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Isla Nublar. L'armée doit venir " faire le ménage ". Le programme dont cette île est le théâtre avait pourtant tout du paradis scientifique : un immense complexe naturel où s'ébattent, aux yeux de tous, les plus féroces sauriens du Jurassique, génétiquement ramenés à la vie...

Quelques jours avant le chaos, le paléontologue Alan Grant et Ian Malcolm, mathématicien de renom, embarquent pour ce bout de terre perdu au large du Pacifique. Bientôt, le petit groupe invité par le créateur du parc doit se rendre à l'évidence : au cœur d'une jungle primitive et hostile, l'être humain n'est plus l'espèce dominante, mais la proie...

Quatrième de couverture de chez Pocket

Il y a deux choses qui me rendaient curieuse depuis longtemps : le roman de Jurassic Park, et les audiobooks. Pour le premier, c’est simplement que j’ai vu le film plusieurs fois dans ma jeunesse, appris via Friends (me semble t-il, mais je n’en jurerais pas) qu’il y avait un roman à la base, et que je suis toujours curieuse quand on en vient aux adaptations. Pour ce qui est des audiobooks, il se trouve que mon père (qui fait de longs trajets en voiture tous les jours) y est accroc, si bien que je me demandais comment c’était. Le souci étant que j’avais peu l’occasion de les écouter, pas de situation dans laquelle je ne pouvais pas lire un livre papier à la place. Mais cette année, je me suis mise à aller faire mes courses à vélo, à faire du vélo à la maison aussi, et plutôt que d’écouter de la musique, ou de regarder une sitcom pendant que je pédale dans mon salon, je me suis dit que j’allais tenter un audiobook (à la fin, j’avoue que je l’écoutais avant de m’endormir aussi, parce que j’en voulais plus, haha… bon et puis aussi parce que le roman papier que je réservais à mes soirées, Domain, ne m’agrippait pas plus que ça, certes), et tant qu’à faire, en découvrant qu’il y en avait un de Jurassic Park, j’ai sauvagement assassiné deux oiseaux en lançant la même pierre entourée de barbelés.  Et j’ai beaucoup accroché.

Quelques mots sur l’expérience « audiobook », cela dit. Parce que ça a compté dans mon appréciation, après tout ! Je dois dire que j’ai à la fois adoré et regretté ma décision d’écouter Jurassic Park. Du côté des points positifs, j’ai trouvé que c’était super d’écouter un livre finalement, ça a bien rempli mes séances de sport et allers-retours, c’était agréable et j’ai aussitôt cherché, et trouvé, un autre audiobook pour continuer. Par ailleurs, le narrateur de l’audiobook, William Roberts, était parfait ! J’ai trouvé qu’il savait vraiment rendre le texte vivant, qu’il gardait en haleine, et qu’il arrivait à donner une personnalité à chaque personnage (en s’appuyant sur le texte, bien entendu, mais il les rendait bien distincts). D’ailleurs, après ça, j’ai cherché les autres audiobooks dont il est narrateur. Maintenant, pour ce qui est des points « regrets », eh bien, j’ai l’impression d’avoir un peu perdu certaines choses tout de même. Déjà, c’est peut-être une question de manque d’habitude, mais je n’ai pas autant « absorbé » le style d’écriture, pas fait aussi attention que je l’aurais fait en lisant vraiment les mots, peut-être aussi parce que j’écoutais en pédalant, donc pas tout à fait aussi concentrée que quand je lis vraiment, même si je n’ai pas perdu une miette de l’histoire. Mais surtout, quand je lis, je note des trucs. En général, quand je lis un livre, il ressemble à ça :

