Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

Sorti en 2005

Réalisé par Randall Miller

Ecrit par Randall Miller & Jody Savin

 

Avec :

Robert Carlyle >>> Frank Keane

John Goodman >>> Steve Mills

Marisa Tomei >>> Meredith Morrison

Dinnie Wahlberg >>> Randall Ipswitch

Mary Steenburgen >>> Marienne Hotchkiss

Sean Astin >>> Kip Kipling

 

Dontesque ?

Incapable de faire le deuil de sa femme, Frank Keane croise le chemin de Steve Mills lorsque celui-ci a un terrible accident de la route. Steve était en chemin vers un cours de danse où il avait juré de retrouver son amour d’enfance, et Frank accepte d’y aller à sa place.

 

~oOo~

A ranger dans la catégorie des films recommandés par SALT, Marilyn Hotckiss’ School est un film dont j’ai acheté le DVD sans me poser beaucoup de questions, déjà parce que SALT s’est rarement plantée dans ses recommandations (rarement = jamais, pour le moment), et ensuite parce que dedans, on trouvait une flopée d’acteurs que j’apprécie (John Goodman, Sean Astin, et puis j’ai de la sympathie pour Elden Henson depuis que j’ai regardé Daredevil… Elden Henson qui joue d’ailleurs deux rôles dans le film, vu que le long-métrage inclue des images du court-métrage, du même titre et réalisateur, et dans lequel Elden Henson avait joué enfant :D l’identité des deux personnages fait que cette ‘réutilisation’ est particulièrement jolie d’ailleurs), à commencer par Robert Carlyle, que j’adore, et qui a le rôle principal. En plus, tout le film allait apparemment tourner autour de l’idée de danse, et si vous me connaissez, vous savez que ça ne pouvait que me parler. Bref, je ne me suis pas posée beaucoup de questions. En revanche, j’ai mis un peu plus de temps à regarder le film, parce que comme vous le savez, en ce moment, j’ai un peu moins le temps de regarder tout ce que je veux, mais un soir où j’avais envie d’un film feel good (et SALT m’avait promis que MHS –oui, je raccourcis le titre à chaque fois- était de ceux-là) j me suis lancée. Et, euh, c'est feel good, c'est vrai, mais j’ai passé pas de temps à pleurer, en fait… mais oui, quand même, au final, ça m’a quand même laissé sur un sourire, et un cœur gonflé de bonnes choses. Le film n’est pas parfait, mais il y a des tas de choses dedans que j’ai appréciées, et notamment, tous les passages qui m’ont fait chialer (justement), c’est-à-dire toutes les scènes partagées par Robert Carlyle et John Goodman, en particulier dans l’ambulance. Chaque fois qu’on y revenait, j’avais les yeux qui s’embuaient par réflexe. Et c’est plutôt une bonne chose que ces scènes m’aient autant agrippée, parce qu’elles sont la « colonne vertébrale » du film, en quelque sorte.

