Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

 

1 épisode

Diffusé en 2014

Sur TV Asahi

Réalisé par Ishibashi Kan

Ecrit par Matsumoto Seicho

 

Avec :

Kitano Takeshi (Battle Royale, Zatoichi, Kids Return, etc) >>> Det. Fujisawa Rokuro

Eita (Memories of Matusko, Aoi Haru, Orange Days, etc) >>> Det. Ichimura Yoshitaka

Kitaoji Kinya (Karei Naru Ichizoku, Byakkotai, etc) >>> Kijima Tadao

Kunimura Jun (9 Souls, 69, Hanging Garden, The Wailing, etc) >>> Iwase Koichiro

Takeuchi Yuko (Pride, Flowers, Bara no nai hanaya, etc) >>> Ehara Yasuko

 

Dontesque ?

Lorsque le corps sans vie d’une hôtesse de l’air est retrouvée près d’une rivière, un vieux flic au bord de la retraite demande à en faire sa dernière affaire. Avec son jeune partenaire, il se lance sur les traces du coupable, qui semblent le mener tout droit vers l’église de la communauté.

 

~oOo~

Avec la décision d’organiser une Semaine Anniversaire cette année, le projet Eita se retrouve à nouveau avec une deadline, donc il est temps de s’y remettre. Et puis de toute façon, pauvre Eita, je l’ai abandonné trop longtemps. Si cela peut le consoler, pendant toute une année, ce n’est pas juste lui que j’ai abandonné, mais tout de même, tout ceci manque cruellement de sérieux, et il était temps de se remettre au boulot, nonmého. Enfin, c’est un boulot agréable donc je me plains pas. Si je pouvais être payée à regarder des trucs avec Eita dedans, je le ferais, parce que non seulement c’est un plaisir de le voir lui, mais le jeune homme a quand même aussi généralement tendance à bien s’entourer, et à trainer dans des projets qui me plaisent. Bien entendu, y a des exceptions quand même, et je craignais d’ailleurs que Black Gospel ne soit de celles-là, parce que même si le casting me parlait (Kitano Takeshi, Takeuchi Yuko ET Eita ? Yes please !), j’étais moins emballée par le synopsis. Qu’à cela ne tienne, j’ai regardé le téléfilm, et, bah, écoutez, c’était intéressant en fait. Après, j’ai le sentiment quand même que ça aurait pu être un peu meilleur. Ou en tout cas plus marquant, en particulier du côté de la présentation, que j’ai trouvée assez peu remarquable. Visuellement, je n’ai pas retenu d’image marquante du téléfilm, et je vous avoue que je suis restée mitigée vis-à-vis de la narration qui intervient de temps en temps, pour nous présenter les personnages ou faire avancer plus rapidement l’histoire. Black Gospel est un film de deux heures, et je sais pas, je pense qu’il y aurait eu moyen de nous montrer plus les choses au lieu de nous les raconter parfois. D’un autre côté, on pourrait avancer l’idée que la narration était là pour donner au téléfilm quelque chose de plus « passé », comme si on nous parlait d’une vieille histoire. Et même si je ne suis pas fan de la méthode employée, ça fonctionne, dans le sens où on a effectivement le sentiment de lire un vieux dossier.

