[Je vois... du fanservice, du fanservice partout] Aozora no Tamago 青空の卵

Publié le 16 Août 2017

Aozora no Tamago

Diffusé en 2012

Sur TV Asahi

9 épisodes

Basé sur la série de romans « Hikkikomori Tantei » de Sakaki Tsukasa

Réalisé et écrit par ?

 

Avec :

Inoue Masahiro >>> Sakaki Tsukasa

Akutsu Shintaro >>> Torii Shinichi

Et des gens

 

Dontesque ?

Torii Shinichi est un jeune homme reclus qui n’aime pas sortir de chez lui, et dont le seul ami et véritable contact avec l’extérieur est son meilleur ami de lycée, Sakaki Tsukasa. Petit à petit, parce que Tsukasa ne peut pas s’empêcher de vouloir aider tout le monde et que Shinichi a un bon esprit de déduction, ils se retrouvent à résoudre différents mystères.

 

Fiche Ecrans d'Asie: ici

 

~oOo~

Eh bien, me voilà bien embêtée les gens…

Aozora no Tamago était un drama dont on m’avait dit du bien, mais pour être honnête, il ne m’intéressait pas des masses jusqu’à ce qu’une amie me dise « eh c’est un de mes dramas favoris, et ce serait parfait pour ta semaine célébrant les jolis messieurs ». Moi, conciliante et ravie à l’idée de faire plaisir (à mon amie et à mes yeux), ainsi qu’à celle de remplir mon programme de Semaine Anniversaire, je ne me suis pas faite prier, hein ! Sauf que… ben… j’ai trouvé ça assez mauvais, en fait. Et pas juste mauvais, j’ai trouvé cela limite insultant, même. Du coup, mon envie de faire plaisir s’est un peu transformée en gêne, mais que voulez-vous, c’est le danger d’avoir des amis, et ça fait des années que je me dis qu’il serait temps que je m’en débarrasse, donc avec un peu de chance, j’en aurai une de moins lorsque cet article sera fini. Je bosse à ma dé-socialisation, faut pas croire. Et ainsi donc, nous allons causer de pourquoi Aozora no Tamago, c’était (à mes yeux, évidemment) quand même bien naze.

Mais par souci d’équilibre, je vais néanmoins commencer par ce que j’ai apprécié dans cette série, parce que oui, il y a quand même quelques trucs, ou plutôt un : la présentation. Déjà, j’aime bien l’opening, la musique me plait beaucoup. Je n’ai pas trop fait attention à l’OST de la série, qui est généralement discret de toute façon, mais en revanche la chanson de générique de début, elle me plait. Les images, elles, ont tendance à me faire rire un petit peu, mais le chanteur a l’air de ressentir à fond ce qu’il chante, et même si je ne trouve pas que le morceau soit spécialement original, je le trouve joli, voilà, et du coup j’ai jamais sauté un opening. Par ailleurs, si les images de l’opening me font rire (faut pas chercher, ce sont les sourires face à la caméra en ralenti, j’y peux rien), je trouve le reste du drama vraiment agréable à regarder, avec une ambiance très reposante, très lumineuse, calme et faisant la part belle aux détails du quotidien des personnages. Parfois, le drama part un peu dans le *trop* lumineux limite (notamment il y a un flash-back où on ne voyait quasiment plus la tête des personnages tellement il y avait de la lumière derrière eux… et je comprends bien qu’il y avait une intention derrière, mais c’était assez maladroitement exécuté), mais dans l’ensemble, quand même, il a un charme très tranquille, et moi vous savez que la tranquillité, ça me parle.

[Je vois... du fanservice, du fanservice partout] Aozora no Tamago  青空の卵[Je vois... du fanservice, du fanservice partout] Aozora no Tamago  青空の卵
[Je vois... du fanservice, du fanservice partout] Aozora no Tamago  青空の卵[Je vois... du fanservice, du fanservice partout] Aozora no Tamago  青空の卵[Je vois... du fanservice, du fanservice partout] Aozora no Tamago  青空の卵

D’ailleurs, bien que j’aie trouvé les deux acteurs principaux tous deux mauvais (en particulier Akutsu Shintaro… encore qu’il ait le rôle le plus difficile des deux, donc si cela se trouve il n’est pas plus mauvais, mais simplement sa maladresse se voit plus, qui sait), ça ne m’a pas excessivement dérangée. Pendant les scènes un peu fortes, ils m’ont parfois fait rire sous cape, mais le drama sonne artificiel de base, et, en l’occurrence, je n’entends pas cela comme un reproche : avec les lignes de monologue qui apparaissent à l’écran, et les mises en scènes clairement « arrangées », j’avais l’impression de regarder une reconstitution de la réalité, plutôt que la réalité. C'est un sentiment que j’ai bien aimé, cela donnait une ambiance particulière au drama, ajoutant à sa mélancolie. Et dans cette ambiance artificielle, le jeu bancal des acteurs était moins dérangeant qu’il l’aurait été ailleurs. Bon, tant qu’à faire, s’ils avaient été bons, c’aurait été encore mieux, mais…

