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Sorti en 1998

Réalisé par Oikawa Ataru

Ecrit par Oikawa Ataru

D’après les histoires d’Ito Junji

 

Avec* :

Nakamura Mami >>> Izumisawa Tsukiko

Kanno Miho (My daughter is an iguana, Ai no Uta, Hataraki Man, Magerarenai Onna, Guilty,  etc) >>> Kawakami Tomie

Douguchi Yoriko  (20th century boys 2 : The last hope, entre autres) >>> Dr. Hosono

Taguchi Tomoworo (Gantz, entre autres) >>> Det. Harada

 

*je limite les titres entre parenthèses à ce que j’ai vu et recommande, ou ne recommande pas avec article à l’appui. Ce qui explique le peu de titres à l’intérieur de certaines parenthèses.

 

Dontesque ?

Une jeune femme ayant vécu un accident violent essaie de récupérer ses souvenirs de cet accident traumatisant. Pendant ce temps, son voisin du bas semble se trimballer avec une tête de jeune femme dans un sac… une tête vivante…

 

~oOo~

Il n’y pas si longtemps (okay, il y a un an et demi… mais dans ma tête c’est pas si loin), je vous parlais de Tomie d’Ito Junji, qui est un de mes mangakas et auteurs d’histoires horrifiques favoris. J’adore ce qu’il fait, et honnêtement c’est le seul mangaka à avoir réellement su me faire peur. Autant un film peut aisément me terrifier, et je sais que plusieurs romans m’ont angoissée, autant niveau manga et anime ça devient tout de suite plus compliqué de m’effrayer, je pense parce que le style de dessin (quel qu’il soit), en général, rend très facile à mes yeux de mettre de la distance entre l’œuvre clairement pas réaliste et le spectateur. Un roman plonge directement le lecteur dans son histoire, et nous force à imaginer l’action (et bien souvent mon imagination est bien pire que tout ce qu’on peut me montrer). Les films d’horreur ne sont pas toujours bien réalistes, mais l’identification aux personnages est rendue plus facile  parce que les acteurs sont des êtres humains comme moi. Bref, il y a peu de mangas qui me font peur, mais Ito Junji sait exactement comment me mettre super mal à l’aise, et son personnage Tomie est au cœur de sa première histoire (puis de plein d’autres), ainsi que de plusieurs films, que j’étais curieuse de découvrir, parce que je suis toujours curieuse de voir les adaptations des choses que j’aime. Qu’elles soient fidèles ou pas, qu’elles donnent lieu à de bonnes œuvres ou pas, je suis curieuse. Et en vérité, j’avais déjà vu les films 1 et 3 de Tomie, mais c’était il y a très longtemps si bien que je ne m’en souvenais pas, et bref, j’étais curieuse, j’ai revu le 1 et je dois dire que malgré que ce soit un film lent, et que je commençais à m’en souvenir au fur et à mesure, je ne suis pas ennuyée du tout. Néanmoins je ne dirais pas non plus que j’ai vraiment aimé. Et clairement, ça ne m’a pas fait peur du tout.

Ce que ce film a de plus inquiétant, en fait, à mes yeux, c’est sa bande-son. On est accueillis dans ce film par des sons particulièrement glauques qui ressemblent à des gémissements, et le film voit ensuite revenir plusieurs fois une chanson affublée d’une voix robotique qui a, à la fois, quelque chose de triste et joli, et quelque chose d’inquiétant car inhumain. Pour moi c’est là que se trouvait le plus inquiétant du film. Bon, faut dire aussi que je réponds particulièrement aux sons (même aux descriptions de sons, d’ailleurs, parce que dans Ça de Stephen King, le passage qui me fait le plus flipper, et celui qui m’a le plus marquée c’est celui où la voix du clown est décrite au début), mais c’est ce qui a le plus failli me faire frissonner. Et puis je dois dire que cette chanson triste/inquiétante est particulièrement adaptée au personnage de Tomie. A la base, l’idée de ce personnage qui ne peut pas mourir et se régénère (de façon forcément gore) à partir de la moindre partie de corps, est assez brillante (merci Ito Junji), et un des aspects les plus intéressants de Tomie est la relation qu’elle entretient avec ses victimes. Elle ne les tue pas instantanément, ou elle-même : elle les rend fous. En étant abusive avec eux, mais parfois en se contentant d’exister, elle rend les hommes fous, et ce sont eux-mêmes qui finissent par tuer. Et par tuer Tomie. Et c’est là que la chanson est vraiment adaptée parce que ce morceau, comme je le disais, est beau (et Tomie est censée l’être particulièrement, c’est ce qui créé l’obsession de son entourage), inhumain mais imitant la voix humaine (le parallèle est évident), inquiétant, mais aussi triste, et quand on y pense, Tomie peut être perçue comme une victime. Elle est monstrueuse, clairement, parce que sa folie la pousse à aimer le mal qu’elle fait, mais quand on y réfléchit, cela fait des siècles (nous dit le détective qui veut découvrir qui elle est) qu’elle déclenche l’obsession et la folie et se fait brutalement assassiner. Pour ce qu’on en sait, à la base, elle n’était pas si folle, mais après des siècles à se faire tuer, à renaître, et à être tuée à nouveau… ben y a de quoi rendre dingue, et en ça le personnage de Tomie, convoitée par tous mais isolée et brutalisée, a quelque chose de vraiment tragique. Je ne suis pas sûre que le film voulait que je réfléchisse dans ce sens, mais je n’ai pas pu m’en empêcher. Après, je ne trouve pas Tomie super impressionnante dans ce film, en revanche. J’aime beaucoup Kanno Miho, qui l’interprète, et j’aime la façon dont le film ne nous révèle pas son visage tout de suite, mais autant je trouve que le personnage fonctionne tant qu’il ne parle pas (le très joli visage de Kanno Miho est filmé de façon à ce qu’il ressemble presque à un masque), autant dès qu’il ouvre la bouche, ça passe moins. L’actrice semble forcer la folie, elle est trop affectée, surtout quand elle part dans ses petits rires, et j’ai eu du mal à y croire, personnellement. Mais j’aime l’idée du personnage de Tomie et, en vérité, si le film n’a pas tout à fait fonctionné pour moi, c’est pour deux (autres) raisons en particulier.

