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Tu te croyais forte. Invincible. Installée sur ton piédestal, tu imaginais pouvoir régenter le monde. Tu manipules ? Tu deviendras une proie. Tu domines ? Tu deviendras une esclave. Tu mènes une vie normale, banale, plutôt enviable. Tu as su t'imposer dans ce monde, y trouver ta place. Et puis un jour... Un jour, tu te retournes et tu vois une ombre derrière toi. À partir de ce jour-là, elle te poursuit. Sans relâche. Juste une ombre. Sans visage, sans nom, sans mobile déclaré. On te suit dans la rue, on ouvre ton courrier, on ferme tes fenêtres. On t'observe jusque dans les moments les plus intimes. Les flics te conseillent d'aller consulter un psychiatre. Tes amis s'écartent de toi. Personne ne te comprend, personne ne peut t'aider. Tu es seule. Et l'ombre est toujours là. Dans ta vie, dans ton dos. Ou seulement dans ta tête ? Le temps que tu comprennes, il sera peut-être trop tard...

Quatrième de couverture de chez Pocket

Sur la piste des audiobook : la suite ! Et les gens, attendez-vous à ce que je vous parle beaucoup de thrillers, du coup. Parce que je pense que c’est principalement ce que je vais écouter. En effet, je continue mon expérience audiobook (qui me convainc de plus en plus… techniquement, j’ai déjà terminé un autre audiobook, et j’en ai commencé un quatrième), et me suis rendue compte que si l’expérience audio peut apporter quelque chose au livre (par exemple, en ce moment j’écoute Ca, bien que je l’aie déjà lu, parce qu’on m’a dit que le narrateur était particulièrement bon, et effectivement, il est très bon, et mon Dieu la voix qu’il donne à Pennywise me fout les boules), elle apporte surtout quelque chose à mes routines. Par exemple, hier (dimanche) matin, je me suis levée 45 minutes plus tôt, et j’ai marché 45 minutes avec la motivation d’entendre la suite de mon livre. J’aurais facilement pu me rendormir, mais j’avais envie d’écouter le chapitre d’après, donc… Et c’est pour ça que j’ai décidé de choisir surtout des thrillers pour le moment (Ca, c’est autre chose), parce que je veux avoir le suspense qui me pousse à sortir du lit, faire du sport, etc. Donc voilà, beaucoup de thrillers à venir, et aujourd’hui on va parler de celui-là, que j’ai choisi parce qu’il était affiché en gros sur audible, et que le concept me parlait. En effet, j’ai moi-même eu des grandes périodes de flip, parce que des objets dans la maison bougeaient, disparaissaient, etc (la plupart de ces évènements ont trouvé une explication), donc je sentais bien que je pourrais m’identifier à l’héroïne, flipper avec elle, et donc m’empêcher de dormir, ce qui est apparemment un de mes buts dans la vie. Je n’ai pas des buts très sains. C’est pas ma faute, ma maman a fait Space Moutain quand elle était enceinte de moi, d’abord T.T Cela dit, je n’ai pas perdu le sommeil avec Juste une ombre. Je me suis sentie angoissée sur trois chapitres, et puis après, je n’ai plus eu peur. Ce qui ne signifie pas que je ne n’étais pas à fond dans le livre. Car j’y étais.

Je distingue deux types de peur, en fait : la peur pour soi, et la peur pour les personnages. La peur pour soi, c’est celle du concept, en fait. Lorsqu’on imagine les évènements nous arriver à nous (et oui, ça aide qu’on s’identifie aux personnages pour ça, parce qu’on se met à leur place), et qu’on flippe d’éteindre sa lumière de chevet. Et la peur pour les personnages, c’est juste la peur qu’il leur arrive quelque chose, à eux, sans pour autant flipper que ça nous arrive à nous. Et j’ai flippé pour Chloé. Pourtant, ce n’est pas un personnage excessivement sympathique. On la prend en pitié, surtout (à cause de son passé, à cause de son présent aussi, bien entendu) tandis que l’étau se resserre et que personne ne veut la croire, mais elle se montre si souvent hautaine, et désagréable, que ce n’est pas quelqu’un dont on se dit qu’on a envie de la côtoyer. Avant même que toute cette histoire se lance vraiment, et qu’elle soit à fond dans la paranoïa et le stress, lorsqu’elle apprend qu’elle va être promue, sa première réaction est de penser à toutes les personnes qu’elle va virer, et d’en tirer du plaisir. Elle semble aussi également avoir un certain mépris pour sa meilleure amie, et bref ce n’est juste pas quelqu’un que j’ai trouvé sympathique. Pourtant, je suis entrée dans sa tête, et parce qu’on sent vraiment son désespoir, et parce qu’elle n’a certainement pas mérité ce qui lui arrive, j’ai croisé les doigts gravement pour qu’elle s’en sorte. D’autant qu’en plus du désespoir, ce que je ressentais avec elle également, c’était la frustration. La frustration de devoir la regarder expliquer encore et encore ce qui lui arrive, et de voir que personne ne la croyait. On retrouve dans le livre, d’ailleurs, des situations qui ressemblent à celles que beaucoup de femmes ont dû vivre. Bien sûr, la situation de Chloé est différente, mais à la voir raconter « on m’a suivie dans la rue », « on m’a agressée » et se voir répondre « tu te fais des films », « pas assez de preuves » et « femme hystérique » au visage, le parallèle avec la réalité est vite fait. J’avais envie de hurler aux gens d’écouter, et ça aussi ça m’a gardé scotchée jusqu’au bout du bouquin, parce que j’avais autant envie qu’elle prouve à tout le monde qu’elle n’est pas dingue, que j’avais envie de la voir de s’en sortir. Or, c’est tout à l’honneur du bouquin, je n’ai, jusqu’au bout, pas su si elle s’en sortirait ou pas, triompherait ou pas (et bien sûr je ne vous gâche pas le suspense non plus).