Et l’autre bonne chose de ce drama, qui reste quand même dans le thème de l’esthétique, c’est que dans Aozora no Tamago, tout le monde est un bisho : les deux leads, les gens dans la rue, les flics, et sans doute le facteur et le boulanger aussi. C’est fou ça, dites donc ! Mais pas étonnant, car si je devais vous résumer ce qu’est véritablement Aozora no Tamago, ce serait essentiellement ceci : du fanservice. Aozora no Tamago, c’est du fanservice. Parce que, déjà, ce n’est pas un drama policier. Enfin, cela en prend l’apparence, mais il n’y a aucun mystère : les résolutions sont soit d’une évidence douloureuse, soit complètement bâclées. Du coup y a pas de mystère, et c’est vrai que Tori est effectivement observateur, c’est fort cool pour lui, mais la raison numéro 1 pour laquelle tout le monde autour de lui est impressionné, c’est qu’il est entouré d’imbéciles. Mon passage favori à ce niveau se trouve dans l’épisode 1 où une madame agresse des hommes, leur coupant le pénis: lorsque Tori avance « haha, la coupable déteste les hommes », et son copain est en mode : « quoi ? mais non, c’est impossible ! Pourquoi quelqu’un en colère contre les hommes irait couper des pénis ? Cela ne tient pas debout ! » … dude, sérieusement =_= Je veux bien que jusque là l’hypothèse officielle était que la coupable surkiffait les hommes et découpait des pénis, sans doute pour s’en faire des colliers, mais tout de même ! Bref. Faut pas compter sur Aozora no Tamago pour combler le vide qu’a laissé Agathe Christie dans votre vie, quoi. Mais je ne pense pas que le drama ait cette prétention de toute façon, donc soit. Ce n’est pas ce qui intéresse Aozora no Tamago, qui veut plutôt se pencher sur les personnages et ce qui se passe dans leur tête. Très bien. J’ai envie de dire : « mieux ! » même. Parce que je ne suis pas bien branchée enquêtes policières, ayant tendance à justement accrocher à ce type de dramas quand ils développent plus leurs personnages que les mystères.

[Je vois... du fanservice, du fanservice partout] Aozora no Tamago  青空の卵[Je vois... du fanservice, du fanservice partout] Aozora no Tamago  青空の卵
[Je vois... du fanservice, du fanservice partout] Aozora no Tamago  青空の卵[Je vois... du fanservice, du fanservice partout] Aozora no Tamago  青空の卵

C’est à la fin de l’épisode 3 que j’ai commencé à ressentir le vrai souci que j’aurais avec cette série. Pourtant au début, tout allait bien, le drama ayant choisi de parler d’une femme agressée et de la façon dont la société blâme la victime plus que l’agresseur, ce que je trouvais intéressant. Parce que c’est un problème important, et que le drama le soulignait pour ce qu’il était, prenant clairement le parti de la victime, et rendant sa colère parfaitement justifiée. Puis le drama a semblé glisser de la demoiselle aux deux personnages principaux, et je trouvais cela dommage de se servir d’un problème rencontré par tellement de femmes pour finalement parler de nos deux protagonistes. Mais d’un autre côté, le flash-back qui nous était proposé montrait le harcèlement scolaire violent subit par Tori, la façon dont son professeur l’en avait rendu coupable, lui disant « oui mais aussi, si tu faisais des efforts, on te taperait pas dessus », et celle dont Sakaki gardait le silence face à tout ça. Donc si le glissement restait un peu dommage, on était toujours dans un problème grave avec la même idée que blâmer la victime au lieu des agresseurs, c'est rejoindre le rang des agresseurs, que c’est absurde, et que ce n’est pas une chose sur laquelle il faut fermer les yeux.  Sauf que là, c’est le drame, Sakaki se met à pleurer, et Tori panique, parce qu’il ne supporte pas de voir Sakaki pleurer, ça le plonge dans une vraie crise. « Nous sommes étranges, hein ? » sort Sakaki à la demoiselle qui a regardé la scène, et elle répond « Non, vous avez juste vraiment confiance l’un en l’autre ». Alors, oui, Sakaki parle aussi du fait que Tori a des trucs à surmonter, mais l’échange cité est pour moi représentatif du gros souci de la série, dont le but ne semble pas tant être de parler réellement des problèmes psychologiques de Tori, mais plutôt de nous faire fangirliser sur la relation Tori/Sakaki parce que « omg, ils sont trop proches, c’est beau ».