Et c’est important, parce que finalement l’intérêt de ce téléfilm est plus dans le contexte de l’enquête, et dans la méthode, que véritablement dans le mystère. Le coupable est identifié plutôt rapidement, et le suspense finit par surtout se situer dans « arriveront-ils à l’arrêter, compte tenu du contexte ? ». Bon après, peut-être que je me suis moins intéressée au mystère de « omg mais qui a tué cette demoiselle et pourquoi ? » parce que de base je ne suis pas le public cible des mystères policiers, mais il m’a aussi simplement semblé que le téléfilm était assez rapide à répondre à cette question, et se ne concentrait pas tellement dessus. Faut dire qu’à la base, le téléfilm est basé sur un roman lui-même basé sur une véritable affaire, donc quiconque abordant le téléfilm peut facilement découvrir la vérité avant même de regarder Black Gospel. En fait, à certains égards, Black Gospel m’a fait penser à Memories of Murder. Il y a une grosse différence entre les deux car Black Gospel trouve son coupable, tandis que Memories of Murder ne cache pas se baser sur un meurtre jamais élucidé, si bien que ce dernier nous fait quand même nous poser la question de « mais qui a fait ça ? » (tout en sachant qu’on n’aura jamais la réponse), mais les deux sont des drames s’intéressant plus au contexte et à l’enquête qu’à sa résolution (et oui, en partie, je cite Memories of Murder juste pour vous le recommander, si vous ne l’avez pas déjà vu, parce que ce film est très proche de la perfection à mes yeux).

[Le cancer occidental] Black Gospel  黒い福音[Le cancer occidental] Black Gospel  黒い福音
[Le cancer occidental] Black Gospel  黒い福音[Le cancer occidental] Black Gospel  黒い福音
[Le cancer occidental] Black Gospel  黒い福音[Le cancer occidental] Black Gospel  黒い福音

L’histoire de Black Gospel se situe en 1959, l’année du véritable meurtre donc, à une époque où le Japon était encore en reconstruction d’après-guerre. Le roman sur lequel est basé le téléfilm a été écrit par Matsumoto Seichou (1909-1992, qui a donc vécu la Seconde Guerre Mondiale et ses conséquences) et publié en 1961. Matsumoto Seichou est un auteur réputé, mais pour être honnête, je ne connaissais pas son nom, et suis juste allée me renseigner après avoir vu Black Gospel, justement à cause de la façon dont l’époque était décrite. Apparemment ce romancier avait des tendances anti-occident, a beaucoup écrit sur la période d’après-guerre, ainsi que sur la corruption des institutions japonaises. Je ne peux pas confirmer de première main, mais je n’ai pas été surprise de lire ça. En fait, si je suis allée chercher son nom après avoir vu le SP, c’est même justement parce que la position anti-occident se fait vraiment sentir dans Black Gospel (le thème de la corruption aussi, mais c'est quelque chose que je rencontre bien plus souvent, donc ça m'a moins interpelée), et que j’étais curieuse de voir d’où ça venait. Apparemment, de la rancœur laissée par la guerre, la défaite, et l’occupation qui est venue après. Le téléfilm nous parle de comment des drogues sont arrivées au Japon depuis les USA, parmi les produits de première nécessité, et nous montre comment une église dirigée par des étrangers a corrompu les habitants de la communauté où elle s’est installée. A un moment donné, vers la fin du téléfilm, les journalistes (parmi lesquels y en a un ressemblant vaguement à Kimu… #importantdetails) voulant des réponses, se tournent vers les fidèles japonais de l’église avec un « Vous êtes japonais vous, répondez à nos questions », et tous les fidèles les regardent avec ces sourires figés, ces yeux vides, comme s’ils avaient vraiment eu le cerveau complètement lavé par ces prêtres occidentaux (qui, en plus, ne pratiquent même pas leurs propres leçons, et protègent juste leur organisation, d'où le titre). Alors, dans toutes ces histoires louches, il y a des japonais impliqués, même en haut de l’échelle (même que ce sont les seuls qui peuvent être arrêtés, souvent, parce que c’est plus facile.. du coup ce sont toujours les japonais qui payent, en fait), mais le téléfilm présente vraiment ces étrangers comme un cancer qui fait peur à la population, et dont le pays n’arrive pas à se débarrasser, parce qu’ils se protègent les uns les autres, sont insidieux, et parce que ça pourrait causer de gros soucis diplomatiques.

