer le danger que représente la vermine mutante impliquée. Et puis il y a encore une fois tous ces passages sur l’intelligence des rats qui me font froid dans le dos. Au passage, j’ai appris plein de choses sur les rats dans ce roman… Ce n’est clairement pas un documentaire, et la race de rats qui cause des dégâts est une mutation qui n’existe (à priori :O) pas (vérifiez quand même sous vos lits, on sait jamais)(haha je déconne, il n'y a que le croque-mitaine là-dessous), mais les personnages parlent aussi des rats normaux, étudiant leur comportement pour comprendre celui des rats tueurs, et ils parlent des processus d’élimination de la vermine normale, du coup j’ai appris des choses sur les rats (qu’il faudrait que je vérifie, quand même). Et en parlant d’eux, un de mes passages favoris du roman est le court récit de leur périple après qu’ils aient fuit la ville. Il n’y a que quelques pages sur le sujet, mais Lair nous raconte comment ils ont survécu à l’extermination, comment ils ont fuit, sont partis loin des hommes et se sont cachés pendant des années, trouvant refuge dans la forêt, apprenant à craindre l’espèce humaine. Il y a quelque chose d’un peu inquiétant à cette histoire, à leur capacité d’adaptation et à la façon dont ils ont dissimulé leur présence (en nombres importants) jusqu’à ce que leur soif de sang soit trop forte, et en même temps leur trajet avait quelque chose de Watership Down-esque (lisez Watership Down les gens !), et tout en sachant que dans dix pages j’espèrerai qu’on les tue tous, je me suis retrouvée dans la position étrange de soutenir ces animaux en quête de refuge. Enfin, bien que le coup des autorités réagissant trop tard était effectivement dans le tome 1, c’était intéressant de le voir soulevé à nouveau, parce que ce coup-ci on est effectivement dans une situation où il y a eu un massacre il y a cinq ans, si bien qu’il y a un précédent, une raison de réagir plus vite. Et certes, la réaction est plus rapide, mais pas encore assez, et on a tout ce moment frustrant où le personnage qui donne l’alerte doit convaincre le responsable de la forêt de faire quelque chose mais où celui-ci pense aux retombées économiques et veut mettre un frein aux opérations. On comprend en quelque sorte sa position, parce qu’il ne veut pas créer la panique avant d’être bien certain de ce qui se passe, mais il m’a quand même aussi fait penser au maire de Jaws, à mettre ses priorités au mauvais endroit. J’ai bien aimé voir la façon dont les choses se passaient de ce côté-là, je dois dire, et en général, je dirais que le tome 1 et le tome 2 sont en gros d’une qualité égale, si bien que j’ai apprécie le 2 également, juste un peu moins parce que ce n’était plus aussi neuf.

Et, si le tome 2 a les qualités du 1, il en a aussi les défauts, les deux principaux étant que

(1) le personnage principal (Luke Pender) n’est pas très intéressant. James Herbert essaie de lui donner un passé un peu difficile pour qu’il ait une particularité, mais on en a la révélation finalement assez tard et je n’ai jamais eu le sentiment que ça avait suffisamment joué sur sa personnalité, si bien que j’ai été plus intéressée par quasiment tous les personnages de passage. Il est certainement plus agréable que certains, mais pas aussi mémorable, et puisqu’on passe la majeure partie de notre temps avec, c’est un peu dommage.

(2) le premier livre faisait preuve d’un sexisme assez triste, et ici c’est rebelote. Les portraits masculins sont divers, variés et actifs, tandis que les portraits féminins sont largement plus passifs, et peu nombreux. On a une petite fille au début, des cadavres qu’on n’a même pas eu le temps de voir vivants, … les deux personnages féminins les plus développés et les plus marquants sont Jenny, l’héroïne, et Babs, une femme au foyer qui trompe son mari. Babs est finalement plus intéressante que Jenny, mais les deux sont des personnages essentiellement passifs, dont « l’axe » consiste à être passées d’un homme à un autre, et elles sont également toutes les deux au cœur de scènes de sexe complètement gratuites. J’ai rien contre les scènes de sexe (encore que j’ai lu celle de Babs dans un endroit assez gênant, haha), mais le fait qu’elles soient aussi gratuites et liées à des personnages féminins aussi peu développés (et pour Babs cela constitue 90% de sa contribution) laisse un goût un peu amer dans la bouche on va dire.

Bref. C’était comme le 1, et donc je me suis amusée, mais pas autant que dans le 1. Peut-être si j’avais laissé passé plus de temps ? Cela dit, je suis très curieuse de voir ce que va donner le tome 3 car il se déroule après une apocalypse nucléaire, avec une humanité réduite en nombre, si bien que ça risque de pas mal changer la donne, niveau effectifs et moyens à leur disposition pour combattre les rats. Cela pourrait même se terminer avec l’extinction de la race humaine, qui sait ? Je vous dirai ! (Enfin je vous dirai pas si ça finit comme ça, je vais pas vous spoiler, mais je vous dirai si ça m’a plus quoi)

Tag(s) : #Littérature, #Angleterre, #Rats Trilogy, #Roman, #Lair, #James Herbert, #Animal attack, #gore, #Animaux, #Horreur, #Survival, #1970s, #1979

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