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Sorti en 2009

Réalisé par Yakusho Koji

Ecrit par Urara

 

Avec :

Yakusho Kohi >>> Yazawa Takuro

Eita >>> Yazawa Tetsuya

Kobayashi Satomi >>> Yazawa Terumi

Sawayashiki Junichi >>> Akiba Saburo

Nikaido Fumi >>> Hikari

Yachigusa Kaoru >>> la grand-mère d’Hikari

 

Dontesque ?

Lorsque Tetsuya est heurté par une voiture et sombre dans un coma dont il ne semble pas parti pour se réveiller, sa famille et son entourage ont beaucoup de mal à gérer la chose, son père se mettant notamment à converser avec la petite-amie de son fils en se faisant passer pour lui.

 

~oOo~

Avant de vous parler de ce film, je pense qu’il faut que je vous parle un peu des circonstances dans lesquelles je l’ai regardé, parce que je pense que ça a certainement influencé ma façon de voir Toad’s Oil. Je n’avais aucune idée de ce que serait ce film. Je me suis trouvée un soir à me dire « okay, soirée Eita, que regarder ? », et comme je n’avais que des films dont je ne savais rien, j’en ai juste regardé quelques images pour me faire une idée vite fait. De Toad’s Oil, j’ai vu ceci :

[Camionettes et désillusions] Toad’s Oil  ガマの油[Camionettes et désillusions] Toad’s Oil  ガマの油

Et je me suis, « ohhhhh, adoraaaable ! couettteeeee ! ». Or il se trouvait que j’étais vraiment d’humeur à regarder quelque chose de mignon et léger (et toujours d’humeur à regarder des monsieurs avec de jolies couettes) donc ça semblait très indiqué. Sauf que rapidement, une camionette rentre dans Eita, et boum, coma, plus d’Eita. Je ne m’attendais pas du tout à ça, mais Toad’s Oil est en fait un film assez étrange sur l’acceptation de la perte d’un être cher (et être cher = Eita). Je n’ai rien du tout contre l’idée, mais je n’étais pas du tout partie avec ce genre d’ambiance ou d’envie, et je vous avoue que j’ai pas mal galéré à me mettre dans l’ambiance, si bien que j’ai fini par mettre pause, et revenir au film plus tard, afin de l’apprécier autant que possible. Et je l’ai apprécié, mais je pense quand même que j’ai dû perdre quelque chose à cause des circonstances de mon (enfin, mes) visionnage, donc… voilà, vous êtes prévenus~

Et puis parce que je vous aime bien, voici plus d’images d’Eita avec une couette :

C’était important.

Parce que Eita et les couettes, c’est le bien, pas parce que le film est déprimant.

Car en vérité, malgré ce qu’on pourrait croire, le film n’est pas vraiment triste, ce qui, je pense se reflète dans sa forme, car le film est généralement lumineux, ne voulant absolument pas vous déprimer, au contraire. Toad’s Oil est un film qui a un goût certain pour l’humour absurde (notamment on a droit à une bagarre contre un ours où le-dit ours se fait taper dans les burnes par notre personnage principal, mais même lorsque Takuya se fait renverser par la voiture, c’est traité sur un ton comique), aime à injecter un peu de magie sur une réalité qu’il prend plaisir à rendre jolie pour les yeux. C’est un film à l’ambiance finalement très apaisante, et d’ailleurs certaines de mes scènes favorites sont celles que partagent Hikari (notre personnage féminin principal, la petite-amie de Takuya, dont le nom veut d’ailleurs dire « lumière ») et sa grand-mère, parce que je les trouve particulièrement paisibles. Et aussi parce qu’Hikari se pose un peu pendant ces moments-là, alors qu’elle m’agace souvent la plupart du temps, mais surtout parce que ce sont de jolis moments paisibles. Le film, en général, semble se vouloir réconfortant. Son message n’est pas que les gens nous quittent et que c’est triste, mais que les gens qu’on aime, justement, ne nous quittent jamais vraiment tant qu’on les garde en mémoire. Et même si notre mémoire finit par flancher lorsqu’on se fait plus vieux, ça ne fait rien, car en parlant de ces gens qui nous ont quittés, en racontant nos histoires, on transmet ces histoires à la génération d’après qui continuera à faire vivre les disparus en s’en souvenant pour nous. Ainsi, à la fin du film, la grand-mère d’Hikari connait une confusion passagère vis-à-vis de son mari décédé des années plus tôt, et Hikari est là pour lui rappeler les choses. La mort peut survenir subitement, alors qu’on traversait la rue, mais les gens qu’on aime ne nous quittent jamais vraiment, et même un orphelin, d’après le film, n’est jamais vraiment seul, car il a tous ses ancêtres qui le regardent et l’aiment, depuis l’autel où il peut leur parler. Bon, je ne partage pas cette vision des choses, mais en tout cas l’idée du film est là, et ça donne une histoire qui fait chaud au cœur, sur le deuil, les souvenirs et le besoin d’aller de l’avant.

