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Sorti en 2015

Réalisé et écrit par Wen Tang Cheng

Dure 1h54

 

Avec :

Chris Wang >>> Yeh

Kaiser Chuang >>> Ming

Jian Man Shu >>> Ann

 

Dontesque ?

Un jeune policier découvre la corruption du milieu et se débat pour résoudre une affaire d’étudiant tabassé alors que tout lui met des bâtons dans les roues.

Fiche Ecrans d'Asie: ici

 

 .oOo.

Parce que pourquoi pas.

Je ne savais rien de ce film, de ces acteurs ou de ce réalisateur (du moins je le pensais, mais il s’avère que j’ai vu Summer’s Tail du même monsieur... je m'en souviens pas, cela dit), mais pourquoi pas. Et écoutez : bonne pioche. Le film s’inscrit apparemment dans une volonté du réalisateur, Cheng Wen Tang, de parler de corruption judiciaire à travers différents films (le premier étant Tears, que je n’ai pas vu), et celui-là m’a bien plu. D’autant que je l’ai regardé très peu de temps après avoir découvert le film Coréen Veteran (avec qui Maverick a en commun son thème de policiers ayant du mal à faire leur travail et arrêter qui ils doivent, corruption oblige), ce qui fait que je l’ai d’autant plus apprécié.  Pas parce que Veteran était mauvais (du tout), mais parce que les deux films ont des approches très différentes, et que regarder l’un juste après l’autre a d’autant plus souligné ce que faisait le second.

Maverick est un film très posé, qui semble viser le réalisme, au moins dans l’ambiance. Il y a beaucoup de silence, très peu d’action, et une certaine tristesse qui transparaît tout le long. Ce qui moi, m’a très bien convenu, parce que j’aime le silence. Bien entendu, le film a quand même une bande-son, et d’ailleurs j’ai beaucoup aimé les chansons utilisées, mais il n’en reste pas moins que le film est généralement tranquille, posé, à la limite du statique lors de certaines scènes. Ce qui m’a laissé tout le loisir d’admirer les très jolies images (l'absence de Yoo Ah In étant quand même un handicap niveau joliesse, certes). Et pendant une bonne partie du film, je me suis demandé pourquoi ce film me plaisait autant, visuellement parlant, et finalement, en regardant toutes mes screencaps favorites, qui sont généralement celles du couple Ming / Ann, je me suis rendue compte que c’est parce qu’il se dégage souvent quelque chose de très intime de Maverick. Le film n’est pas vraiment dans le spectacle extraordinaire, mais passe beaucoup plus de temps à s’intéresser à ses personnages, et c’est ce que son ambiance avait de calme et intime qui m’a plu.

D’ailleurs, à tort ou à raison, je n’ai pas été très intéressée par l’enquête fil rouge. J’étais intéressée par le devenir des personnages, qui dépendait en grande partie du dénouement de cette enquête, mais en soi l’enquête elle-même ne m’a pas interpelée plus que ça, j’étais plus concentrée sur la vie des protagonistes, leur contexte, et l’effet que ce contexte risquait d’avoir sur eux. Faut dire que je les ai appréciés ces personnages. Yeh, notre héro, fait un protagoniste très appréciable, encore pas entamé par la corruption du monde, voulant bien faire, mais pas non plus naïf au point d’en être agaçant, tandis que Ming, le vétéran résigné qui finit par lui venir en aide lui vole un peu la vedette, à grand renfort de charisme de l’acteur. Et puis c’est vrai qu’encore une fois, Ming a cette relation avec sa petite-amie, Ann, qui m’a touchée (Yeh a également une petite-amie, mais leur relation m’a paru moins explorée). Elle tend parfois un peu sur le mélo, mais les acteurs arrivent néanmoins à en vendre l’émotion, et je me suis très vite attachée à ce couple, espérant qu’ils tiennent, tout comme j’espérais que Yeh ne finirait pas trop entaché. Parce que s’il pouvait gagner une bataille, le film donnait le sentiment que la guerre, elle, était pour le moment perdue.

