Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sorti en 2014

Réalisé par Kristian Levering

Ecrit par Kristian Levering & Anders Thomas Jensen

Dure 1h32

 

Avec :

Mads Mikkelsen  >>> Jon

Mikael Persbrandt  >>> Peter

Jeffrey Dean Morgan  >>> Delarue

Eva Green >>> Madelaine

etc

 

Dontesque ?

Un colon danois installé aux Etats-Unis depuis plusieurs années, en seule compagnie de son frère, est enfin rejoint par sa femme et son fils, mais se les voient aussitôt arrachés par deux brutes. Il se venge, mais ce n’est que le début.

 

~oOo~

Eh bien… évidemment.

Si vous avez un peu suivi ce qui s’est passé de mon côté ces dernières années, je pense que vous vous doutiez qu’à un moment donné, il faudrait que nous passions par la case « Mads Mikkelsen ». Et si vous avez les yeux bien en face des trous, vous en trépigniez d’impatience, parce que vous aussi, vous avez accepté Mads Mikkelsen dans votre vie, et elle ne s’en est faite que meilleure. Après avoir découvert la série Hannibal, une jolie petite histoire d’amour a commencé entre moi et cet acteur, et c’est ainsi que je me suis retrouvée à acheter plusieurs dvds de ces films. Autant vous dire qu’au moment de décider duquel je voulais parler pour cette semaine, j’avais l’embarras du choix, et mon choix a fini par se porter sur The Salvation, parce qu’en plus de celui de Mads Mikkelsen, il y avait les noms d’Eva Green et Jeffrey Dean Morgan (ou, comme je le connais : papa Winchester !) sur la jaquette, ce qui nous constituait donc un casting fort sympathique.  Et j’étais tout à fait disposée à regarder Mads se la jouer far west, aussi.

A la première scène du film, je me suis dit aussitôt que the Salvation allait me plaire, et j’ai le plaisir de vous annoncer que le reste du film ne m’a pas donné tort. Donc yay.

Parlons donc de cette première scène. Le film commence à une station de train, on y voit des gens flous bouger, tandis qu’un train approche, et sur le moment, je n’ai pas vraiment su ce qui me plaisait autant dans cette scène, je savais juste qu’elle me plaisait, et qu’il faudrait que je la revoie pour déterminer pourquoi. Et le pourquoi le voilà : j’aime la mélancolie et la menace qui planent dans l’air lors de cette ouverture. Le sifflement du train qui approche est inquiétant, de mauvaise augure presque, et la musique est très jolie, mais elle a quelque chose de pesant, avec une pointe de tristesse. Les personnages qui défilent, flous, le visage invisible dans ce lieu où tout le monde n’est que de passage, font penser à des ombres, des fantômes d’une époque qui est sur le point de finir. D’ailleurs, si j’aime beaucoup cette ouverture de film, j’aime également énormément sa fermeture, parce que les deux se répondent. A la fin du film (sans rien spoiler, bien entendu) les personnages disparaissent de l’écran (et je ne veux pas dire qu’ils sortent du cadre : ils s’évaporent), et la caméra s’éloigne petit à petit, dévoilant un, puis plusieurs puits à pétrole, qui ont été présentés peu courant par le film jusque là, mais annoncent le début d’une ère nouvelle. Le pays est en train de changer, bientôt une page va se tourner, et c’est ce que le film nous signifie réellement grâce à ses scènes de début et fin. Or il se trouve que j’ai un faible pour les films qui se déroulent dans ce genre de périodes de transition, ces moments où une époque meurt pour laisser place à une autre, laissant sur la touche des valeurs et des gens qui font désormais partie d’un passé révolu. Même quand la période qui s’achève est une période qu’on ne regrettera pas forcément, même quand le progrès est souhaitable, je trouve toujours quelque chose d’un peu mélancolique, et touchant, à ces décors-là, à ces histoires de gens ou modes de vie qui deviennent obsolètes, que ce soit dans Rurouni Kenshin : The Legends Ends, The Artist ou même Pirates des Caraïbes 4 (ou 3, je sais plus, y en a un où ils en discutent, mais les films se mélangent dans ma tête). Tout de suite, donc, sans même spécialement comprendre pourquoi au début, je me suis retrouvée embarquée dans le film (et puis après, j'ai compris).

[Le soleil se couche sur l'Ouest] The Salvation[Le soleil se couche sur l'Ouest] The Salvation
[Le soleil se couche sur l'Ouest] The Salvation[Le soleil se couche sur l'Ouest] The Salvation
[Le soleil se couche sur l'Ouest] The Salvation[Le soleil se couche sur l'Ouest] The Salvation
[Le soleil se couche sur l'Ouest] The Salvation[Le soleil se couche sur l'Ouest] The Salvation

