[On dira ce qu'on veut de la SNCF, mais...] Train to Busan 부산행

Publié le 23 Février 2017

 

Sorti en 2016

Réalisé par Yeon Sang Ho

Ecrit par Park Joo Suk & Yeon Sang Ho

 

Avec :

Gong Yoo (Coffee Prince, Dating Agency Cyrano, etc) >>> Seok Woo

Jung Yu Mi (I Need Romance 2, Discovery of love, Skeletons in the closet, etc) >>> Sung Gyeong

Ma Dong Seok (New World, Kundo : Age of the Rampant, etc) >>> Sang Hwa

Kim Soo Ahn >>> Soo An

Choi Woo Sik (TEN, Rootop Prince, Fated to love you, etc) >>> Young Guk

Ahn So Hee (Heart to Heart, entre autres) >>> Jin Hee

Kim Eui Sung (W, entre autres) >>> Yong Suk

Etc

 

Dontesque ?

Seok Woo, un père ayant du mal à communiquer avec une petite fille à laquelle il a peu de temps à accorder, prend le train avec elle, afin de l’emmener chez sa mère pour son anniversaire. Mais alors qu’ils montent dans le train, une catastrophe nationale semble se dessiner à l’horizon, et les passagers du train pour Busan se retrouvent bien vite aux prises avec une horde de zombies.

 

~oOo~

Gong Yoo, Jung Yu Mi, Ma Dong Seok et des zombies ? MAIS CARREMENT. D’autant que j’ai pas le sentiment d’avoir vu beaucoup d’apocalyses zombies en Corée du Sud, et ça me rendait d’autant plus curieuse. Je n’ai malheureusement pas pu voir le film au cinéma, parce que suis allergique à la VF (foutue province T.T), et j’ai donc dû prendre mon mal en patience tandis que tout le monde chantait les louanges de ce film, mais dès que j’ai pu mettre la main dessus, je l’ai fait. Mais je vous avoue qu’à ce moment-là, une partie du public m’avait agacée… ouais, je sais, c’est con, mais je voyais des gens dire des trucs du genre « les américains, vous faites de la merde, vous n’y connaissez rien en zombies : regardez, c’est comme *ça* qu’on fait » (nous parlons de gens vraiment en mode « fuck USA », hein) et je devais me faire violence pour pas répondre, parce qu’il ne faut pas déconner quand même : à leur avis, il vient d’où le genre ? Et y aurait-il un Train to Busan si Romero n’était pas passé par là ? Hum, bref. Je suis bien d’accord que Train to Busan est le meilleur film de zombies qu’on ait eu depuis un petit temps, mais à les écouter on aurait dit que le film sortait de nulle part, alors qu’il s’appuie sur tout un genre construit avant lui. Et ça enlève rien à Train to Busan (que j’ai adoré, au fait, il rejoint mon top5), mais… BREF, sur le moment, je me retenais, mais n’empêche que la frustration me faisait craindre de ne pas tout à fait apprécier le film, tellement j’avais peur de le regarder dans l’optique de leur prouver tort… ce qui n’est pas une bonne raison de regarder un film. Alors j’ai attendu, et quand c’est retombé, je me suis mise devant, et… j’ai chialé toutes les larmes de mon corps o.o Ah ouais, ça pour le coup je ne m’y attendais pas. Il m’est arrivé de flipper devant des films de zombies, de grimacer, de rire, ou de pousser des « wouhou » (souvent je wouhoute), mais pleurer, c’était une grande première. Et j’ai vraiment adoré le film.

En grande partie, c’est grâce à la façon dont sont traités les personnages. Je voulais écrire « développés », mais ce n’est pas exactement ça, car beaucoup ne le sont même pas vraiment, on n’en sait pas grand-chose, c’est juste que le film les traite de façon à ce qu’on prenne leur devenir à cœur. La plupart de ces personnages, en vérité, m’ont même semblé être du déjà-vu, des archétypes, avec bien entendu le riche qui ne se soucie pas des autres et méprise les classes inférieures, la femme enceinte maternelle, le travailleur plus modeste qui a meilleur fond que le cadre plus égoïste… Le coup du personnage principal qui galère avec sa famille, et va se racheter à leurs yeux au milieu de l’action n’a également rien de neuf du tout (tellement de rôles de Bruce Willis me sont venus à l’esprit, haha), même si c’est fait avec un chouïa de nuance quand même parce qu’on sent que Seok Woo essaie, qu’il n’est pas dans la caricature du père négligeant, mais qu’il est dépassé. N’empêche que les rôles de tout le monde sont familiers, et qu’on ne risque pas de se tromper sur qui est qui, d’autant que le film n’est pas toujours supra subtil avec la façon dont il énonce les choses au début. J’adore en particulier le (anti-)héros qui dit littéralement à sa fille que ça ne sert à rien de s’occuper des autres et qu’il faut s’occuper de soi d’abord. Autant lui coller une étiquette « égoïste » sur le front, hein. Mais le film s’en sort, déjà parce que le fait que les personnages soient archétypaux ne signifie pas pour autant qu’ils ne sont pas agréables, et ensuite parce qu’il en envoie toujours plus à la gueule des personnages, leur laissant à peine le temps de souffler, et ceux-ci n’abandonnent jamais. Au début, ils n’ont rien de remarquable (au-delà d’un casting drôlement cool ), mais le film les plonge de plus en plus dans la merde, en rajoute toujours une couche (et les zombies de ce film, c’est pas de la gnognotte : ils sont super rapides, non seulement dans leurs mouvements, mais également à se transformer, et ils prennent pas le temps de bouffer les gens avant d’attaquer le suivant) et même si de temps en temps nos protagonistes font une connerie, ils se montrent aussi souvent ingénieux, et puis aussi courageux, et surtout actifs. Et c’est vrai que c’est toujours une qualité que je trouve super engageante. Par exemple, si vous prenez the Shallows, un film dont je pensais sincèrement que ce serait un désastre (mais un désastre drôle), on ne connait pas grand-chose de l’héroïne, on a juste le minimum d’infos, mais coincée sur son île d’1m2 et séparée de la plage par un requin qui semble tenir à la bouffer, elle tente tellement TOUT pour s’en sortir, qu’au final je me suis vraiment prise au jeu. Dans Train to Busan, il y a de ça : les personnages se débattent tellement pour survivre qu’en quelque sorte, j’ai envie de me débattre avec eux.

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Et bien que le film ne laisse que très peu de répit à ses protagonistes, je dois dire que j’ai quand même apprécié qu’il n’oublie pas d’avoir parfois de petits moments plus posés que le reste, afin surtout qu’on puisse faire le point sur nos personnages et leurs liens. Leur évolution (la rédemption du héros, surtout) se fait largement dans l’action, et on l’y sent, mais les moments plus calmes nous laissent le temps de souffler et de pleinement réaliser le changement. Et c’est ce qui fait, par exemple, que j’ai eu le cœur aussi remué, lorsque le père et la fille se « connectent » enfin. [spoiler] Et aussi ce qui fait que j’ai chialé toutes les larmes de mon corps à la fin… c’était absolument terrible. Bien entendu, la mort du héros était devenue inévitable : on le voit se sentir responsable de la catastrophe, se laver des mains ensanglantées sur le plan suivant, et il avait bien dit au début « il faut toujours finir ce qu’on a commencé », donc dès que j’ai vu les mains rouges de sang sous l’eau du lavabo, j’ai compris qu’il était condamné, mais ça ne veut pas dire que ça n’a pas fait mal… les cris de la gosse étaient déchirants, et quand Seok Woo a également craqué, j’ai été d’autant plus foutue. On pourrait taxer les scènes de flash-backs d’être un peu trop mélo, mais il était en train de mourir, et on dit parfois que « toute notre vie nous flashe devant les yeux à notre mort », donc j’ai interprété ça comme « sa fille était toute sa vie », et ça a été le grand clou dans le cercueil. Et puis j’étais aussi un peu heureuse qu’il meurt sur une dernière belle image…. JE NE SUIS QUE LARMES ;A; [/spoiler] Au final, les personnages, même s'ils ne sont pas tous très développés, ont vraiment fonctionné pour moi : j’ai trouvé les personnages détestables, détestables, les personnages attachants, attachants, et l’axe concernant le personnage central m’a carrément embarquée. Il y a un bon rapport entre l’action et les personnages, parce que la situation et la réaction des personnages font en partie qu’on prend leur devenir à cœur, et le fait qu’on prenne leur devenir à cœur font qu’on s’implique plus dans l’action. Les deux se nourrissent l’un de l’autre, en quelque sorte.

