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Sorti en 2011

Réalisé et écrit par Hwang Dong Hyuk

D’après le roman de Kong Ji Young

 

Avec :

Kim Hyun Soo (Gaksital, My love from another star, etc) >>> Yeon Doo

Jung In Seo (School 2015, Iljimae, etc) >>> Yoo Ri

Baek Seung Hwan (Beautiful Mind, Jang Ok Jung, etc) >>> Min Soo

Gong Yoo (Train to Busan, Cofee Prince, etc) >>> Kang In Ho

Jung Yu Mi (I need romance 2, Que Sera Sera, etc) >>> Seo Yoo Jin

 

Dontesque ?

Lorsqu’il rejoint le corps enseignant d’une école pour enfants sourds-muets, Kang In Ho se rend rapidement compte que les enfants sont victimes d’abus, et que personne n’y fera rien s’il ne s’interpose pas en premier.

 

~oOo~

Cela faisait cinq ans que j’avais ce film. Il a la réputation d’être sacrément bon, voyez-vous, donc je m’étais dit « bon bah, faut que je le vois », sauf qu’il a aussi la réputation d’être sacrément dur à regarder (en même temps ça cause d’enfants qui se font maltraiter, donc c’est chaud à rendre rigolo, mais là en plus, apparemment, il était censé y avoir du level dans le degré de malmenage du public) donc en fait ça faisait cinq ans que j’avais ce film et le zieutais en coin, le reportant toujours à demain, avec pour plan non-explicite de le remettre à demain jusqu’à ce que je sois morte des 36 cancers que Dr Google me diagnostique tous les jours et qu’il n’y ait plus de demain (sauf vie après la mort non-prévue, mais comme j’estime n’avoir pas *trop* merdé, j’ai bon espoir que ma vie après la mort ne consiste pas à me torturer à coups de films affreusement déprimants). Non parce que pour le contexte, donc, Silenced, c’est pas juste un film qui parle d’enfants sourds et muets maltraités, ce qui est déjà carrément horrible, c’est un film qui s’inspire d’une histoire vraie, et une histoire qui est pire dans la réalité, parce que les gens dans les films craignent, mais que les gens dans la vraie vie craignent parfois tellement plus que c’est jugé trop horrible pour être porté à l’écran… ce qui ajoute une bonne dose de joie dans notre face à tous, en plus de la joie que le synopsis nous faisait déjà ressentir. Enfin, au moins, la bonne nouvelle au milieu de toute cette merde, c’est qu’en sortant le film a provoqué une indignation générale, a réouvert une enquête qui avait été honteusement bâclée, et a mené à l’élaboration d’une nouvelle loi tentant de protéger un peu plus les personnes en ayant besoin. N’empêche que Silenced avait l’air d’être typiquement ce genre de film que tu regardes une fois dans ta vie, et que tu ne revois jamais. Ce qui peut poser la question de "pourquoi les regarder à la base", et y a tout une discussion, là, mais on va pas se lancer là-dedans. Le fait est, donc, que j’avais plus ou moins prévu de jeter des regards en coin au film jusqu’à la fin de ma vie, jusqu’à ce que mon DVD de Tigre et Dragon refuse de marcher et que je me dise « bon, j’ai rien à regarder (…no comment), et récemment j’ai vu Gong Yoo et Jung Yu Mi dans Train to Busan, donc regardons les PLUS ». Alors j’ai lancé Silenced.

