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(oui, le titre est une référence à la Route d'El Dorado)

Sorti en 2016

Réalisé par Ron Clements & John Musker

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Dontesque ?

Afin de sauver les siens de l’ombre qui s’étend sur le monde, Moana doit prendre la mer pour retrouver Maui, un demi-dieu, et le convaincre de rendre à la déesse Te Fiti, le cœur qu’il a jadis voé.

 

~oOo~

Une fois sortie de l’expérience Silenced, il me fallait quelque chose de plus gai. Notez, j’aurais quasiment pu me tourner vers à peu près n’importe quoi à ce stade et ça aurait été plus gai (genre Hamlet… c’est une vraie comédie, Hamlet, en fait), mais tant qu’à faire, je voulais quelque chose de vraiment réconfortant, et même si c’est vrai que les films Disneys ont des moments sombres parfois, ils ont quand même tendance à se finir de façon à nous laisser sur un sourire et plein de « yay, dreams come true ». Moana m’a semblé indiqué (même si, j’avoue, j’ai hésité avec John Wick 2, c'était tentant, surtout sur grand écran, mais il aurait fallu que j’écoute Kinyou doublé en français, or… lol, non :D), d’autant que ça faisait un mois que je me disais « nan mais quand même, tu te passes en boucle les mêmes trois vidéos sur youtube, il serait peut-être temps que tu regardes le film en entier, en fait ». J’ai eu un petit moment de surprise d’ailleurs, car j’étais persuadée d’avoir vu la bande-annonce de ce film, mais en fait pas du tout, je m’étais juste créé une histoire à partir des trois extraits que j’avais vus (les chansons We know the way, You’re welcome et Shiny), et finalement, ben, mon histoire n’était pas la bonne. Ce qui ne signifie pas que le film m’a non plus prise de court. Parce que d’accord, ça suivait pas le script que j’avais imaginé, mais en revanche, c’était quand même pas un film surprenant dans le cadre de Disney.

D’accord, on a effectivement une héroïne Disney non-enfant vivant une aventure sans aspect romantique, ce qui n’est pas si courant, mais sinon, finalement, je n’ai pas spécialement le sentiment que le film nous dise grand-chose de neuf. Il faut être nous-mêmes, croire en nous parce que la vraie magie est en nous, respecter la nature, surmonter ses peurs, ne pas se limiter, etc… vous connaissez la chanson, et on retrouve dans Moana des éléments d’autres films (personnellement, j’ai surtout pensé à Pocahontas, pour le rapport à la nature, la question des responsabilités vis-à-vis du clan vs la liberté, et aussi un peu le personnage de grand-mère feuillage à qui m’a fait penser la grand-mère de Moana). A un moment donné, parce que Disney aime bien se moquer de ses anciennes « tropes », il fait dire à Moana qu’elle n’est pas une princesse, mais en fait… ben, si, un peu, et comme beaucoup de princesses Disney avant elle, elle vient même avec sa chanson-souhait « je rêve de plus/d’un monde plus large » obligatoire. Ce qui ne me dérange pas, au fait. A vrai dire, ça a même été un grand trip nostalgie, car j’avais le sentiment de voir un dessin-animé qui aurait vraiment pu sortir quelque part dans mon enfance, à quelques updates près (l’absence de romance, justement)… Alors du coup, c’est vrai que je ne suis pas dépaysée, et peut-être pas non plus aussi marquée parce que ce film vient après d’autres, auxquels j’ai en plus des liens profonds, mais le pari « retomber en enfance » a été tenu, et j’avoue, j’ai chialé tel le caca moyen pendant une grosse partie du film, parce que je suis faible comme ça. Le seul truc qui m’a un peu manqué dans le cadre de ce nostalgia trip, finalement, c’est un vrai antagoniste. Ursula, Jafar, Scar, et Maléfique, sont des personnages que j’adore, et j’avoue que les grands méchants me manquent dans les films Disneys. Ceux qu’on aime détester, et qui ont bien souvent une de mes chansons favorites du film (Soyez prêtes, Infernale, Pauvres âmes en perdition, Mes amis de l’au-delà, Tuez la bête,…). Ici, on a quelques antagonistes, oui, mais ce sont des étapes, des embuches sur le parcours de l’héroïne, qu’elle doit dépasser. Et Tamatoa, un de ces antagonistes a bien une chanson, mais même si je l’aime beaucoup (et c’est bon, elle est gravée dans ma tête à vie que je le veuille ou non, c’est foutu… yay), et même si elle a des moments de cruauté dans les paroles, le refrain est tellement heureux que la chanson en devient sympathique, et le personnage lui-même n’est pas très impressionnant, étant pas mal tourné en dérision dans le peu de temps qu’on passe avec lui. On n’a pas de *grand* antagoniste, un personnage qui vraiment s’oppose tout le long à nos héros. Et je vous avoue que ça me manque. Mais je suis partagée, à vrai dire.

