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Sorti en 2015

Réalisé par Nakamura Yoshihiko

Ecrit par Hayashi Tamio

D’après le manga de Tsutsui Tetsuya

 

Avec :

Ikuta Toma (Seaside Motel, Voice, Osozaki no Himawari, etc) >>> Okuda Hiroki / Gates

Toda Erika (SPEC, Liar Game, ShoMiMinoUe, etc) >>> Yoshino Erika

Suzuki Ryohei (Surely Someday, Tokyo Dogs, Zenkai Girl, etc) >>> Kasai Tomohiko

Hamada Gaku (Ahiru to Kamo, Nobunaga Concerto, , Loss Time Life, etc) >>> Kimura Koichi

Arakawa Yoshiyoshi (Hataraki Man, Kazoku no Katachi, Memories of Matsujo, etc) >>> Terahara Shinichi

Fukuyama Kohei >>> Hyoro

 

 

Dontesque ?

Ayant une dent contre la société, un homme au visage caché par un sac en papier se met à commettre des crimes qu’il annonce préalablement sur internet.

 

~oOo~

A la sortie du manga, les affiches avaient été partout dans Paris. Je les voyais sur les arrêts de bus, dans les stations de métro, il y en avait une énorme juste à ma station de RER à vrai dire, et donc je l’avais sous les yeux tous les matins. Et j’étais intriguée, j’avais envie de le lire, mais vous savez comment je suis, j’ai repoussé et finalement le film est sorti avant que je m’y mette. Pas que j’aie été au courant de la sortie du film :D Non, je suis en fait tombée sur le drama, et j’ai vu trois choses : il y avait Erika Toda dedans (yay), le synopsis m’intéressait (yay) et il n’y avait pas de sous-titres (moins yay). Quelques mois plus tard, alors que je vérifiais s’il y avait enfin des sous-titres, j’ai fini par capter deux choses de plus : le drama venait après un film avec Ikuta Toma (much yay), et était basé sur ce foutu manga que je n’avais toujours pas lu. Ce fut un processus très lent donc o.o Et techniquement j’ai toujours pas lu le manga, ni regardé le drama, mais j’ai vu le film, alors on va considérer que c’est une victoire, okay ? LET ME HAVE THIS. Mais, et ce film alors ? Bah, écoutez, c’était sympa. J’ai pas eu le coup de cœur de ma vie, mais c’était sympa,  et puis j’étais toute contente de voir Erika Toda, en particulier. J’ai été frappée dans ce film, par à quel point elle avait mûri. Bien entendu, ce n’est pas si nouveau que ça, mais je me souviens d’elle dans Liar Game et…le truc c’est qu’elle et moi, on a le même âge à un an près, que j’ai regardé Liar Game il a dix ans, et que du coup, on a toutes les deux dix ans de plus… donc ça m’a fait bizarre, haha. Cela dit, elle, elle, ne se fait que plus belle avec les années :’) Et je suis aussi ravie de la voir, même si j’ai eu un peu de mal avec le personnage.

Elle aurait pu fonctionner, et on en parlera, mais je la trouve juste mal définie. On en sait très peu sur elle, on ne sait pas trop qui elle est. Il y a un petit flash-back fugace, quelques mots ici et là, mais finalement j’ai eu le sentiment qu’on en savait vraiment peu. Alors, si elle n’était qu’une enquêtrice tâchant de chopper un suspect, je dis pourquoi pas, on pourrait se contenter de sa détermination à attraper le coupable mais le souci c’est qu’au de là « moi policier, toi criminel », elle a quand même aussi une vision du monde qui s’oppose à celle de Gates (le personnage d’Ikuta Toma), et autant le film se penche longuement sur les motivations de Gates, et pourquoi il voit le monde de cette façon, autant il fait les choses à moitié côté d’Erika (c’est aussi le nom du personnage), ce qui fragilise forcément l’affrontement, car il y a un gros déséquilibre. Bien entendu, si on comprend les raisons de Gates, il est évident que ses méthodes ne sont pas les bonnes, vu qu’il a en gros viré terroriste, donc on saisit pourquoi Erika veut l’arrêter, et ne peut pas adhérer à ses choix d’action, mais lorsqu’ils parlent de ses motivations, il critique la société japonaise, et elle lui répond « arrête de blâmer la société pour les problèmes des gens », et autres « tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même », et « il y a des gens qui n’ont rien mais serrent les dents, arrête de parler de dignité »…  et c’est qu’elle prend les choses à cœur, vis-à-vis de son expérience personnelle, mais parce qu’on ne la connaît pas vraiment, et que le peu qu’on sait arrive vraiment tard, tout ceci sonne extrêmement générique dans sa bouche, et surtout extrêmement aveugle et égaré. Le personnage est rendu irritant par son discours, parce que la société est problématique,  le film tout entier nous le mettant sous les yeux, via l’expérience de Gates.