Et, oui, en plus, j’écris dans mes livres. Avant je ne le faisais pas, mais pour des tas de raison, à présent, je le fais (bon, pas dans tous, mais la plupart), et après je relis les pages que j’ai marquées, mes notes, tout ça, je reviens beaucoup en arrière. Sur un audiobook, je n’ai pas ce réflexe-là, et du coup, je n’ai pas le sentiment d’avoir été autant « en profondeur » (entre guillemets étant donné que je m’estime toujours trop superficielle sur mon appréciation de tout, haha) que je l’aurais été sur papier. Je pense donc que j’aurais tendance à réserver les audiobooks à des livres sur lesquels ça ne me dérange pas de rester plus en surface, ou bien des livres que j’ai déjà lus (genre, là, je me suis téléchargé la version audiobook d’It, car il parait que le narrateur est excellent) Bref tout ça c’est pour vous dire que je relirai certainement Jurassic Park un jour, histoire d’en profiter autrement. Peut-être même pas *plus*, on verra bien, mais simplement de façon différente. Et sur ce, on va causer de pourquoi Jurassic Park, c’est drôlement cool comme bouquin.

En premier lieu : parce que c’est … fun. Tout simplement. Faut dire que c’est difficile de ne rendre pas fun du tout une île remplie de dinosaures, mais j’ai en fait été surprise de constater à quel point je ne m’impatientais ni ne m’ennuyais le moins du tout, alors que pourtant, je connaissais plus ou moins l’histoire (j’insiste sur le « plus ou moins », parce que le film et le roman suivent des trajectoires assez différentes, finalement… n’allez donc pas vous priver de l’un parce que vous connaissez l’autre), mais en fait je crois non seulement que le livre est très divertissant (y a des dinosaures en liberté qui mangent des gens, vous pensez bien que j’étais aux anges : j’aime les histoires d’animaux qui bouffent des gens, et j’aime les dinosaures), mais qu’en plus, c’est vrai, j’étais dans des conditions assez parfaites. Car voyez-vous, j’ai vu le film Jurassic Park plusieurs fois, d'accord, mais dans ma jeunesse, il y a plein d’années de cela. Du coup, j’étais dans cet état parfait où je me souvenais suffisamment du film pour avoir encore à l’esprit la peur que m’inspiraient les raptors quand j’étais jeune (edit : j’ai revu le film après avoir écrit cet article, et je confirme que les raptors me foutent toujours les boules), la magie de découvrir les dinosaures (edit : elle est toujours là), le crush que j’avais sur Ian Malcolm (Jeff Goldblum)(et edit : le crush aussi, il est toujours là)… j’avais tous ces sentiments positifs qui rendaient l’excitation plus prononcée, qui faisaient que je visualisais sans mal tout ce dont parlait le roman, et à la fois je me souvenais suffisamment peu du film pour qu’il ne vienne pas parasiter mon expérience du tout, juste l’exacerber, la souligner. Même quand je me rendais compte « oh c’est différent, là », cela n’entrainait pas de « problème », juste une remarque qui me faisait me pencher encore plus sur l’histoire du roman.