Parce que, yep, je kiffe mes grands méchants, mais d’un autre côté, j’apprécie aussi l’idée de Moana, à savoir qu’il n’y a justement pas de grand vilain sorcier dans la vie, un grand mal à détruire pour avoir sa happy-end, mais des épreuves, et des gens bien qui font des erreurs. Dans ce film, la fin du monde n’est pas le fruit de l’œuvre d’un type maléfique qui veut plus de pouvoir, mais le résultat d’une erreur commise par quelqu’un qui souffrait et n’a pas trouvé la bonne solution. Et à la fin, il ne s’agit pas de détruire un grand ennemi (on est bien d’accord, néanmoins, qu’avoir un « grand ennemi » à détruire à la fin ne signifie pas que les films disent juste « tape le bad guy, win the day », parce que ces bad guys sont boss final d’une progression des personnages, parce qu’ils sont justement là tout le long du film et donc peuvent potentiellement développer une relation intéressante au protagoniste, et parce qu’ils sont souvent également la représentation d’idées… simplement, Moana, en faisant ces choix-là, raconte aussi quelque chose) mais de prendre ses responsabilités, de réparer ses erreurs, en plus d’affronter ses insécurités et de faire preuve de bravoure, de compassion et de savoir voir au-delà des apparences. Donc voilà, comme je le disais, je suis un peu le derrière entre deux tabourets de bar, parce que d’un côté, c’est vrai que les grands méchants à la Disney me manquent, mais d’un autre côté, j’apprécie que leur absence fasse qu’on se concentre encore plus sur les protagonistes. Idéalement, ce serait sympa d'avoir à nouveau un film qui arrive à faire les deux~

Au final, j’ai quand même effectivement apprécié l’histoire de Moana. Elle ne m’a pas outre-mesure prise à la gorge (la séance de larmes était surtout due à la nostalgie, aux chansons, aux images) ou surprise, mais elle était divertissante, pleine de sentiments qui font plaisir, et puis en plus il se trouve que j’ai vraiment bien aimé les personnages. En particulier, of course, Hei Hei le poulet. Ce poulet, les gens, je le kiffe. Parce qu’il m’a fait rire, et parce qu’en plus, il n’est vraiment pas envahissant. Or, personnellement, c’est vrai que je ne suis pas toujours une grande fan des sidekicks à la Disney, les mascottes. En fait, c’est vraiment au cas par cas, mais genre Polochon, Abu, ces foutues gargouilles dans Le bossu de Notre Dame, et même depuis quelques temps Timon et Pumba, ben, je m’en passerais. Mais le poulet, je l’ai trouvé cool, et il fait pas beaucoup de bruit, ce qui me convient très bien. Quant à l’océan, qui joue en gros l’autre sidekick de l’histoire (moi je pensais que ce serait le cochon qu’il y a sur l’affiche, mais en fait non… et tant mieux, en fait), il ne m’a pas dérangée non plus, parce qu’il a un certain humour et ne parle pas non plus, mais par contre c’est vrai qu’il pose quand même quelques soucis scénaristiques, parce qu’il sert de solution arrangeante plusieurs fois, ce qui diminue un peu les exploits de Moana, et parce que du coup, quand il n’arrange pas une situation dans laquelle il aurait pu aider, ben on se demande un peu pourquoi. Bien qu’il apporte quelques très jolis moments, je me demande donc s’il n’aurait pas été plus judicieux de juste le faire intervenir au début, pour qu’il choisisse Moana, et puis basta. Mais j’ai apprécié l’ensemble des personnages. Moana est une héroïne très attachante, j’ai eu un gros faible pour la relation très affectueuse qu’il y a entre elle et sa grand-mère. Sa dynamique avec Maui est également touchante et très divertissante, ils font de bons compagnons de route, Maui lui-même étant à la fois amusant, et émouvant par moments. D’autant que l’animation est très expressive.