[Il y a quelque chose de pourri dans le royaume] Maverick  菜鳥[Il y a quelque chose de pourri dans le royaume] Maverick  菜鳥
[Il y a quelque chose de pourri dans le royaume] Maverick  菜鳥[Il y a quelque chose de pourri dans le royaume] Maverick  菜鳥
[Il y a quelque chose de pourri dans le royaume] Maverick  菜鳥[Il y a quelque chose de pourri dans le royaume] Maverick  菜鳥[Il y a quelque chose de pourri dans le royaume] Maverick  菜鳥
[Il y a quelque chose de pourri dans le royaume] Maverick  菜鳥[Il y a quelque chose de pourri dans le royaume] Maverick  菜鳥

Je vous parlais de Veteran au début de l’article, et les deux films sont très différents, l’un tendant vers la comédie un peu farcesque, et l’autre vers le drame. Et parce que Veteran est plus optimiste, il donnait une certaine clarté à la situation quand même, créant un méchant à abattre qui représentait toute la corruption du monde, le rendant violent, détestable, dégénéré (mais sexy, Yoo Ah In oblige... j'avais quand même envie que quelqu'un l'étrangle). Maverick, lui, présente quelque chose de plus « diffus ». Il n’y a pas un grand méchant caricatural à tabasser à la fin, mais un contexte entier où tout le monde est un peu corrompu, des profs de lycée qui apprennent très tôt à leurs élèves que personne ne les écoutera si bien que ça ne sert à rien d’élever la voix, aux politiciens, en passant par les policiers qui ne tardent pas à mettre Yeh, notre héro, au parfum, comme si c’était la chose la plus naturelle au monde. La corruption est générale, et au début Ming a carrément baissé les bras, acceptant que les choses se font comme ça, et qu’on n’y peut rien parce que l’hydre a bien trop de têtes de toute façon. Si le film n’est pas entièrement pessimiste, il propose donc un problème très difficile à résoudre, comme un cancer déjà largement métastasé. Ce n’est pas gai, mais j’ai apprécié de voir la façon dont il nous mettait cette situation devant les yeux, et parce que le film avait réussi à me faire m’attacher aux personnages, il n’était pas non plus trop démoralisant, car il y avait au moins une chance qu’eux s’en sortent, me proposant une semi-victoire, à défaut d’une victoire complète.

Le film, parfois, a tendance à en faire un petit peu trop par contre. Comme je vous le disais, la relation entre Ann et Ming, aussi jolie soit-elle, pousse parfois un peu dans le mélo, et le film introduit également l’image de la « dent douloureuse » que j’ai trouvée assez peu subtile. En effet, Yeh souffre d’une dent douloureuse au début du film, et ses collègues n’arrêtent pas de lui dire de l’arracher ou de se taire, mais finalement il va chez le dentiste qui ne lui retire pas, soutenant qu’elle peut être sauvée, et la situation de la dent semble être un parallèle un peu gros à la situation de Yeh qui ne s’adapte pas à son nouveau contexte et est sommé de la fermer ou de se casser, mais qui décide à la place de rester en place et faire ce qu’il peut pour arranger les choses (tout en se préservant lui-même).

Dans l’ensemble, néanmoins, Maverick m’a beaucoup plu, en particulier à partir du moment où Yeh, Ming, Ann, et Hui Min (la petite-amie de Yeh) partagent l’écran pour la première fois. La situation est un peu précipitée, mais elle signe le début de l’amitié véritable entre Yeh et Ming, et surtout elle nous propose des personnages qui subitement rient, s’amusent ensemble, et ça aide à s’y attacher, je trouve. C’est le moment où j’ai décidé qu’ils me plaisaient vraiment, en tout cas. Le film ayant un rythme volontairement lent, je concevrais qu’il n’embarque pas tout le monde, mais de mon côté, je l’ai beaucoup apprécié, donc encore une fois : bonne pioche (yay !).

Tag(s) : #SA2017, #Cinéma, #Cinéma Asiatique, #Taiwan, #Maverick, #2010s, #2015, #Wen Tang Cheng, #Chris Wang, #Kaiser Chuang, #Jian Man Shu, #Policier, #Drame, #Romance, #Bromance, #Amitié

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