Ce n’est peut-être pas tout à fait le bon terme, mais mettons qu’elles « rassemblent » le film. En effet, on suit trois « moments » (ou époques) le long du film : l’enfance de Steve Mills (le personnage de John Goodman), les dialogues de Frank Keane (le personnage de Robert Carlyle) et Steve tandis que l’un essaie de garder l’autre conscient afin que les secours puissent lui sauver la vie, et la vie de Frank Keane après qu’il se soit rendu pour la première fois à une leçon de danse de Marilyn Hotchkiss (ou plutôt de la fille de cette dernière, ayant repris le flambeau à la mort de sa mère). La rencontre entre Steve et Frank est ce qui nous donne droit à la narration de l’enfance de Steve, et ce qui lance la nouvelle vie de Frank qu’on suit après ça, c’est la « glue » qui maintient le film, donc. Et on y trouve quasiment tous mes moments favoris du film, encore que mon vrai moment préféré est sans doute un passage de la fin, que je ne vous spoilerai pas, mais dans lequel un personnage ayant beaucoup entendu l’histoire de Frank, lui sort que ça commence à bien faire, et que son histoire, celle qu’on nous a racontée pendant tout le film, elle est bien ennuyeuse quand même. Si j’aime tout particulièrement ce moment, c’est parce que oui, dans un sens, l’histoire de Steve n’a rien de bien remarquable : deux gosses se sont rencontrés, se sont chamaillés, sont tombés amoureux et se sont promis de ses retrouver des années plus tard. L’école de danse donne quelque chose d’un peu moins ordinaire à l’affaire, mais sinon, c’est une histoire finalement plutôt banale : j’en ai même une comme ça dans mon enfance moi-même. Ce qu’il y a d’extraordinaire dans l’histoire de Steve, ce n’est pas sa rencontre et sa promesse avec Lisa, c’est le fait qu’après toutes ces années, il y pense toujours à ce point, qu’il chérisse toujours autant cette histoire et cette promesse. Et c’est vraiment ce que j’aime, dans cette remarque « ton histoire est ennuyeuse » : le film n’a rien d’ennuyeux, on suit l’histoire de Steve avec plaisir, et j’ai été très émue de l’entendre en parler, mais ce n’est pas parce que l’histoire en soit est exceptionnelle, c’est parce qu’elle tient à ce point au cœur du conteur. Une histoire, même simple, même banale, racontée avec amour et sincérité par quelqu’un qui y tient, peut toucher le cœur des gens, les rendre heureux un moment, leur offrir un moment de bonheur dans une vie qui n'a pas été tout ce qu'on aurait voulu, ou même sauver la vie d’un homme. Dans cette conclusion du film, je vois l’idée que nos vies sont peut-être banales et insignifiantes, mais qu’elles peuvent être belles si on choisit de les voir ainsi, et si on leur donne de l’importance.

Pour revenir à mes moments entre Frank et Steve, comme je le disais, c’est là que se situent mes scènes favorites, parce que c’est là qu’on sent tout l’amour de Steve pour l’histoire qu’il raconte, mais aussi parce qu’on y voit Frank petit à petit se dévoiler, on sent que quelque chose se débloque. Bien sûr, le déblocage s’achève lors des cours de danse, et de ses interactions avec les autres personnages, mais on en voit le début dans l’ambulance avec Steve, et c’est notamment là qu’il nous apprend ce qui est arrivé à sa femme, dans le moment qui m’a probablement le plus serré le cœur ( [spoiler] lorsque Steve lui demande pourquoi sa femme s’est suicidée, et que Frank répond qu’il ne sait pas, mon cœur s’est brisé… trop de vulnérabilité dans le jeu de Carlyle, [/spoiler] et j’ai aussi beaucoup aimé la compassion des infirmiers présents, je trouve que ça les rend un peu plus personnages, que ça nous rappelle qu’ils sont aussi des êtres humains qui écoutent les deux hommes converser et se laissent toucher par ce qui se passe). Robert Carlyle est très bon lors de ce moment, et de tout le film (John Goodman aussi, bien évidemment). Je me suis très rapidement attachée à lui, parce qu’il a tout de suite cette aura d’homme brisé, qui n’est plus que l’ombre que lui-même, et que j’en avais mal pour lui avant de savoir exactement ce qui s’était passé. J’avais juste envie de l’aider.