Oui, le film est magnifique. Et en même temps, je ne m’attendais à rien d’autre, mais du coup, je n’ai pas été déçue. Les mouvements des personnages, de leurs corps, de leurs visages, de leurs cheveux, m’ont déjà fascinée, mais en plus on a droit à tout un nouveau monde de couleurs, et créatures inconnues à découvrir (je suis super frustrée qu’on n’ait pas pu passer plus de temps dans le royaume des monstres, au fait, parce que, rah, les couleurs T.T les possibilités T.T) . Alors, à ce niveau-là, je prends un peu des gants par contre. C’est vrai que c’est magnifique de découvrir toute cette nouvelle mythologie, et d’avoir un aperçu d’endroits et cultures que je ne connais pas, et Disney a fait des efforts (au niveau du casting, notamment), mais apparemment il y a quand même des inexactitudes, et une sorte de mash-up de plusieurs cultures pas forcément idéal. N’étant pas experte, je ne peux pas me prononcer du tout, mais mettons que je garde à l’esprit que tout ce qu’il y a à l’écran, que je trouve merveilleux et exotique, est comme toujours la version de Disney de véritables cultures. Mais oui, c’était très beau à voir. Et à entendre aussi. How far I’ll go me laisse un peu de marbre, et la chanson présentant la vie sur l’île de Moana aussi, mais j’adore Shiny, je trouve You’re welcome super entraînante, et We know the way me fout les larmes aux yeux, sans compter qu’il y a aussi la chanson de la grand-mère de Moana qui m’a pas mal serré la gorge. Elle me plait vraiment cette bande-son, j'adore la façon dont les morceaux sont repris au fil du film avec plus d'intensité, et ça me fait plaisir d'aimer autant les chansons, parce qu’encore une fois, dans l’optique « trip nostalgie », c’est vrai que dans mon enfance les films Disneys et mon amour pour eux étaient étroitement liés à à quel point je kiffais de chanter leur bande originale en boucle…. Et là il y a des chansons que j’ai envie de chanter en boucle, alors ça me fait plaisir, parce que ça faisait un bail, quand même. Frozen ne m’avait pas spécialement transportée (et honnêtement après avoir revu le film, ben en fait,… je suis vraiment pas fan de ce dessin-animé), j’aime beaucoup Raiponce mais pas pour sa bande originale, Princess and the Frog a deux chansons que j’aime vraiment bien, mais avant ça faut quasiment remonter à Mulan, ou Tarzan à la limite (mais je le compte pas vraiment en fait, parce que Tarzan ne me fait pas tant l’effet d’être un film musical qu’un film featuring une narration par Phil Collins), pour moi… donc Moana, ben, ça m’a fait du bien.

Et en général, oui, j’ai beaucoup aimé le film. Il va falloir laisser le temps à la magie de l’animation et de la nostalgie de se décanter un peu pour voir ce qui me restera du film dans un an ou deux (j’ai noté qu’avec le temps, mes opinions sur les Disneys ont tendance à particulièrement changer, je me demande à quoi ça tient exactement) mais en attendant, entre deux moments de « OMG HAPPY/MOVED/SAD/AWED TEARS, TEARS EVERYWHERE T.T », même si je n’ai pas trouvé le film parfait, je l’ai trouvé drôlement bien, et… ben… c’est cool.

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