Et oui, c’était dur à regarder. Mais c’est un bon film. Et au moins on ne peut pas dire qu’il prenne les gens par surprise, parce qu’il commence par la mort d’un gosse, et ne perd pas de temps à nous mettre sous les yeux la maltraitance des enfants, même s’il ne nous montre pas d’emblée toute son étendue. Oui, warning les gens : le film est assez explicite. Donc, même si j’imagine qu’à ce stade les âmes sensibles à ces sujets, ou juste sensibles en général, ont déjà fait demi-tour… ben, si ce n’est pas fait, c’est le moment. Le film ne montre pas tout, heureusement, mais il ne nous épargne pas des images très difficiles et on parle d’enfants qui se font agresser physiquement, psychologiquement, et sexuellement… y a des plans (que je ne vous montrerai pas ici, évidemment) qui sont terribles, et ce qu’on ne nous montre pas nous est suggéré de façon évidente, donc bref, si vous avez l’intention de regarder, soyez prévenus, quand même. Et donc Silenced ne tarde pas, il ne s’amuse pas à nous jouer la carte du suspense et du mystère bien longtemps, parce que l’idée du film n’est pas de savoir s’il se passe quelque chose, mais de nous dire « OUI il se passe quelque chose, quelque chose de GRAVE, dont vous n’avez pas le droit de douter, et maintenant va falloir en réaliser l’ampleur, et y REAGIR ». En vérité, les scènes d’abus que l’on nous dévoile, nous sont montrées, je pense, pour faire réagir le public, leur mettre l’horreur sous les yeux, et les empêcher de l’ignorer. Ces scènes, surtout les plus « poussées » (c’est dur de trouver le mot car je ne veux pas créer de hiérarchie dans l’abus… je me sens pas du tout équipée pour parler de tout ça ><), sont toutes des flash-backs, des illustrations de ce que racontent les victimes. Et le film aurait pu se contenter de nous montrer les personnages en parler, il aurait pu ne pas nous montrer les flash-backs, mais le gros de Silenced (qu’on peut traduire par « Réduits au silence »/ note : c’est la traduction du titre anglais, qui est adapté au sujet, mais 도가니 se réfèrerait apparemment à un creuset ou du cartilage ? Si quelqu’un en sait plus long, je suis intéressée !) est de nous montrer comment les enfants ont été ignorés, comment les gens ont refusé de voir ce qui se passait, parce que ça les arrangeait de fermer les yeux. Alors le film décide de nous maintenir les yeux bien ouverts histoire que le public ne puisse pas avoir la même attitude que tous les adultes ayant manqué à leur devoir moral (et légal) à l’époque.

C’était écoeurant de les voir tous balayer sous le tapis la souffrance d’enfants incapables de se défendre, en échange d’argent, du bien-être de leur propre famille, d’une avancée de carrière, ou parfois même juste pour leur confort. Parce que la maltraitance d’enfants, ça fait pas propre, ça créé un malaise, voyez-vous. Du coup, on peut les voir sortir des « l’accusé est (en apparence) un si bon chrétien, ce n’est pas possible » (si), ou « oui, mais bon, l’accusé a quand même fait vachement de bons trucs pour la communauté, alors faut le prendre en compte » (non), chercher à décrédibiliser les victimes, se demander si elles mentent, et même à un moment donné, on a quelqu’un qui remet en doute la réalité des agressions parce que les victimes n’ont pas l’air tout à fait assez traumatisées, donc bon, comment peut-on être sûrs qu’il y a vraiment eu agression ? Et à ce moment-là, tu te mets en position fœtale à l’intérieur de ta position fœtale, et tu pleures des larmes de sang vu que tu as épuisé le liquide lacrymal :D Et même lorsque l’abus finit par être reconnu, ça veut même pas dire que justice sera rendue. Parce que monde de merde, et parce que c’est plus important de faire plaisir à l’élite et à la "bonne" société, que de protéger ceux qui ne peuvent pas se protéger eux-mêmes. Ces gens ne sont pas en colère de savoir que ces adultes ont abusé d’enfants, ils sont en colère qu’ils se soient fait choper, et que ça perturbe la tranquilité de leur vie.

[Protéger les coupables, punir les innocents] Silenced  도가니
[Protéger les coupables, punir les innocents] Silenced  도가니
[Protéger les coupables, punir les innocents] Silenced  도가니
[Protéger les coupables, punir les innocents] Silenced  도가니

