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Sorti en 2000

Réalisé par Ralph Zondag & Eric Leighton

Ecrit par Walon Gree, John Harrison & Robert Nelson Jacobs

 

Pour le casting original et français + autres infos, cf. Wikipedia

 

Dontesque ?

Aladar, un jeune dinosaure recueilli et élevé par des lémuriens, voit une pluie de météores détruire son île, et doit donc s’exiler avec sa famille adoptive. Ensemble, ils tombent sur un groupe de dinosaures qui voyagent tous ensemble vers un lieu de ponte, et ils se joignent à eux, mais le voyage promet d’être rude.

 

~oOo~

Lorsque j’ai lancé mon projet « regardons des Disneys » l’année dernière, la liste de films que j’avais se divisait naturellement entre les films que je devais revoir, et les films que je devais découvrir. Et puis il y avait Dinosaur dans sa propre catégorie, à savoir « le film dont j’ai vu dix minutes, et que j’ai arrêté parce que je n’en pouvais plus ». En clair : j’étais vraiment pas restée sur une impression positive, et je savais que je devrais revoir le film, mais c’est pas celui qui m’enthousiasmait le plus. Mais suite à une conversation sur twitter avec Ladyteruki (que vous devriez suivre si vous aimez la télévision), j’ai appris que c’était son Disney favori, et je me suis donc retrouvée à le regarder avec elle par twitter interposé. Après avoir vu le film en entier, je suis contente d’avoir donné une seconde chance à Dinosaur, bien qu’il ne fait toujours pas et ne fera sans doute jamais partie de mes films favoris. Simplement, j’y ai trouvé plus de positif cette fois-ci, et même une scène qui, pour le coup, pourrait bien faire partie de mes scènes de Disneys favorites. Bonne expérience donc.

La première chose qui m’a plu dans ce film, c’est sa musique.  Dinosaur n’est pas une comédie musicale, donc je ne parle pas de chansons, mais vraiment de musiques, et maintenant que j’y pense, je crois bien que c’était la première fois que je remarquais autant une OST instrumentale dans un dessin-animé Disney. Mais écoutez, c’est juste qu’elle est très bonne, jonglant entre majesté, aventure, tranquillité, chœurs épiques et émerveillement. Pour tout vous dire, l’OST de ce film contient presque tout ce qui manquait au reste du film pour moi… on en reparlera, mais un de mes gros freins vis-à-vis de Dinosaur est que le film n’a pas très bien vieilli, pour plusieurs raisons, mais la musique, elle est intemporelle et a cette échelle énorme que, je pense, le film voulait avoir, mais n’arrive plus toujours à atteindre. En fait, la bande-son est dans mon panier amazon au moment où je vous parle, et je pense qu’elle fera partie de ma commande de Noël, mon cadeau à moi-même. Donc oui, très bel OST, un que j’écoute en boucle depuis que j’ai vu le film en entier. Et même si vous n’avez pas l’intention de regarder Dinosaur, sérieusement, allez écouter l’OST.  