Aozora no Tamago ne s’intéresse pas vraiment à ses thèmes pourtant graves, il n’y a qu’à voir l’épisode 9 où un gamin abandonné par son père est rendu au dit père (qui a encore essayé de l’abandonner entre temps, et par « entre temps », je veux dire « cinq minutes avant la conclusion ») parce qu’apparemment les leads sont magiques et oui, ils ont carrément fait de lui, en cinq minutes, un type auquel on peut confier un enfant. Ou, plus probablement, le père rechangera d’avis le lendemain et le gosse se retrouvera à nouveau abandonné dans la rue, parce que non, un discours moraliste d’un lead ne suffit pas à former une famille, mais le drama s’en fout. Et on pourrait se dire que le drama expédie ses personnages secondaires parce qu’il veut passer plus de temps sur Tori, et ses problèmes à lui, mais…

[Je vois... du fanservice, du fanservice partout] Aozora no Tamago  青空の卵[Je vois... du fanservice, du fanservice partout] Aozora no Tamago  青空の卵
[Je vois... du fanservice, du fanservice partout] Aozora no Tamago  青空の卵[Je vois... du fanservice, du fanservice partout] Aozora no Tamago  青空の卵[Je vois... du fanservice, du fanservice partout] Aozora no Tamago  青空の卵

Bon, déjà, Tori nous est présenté comme un jeune homme reclus chez lui, qui ne sort pas, sauf qu’il passe son temps à sortir : pour faire du vélo, faire ses courses, prendre le bus, suivre les gens dans la rue. Sans oublier qu’il y a du monde chez lui sans arrêt, et qu’il a l’air d’être bougon, certes, mais de le vivre plutôt bien. Alors, cela ne signifie  pas qu’il ne souffre pas de phobie sociale ! En revanche, il y a un point commun à tous les moments où il sort de chez lui : Sakaki est toujours avec lui (ou bien il va retrouver Sakaki). C’est toujours Sakaki qui l’entraîne. Le fait qu’il sorte de chez lui n'invalide pas les problèmes de Tori, mais leur point commun met en lumière la dépendance à son ami. On se penche rapidement sur les raisons de sa réclusion, mais honnêtement, j’ai trouvé que le drama passait vite dessus, et toute l’histoire avec son père est bâclée pour, encore une fois, en revenir encore et toujours à Sakaki. Alors, cela a du sens, parce que c’est celui-ci qui nous raconte l’histoire, mais du coup le drama fait vraiment tout pour accentuer le fait que Tori vit à travers Sakaki qui, lui ne semble également avoir que Tori dans sa vie. C’est même exprimé clairement par Sakaki : il est le centre de l’univers de Tori. Et c’est présenté comme une très bonne chose. Non parce que c'est ça le souci, en fait.  Oui, de temps en temps, Tori a une crise parce qu’il est tellement aligné sur les émotions de Sakaki que l’enfant en lui (c’est le drama qui le dit ainsi) ressort, mais en vérité, le drama n’essaie pas tant de nous montrer le problème que ça peut être, juste de nous dire que ces deux-là sont décidément super proches, et que nous devrions kyatter à mort sur cette amitié supra profonde et touchante. J’ai du mal à l’exprimer mais plus le drama avançait et plus j’avais le sentiment super désagréable que les problèmes de Tori n’intéressaient pas vraiment le drama, mais étaient un gros prétexte à un fanservice assez écoeurant. Les gens, j’ai rien contre le fanservice (clairement),  mais quand il se fait en exploitant/"romanticisant" des thèmes aussi lourds et sérieux, et en nous vendant une relation aussi codépendante comme fusionnelle et trop "kyah", ça me fait grimacer, quand même.

Alors je ne sais pas. Peut-être qu’au fond, l’équipe avait ces acteurs moyens mais jolis, qu’on leur avait commandé un « drama vitrine » (autres drama vitrine: SHARK et Bad Boys J, par exemple) et qu’ils se sont dit qu’ils allaient faire quelque chose avec, quelque chose de plus que de la vitrine. Si cela se trouve ils avaient une intention très louable à la base. Peut-être même qu’il n’y avait pas question de vitrine, peut-être qu’ils se sont dit qu’ils allaient adapter un bouquin qui leur plaisait (c’est adapté d’une série de romans, et d’ailleurs peut-être que le souci vient de là, qui sait), j’en sais rien. Mais pour ce qui est du résultat, le drama est du pur fanservice qui effleure des sujets intéressants et sérieux, mais justement ne fait que les effleurer et les traiter par-dessus la jambe, tout en nous noyant sous les bishos. C’est joli, mais c’est à peu près tout, et j’ai pas mal grimacé, pas mal ri là où il ne fallait pas aussi. Mais au moins il y avait l’opening et le drama n’est pas long, donc c’est déjà ça.

[Je vois... du fanservice, du fanservice partout] Aozora no Tamago  青空の卵[Je vois... du fanservice, du fanservice partout] Aozora no Tamago  青空の卵
[Je vois... du fanservice, du fanservice partout] Aozora no Tamago  青空の卵[Je vois... du fanservice, du fanservice partout] Aozora no Tamago  青空の卵[Je vois... du fanservice, du fanservice partout] Aozora no Tamago  青空の卵
[Je vois... du fanservice, du fanservice partout] Aozora no Tamago  青空の卵[Je vois... du fanservice, du fanservice partout] Aozora no Tamago  青空の卵
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :