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Sorti en 2000

Réalisé Higuchinsky

D’après le manga d’Ito Junji

 

Avec :

Hatsune Eriko >>> Goshima Kirie

Fhi Fhan >>> Saito Shuichi

Et d’autres gens

 

Dontesque ?

Dans un petit village au milieu des montagnes, les gens commencent à être obsédés par des motifs de spirales, et les choses dégénèrent.

 

~oOo~

Vous allez finir par le savoir, mais j’adore le manga Uzumaki (ou Spirale en français) de Junji Ito, et l’ayant relu récemment (ce qui m’a lancée dans Lovecraft, dans lequel j'ai pas mal avancé d’ailleurs !), j’ai eu envie de revoir l’adaptation cinématographique du manga. J’avais déjà vu cette version live, il y a plusieurs années, mais je ne l’avais pas beaucoup appréciée, et j’étais curieuse de savoir si cette fois-ci, ça me plairait ou pas, et si à l’époque je n’avais pas aimé parce que le film n’était pas très bon, ou parce que je n’avais pas réussi à séparer le film du manga. Etant largement moins rigide avec les adaptations à présent, j’étais curieuse, et écoutez, j’ai bien fait de la retenter cette version en live-action, parce que cette fois-ci, ça m’a beaucoup plu. Quant à savoir si c’était bon… Eh bien, j’imagine que ça va un petit peu dépendre de vos attentes, et de vos critères, d’autant que le film est assez étrange, commençant et finissant sans beaucoup d’explications, avec entre temps des acteurs, en particulier, qui risquent de ne vraiment pas convaincre le public. Mais moi le film m’a beaucoup plu. Même si, oui, histoire de s’en débarrasser tout de suite, le manga est inévitablement meilleur, parce que Junji Ito est excellent à ce qu’il fait, mêle grotesque à horreur de façon exquise, et a plus de place pour développer à fond son histoire, et la mener crescendo jusqu’à une conclusion aux dimensions gigantesques.

Uzumaki le film, lui, se voit forcément contraint de comprimer un peu l’histoire, et de faire des coupes. Ce qu’il fait très bien, dans l’ensemble, d’ailleurs. Notamment, il se débarrasse de personnages qui ne lui auraient servi à rien, obtenant un ensemble de personnages juste de la bonne taille, et s’il conserve une structure en chapitres, héritée d’un manga découpé en plusieurs petites « histoires de la semaine » (en gros), il arrive à bien tout concilier. C’est-à-dire que les chapitres du manga se suivent, et suivent une sorte de fil rouge, mais, parce qu’ils ont été publiés dans des magazines d’abord, ils ont chacun un début, un développement et une conclusion. Le film arrive très bien à réarranger tout ça de façon à ce que l’histoire semble un peu plus « couler ». Et je suis contente aussi qu’ils aient gardé beaucoup des concepts qui me plaisaient (notamment le coup des escargots…). Au début, je vous avoue que j’ai été un peu déçue, cela dit, que la fin du manga ne se retrouve pas dans le film, parce que je brûlais d’envie de la découvrir à l’écran. Malheureusement, c’était impossible de l’adapter, et pas pour des questions de budget et de temps, comme je l’avais d’abord cru (même si ç’aurait certainement été un frein, oui), mais surtout parce que le film a été tourné avant que Junji Ito termine son histoire… ce qui forcément rendait l’adaptation de la conclusion difficile :D Cependant, malgré ma déception initiale, à la revoyure, je suis finalement ravie que les choses se soient déroulées de cette façon. Déjà parce que la conclusion du manga est tellement énorme qu’il aurait effectivement été très difficile de l’adapter à l’écran sans la faire paraître trop petite, trop cheap, trop absurde, etc, mais aussi parce que la façon dont se termine le film, est à mon sens très adaptée au film lui-même. Il n’y a pas de vraie apothéose, pas de grande explication, le film se contente de s’arrêter, nous laissant sur une note franchement creepy, et aussi étrange que la mélodie qu’il nous a jouée jusque là. Je peux comprendre la frustration que cela provoquera chez certains spectateurs, mais pour le coup, je trouve que cela ne rend le film que plus intriguant, parce qu’on ne sait pas bien d’où est née la folie, et surtout on n’a aucune idée de si c’est vraiment bien terminé (probablement que non). Cela s’accorde à l’ambiance du film, qui est largement son intérêt numéro 1.