Au milieu de tout ça, heureusement quand même qu’on a In Ho (Gong Yoo), Yoo Jin (Jung Yu Mi) et quelques personnes qui veulent aider, parce que sinon… mieux vaut ne pas y penser (mais en vrai, faudrait peut-être y penser, parce qu’il y a certainement des victimes qui n’ont pas d’In Ho sous la main). Et même In Ho, s’il réagit instinctivement en voulant protéger les enfants, a des moments d’hésitation, et ne répond pas lorsque Yoo Jin lui demande s’il regrette d’être intervenu. En vérité, une fois tout « terminé », non, je ne pense pas qu’il regrette, et contrairement à tous les gens qui gardent le silence (il y a une scène notamment où un prof tabasse un élève en pleine salle des profs… et rien, personne ne réagit, même pas un peu, tout le monde est concentré sur son boulot) il décide de réagir, vraiment instinctivement, parce qu’il voit des enfants qu’il faut protéger, alors il les protège… mais n’empêche qu’il a un moment d’hésitation au milieu du film, et je ne pense pas qu’il faille voir cela comme une faute du personnage, mais vraiment une faute de son contexte : on lui répète qu’il a tout intérêt à se taire, parce qu’il a effectivement une situation difficile lui-même, et qu’il vit dans une société qui ne facilite pas d’aider les victimes, mais au contraire, menace les gens qui essaient. Continuer à s’impliquer, pour lui, ça veut dire se mettre une bonne partie de sa communauté à dos, et risquer de perdre un emploi dont il a désespérément besoin (et pour lequel il a dû payer, ce qui a forcé sa mère à vendre sa maison), et sans garantie d’arriver à quoi que ce soit. Bordayl, il risque plus gros que les coupables, c’est vous dire à quel point le système fait n’importe quoi. Donc, oui, il a des moments de doute, mais c’est pas tant un commentaire sur lui que sur une société qui aide les mauvaises personnes.

En tout cas, Gong Yoo est très bon dans ce film. Apparemment, c’est lui qui a voulu faire le film d’ailleurs, et qui est allé démarcher auprès de l’auteur après avoir lu le bouquin, parce que ça lui semblait important. Du coup, le projet lui tenait à cœur, et je dirais que ça se sent, parce qu’il s’implique à fond dans le rôle, mais en vérité, Gong Yoo est un acteur qui a tendance à s’impliquer de toute façon… n’empêche qu’il est très bon, que Jung Yu Mi aussi, et que les enfants acteurs sont particulièrement excellents aussi. Je me suis demandé, le long du film, tout de même, comment certaines scènes avaient été filmées, ce qu’on avait dit aux enfants, s’ils ont eu un accompagnement sur le plateau, tout ça… Enfin, toujours est-il qu’ils sont excellents. J’en connaissais en fait un peu deux d’entre eux (Kim Hyun Soo et Baek Seung Hwan) pour les avoir vus dans quelques dramas et films, et je ne suis pas surprise qu’on leur donne du boulot. Des trois, Jung In Seo semble avoir fait moins de choses depuis, et je vais pas m’insurger, parce que si ça lui permet de mieux profiter de son enfance, par exemple, c’est super, mais si c’est que des directeurs de casting ne l’embauchent pas, alors je remets en question leur jugement. Bref, tout le monde est excellent, et le film n’est pas moins bien réalisé, encore que je vous avoue avoir fait moins attention que parfois, parce que je regardais limite le film entre mes doigts… mais il y a des plans que j’aime beaucoup, comme ceux-là :

On dirait quasiment que ces images sortent de films d’horreur (et en même temps...). Ils sont au début du film, lorsqu’In Ho commence à se rapprocher de la vérité, et j’aime la façon dont ils nous font sentir la noirceur terrifiante qu’il s’apprête à découvrir. Et tant qu’on est dans les éloges, le film a également une très bonne bande-son, et je crois que je n’écouterai jamais plus 가시나무 de la même façon. Heureusement, le film utilise la version (originale, sauf erreur) de Jo Seung Woo, alors que moi je préfère et écoute surtout la version live de Jaurim (parce que Kim Yuna y met toutes ses tripes), donc au lieu de chialer toutes les larmes de mon corps sur la version de Jo Seung Woo en pensant au film, je peux continuer d’écouter la version de Jaurim (qui me fait aussi chialer toutes les larmes de mon corps, cela dit… quand Kim Yuna se met à chanter/crier « Il y a en moi beaucoup trop de moi-même », je suis foutue, et honnêtement, association nouvelle au film mise de côté, les autres versions me semblent juste fades en comparaison).

Pour résumer, Silenced, c’est un très bon film. Mais n’empêche que c’est pas un film facile. Je suis contente de l’avoir (enfin) vu, et je vous le conseille, mais sachez dans quoi vous rentrer, en gros. Et préparez toutes les peluches que vous avez.

[Protéger les coupables, punir les innocents] Silenced  도가니
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[Protéger les coupables, punir les innocents] Silenced  도가니
[Protéger les coupables, punir les innocents] Silenced  도가니
[Protéger les coupables, punir les innocents] Silenced  도가니
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