L’action, puisqu’on en parle, est vraiment bien foutue, j’ai trouvé. La tension ne se relâche jamais, on est en plein dans un film catastrophe en huis clos (bon, okay, pas entièrement, c’est pas du niveau de REC niveau « claustrophobe », mais les personnages passent quand même beaucoup de temps dans ce train), et j’ai vraiment aimé comment c’était fait. J’avoue, j’ai aussi eu la larme à l’œil une ou deux fois juste parce qu’une séquence me semblait « épique ». Les zombies, on l’a déjà dit, sont très rapides, ce qui font forcément d’eux une menace à prendre au sérieux (même s’ils ont des faiblesses, heureusement, parce qu’il faut bien permettre à nos personnages d’avoir des recours, un peu), et d’ailleurs de temps en temps le film semble être accéléré quand ils bougent, et ça donne à leurs mouvements une qualité très étrange, encore moins humaine, que j’ai appréciée. J’ai aussi beaucoup aimé le choix du train comme décor, d’ailleurs. Au-delà du fait que ça prive nos personnages de porte de sortie, ça permet aussi de les isoler du reste du monde (ils ne savent absolument pas comment est la situation dehors, d’autant qu’on ne peut pas avoir confiance du tout en les médias) et ça créé un effet de « direction ». Le train va quelque part, et au bout d’un moment, à l’intérieur du train, nos personnages doivent traverser les voitures pour aller chercher les gens qu’ils aiment, et c’est comme s’ils passaient des « niveaux ». C’est là que se fait le gros de l’évolution du héros, et j’ai aimé que cette évolution, son voyage, soit retranscrite via une progression physique vers l’avant du train.

Au-delà de cette progression-là, à échelle humaine donc, le film a également son petit commentaire à faire sur la société coréenne (les zombies et la critique de la société vont après tout de paire). Le gouvernement et les médias en qui on ne peut pas avoir confiance sont une des choses abordées, mais le film semble également remonté contre les classes sociales élevées regardant de haut et sacrifiant sans y réfléchir plus que ça les classes sociales plus basses. Honnêtement, j’ai trouvé que c’était fait de façon parfois aussi grosse que le « fuck les autres, toi d’abord » du héros au début, avec par exemple le personnage de Ma Dong Seok comparant platement celui de Gong Yoo à un vampire aspirant la vie des autres, mais bon, l’indignation passe, et puis il y a aussi des moments où je trouve que c’est fait de façon un peu moins « dans ta face », par exemple lorsque la patiente 0 du train traverse toute une voiture, le genou sanglant et convulsant à moitié, sans que personne ne remarque quoi que ce soit : l’indifférence est totale (à moins qu’il y ait des wcs en jeu, là on va chercher le contrôleur, parce qu’il y a gêne). Et j’ai aimé la conclusion du film [spoiler] parce qu’il n’y a pas vraiment de justice parfaite. Le personnage du riche connard meurt, certes, mais même pas de façon aussi horrifique qu’il aurait pu/qu’on aurait voulu, il n’est pas plus puni que d’autres, on a perdu beaucoup des personnages qui ont voulu aider les autres (la mort des étudiants, et du personnage de Ma Dong Seok m’ont fait bobo au cœur T.T), et après avoir regardé le héros faire tout ce chemin personnel, après qu’on s’y soit autant attaché, il n’a pas droit à son happy-end, parce que la vie est injuste, parce que la société coréenne dépeinte par le film est injuste aussi, et que voilà, des fois il n’y a pas de happy-end, même si le film se termine quand même un peu sur une note d’espoir : si les égarés se rachètent, il y aura peut-être un nouveau départ (la femme enceinte et l’enfant, symboles de l’avenir, atteignent l’autre bout du tunnel grâce à la chanson de l’égaré repenti… du moins c’est ainsi que je vois les choses~). [/spoiler]

Donc, oui, pour résumer, sans surprise (non parce que bon, de base je sentais bien que ce film était fait pour moi, et toutes les critiques positives étaient encourageantes), j’ai surkiffé ce film. D’un point de vue action/catastrophe, c’est super prenant, j’ai pris le sort des personnages à cœur, le casting était bien entendu au poil (et c’est vrai que mon affection pour les acteurs a dû aider, parce que par exemple, j’ai pas besoin qu’on me donne milles raisons d’aimer Ma Dong Seok : c’est instinctif), et j’ai apprécié que le film me malmène le cœur. Donc vouip, je suis contente d’avoir attendu, et j’en ai profité à fond~  

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