Oui, parce que Toad’s Oil nous dit de faire vivre les gens en nous souvenant d’eux, mais certainement pas de nous perdre dans ces souvenirs et ne jamais faire notre deuil, hein ! L’idée n’est pas de s’accrocher et ne jamais passer à autre chose, ça c’est une bonne recette pour finir aussi noyé dans une piscine de déprime qu’un lead de Kdrama, et dans la vraie vie, y a pas 36 Choupettes qui n’attendent que de te guérir de tes pensées maussades (mais dans la vraie vie, c’est aussi assez rare de gagner un combat contre un ours en lui foutant un genou dans les parties intimes, D’ACCORD). Non, une grande partie de Toad’s Oil est justement consacrée à l’acceptation de ce qui s’est passé, histoire de mieux guérir. Et là il faut parler un peu du titre. « L’huile du crapaud » est un liquide secrété par le crapaud, via la peau, et qui est censée guérir de tous les maux. Pour l’obtenir, d’après la légende énoncée par le film, on place un crapaud entre quatre miroirs, et en voyant son reflet laid dans la glace, auquel il ne peut se soustraire, le crapaud flippe et commence à produire cette huile miraculeuse. Dans le film, vers le milieu, deux personnages très touchés par ce qui est arrivé à Takuya, l’un d’entre eux étant son père, partent en road trip, et en gros, ils servent de miroir l’un à l’autre. Dans les moments de tragédie, c’est facile de vouloir se dérober, et c’est d’ailleurs ce que fait le père un moment, faisant « vivre » son fils via les mensonges qu’il sert à Hikari (se faisant passer pour Takuya au lieu de la mettre au courant de ce qui se passe, et OUI c’est complètement glauque) mais c’est uniquement en faisant face à la situation, et aussi à ses défauts via le regard des autres, que le « crapaud » se défait de son « huile », ce qui soulage le crapaud et devient un baume pour les autres. En clair, en faisant face au plus sombre à l’intérieur de nous, on ressort grandis, plus légers et capables d’aider les gens autour de nous.  Le film porte littéralement le titre d’un remède à tout, donc évidemment, il tourne beaucoup autour de l’idée de guérison, et je trouve qu’il atteint bien son objectif, dans le sens où, à la fin, je me sentais généralement heureuse.

[Camionettes et désillusions] Toad’s Oil  ガマの油[Camionettes et désillusions] Toad’s Oil  ガマの油
[Camionettes et désillusions] Toad’s Oil  ガマの油[Camionettes et désillusions] Toad’s Oil  ガマの油[Camionettes et désillusions] Toad’s Oil  ガマの油
[Camionettes et désillusions] Toad’s Oil  ガマの油[Camionettes et désillusions] Toad’s Oil  ガマの油
[Camionettes et désillusions] Toad’s Oil  ガマの油[Camionettes et désillusions] Toad’s Oil  ガマの油