Cela dit, oui, la police japonaise en prend aussi un peu pour son grade. Déjà, ils sont plein sur l’enquête, mais apparemment il n’y en a que deux qui bossent vraiment et sont efficaces dans le tas. Les autres perdent leur temps à se disputer pour qui sera crédité pour quoi, et quelle zone doit être couverte par qui. Le personnage de Kitano Takeshi est un vieux flic au bord de la retraite (et qui tousse vachement, donc on se dit assez vite qu’il doit également être au bord de la fin de sa vie… ce qui m’a fait sourire, parce que forcément, le cliché du « flic à deux doigts de la retraite » vient à l’esprit) et il a une certaine réputation, enfreignant apparemment un peu trop les règles, si bien que son jeune partenaire débutant (Eita) lui est en grande partie assigné pour le surveiller, mais quand on y regarde bien, finalement, ce qu’il a de « omg rebel », c’est qu’il est malpoli avec les témoins, et va enquêter sur ses affaires sans se soucier de qui était en charge de quoi. Lui il suit la piste, et l’administration, pff. Alors je comprends bien que si tout le monde faisait comme ça, ce serait l’anarchie (surtout si t'as trente mecs sur la même enquête), mais en attendant on a trente policiers qui discutent administration, et un qui résout l’affaire quoi. Et le pire c’est que même quand il la résout, des pressions venues du dessus l’empêchent de faire son boulot correctement. Bref corruption, et inefficacité du système. Dans ce contexte, c’est pas étonnant que ce soit chaud de protéger la population et qu’elle flippe, et on se range vraiment derrière le personnage principal, on ressent sa frustration, d’autant que sans surprise, Kitano Takeshi est impeccable dans ce rôle de vieux flic fatigué mais pas moins dévoué à sa recherche de la vérité pour autant. C’est avec plaisir que j’ai regardé évoluer sa relation avec le personnage d’Eita qui devient son disciple, en quelque sorte, apprenant lui aussi que parfois il faut faire fi du système. Le téléfilm n’en fait pas des tonnes les concernant, mais on en apprend juste assez, et ils inspirent la sympathie. Bien que les acteurs non-japonais, comme c’est souvent le cas dans les productions japonaises du petit écran, ne soient pas très bons, cela ne fait pas trop de mal à l’ensemble, et niveau casting le téléfilm s’en sort donc plutôt bien, d’autant que finalement les personnages, à l’exception de celui de Kitano Takeshi, m’ont semblé, de même que le mystère, être mis en retrait par rapport à la description d’une époque, d’un sentiment, et du système défaillant.

Au final, je suis contente d’avoir regardé Black Gospel. Néanmoins, parce que je n’ai rien trouvé de remarquable visuellement, je ne vous cache pas qu’amour du casting mis à part (j’ai pas trop parlé de Takeuchi Yuko parce qu’elle est assez secondaire, mais j’aime toujours la voir à l’écran ) je crois que j’aurais gagné plus à lire le roman, à directement lire les mots de quelqu’un ayant vécu cette époque et retranscrivant le sentiment de façon peut-être moins « atténuée ». Mais pour ça, il aurait fallu que ce soit possible, et le roman n’ayant été traduit ni en anglais, ni en français, le téléfilm est une bonne façon de découvrir l’histoire en attendant~ Et puis Eita

[Le cancer occidental] Black Gospel  黒い福音[Le cancer occidental] Black Gospel  黒い福音
[Le cancer occidental] Black Gospel  黒い福音[Le cancer occidental] Black Gospel  黒い福音
[Le cancer occidental] Black Gospel  黒い福音[Le cancer occidental] Black Gospel  黒い福音
[Le cancer occidental] Black Gospel  黒い福音[Le cancer occidental] Black Gospel  黒い福音
Tag(s) : #TV, #Dramas - séries et animes, #Drama, #Japon, #Black Gospel, #2010s, #2014, #TV Asahi, #< 5 épisodes, #Ishibashi Kan, #Matsumoto Seicho, #Adaptation, #Kitano Takeshi, #Eita, #Kitaoji Kinya, #Takeuchi Yuko, #Kunimura Jun, #Policier, #Drame, #Based on a true story

Partager cet article

Repost 0