C’est pour ça que ça ne m’a pas dérangée d’avoir moins le suspense du « quoi ». En effet, honnêtement, j’ai réussi à reconstituer ce qui se passait bien avant la fin, grâce aux indices et, j’imagine, l’instinct. Arrivée à la fin, donc, je savais en gros ce qui se passait, mais ça ne m’a jamais freinée dans mon avancée, parce qu’ok je savais ce qui se passait, mais ça ne voulait pas dire que je savais ce qui allait arriver aux personnages : ce n’est pas parce qu’on a capté que Darth Vader est le paternel Skywalker (pardon pour le spoil) qu’on sait s’il va se racheter, s’il va survivre, ou s’il va apprendre à Luke à se raser. Le parallèle n’est pas excellent, d’accord, mais en gros j’avais démêlé la situation, et il ‘en restait pas moins que le devenir des personnages était incertain, et que je voulais y assister. Il y a peut-être une mini-longueur au milieu, vite fait, mais rien de bien grave honnêtement, et j’ai beaucoup apprécié de passer ces heures de ma vie à hurler « MAIS VOUS ALLEZ L’ECOUTER BORDAYL ». Il est d’ailleurs possible qu’une ou deux fois j’aie effectivement poussé un « raaah mais put*** » (je suis vulgaire dans la vie) tout haut, ce qui a pu faire sursauter les personnes non loin de moi qui n’avaient aucune idée de ce qui se passait. Oh, au passage, j’ai surtout parlé de Chloé, mais bien sûr, elle n’est pas le seul personnage, et même si elle est au centre du roman, elle le partage quand même pas mal avec Alexandre Gomez, un flic du genre « dur à cuire » qui a une vie privée difficile, et des manières pas très agréables. Lui non plus, ce n’est pas un personnage très sympathique à la base, mais j’ai fini par m’y attacher. Néanmoins, je ne passe pas trop de temps sur lui, parce qu’il entre dans le roman de façon un peu périphérique à l’intrigue de l’Ombre, et finit par la rejoindre d’une façon que je préfère vous laisser découvrir, étant donné, en plus, que ça n’arrive pas tout de suite. Ca aussi, d’ailleurs, c’est quelque chose qui m’a gardée accrochée à l’audio : j’avais envie de savoir quand Chloé et Gomèz finiraient par se croiser !

Le style de l’auteur était fluide, très facile à suivre et très joli. Encore une fois, j’y ai sans doute fait moins attention que si j’avais lu le livre, mais j’ai eu le sentiment de phrases courtes afin que chacune soit aussi percutante que possible, et afin également, je pense, de transcrire le côté effréné de la lutte de Chloé. Et dans l’ensemble ça fonctionne bien. Juste, à quelques moments (surtout quand l’ombre parle directement) j’ai un peu eu le sentiment… comment le dire… d’un style un peu forcé pour sonner « poétique » ? Ce n’est peut-être pas vraiment le mot, mais il y a deux trois moments comme ça où j’ai trouvé l’écriture un peu forcée. Et il faut dire que la narratrice, sur les passages de l’ombre, ne m’a pas bien convaincue. Elle était très bonne à donner toute sa tension et son rythme au roman pendant l’action et les descriptions, mais lorsqu’on en venait à l’ombre, encore une fois, il y avait quelque chose de trop forcé et cliché dans la lecture. Je n’ai pas non plus été tout à fait convaincue sur certains dialogues, quelque chose dans les intonations me semblant parfois trop plat par rapport aux émotions censées être contenues dans le texte. Néanmoins, tout ceci se noie pas mal dans l’ensemble, et ne m’a pas empêchée du tout de rentrer dans l’histoire, d’en profiter, et d’avoir toujours envie d’écouter la suite.

Bref, vous l’avez compris, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ce roman. Donc si vous appréciez les thrillers, pourquoi ne pas tenter celui-là~ ?

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