[Comme aspirés par la folie] Uzumaki  うずまき[Comme aspirés par la folie] Uzumaki  うずまき
[Comme aspirés par la folie] Uzumaki  うずまき[Comme aspirés par la folie] Uzumaki  うずまき

Cette adaptation ne semble pas avoir beaucoup de moyens, mais je trouve que le boulot rendu est assez remarquable, nous offrant plein d’images délicieusement bizarres, une jolie ambiance glauque à souhait, et jouant sur les détails, plaçant des spirales ici et là dans les plans (ou juste des cercles dans des cercles, au début, comme si la spirale se faisait sentir avant de vraiment apparaître), parfois de façon absolument évidente, et parfois un peu moins, pour nous signifier à quel point la spirale est en train de prendre possession de toute la ville. Quelque chose que j’ai apprécié également est que le réalisateur semble avoir réalisé qu’adapter Junji Ito est extrêmement difficile, parce qu’un peu comme Stephen King (qui n’a justement pas toujours eu beaucoup de chance avec ses adaptations à l’écran) et certainement des tas d'autres auteurs donnant dans l'horreur (King est juste celui que je connais le mieux), les idées de celui-ci contiennent souvent une large part de grotesque (d’autant qu’elles sont la plupart du temps menées jusqu’à leur paroxysme), et ne sont rendues terrifiantes (tout en gardant ce qu’elles ont de grotesques et divertissantes) que grâce à la façon dont Junji les raconte et les dessine. Cela devient donc particulièrement compliqué de mettre ça à l’écran, parce que pour peu qu’on perde exactement la bonne présentation, on prend le risque de ne traduire que le grotesque à l’écran… une difficulté qu’à mon sens le réalisateur a bien esquivée en prenant le parti, de base, de s’amuser avec le matériel. Il y a un petit clin d’œil dans ce film, un « ne me prenez pas trop au sérieux », qui transparait, et qui nous évite de rire du film, mais nous fait plutôt rire avec lui. Jusqu’à ce qu’on rie un peu jaune, parce que cela n’empêche pas Uzumaki de se faire de plus en plus étrange et glauque. Le film n’est jamais vraiment effrayant (à mon sens, en tout cas), c’est plutôt que de la même façon que les motifs de spirales hypnotisent les habitants, il se fait de plus en plus fascinant, au fur et à mesure qu’on se demande sur quel type d’image on va tomber ensuite, et jusqu’où peut aller le concept d’une « spirale maléfique ».

Et puis, il y a les acteurs. Je disais dans mon introduction que certaines personnes ne seraient pas convaincues par les acteurs, et c’est parce que la moitié du temps, il n’y en a pas un qui parle comme un véritable être humain. L’acteur masculin principal, en particulier, est complètement monotone et a l'air endormi la moitié du temps, mais même l’héroïne, pendant une longue partie du film, ne semble pas réagir de façon appropriée (en même temps, ça, c’est vrai dans le manga aussi), ne réagissant en fait pas assez à toutes les bizarreries flippantes autour d’elle. Mais pour moi, ça fait partie de l’ambiance encore une fois. On peut se dire, déjà, que l’influence de la spirale aspire la vie et l’humanité des gens (ce qu’elle fait clairement, de toute façon), mais surtout on sent directement, via le jeu du casting, mais aussi grâce à l’ambiance silencieuse et aux couleurs utilisées (le film a des tons verdâtres, qui pour le coup font vraiment glauque dans le sens « eaux troubles »), que quelque chose ne tourne juste pas rond dans ce village (enfin, si, en fait un peu : ça tourne en spirale :D justement).

Maintenant, je me demande un peu ce que penserait quelqu’un n’ayant pas lu le manga, car pour moi c’est vrai qu’il y a une certaine fascination à voir à l’écran des images qui m’ont profondément marquées (il s’est passé des années entre ma lecture et ma relecture du manga, et avant de le relire, je ne l’avais certainement pas oublié), et je ne sais pas ce que donne le film sans cette fascination. Même avec, je ne pense pas que le film soit un chef d’œuvre, mais je le trouve franchement intéressant, parce qu’il est tellement particulier, et qu’il change vraiment de qu’on peut trouver dans l’horreur (et je n’ai jamais vu grand-chose qui y ressemble au cinéma en général, d’ailleurs.. si vous avez des titres, je prends ! Vu que c’est peut-être juste un gros manque de culture de ma part^^). Donc j’aurais tendance à le conseiller, ne serait-ce que par curiosité, même s’il est évident qu’il ne plaira vraiment pas à tout le monde. Comme ça, on pourra en discuter. Et bien entendu, je vous conseille le manga de base, aussi. Surtout même. Lisez le manga.

[Comme aspirés par la folie] Uzumaki  うずまき[Comme aspirés par la folie] Uzumaki  うずまき
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