Et effectivement, comme je le disais dans ma parenthèse de tout à l’heure, le roman est assez différent du film (ou plutôt, le film est différent du roman, puisque le livre est la base). Par exemple, certaines choses ont été virées dans le film, comme ce bateau à bord duquel sont montés des raptors et qui menace d’introduire ces animaux au reste du monde, faisant un très bon compte à rebours qui presse d’autant plus les personnages de reprendre le dessus, de trouver une radio pour prévenir l’équipage, ce qui créé une tension de plus pour le lecteur. Je n’ai jamais perdu le rythme, et je dois dire que, sachant que le livre a une suite en plus, j’étais plutôt en suspense de ce qui allait arriver à ce fameux bateau, ce que j’ai apprécié. Je n’avais pas l’impression de lire une histoire que je connaissais complètement déjà, les personnages étant également profondément différents d’une version à l’autre : Hammond, le directeur du parc, à l’écran, est une sorte de Papa Noël égaré, tandis que dans le livre il est un homme d’affaire bien moins sympathique, qui ne semble jamais parti pour se racheter (vous verrez bien ce qu’il en est) ; Geneiro, l’avocat super antipathique dans le film, l’est bien moins sur le papier (enfin, à l’écoute), car justement dans le film, on lui attribue des réflexions qui étaient en vérité celles d’Hammond ; le docteur Ellie Satler est plus jeune dans cette version et n’a aucune romance avec le paléontologue, Grant qui, lui, n’a aucun problème avec les enfants, au contraire, il les adore, alors que dans le film il les supportait à peine et devait découvrir la beauté de la famille au fil de l’histoire (c’est très Spielberg-ien comme axe, haha) ; et Lex, la gamine… Lex… mon Dieu, Lex T.T En général, je dois dire que j’ai trouvé les personnages vraiment agréables. Je n’ai pas développé de crush (bon un peu sur Ian Malcolm, mais encore une fois, dans ma tête c’était Goldblum la chemise entrouverte) dessus, mais j’y étais suffisamment attachée pour les suivre dans cette aventure, et vouloir qu’ils s’en sortent tous vivants, parce qu’Ellie était intelligente, parce que Tim était un gamin attachant, parce que beaucoup d’entre eux faisaient preuve de bravoure. Mais Lex... Spielberg nous a fait un cadeau les gens, parce que Lex, la gamine du bouquin, ne sert à rien sinon à foutre les personnages dans le pétrin en chouinant, et je sais que c’est une enfant, mais j’avais envie de lui filer des baffes. Et puis pour le coup, le narrateur n’aidait pas, car il accentuait vraiment le côté « chouine ». Je lui en veux pas, c’est dans le texte et tout, mais… urgh. Pas mon habitude de souhaiter que des enfants se fassent bouffer par un T-Rex, mais pour le coup…

La raison pour laquelle je regrette d’avoir écouté plutôt que lu Jurassic Park, néanmoins, est surtout qu’il y a des tas de pages dedans que j’aurais voulu marquer pour y revenir, les relire, vous en parler, les citer, etc (donc, oui, il faut que j’achète ce livre dans sa version papier… je pourrai le relire avant de lire la suite, comme ça !). Parce qu’il y a plein de thèmes intéressants dans ce livre. Ce n’est pas juste une histoire de dinosaures qui bouffent des gens (en fait les dinosaures mettent même un certain temps à apparaître, puis à commencer à bouffer des gens… j’ai été en grand suspense de raptors un long moment, haha), c’est aussi (et surtout) une réflexion sur la science, la façon dont avance la recherche, ce qu’elle cherche à faire, la façon dont elle s’y prend, les questions qu’elle se pose, ne se pose pas, les responsabilités qu’elle ne prend pas. La façon dont les scientifiques ne cherchent plus à comprendre vraiment l’univers, mais courent après des avancées pas nécessairement utiles, de la reconnaissance, et ce faisant ne se demandent pas s’ils vont dans la bonne direction, si ce qu’ils peuvent faire doit être fait, se préoccupant seulement d’aller plus loin que la personne précédente. Et cela parle aussi beaucoup de cupidité et arrogance humaine, de la façon dont nous lions le destin de la planète au nôtre sans nous rendre compte que le « règne » humain n’est rien à l’échelle de l’histoire de la Terre, de la façon dont nous pensons pouvoir contrôler la nature, se l’approprier, la vendre après l’avoir enrobée d’un joli marketing. Que des thèmes qui sont toujours d’actualité, et auxquels j’ai beaucoup apprécié que le roman me fasse réfléchir.

En résumé donc… j’ai vraiment, vraiment aimé découvrir ce roman, il m’a beaucoup enthousiasmée, autant parce qu’il était très divertissant que parce qu’il avait des thèmes intéressants pour me faire un peu cogiter. Etant donné que mon paternel, en plus d’être accroc aux audiobooks, est également chercheur scientifique, je vais peut-être pouvoir le convaincre de l’écouter aussi, et en discuter avec lui, ce serait cool. Mais même comme ça, je suis contente d’avoir assouvi ma curiosité. Cela fait des années que j’entends que le livre Jurassic Park est meilleur que le film, et je ne saurais trancher sur la question (ils sont différents, très bons tous les deux, et j’ai un attachement particulier au film), mais en tout cas, je vous encourage à lire le roman !

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