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L’apocalypse nucléaire tant redoutée. La ville est détruite, anéantie, et ses habitants ont été rasés, ou mutilés sans espoir de survie. Une poignée d’entre eux a encore une chance de s’en sortir, cachés sous les rues dévastées, pourvu qu’ils puissent échapper à temps aux cendres empoisonnées qui tombent lentement. Mais sous terre, les rats guettent.

Quatrième de couverture (grossièrement traduite)

Avant de commencer à parler du livre, si vous êtes partant.es pour causer de James Herbert mais que vous en avez un peu marre de causer de rats (ce que je comprendrais), Morgana et la Luciole, du blog d’Encre et de Rêves, se sont aventurées dans son roman Fog, et vous en parlent dans une vidéo que vous pouvez regarder ICI. Pas de rats dans celui-là (à priori), mais des chats, des vaches et des pigeons c’est bien aussi :D

Sur ce, donc Domain. Parce que… ben… j’ai lu le premier tome (cf. ICI), le second (cf. LA), donc j’ai lu le troisième ? Oui, j’ai pas d’intro intelligente ou fun pour cet article (on pourrait avancer que ce n’est rien d’inhabituel, mais dans le cadre de l’opération nationale « être gentils avec Mila », je propose qu’on n’avance rien du tout), mais en gros j’avais lu les deux premiers, donc… Surtout qu’en vérité, j’avais surtout lu le 2 pour passer au 3 plus vite, car le fait de déplacer l’action dans un mode post apocalypse nucléaire me parlait bien. Mais je crois que j’ai fait une erreur avec ces romans : j’aurais dû plus espacer mes lectures. Je pense que j’aurais dû les lire à six mois ou un an d’intervalle, en fait, parce qu’ils ne se suivent pas tant que ça (il n’y aucun personnages récurrents notamment), et que ça m’aurait évité de me fatiguer du concept. En effet, je dois malheureusement bien avouer avoir un peu (beaucoup) galéré à finir ce livre, bloquant pendant un certain temps, et achevant enfin ma lecture parce que je n’arrivais pas à dormir, terrifiée par un film d’horreur, si bien que je n’avais rien de mieux à faire. A bien des égards, Domain est loin d’être mauvais, mais simplement, je crois que je n’étais pas dans les bonnes conditions sur ce coup-là. Désolée, James :( Mais causons.

Le roman est sorti en 1984, encore dans la Guerre Froide, et donc tout le livre parle de la bombe, celle dont tout le monde craignait qu’elle allait tomber, et là justement : elle tombe. Et c’est la merde (euphémisme, bonjour). Une merde tellement profonde que, finalement, dans ce « Les rats 3 : Domain », eh bien, il n’y a pas beaucoup de rats. Il y en a, quand même, bien entendu, et oui, ils me font toujours un peu frissonner, parce qu’ils ont toujours cette lueur d’intelligence et de haine dans les yeux qui me fait froid dans le dos. Cela dit, ils font quand même un peu moins peur, et ce pour deux raisons : déjà,  cela fait trois romans qu’on les regarde tuer des gens, si bien qu’il n’y a plus vraiment de surprise, et ensuite, il y a le contexte. Parce que le monde est en ruines, le quotidien, comme le soulignent les personnages du roman, a été balayé. Plus rien ne peut être pris pour acquis, tout est sens dessus dessous. Après, ça dépend du type de lecteur que vous êtes, mais moi, je trouvais les rats effrayants quand ils s’insinuaient dans des décors qui me sont familiers, quand le roman me faisait trembler à l’idée d’en trouver un dans ma cuisine. A partir du moment où le monde est en ruines, où les gens tombent en lambeaux, où l’air est empoisonné, où la réalité est complètement renversée… ben j’ai surtout peur qu’une bombe nous tombe sur la gueule en fait. A la limite les rats, c’est pas cool non plus, mais je crains plus le type avec la main sur le bouton « raser la planète ». Et donc les rats sont bien présents, mais au final ils servent plus de motivation aux personnages à avancer, et progresser dans ce monde détruit et cauchemardesque. Leurs apparitions sont horrifiques, mais le roman (qui est deux fois plus long que le premier) s’intéresse bien plus à l’holocauste qui a eu lieu, et à la façon dont les personnages gèrent cette fin de leur monde, ce qu’elle fait ressortir chez eux, la lâcheté comme la bravoure. Le livre est découpé en trois parties, et après, la narration épouse une forme similaire à celles des volets précédents : Herbert nous propose des portraits de personnages ponctuels qui, généralement, meurent dans des circonstances… difficiles… mettons, et à côté de ça nous suivons un groupe de personnages principaux organisé autour d’un héro, accompagné (comme dans le volume précédent) d’un passé traumatisant, et d’une demoiselle brillant moins que lui et lui servant d’intérêt amoureux.