Après, j’ai été embarquée dans l’histoire. Celle de Jon (Mads Mikkelsen donc, qui est impeccable), et pas une histoire bien gaie puisqu’il s’agit de celle d’un homme qui perd tous ceux qu’il aime puis est livré par sa communauté à un homme qui compte le tuer, non sans l’avoir torturé un peu d’abord (sinon c’est pas rigolo). Du coup, dépouillé de ceux qu’il aime, et trahi, il décide en gros de virer John Wick et de faire payer à tout le monde ce qu’ils lui doivent. Très bien. Mais en vérité, là où John Wick, dans le film du même nom, décidait de venger la mort de son chien (qui était tout ce qui lui restait) et passait un film entier à (brillamment) tirer dans la tête des gens (il est cool ce film), la partie « tirer dans la tête des gens » de the Salvation est en fait assez réduite. Il y en a un peu au début pour lancer l’intrigue, et un peu à la fin pour la terminer, mais cela ne prend pas la plus grosse portion du film, qui n’est pas un film d’action et, au contraire, m’a surprise en étant plutôt tranquille, donnant une impression de silence (ce qui ne m’a pas déplu, au contraire). En fait John Wick et The Salvation ont un truc en commun (oui, je me sers, plus ou moins –mais surtout moins- subtilement, de cet article pour vous dire de regarder John Wick aussi) à savoir qu’on n’a pas beaucoup les personnages à l’écran avant de les voir se faire voler ceux qu’ils aiment. Dans John Wick, le personnage titulaire se fait tuer presque aussitôt un chiot qu’il avait depuis très peu de temps, et dans The Salvation, Jon a à peine le temps de retrouver une femme et un gosse qu’il n’a pas vus depuis sept ans que, boum, ils sont morts. Mais ça marche de la même façon : les films choisissent les êtres les plus vulnérables et innocents possibles pour que quand ils sont violemment « sortis » de l’histoire, on ressente aussitôt de l’empathie pour le personnage principal. Je peux vous dire que j’étais triste et en colère avec lui, c’est certain.

Et après ça, plus que de nous montrer un type qui tire dans la tête des gens, le film veut surtout nous parler de l’ouest, cet ouest qui est sur le point de changer, et de la façon dont il transforme les hommes, et en particulier Jon. Parce que c’est une contrée qui ne tolère pas la faiblesse, une contrée où s’applique la loi du talion, où la violence règne, où les femmes la subissent, où il faut parler avec ses poings ou son fusil et où, en conséquence, la corruption va bon train, ce qui s’exprime pas mal via la communauté qui livre Jon, et s’estime clean (que « des bonnes âmes » disent-ils) alors qu’en vérité, ils sont en quelque sorte complices des méfaits de Delarue, notre antagoniste principal. Parce qu’ils l’ont laissé faire. Même Delarue, à une certaine époque, n’était pas si mauvais, nous dit-on, mais il a pris un mauvais chemin, ce mauvais chemin contre lequel la communauté met Jon en garde.

Par moments, il m’a semblé que le film manquait de quelque chose de vague, et je n’arrivais pas à mettre un doigt dessus. Simplement je sentais qu’il y avait moyen de faire plus, et que le film n’allait pas « jusque là », mais je me suis laissée facilement embarquer dans l’ambiance générale, et j’étais intéressée, embarquée par l’évolution du protagoniste. Faut dire que le casting suit très bien. Si Mads Mikkelsen fait du bon boulot et Eva Green a du charisme, je dois dire que c’est peut-être bien Jeffrey Dean Morgan qui m’a le plus attiré le regard, faisant un antagoniste très charismatique. Mikael Persbrandt n’a pas manqué de m’interpeler également dans le rôle du frère de Jon, cela dit. Ha, et parce que décidément il n’y a que du beau monde là-dedans, Jonathan Pryce est également au casting, et sur le moment je ne l’ai pas reconnu car ce n’est pas un acteur que j’ai tant vu jouer que ça, mais à la seconde où je l’ai vu, dans ma tête une alarme s’est déclenchée, en mode « nope, lui je l’aime pas, faut pas lui faire confiance, fuis Jon », et je ne savais pas pourquoi. Cela m’a perturbée une partie du film, et une fois terminé, grâce à l’ami Wikipedia, j’ai fini par capter que c’est l’acteur interprétant le High Sparrow dans Game of Thrones, et que ceci explique cela. Bref, y a vraiment un joli casting, et personne ne faillit.

The Salvation m’a donc beaucoup plu. Se situant à la fin d’une époque dans un pays qui change, il nous parle de la fin d’un homme qui, lui aussi, change, et parce que c’est joliment joué et joliment tourné, avec ce qu’il faut de tranquillité mélancolique et de menace, j’ai beaucoup apprécié. Quelque part, j’ai le sentiment que le film aurait pu être plus que ce qu’il est, mais vu que j’ai aimé ce qu’il est… ben… c’est cool. Quand même. Et puis Mads Mikkelsen, aussi.

Tag(s) : #SA2017, #Cinéma, #Cinéma Occidental, #Danemark, #2010s, #2014, #Kristian Levering, #Anders Thomas Jensen, #Mads Mikkelsen, #Mikael Persbrandt, #Jeffrey Dean Morgan, #Eva Green, #Jonathan Pryce, #Vengeance, #Western, #Drame, #The Salvation

Partager cet article

Repost 0