[Guerre contre la société] Prophecy  予告犯
[Guerre contre la société] Prophecy  予告犯
[Guerre contre la société] Prophecy  予告犯

J’ai été surprise, d’ailleurs, qu’on passe aussi rapidement du côté Gates de l’histoire ! Il y a quand même un aspect mystère au film, parce qu’il y a des questions auxquelles on n’a de réponse qu’à la fin, mais je pensais que l’identité du coupable ne nous serait pas révélée avant au moins la moitié du film, et en fait non, cela ne fait pas partie des grands mystères de Prophecy, finalement, qui veut explorer son point de vue. Sans doute parce qu’il est justement le témoin du problème dont l’histoire veut véritablement discuter : la façon dont la société prive peu à peu l’individu de sa dignité, de milles façons, en encourageant le manque de compassion et d’empathie. On se moque de l’homme qui cherche un travail après une passe difficile de chômage, on accuse la victime de viol de l’avoir quand même un peu cherché, on victimise l’employé le plus faible du bureau, on traite les travailleurs au noir comme des animaux, etc. Et quand on en a fini avec eux, on oublie jusqu’à leur existence, et on passe à la prochaine victime : quand Erika interroge les gens ayant côtoyé Gates, il n’y en a pas un qui se souvienne de lui (ou qui l’admette, tout le monde étant complice dans l'histoire de maltraitance) sinon la victime qui a pris sa place. C’est d’ailleurs là que je disais qu’Erika aurait pu fonctionner : parce qu’elle ferme les yeux sur le souci général, et plutôt que de se dire qu’il serait temps de créer moins de bourreaux, elle préfère dire aux victimes que c’est à elles de faire fi de leur dignité et de s’en sortir, elle fait partie du problème général. En enquêtant petit à petit sur les circonstances de Gates, elle commence à voir un peu mieux ce qui se passe vraiment dans le monde où elle vit, jusqu’à finir par ressentir plus d’empathie pour Gates à la fin. C’aurait pu être intéressant, mais le souci c’est que son évolution, et son changement de point de vue sont fragilisés par le fait que le personnage est mal défini, encore une fois. C’est-à-dire qu’effectivement, on a quelques éléments sur le passé d’Erika : juste assez pour qu’elle soit plus qu’un rouage du système, mais juste assez peu pour qu’elle ne soit pas intéressante en tant qu’individu. Et sans un point de départ solide, c’est plus difficile de vraiment apprécier le point d’arrivée, parce que toute l’évolution en devient plus floue, d’autant qu’à la fin, il y a une révélation de dernière minute qui fait larmoyer et fait qu’on ne sait pas trop si Erikat fini par reconnaître qu’il y a un souci général, ou si elle considère que Gates est un cas spécial sur lequel elle s’apitoie particulièrement [spoiler] parce qu’il cherchait à retrouver le père d’un enfant mort dans des circonstances terribles… [/spoiler].

Toute la fin, en vérité, m’a semblé fragiliser le film, parce que Prophecy en fait des tonnes. Gates, en effet, ne veut pas juste faire entendre sa voix, et mettre en évidence des soucis dont il a lui-même été victime : son véritable rêve est de trouver des amis, de créer une connexion avec quelqu’un qui ne soit pas fausse. Donc on suit également une histoire d’amitié. Et ça rend le film vraiment touchant par moment, d’ailleurs. Gates est un personnage pour lequel il est très facile de ressentir de l’affection, d’autant qu’Ikuta Toma est un acteur toujours extrêmement sympathique, et toute son histoire a un goût doux amer qui émeut. Et je dirais que la part de tragédie la plus extrême de son histoire n’est pas nécessairement un souci, parce qu’il fallait un déclic pour qu’il craque complètement. On aurait pu se contenter des pressions du quotidien, et ces circonstances plus extraordinaires rendent le personnage déjà moins ambigu, mais je pense que le film aurait pu s’en sortir s’il n’en avait pas autant rajouté à la fin. Parce que dans la conclusion qui s’éternise, non seulement la surenchère a tué l’émotion que je ressentais jusque là, mais elle a même drôlement entamé la portée du film à mon sens. Parce que plus le film en rajoutait sur le pathos, plus il noyait le propos, perdant toute subtilité en partant dans le sentimentalisme total. Je pense vraiment que le film aurait gagné à en faire moins, sinon sur le fond, au moins sur la forme.

Prophecy n’en reste pas moins très divertissant, avec quelques moments de comédie qui font effectivement sourire (la course poursuite Gates/Erika qui ne veut pas finir, par exemple), quelques moments émouvants qui m’ont effectivement réchauffé le coeur, et d’autres vraiment tristes qui m’ont effectivement mis la larme à l’œil. Puis, en plus du propos sur la société japonaise, c’est toujours un plaisir de retrouver Ikuta Toma à l’écran (j’adorerais le voir dans un vrai rôle de méchant, un jour… histoire de voir s’il est capable de me faire le détester, ou de me faire flipper). Par ailleurs, le film est agréable à regarder (et Erika Toda aide :D), et en général, je n’ai pas vu le temps passer, sinon sur les dix dernières minutes. Ce n’est pas un mauvais film du tout donc, et je suis simplement frustrée parce qu’il est trop mal dosé (en faisant trop peu à des endroits, et trop à d’autres) pour être aussi pertinent qu’il pourrait l’être. Dommage donc, mais j’ai aimé le regarder.  

[Guerre contre la société] Prophecy  予告犯
[Guerre contre la société] Prophecy  予告犯
[Guerre contre la société] Prophecy  予告犯
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