Ensuite, même si le film n’atteint plus toujours ses objectifs à mes yeux, il y a quand même un joli travail sur l’ambiance, et j’aime beaucoup que le film puisse avoir des moments très graves, à la fois au premier plan, et un peu plus au second. C’est-à-dire qu’on a des moments tristes sur lesquels le film met l’accent, mais également des plus "petites" choses, tel qu’un dinosaure « lambda » qui s’effondre pendant la traversée du désert, et dont on voit les os une fois qu’il a été dévoré plus tard, ce qui rend tout de suite palpable le danger et la situation difficile dans lesquels se trouvent les personnages. Bon c’est vrai qu’en plus, toutes les histoires de dinosaures contiennent une grosse part de tristesse pour moi, parce que ces créatures peuplaient la Terre à une époque, et ont à présent disparu, si bien qu’en soi, tout film les mettant en scène à leur époque, a forcément sa part de mélancolie. Mais, en plus, Dinosaur n’hésite pas à faire preuve de gravité, et je vous disais qu’il contient une de mes scènes favorites de films Disney : il s’agit de celle de la pluie de météores qui force Aladar et sa famille adoptive à fuir leur foyer (et aussi la pluie de météores qui détruit toute leur communauté… paye ta joie :D Certes, chez Disney les rêves se réalisent, mais les cauchemars ont leur part). Instinctivement, en voyant cette scène, j’ai aimé ce moment, et en le re-regardant après ça, j’ai fini par déterminer pourquoi. En premier lieu, j’aime sa progression, avec des personnages qui voient tomber les météores et trouvent ça magnifique (et ça l’est), puis commencent à se sentir mal à l’aise sans savoir pourquoi, jusqu’à ce que la destruction leur tombe dessus. Il y a un très joli travail sur le son, avec une musique qui retranscrit vraiment bien leurs émotions, une bonne utilisation du silence lorsque la destruction frappe, et aussi, ce que j’ai préféré : le bruit des oiseaux en fuite. Alors que les personnages sont hypnotisés par la beauté du spectacle, il y a une nervosité qui s’installe, et on entend le bruit d’oiseaux qui fuient (puis on les voit). Ce bruit d’oiseau vient briser la béatitude qui s’était installée, et avant même de les voir, il y a ce sentiment qu’un orage se prépare, que subitement tout s’agite. Mais, honnêtement, dans cette scène, le plan qui m’a vraiment remuée, c’est celui des lémuriens qui se recroquevillent sur eux-mêmes :

Parce que dans ce plan, on peut voir des êtres qui voient venir leur propre fin, sans vraiment le comprendre. Ils se recroquevillent, à la fois apeurés et émerveillés, et ils n’ont aucune idée qu’ils sont sur le point d’être détruits. Ce qui se rattache à la tristesse qui va avec les fictions sur les dinosaures, car on regarde vivre tout un monde qui n’existe plus, qui était là avant nous mais qui a été balayé par le temps. Et lors de ce plan, dans cette scène, ça ne m’avait jamais autant frappée je pense. Aussi, j’ai ressenti que nous *sommes* ces lémuriens. On parle beaucoup de détruire ou sauver la planète, mais la vérité c’est que (comme le dit notre cher mathématicien dans le roman Jurassic Park :D) la planète était là avant nous et sera là après nous. Nous, en revanche, on ne sera pas toujours là, et on regarde bouger un univers qui nous dépasse, tout en voyant venir notre propre extinction. Bon, on a peut-être plus conscience de ce qui nous attend, mais malgré tout… J’ai vraiment ressenti tout ça pendant cette scène, et je la trouve drôlement bien foutue.

Le film, qui est court et assez direct, a également de jolis messages à délivrer, notamment sur l’espoir, la rédemption et les choix que nous faisons, mais surtout sur le pouvoir qu’on a ensemble. Ladyteruki a très bien résumé le message général de Dinosaur elle-même, et pour la paraphraser : être fort tout seul n’est pas toujours suffisant, mais être faibles à plusieurs peut soulever des montagnes. Individuellement, les personnages de Dinosaur ne sont pas remarquables, et Aladar n’a de réellement forte que sa volonté, mais lorsque tous les dinosaures, fatigués et vieux pour certains, se réunissent, et avancent ensemble, ils peuvent créer un miracle. C’est vrai, je n’ai pas trouvé que l’exécution était toujours parfaite, mais le message est vraiment joli, et c’est encore une chose à apprécier dans ce film.

[Disney project] Dinosaur[Disney project] Dinosaur
[Disney project] Dinosaur[Disney project] Dinosaur[Disney project] Dinosaur