[Magnifique obsession meurtrière] Tomie  富江[Magnifique obsession meurtrière] Tomie  富江
[Magnifique obsession meurtrière] Tomie  富江[Magnifique obsession meurtrière] Tomie  富江
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La première raison, c’est que je n’étais pas très impliquée dans le sort des personnages. Je n’en ai trouvé aucun véritablement attachant, j’avais toujours l’impression de les observer d’un peu trop loin. C’est peut-être une question d’écriture, ou peut-être à cause de leur jeu souvent trop détaché à mes yeux, mais le seul personnage que j’aimais vraiment bien, un peu, c’était le détective. Et je ne sais même pas si cela vient du personnage vraiment ou du fait qu’il joue l’éternel « flic obsédé » qui court après le grand mystère de sa vie, mais avec un calme et une résignation très inhabituels pour ce type de personnage, si bien que le contraste me plaisait. Mais c’était le personnage qui, comme moi, *observait* l’action. Non, en fait, il en observait les conséquences. Du coup ce n’est pas lui qui allait m’impliquer dans l’action elle-même, et les personnages ne m’ont simplement pas plus engagée que ça, me semblant émotionnellement trop désengagés eux-mêmes. Et la seconde raison pour laquelle ce film n’a pas tout à fait fonctionné pour moi, c’est son rythme. Je n’ai rien contre les films lents qui prennent leur temps, et comme je vous le disais, je ne me suis pas ennuyée pendant le film, je n’ai pas trouvé le temps spécialement long, d’autant que je trouvais que le réalisateur arrivait plutôt bien à créer un monde… déstabilisant ? Je ne sais pas si c’est le mot, mais il y avait une certaine étrangeté à l’univers porté à l’écran, avec ses drôles de cadrage filmant les personnages de loin, la tête parfois coupée par l’écran. Le silence était à la fois tranquille, mais également porteur d’un certain malaise, et bref, oui, l’ambiance est étrange quoi. Ce qui ne m’a pas déplu, de même que je n’ai pas été dérangée le moins du monde par le fait que le film tienne les actes de violence plutôt loin de l’écran, ne nous en montrant que le résultat souvent over-the-top et grotesque. Mon souci en fait c’est que Tomie reste pas mal sur un seul ton, ce jusqu’au final, si bien qu’il en devient… ben… monotone. La progression lente du début au milieu débouche sur un final finalement plutôt pétard mouillé, et c’est là qu’a été ma déception, vraiment, parce que ça ne me dérange pas qu’un film prenne son temps (au contraire, surtout dans un film d’horreur), mais il faut aussi que l’attente débouche sur quelque chose de bon.

En fait, je n’ai jamais été ni ennuyée ni vraiment passionnée. J’étais intriguée, mais rien n’est vraiment sorti du lot à mes yeux non plus. Mais j’ai trouvé intéressant de regarder l’adaptation, parce que j’ai trouvé que l’ambiance du film était très différente de celle du manga, du coup maintenant je suis très curieuse de voir les suites, d’autant que Tomie est un personnage qui se prête énormément aux suites, vu que tout le principe est qu’elle ne peut pas mourir. Il y a des tas de choses à faire du personnage, Ito Junji en a déjà pas mal fait la démonstration, et bref, j’ai l’intention de regarder les suites, mais ne vous conseille pas spécialement ce film-là.

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