Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

Sorti en 2016

Ecrit par Jared Bush et Phil Johnston

Réalisé par Byron Howard, Rich Moore et Jared Bush

 

Pour toutes les infos techniques, cf. Wikipedia

 

Dontesque ?

Jeune recrue, Judy Hopps est la première lapine à entrer dans la police de Zootopia, et se heurte à un mur de préjugés mais décide de prouver sa valeur en résolvant une affaire de carnivores disparus, avec l’aide de Nick Wilde, un renard escroc.

 

~oOo~

J’ai mis du temps à le voir celui-là, mais j’ai fini par le regarder, il y a un certain temps, et j’attendais de le revoir pour vous en parler. Ce qui est fait. Et je vous avoue qu’avoir l’excuse « article à écrire » pour revoir le film m’arrangeait bien, parce que j’ai beaucoup aimé Zootopia la première fois. Ainsi que la seconde. En fait je dirais même que j’ai préféré la seconde fois. En effet, en découvrant le film, j’avais beaucoup aimé, mais j’avais également ressenti une légère pointe de déception, parce que les gens m’avaient beaucoup parlé du film et qu’il n’était pas exactement ce à quoi je m’attendais. Alors que la seconde fois, je n’avais pas les mêmes attentes, et j’ai donc pu me concentrer sur tout ce que le film réussit… et il réussit beaucoup de choses. A commencer par l’animation.

En effet, finalement, la grande star de Zootopia pour moi, ça a surtout été son animation elle-même. Bon, de temps en temps, c’est vrai qu’il y a des scènes un chouïa moins réussies que d’autres, avec des personnages qui ont de drôles de mouvements, mais ça dure une seconde à peine à chaque fois, et ce n’est pas supra important, car dans l’ensemble, je trouve remarquable l’animation du film. Et une des choses que je préfère par rapport à cette animation, ce sont les expressions des personnages. Il y a une attention au détail que j’ai adoré. Par exemple, prenez la scène des paresseux : dans une scène qui a beaucoup fait parler d’elle (et pour cause, elle est très drôle), nos deux personnages principaux se rendent à la DMV (une administration s’occupant essentiellement de permis de conduire) et tous les employés de cette administration sont des paresseux qui vont à deux à l’heure (oh et l’un d’entre eux est interprété par Kristen Bell, ce que je trouve super sympa, car la demoiselle est obsédée par ces animaux). La façon dont bouge le visage de Flash, le paresseux auquel ils ont affaire, est à mourir de rire, mais ce qui m’a amusée surtout, c’est le visage de Nick pendant que Judy et Flash parlent. Judy a des expressions exagérément sur les nerfs, Flash exagérément lentes, et c’est drôle, mais ce sont les sourires en coin de Nick tandis qu’il regarde la scène et s’en amuse qui ont vraiment enfoncé le clou pour moi. C’est de cette attention-là dont je parle. Les expressions de tout le monde sont travaillées, au premier plan comme au second, et ça donne des personnages très vivants, qui peuvent faire rire, pleurer, s’émouvoir parce que leurs émotions sont palpables.

L’autre chose que j’ai particulièrement aimée, niveau animation, c’est simplement le design du monde dans lequel se déroule le film. Les échelles différentes, surtout. En vous parlant de Toy Story, je vous disais que j’aimais beaucoup le fait que tous les jouets aient des tailles différentes, et je pense que c’est parce que ça force les personnages à interagir de façon différente avec les autres, et avec leur environnement. Dans Toy Story, il y avait le fun de connaître l’environnement et de le voir sous un autre angle, mais dans Zootopia il y a celui d’en découvrir un nouveau, et mieux que ça : un qui en contienne plein d’autres. Au cœur de la ville même, dans le look urbain, il y a des quartiers dont les tailles varient, et autour de ça, on a les quartiers aux différents micro-climats, et argh, je suis tellement frustrée qu’on n’ait pas pu tous les explorer. Je sais bien qu’on ne pouvait pas tous les voir en détails, mais… *frustration* A la découverte comme à la revoyure, l’arrivée de Judy à Zootopia me met les larmes aux yeux les gens. Même avec cette musique.