Maintenant, malheureusement, il va nous falloir passer aux choses qui fâchent un peu. Enfin… il n’y a rien que j’ai *détesté* dans ce film, juste certains éléments qui ne m’ont pas beaucoup parlé. Et pour commencer : les personnages. Oh, je ne les ai pas trouvés désagréables du tout, hein ! Aladar est tout à fait sympathique, et Neera (qui au passage a des écailles un peu plus roses que les siennes… même chez les dinosaures la règle du bleu-rose s’applique :D), bien que pas présente à l’écran longtemps, est également un personnage appréciable, dont j’ai aimé le caractère, et le fait qu’à la fin elle ait un véritable rôle à jouer, et ne reste pas passive. La mère adoptive d’Aladar est également un personnage plein de chaleur, et si Zini, le pote du héros, m’avait méchamment saoulée la première fois, ce coup-ci finalement, il est passé aussi. Ils sont tous plaisants. Mais honnêtement, je ne les ai pas trouvés bien mémorables, je ne leur trouve pas de personnalité bien distincte. En partie, je me demande si ça n’a pas à voir un peu avec l’animation, parce que comme elle n’est pas très naturelle par moments, j’avais du mal à complètement ressentir certaines de leurs expressions, et donc émotions. J’ai plus vu le « cast » de Dinosaur comme un grand tout que comme plusieurs individus marquants, et bref, je n’étais juste pas très attachée à ces personnages au-delà du fait qu’en général je voulais qu’ils s’en sortent parce que c’étaient des « gens biens ».

Oh et en parlant de Zini, il me permet d’aborder un autre souci que j’ai avec le film, et qui se situe au niveau des dialogues : les expressions trop « modernes ». Il n’y en a pas beaucoup, et c’est pas aussi dérangeant que les chansons pop et références au téléphone dans Brave, mais il y en a, du genre « love monkey », « professor of love », ou ce moment où les personnages jouent à « I spy with my little eye « (qui est un jeu où quelqu’un choisit quelque chose aux alentours, dit « je vois quelque chose qui commence par la lettre X », et les autres doivent trouver de quoi il s’agit), et moi à chaque fois, ça me sort du film. Quand Aladdin fait ce genre de choses, ça ne me dérange pas, parce que tout le film est comme ça, mais quand des films nous entrainent dans un univers différent du nôtre, et subitement nous tirent dans le nôtre, ça fait rupture pour moi. Le film revendique clairement une certaine grandeur, à la fois dans la musique et la mise en scène, et c’est le genre de choses qui la brisent, à mon sens.

Et enfin, nous en venons à l’animation. Qui a pas mal vieilli. Et je dis bien qu’elle a vieilli, parce qu’à l’époque, c’était super beau. Je m’en veux de ne pas être allée voir ce film au cinéma d’ailleurs, parce que je me souviens que j’avais vu la bande-annonce en salle, et que j’avais failli en pleurer devant l’écran. Si je l'avais vu à l'époque, je pense que ça m'aurait bien plus plu. Donc ce n’est pas que les animateurs ont fait du mauvais boulot, c’est juste que le temps a passé. Bon puis c’est vrai aussi que la bande-annonce promettait des décors grandioses, et qu’après ça tout le film se passe entre sable et cailloux, ce qui est compréhensible, mais un peu terne niveau couleur. Mais pour revenir au temps qui a passé, le fait est que l’animation 3D vieillit plus vite que la 2D (dont c’est surtout le « style » qui vieillit, souvent), surtout quand cette 3D se veut réaliste, et essaie de créer des textures « vivantes » (c’est pour ça que dans Toy Story, les jouets passent encore très bien, alors que les humains font peur à regarder). En conséquence, ben, en plus du fait que l’intégration de l’animation aux décors réels ne fonctionne pas toujours parfaitement, les personnages ne bougent pas toujours naturellement, n’ont pas toujours une texture très convaincante, et ça aussi, ça a eu tendance à me sortir un peu du film, parce que ça donnait quelque chose de « faux » au tout.

Entre les moments qui me tiraient de l’univers, et le fait que l’animation ait vieilli au point d’empêcher l’immersion totale pour moi, je ne suis pas rentrée totalement dans le film, ce qui explique que je n’ai pas ressentie à fond. Parce que les personnages (en partie pour ça) m’ont semblé plaisants mais pas non plus marquants, je ne peux pas dire que Dinosaur fasse partie de mes Disneys favoris. Mais je suis contente de lui avoir laissé une seconde chance, parce que sa musique va m’accompagner un bon moment, parce qu’il y a de jolis messages, de bons moments de mise en scène, et parce qu’il contient à présent une de mes scènes favorites de films Disney. Si vous ne l’avez pas vu, donc, n’hésitez pas à y jeter un œil :)

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