Maintenant, le souci, c’est que c’est bien beau tout ça, mais ce sont mes sentiments vis-à-vis, en gros, du dernier tiers du film, les deux premiers tiers ayant été bien plus laborieux pour moi, car j’ai mis un temps fou à rentrer dans Toad’s Oil. Choc de base mis de côté, j’ai eu du mal à accrocher aux personnages, en fait. Ou plus exactement à deux d’entre eux, et il s’est avéré que pour l’un c’était handicapant. Hikari, la petite-amie, m’a agacée parce que le côté gamine survoltée m’a rapidement usée, mais à la limite, ça, ce n’était pas si grave, et mon vrai frein, ça a été le personnage du père. Une grande partie du film est consacrée à faire de lui quelqu’un de meilleur, donc c’est pas étonnant qu’il parte pas parfait, car sinon il n’y aurait rien à améliorer (toi aussi, apprends à simplement paraphraser la définition des mots avec Mila), mais là il m’était carrément désagréable. Qu’il soit immature et égoïste est une chose, mais c’est vrai que les mensonges à Hikari passaient très mal pour moi, et que simplement, je n’arrivais pas, au tout début, à trouver une raison de véritablement m’intéresser à lui. Comme on me proposait un personnage désagréable juste après m’avoir privé d’un type qui semblait adorable (tout Eita m’y de côté, Takuya est présenté tout de suite comme un jeune homme plus mature que son père, qui bosse dur et s’occupe des gens qu’il aime), j’étais pas dans les meilleures conditions, on va dire, et il m’a fallu un long moment pour vraiment ressentir rentrer dans l’histoire à cause de ça. Cela dit, même alors que je n’étais pas fana du personnage, il y a des moments où je ne pouvais que ressentir de l’empathie. Comme je l’ai déjà dit, le film a clairement un certain goût pour l’absurde et il présente surtout une version de la réalité qui n’exclue pas une dose de fantastique ici et là, comme si on se trouvait dans une version rêvée du monde. Ce qui, déjà, permet de très jolies scènes, dont deux avec Takuya d’ailleurs, qui même alors qu’il n’est plus « physiquement » présent, parle à nos personnages une ou deux fois, dans des moments toujours particulièrement jolis. Mais, aussi, parce que le film a ce côté un peu « rêvé », quand il revient à une réalité plus brute, elle le semble encore plus. Par exemple, lorsque le père essaie de recréer les dessins du fils et se met à sangloter. C’est un moment qui sonne très réel, et en contraste avec le reste, il frappe d’autant plus. Le personnage semblait humain, donc, et je compatissais à ce qui lui arrivait, mais ça voulait pas dire que c’était un humain que je voulais fréquenter ou vraiment suivre. Heureusement, c’est venu petit à petit, ouf.

Malgré tout, j’ai trouvé le film un petit peu long. Alors, ça découle peut-être des circonstances, et de mes difficultés à m’intéresser au personnage central (certainement), mais j’ai quand même le sentiment que le film aurait pu être un peu plus concentré, et qu’il s’attardait parfois trop sur des choses qui ne méritaient pas qu’on se penche autant dessus (par exemple, j’ai plusieurs fois évoqué cette histoire d’ours, et c’est un des passages du film qui m’a semblé durer des plombes pour rien…), mais surtout que quelque chose dans l’agencement le faisait sembler trop dissipé (les « acteurs de rue », par exemple, au début, semble faire irruption dans le film de façon incongrue, et je me dis qu’ils auraient pu être mieux intégrés). C’est vraiment le dernier tiers, où tout se rejoint, que j’ai préféré, et l’image finale m’a laissée toute souriante, et heureuse d’avoir regardé le film, mais les deux premiers tiers ont été laborieux (sauf quand la couette était à l’écran bien entendu, et Eita dessous était un bonus non-négligeable). Dans l’ensemble, je vous dirais quand même d’y jeter un œil, parce que ça m’a quand même plu, et que vous serez du coup plus prévenus que moi ^-^

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