Bon, okay, okay, la musique n’est pas catastrophique du tout, je n’ai juste pas eu de coup de cœur pour Try Everything, la chanson phare du dessin-animé. La mélodie, ça va, et lors de cette scène d’exposition les images sont particulièrement bien rythmées dessus, mais ce sont les paroles avant tout qui me passent au dessus de la tête. Elles partent d’un très bon sentiment, je ne les trouve juste pas très impressionnantes d’un point de vue littéraire. Mais, d’accord, c’est vrai qu’elles s’accordent très bien au parcours de Judy et à sa philosophie qui contrairement à celle de ses parents (qui est de ne rien faire, car ça évite l’échec), est d’essayer, quitte à se planter et devoir recommencer jusqu’à ce qu’elle réussisse. Ce qui me l’a rendue très sympathique. Judy Hopps est motivée, optimiste, intelligente, énergique, drôle, et terriblement attachante. Nick est également intelligent, rusé, avec une plus grande expérience des rues de Zootopia, et une vue du monde largement plus pessimiste... Vous vous en doutez, ça fait une bonne combinaison, avec un bon équilibre car si Nick sert de guide à Judy dans un monde qu’elle ne maîtrise pas, elle apprend vite, et ils ont chacun quelque chose à apprendre de l’autre. J’avoue, j’ai failli avoir un crush sur Nick, un peu. C’est un renard, je sais, je sais, mais Jason Bateman lui donne du charisme et du charme même lorsqu’il se montre mesquin, je n’y peux rien. En tous les cas, on a un bon duo central, et tout autant de bons personnages secondaires qui forment un ensemble parfois touchant, mais surtout drôle. Oui, c’est vrai qu’il y a des moments émouvants dans Zootopia, mais pour être honnête, j’ai moins eu la larme à l’œil d’émotion que de rire. C’était une aventure divertissante, un très bon film de duo mal assorti, et c’est là que j’en viens à ma petite déception. Zootopia, comme tous les films d’animation Disneys, a un message à délivrer, mais la différence c’est que là, le film fait clairement référence à notre société, si bien qu’il semble parler de sujets plus réels, plus contemporains et moins vagues que « fais de bonnes choses, et il t’arrivera de bonnes choses en retour ». Mais la vérité c’est que personnellement, j’ai trouvé ça trop embrouillé pour vraiment fonctionner. Ou en tout cas pas de la façon qu'on m'avait décrite.

On m’avait vendu le film en me disant « c’est un très bon film sur le sexisme », « c’est un très bon film sur le racisme », et en me citant des exemples précis pour dire « ça parle de tel sujet en particulier », mais j’ai le sentiment que ces gens prenaient une partie du film pour me convaincre, en oubliant d’autres n’arrangeant pas le parallèle, car le fait est que j’ai un peu de mal à démêler l’allégorie. Par exemple, à un moment donné le réceptionniste dit de Judy qu’elle est « mignonne », et se voit répondu « oh, c’est un terme qu’on peut utiliser entre nous, mais si quelqu’un d’autre s’en sert, c’est un peu (sous-entendu : raciste) ». A un autre moment donné, Nick est fasciné et veut toucher les cheveux de l’assistante du maire (qui est une petite moutonne), et Judy lui répond que ça ne se fait pas. Dans ces deux scènes-là, on reconnait des situations racistes types dont sont victimes les personnes noires, donc on peut se dire « okay donc dans cette allégorie les petites proies représentent les noirs, ou en tout cas une ‘minorité visible’ ». Et oui, Judy a un spray anti-renard, est supposé être mauvaise conductrice comme tous les lapins, et là on est plus dans une histoire de sexisme. Mais la vérité c’est que les prédateurs sont la minorité, qu’un renard se fait exclure d’une boutique pour éléphant, et dans la seconde moitié du film, il y a des tas de stéréotypes sur eux qui ressortent, et qui soit s’inscrivent dans le contexte « sexisme » et donnent au film un sérieux cas de « Not all men », soit ça s’inscrit dans le contexte « racisme », auquel cas ça fout quand même pas mal le bordel. Mais de base, je comprends pas trop comment ça marche leur histoire, parce que Judy est recrutée dans le cadre d’un programme d’inclusion des mammifères, sauf qu’à Zootopia il n’y a QUE des mammifères (le reste des animaux n’a pas évolué apparemment), et on peut même pas parler d’inclusion des proies, parce que des proies il y en a déjà dans la police, le CHEF est une proie. Donc c’est juste une question de petites proies,  mais bref, vous voyez ce que je veux dire : il est évident que le film parle effectivement d’exclusion, de stéréotypes, d’amalgames, etc, et fourmille de thèmes qui sont très importants, surtout vu le climat mondial actuel, mais je pense qu’on m’avait un peu trop vendu le truc comme quelque chose de précis, alors qu’en fait, c’est bien plus vague que ça. D’où la déception de la première fois, mais à la revoyure je savais à quoi m’attendre, et cela ne m’a donc plus dérangée.

Dans les Disneys « années 2010 », Zootopia s’impose pour le moment comme mon favori. Bien sûr, je ne les ai pas encore tous vus, mais pour le moment j’ai un top2, avec Raiponce en seconde place, et Zootopia en tête. Le film est drôle, lance la discussion sur des sujets actuels et importants, il a une excellente animation et des personnages auxquels je me suis attachée. Oh, et même si à la fin j’avais deviné un retournement, pendant le reste du temps, je ne savais pas ce qui se passait, et j’avais envie de savoir, ce qui dans une histoire policière est plutôt une bonne chose, quand même. C’est vrai, je suis toujours un peu déçue quand je n’ai rien à vraiment fredonner en sortant d’un classique d’animation Disney, mais le reste compense largement, donc tout va bien, et si vous ne l’avez pas encore vu, je vais me joindre à la majorité, et vous le conseiller~

Tag(s) : #Cinéma, #Cinéma Occidental, #USA, #Disney, #Zootopia, #2010s, #2016, #Jared Bush, #Phil Johnston, #Byron Howard, #Rich Moore, #Ginnifer Goodwin, #Jason Bateman, #Amitié, #Animation, #Animaux, #Comédie, #Good female lead, #Policier

Partager cet article

Repost 0