[Le retour à la vie, pas après pas... de danse] Marilyn Hotchkiss’ ballroom dancing and charm school[Le retour à la vie, pas après pas... de danse] Marilyn Hotchkiss’ ballroom dancing and charm school[Le retour à la vie, pas après pas... de danse] Marilyn Hotchkiss’ ballroom dancing and charm school
[Le retour à la vie, pas après pas... de danse] Marilyn Hotchkiss’ ballroom dancing and charm school[Le retour à la vie, pas après pas... de danse] Marilyn Hotchkiss’ ballroom dancing and charm school

Par ailleurs, c’est vrai que si les moments entre Frank et Steve ont été mes favoris, c’est aussi parce que ces moments réunissaient les deux personnages les plus solides du film, tout simplement. Ce sont les personnages sur qui on en sait le plus, ceux qui sont le plus développés. Les autres, je trouve, sont un peu plus faibles. Enfin… okay, en fait, non, le film a de bons personnages secondaires. Il y en a pas mal, donc forcément, on ne peut pas savoir grand-chose sur chacun d’entre eux, mais ils sont suffisamment distincts pour qu’on les cerne très vite, et le film nous réserve quelques moments avec ces personnages secondaires qui m’ont fait du bien au cœur, comme la victoire personnelle de Marienne Hotchkiss qui m’a rendue toute heureuse, ou le moment où on voit danser le monsieur en charge de la musique (de même que l’intervention des infirmiers dans l’ambulance, ça nous humanise tout de suite un personnage que le film aurait très bien pu se contenter de laisser « invisible »). En fait mon gros souci, c’est le personnage féminin principal, Meredith, et ce qui l’entoure. En premier lieu, je n’ai rien contre Marisa Tomei, mais pour être honnête, dans ce rôle, je ne l’ai pas trouvée très convaincante, me faisant plusieurs fois la remarque qu’elle ne délivrait pas ses lignes de façon très naturelle. Mais ce n’est pas vraiment ça qui m’a dérangée. Ce qui m’a dérangée, c’est la façon dont elle se retrouvé dépossédée de son histoire. Le film octroie à Meredith un passé traumatisant, et un présent difficile, mais ne s’en sert que pour donner à Frank une façon de la sauver ([spoiler] sans doute pour mettre ça en parallèle avec la façon dont il ne s’est pas rendu compte des soucis de sa femme, et n’a pas pu la sauver du suicide [/spoiler]). Et ça, déjà, ça m’agace. L’histoire difficile de Meredith est mise au service de l’histoire de Frank, et non seulement ça fait de notre personnage féminin principal un accessoire au service de notre protagoniste, mais en plus ça « trivialise » les choses difficiles qui lui sont arrivées, et arrivent à de véritables personnes dans la vraie vie. Pire encore, à la fin, la solution apportée ne fait qu’ajouter à la trivialisation, [spoiler] le demi-frère qui la bat étant traité comme un gamin faisant un caprice qui peut être réglé avec une simple intervention de Frank, et une promesse, alors que non, je suis désolée, mais ce type de maltraitance, c’est un truc à signaler à la police, ou en tout cas pas un truc qu’on peut balayer d’un revers de la main, en me demandant après d’être toute ravie que le coupable ait pu réintégrer son école de danse favorite [/spoiler]. Bref, l’héroïne est traitée comme un accessoire, et le film se sert de sujets difficiles sans y réfléchir, et ça m’est resté en travers de la gorge, je ne vous le cache pas.

En revanche, j’ai bien aimé la façon dont il parlait du deuil de Frank. En grande partie, ce que j’aime, c’est que MHS ne part pas dans le sur-embellif. C’est-à-dire qu’on nous montre à quel point son deuil l’handicape, à quel point il se sent vide, et ne sait plus comment reprendre sa vie, ce qui est assez « banal » dans le traitement du deuil, mais on nous montre aussi l’amertume et la colère qui vont avec, de façon un peu différente de dans d’autres œuvres, parce qu’elles persistent. J’aime notamment beaucoup la façon dont il finit par disperser les cendres de sa femme. [spoiler] Il les disperse du haut du « pont des suicides », et fait remarquer que ça lui a semblé très approprié, ce qui m’apparaît à moi comme une vengeance un peu mesquine. Et j’aime bien cet aspect du film. On est bien d’accord : sa femme souffrait apparemment de dépression,  et je ne pense pas qu’elle mérite qu’il se venge, mais elle est morte, déjà, donc à priori elle n’en souffre pas trop –du moins pas selon mes croyances, bien entendu^^-, et surtout je trouve ce petit geste de vengeance très humain. Peut-être (et j’espère) que Frank reviendra à de meilleurs sentiments plus tard, réalisera que sa femme n’a pas voulu lui faire du mal mais était victime de quelque chose de terrible (je parle de dépression, mais à vrai dire c’est une supposition : le film n’entre pas dans les détails, étant donné que c’est Frank, qui n’a pas les réponses, qui narre les choses), mais il est trop tôt, et j’ai apprécié qu’on nous montre cette pointe d’amertume. [/spoiler] J’aime bien que le film nous montre ce que le deuil peut parfois avoir de moins reluisant, et pas immédiatement solvable (contrairement aux soucis de la female lead :D :D :D).