Néanmoins, les portraits ponctuels prennent moins de place, on suit plus le groupe principal, et si les personnages en son sein ne semblent pas être réellement dotés de « backstories », ce n’est finalement pas si grave, parce qu’on est en pleine apocalypse. En fait, le contexte de l’histoire joue en la faveur du roman. J’avais trouvé les personnages des précédents volets un peu fades parce qu’on n’en savait pas grand-chose, mais dans ce volet-là, on se moque de savoir comment était leur vie, parce qu’une bombe (plusieurs bombes, en vérité) et une apocalypse, encore une fois, ça rend le quotidien et le passé assez peu importants. Et y a rien de tel que la fin du monde pour exacerber les personnalités, si bien que chaque personnage finit par se définir (de façon pas nécessairement nuancée, certes) plus que dans les volumes précédents tandis qu’ils courent pour leur vie. Et bordel, qu’est-ce qu’ils courent ! Ce livre est épuisant, et j’entends ça dans le bon sens : les personnages sont constamment en danger, ils peuvent à peine se poser parce que soit il y a une bombe qui leur tombe dessus, soit des rats leur courent après, soit ils se battent entre eux, soit ils se battent avec d’autres être humains, soit leur refuge est inondé, bref y a juste pas moyen de s’arrêter de courir, et on le sent vraiment à la lecture (mais quand on est pas dedans, ça peut devenir relou: c'est ce qui s'est passé pour moi). Et puis il y a une ironie sympa à ce roman dans lequel l’humanité s’est en gros infligée à elle-même le sort qu’elle avait infligé aux rats dans les volumes précédents, sans compter que les rôles se sont renversés, puisque malgré tout, l’humanité était en position de force dans les tomes 1 et 2, et que subitement c’est à nous de nous cacher, tandis que les rats nous chassent, et maitrisent bien plus le terrain.

En vérité, je ne sais pas pourquoi j’ai eu autant de mal à finir ce livre, parce que quand je vous en parle là, je me dis que j’aurais dû apprécier. Bon, la fin est un peu trop over-the-top (même pour cette trilogie, oui) et grossière à mes yeux, si bien que j’ai un peu roulé des yeux, mais sinon, il y avait de quoi m’intéresser là-dedans. Simplement, je crois bien que l’effet de répétition a nettement entamé les chances qu’avait le roman de me plaire, si bien que j’ai lu en un mois un roman que j’aurais dû lire en une semaine. Et d’ailleurs ça fausse mon jugement, parce que si cela se trouve, j’aurais galéré à finir le bouquin, lassitude ou pas, simplement je ne m’en rends pas compte. Mais j’ai le sentiment tout de même, que ce volume 3 aurait été bien plus fun (oui, la bombe atomique, un sujet fun comme pas deux) si je n’avais pas lu les deux premiers il y a si peu de temps. Malgré tout, je me souviens d’à quel point j’avais apprécié le premier, et je suis motivée à lire plus de James Herbert. Or, ça tombe bien, j’en ai justement un sous la main (Présages) ! Bon, ce ne sera peut-être pas pour tout de suite, car ma liste de choses à lire n’est pas moins longue que ma liste de choses à voir, mais ça viendra, ça viendra~

Tag(s) : #Littérature, #Roman, #Angleterre, #Rats Trilogy, #Domain, #James Herbert, #Animal Attack, #Fin du monde, #Animaux, #Gore, #Horreur, #1980s, #1984

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