D’un point de vue danse et musique, à présent, parce que c’est important, quand même… j’aurais aimé qu’il y ait un peu plus de danse, j’avoue. Il y en a, évidemment, mais à l’exception d’une scène, la danse n’est pas présentée de façon très « spectaculaire ». Sur mon DVD, il y a écrit « si vous avez aimé Strictly Ballroom, vous aimerez ce film-là », et je trouve que c’est très égaré comme commentaire, parce que oui, il y a de la danse, « ballroom » dans le titre, et une histoire d’amour dans le film, mais les films sont très différents, et si Strictly Ballroom voulait vraiment nous en mettre plein les yeux avec sa partie « danse », ce n’est pas du tout le cas de MHS. Ce qui est bien naturel, d’ailleurs. Les leçons de danse réunissent les personnages mais l’idée est plus, justement, de les réunir, et de se lancer dans quelque chose de nouveau. En conséquence, le film se concentre plus sur les visages, les expressions, que sur les mouvements, et les personnages sont des amateurs, pas des grands danseurs, parce que c’est ce que la danse a de social, et le nouveau départ qu’elle représente, qui importent. Donc, je ne blâme absolument pas le film, qui a fait le bon choix, mais, haha, c’est vrai que comme j’aime bien voir les gens danser (et parce que la jaquette du dvd m'a menti), j’aurais pas dit non à un grand numéro final de ouf. Mais bref, je ne reproche rien au film.

Que j’ai aimé, donc. Il est imparfait, et le mauvais traitement du lead féminin continue de me déranger, mais tout ce qui se déroulait entre Frank et Steve m’a profondément touchée, il y a des tas de petits moments que j’ai aimés, et j’étais contente de voir Frank reprendre goût à la vie, petit à petit. Je ne pense pas que ce soit un grand film, mais je suis ravie de l’avoir regardé, notamment pour le message que j’y ai vu sur la beauté et le pouvoir de nos histoires ordinaires. Donc yay.

P.S. La bande-annonce spoile une révélation de la toute fin du film. Évitez-la

[Le retour à la vie, pas après pas... de danse] Marilyn Hotchkiss’ ballroom dancing and charm school[Le retour à la vie, pas après pas... de danse] Marilyn Hotchkiss’ ballroom dancing and charm school[Le retour à la vie, pas après pas... de danse] Marilyn Hotchkiss’ ballroom dancing and charm school
[Le retour à la vie, pas après pas... de danse] Marilyn Hotchkiss’ ballroom dancing and charm school[Le retour à la vie, pas après pas... de danse] Marilyn Hotchkiss’ ballroom dancing and charm school
Tag(s) : #Cinéma, #Cinéma occidental, #USA, #2000s, #2005, #Randall Miller, #Jody Savin, #Robert Carlyle, #John Goodman, #Marisa Tomei, #Dinnie Wahlberg, #Mary Steenburgen, #Sean Astin, #Romance, #Tranche de vie, #Comédie, #Drame, #Feel good, #Marilyn Hotchkiss' ballroom dancing and charm school

Partager cet article

Repost 0