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Sorti en 2009

Réalisé par Hiroki Ryuichi

Ecrit par Saito Hiroshi

 

Avec :

Eikura Nana >>> Nagashima Chie

Eita >>> Akasu Taro

Emoto Akira >>> Nagashima Sadashi

Etc

 

Dontesque ?

Chie et Taro se rencontrent, tombent amoureux, et commencent à faire leur vie ensemble… mais Chie est atteinte du cancer du sein, et les traitements ne marchent pas.

 

~oOo~

Dans la catégorie des films de mon Eita-project que je n’avais pas envie de regarder, April Bride se situait en tête de liste avec Su-Ki-Da, parce que pour être honnête, je ne me voyais pas sortir gagnante de ce film, craignant qu’il soit bien trop déprimant, soit pas assez. C’est-à-dire que vu le sujet, j’avais peur qu’il me sape le moral un truc de ouf, or même si je ne déteste pas les films déprimants, c’est vrai que je n’ai pas trop tendance à graviter vers ces films-là, car je suis du genre à véritablement les vivre mal. Mais d’un autre côté, je craignais aussi qu’il souffre du syndrôme Koizora (le film), et soit tellement grossier dans sa façon de quémander les larmes, que j’y reste parfaitement insensible, voire que je m’en trouve agacée. L’équilibre allait être très dur à trouver, donc je n’étais pas optimiste… mais écoutez, April Bride, contre mes attentes, a trouvé l’équilibre, et j’ai été agréablement surprise par ce film. Ce n’était pas du tout « over-the-top », et j’ai pu croire que ce soit tiré d’une histoire vraie, car c’était fait avec simplicité, sans rajouter du drame par-dessus la tragédie qu’est déjà de perdre un être cher à une maladie. April Bride m’a rapidement embarquée, et ne m’a pas lâchée.

En premier lieu, ça a bien entendu aidé que je me sois rapidement attachée aux personnages. Ce sont des gens ordinaires, qui se rencontrent dans des circonstances qui n’ont rien de spectaculaire, si bien qu’il est facile de s’identifier à eux. Bien entendu ce sont des individus avec leurs spécificités, je ne suis pas en train de vous dire que tout le monde sur Terre est pareil, mais ils ont une vie de tous les jours plutôt courante, dont on reconnait rapidement les étapes. De même, leur couple se construit de façon progressive, en passant par des choses banales : pas de rivaux amoureux, pas de grandes péripéties. Ils se rencontrent, se plaisent, sortent ensemble, s’installent, rencontrent les amis de l’autre, couchent ensemble, font du vélo (la sortie en vélo de nuit est une de mes scènes favorites, et son rappel dans la seconde partie m’a brisé le cœur, car elle transforme une ballade où le couple a tout l’avenir devant eux en une réalisation de Taro que Chie va le distancer, qu’il ne va pas pouvoir la suivre là où elle va), ce genre de choses. Ils ont une existence tranquille, heureuse, et ils sont absolument adorables ensemble, si bien que j’ai trouvé ça facile de saisir le bonheur qu’ils partagent et d’avoir envie de le protéger. Ils ont l’air tellement bien ensemble, qu’on ne peut que leur souhaiter de le rester. Mais bien sûr, la menace du cancer se fait sentir. Déjà, on se rend bien compte que c’est toujours Taro qui parle de faire avancer la relation, et que Chie a toujours des hésitations. Et puis, on apprend que la mère de Chie est morte d’un cancer des ovaires, et on entend Chie tousser dans la salle de bain, le tout faisant planer sur le bonheur du couple, qui semble si familier et si fragile. Si ça peut leur arriver à eux, qui sont si jeunes en plus, ça peut arriver à tout le monde, surprendre n’importe qui dans une vie qui semblait calme jusque-là. Et on regarde venir l’impact, repérant les petits signes, à côté desquels Taro passe. Forcément. Parce que comment pourrait-il imaginer ce qui va venir ? Nous, on sait, parce qu’on a lu le synopsis, ou juste parce qu’on sait qu’en fiction la toux = LAAA MOOORT, mais lui, comment pourrait-il savoir… alors on les regarde être heureux tout en attendant que la réalisation tombe sur Taro, et qu’ils se prennent le mur tous les deux.

Et puisque je parle de la réalisation de Taro, un souci que j’ai eu avec le film, c’est que parfois, il m’a semblé un peu rapide au début. C’est étrange, cela dit, parce que le temps imparti à chaque moment de la vie de ces personnages me semble sensé… On passe un quart du film sur leur vie pré-annonce du cancer, un quart du film sur leur acceptation de la situation, une moitié du film sur la gestion de la maladie, ça paraît parfaitement raisonnable. Et pourtant, le second quart du film m’a semblé un peu accéléré, à partir du moment où Taro apprend la vérité, si bien que ça faisait sembler la transition moins naturelle qu’elle aurait pu l’être, alors que je comprenais parfaitement toutes les réactions des personnages, en particulier la façon dont Chie gérait la chose. J’avais très peur de comment elle choisirait d’en parler, ou ne pas en parler, à Taro, de comment elle réagirait une fois qu’il serait au courant, mais personnellement, tout m’a semblé très humain et compréhensible dans ses réactions. [spoiler] Bien sûr, dans l'idéal, elle aurait dû parler de la maladie à Taro avant qu’il ne la découvre « par erreur », mais je comprends qu’elle ait voulu vivre sans avoir ça sur elle tout le temps, d’autant qu’elle n’était encore pas condamnée du tout à ce moment-là. Et quand il découvre la vérité, je comprends aussi que son réflexe à elle soit de fuir, parce qu’elle a vu ce que la maladie avait fait à sa mère, que ça l’a clairement traumatisée, et qu’elle a peur d’infliger ça à Taro, mais aussi de finir par le voir ne plus l’aimer, et par se mettre à l’en détester. Elle a peur d’empoisonner leur relation, et peur de le laisser avec le même traumatisme que sa mère lui a laissé à elle. Honnêtement, sans dire que c’est forcément ce qu’il y a de mieux à faire, ce sont des choses que je comprends, donc la réaction de Chie m’a paru très humaine, même  si [/spoiler]  la rapidité n’a pas joué en la faveur du film à mes yeux. Enfin, ça ne me l’a absolument pas coulé non plus, et j’ai apprécié ce qui a suivi (même si c‘était triste), le film concernant toute sa simplicité. En effet, même après que les personnages aient décidé d’affronter la maladie ensemble, on reste vraiment sur la vie quotidienne, dans sa difficulté grandissante, mais toujours sans « grand spectacle ». Le film garde un ton très sobre, [spoiler] et même lorsque Chie finit par mourir (c’est une histoire vraie, on était prévenus), [/spoiler]  c’est fait de façon très simple, sans grosse musique, sans en rajouter. Tout le film est très calme, à vrai dire, et il ne cherche pas à manipuler les émotions du spectateur en utilisant de sa bande-son, notamment. Il n’y a véritablement que deux moments, je dirais, où il utilise vraiment sa musique, et c’est lors du mariage, et à la toute fin, mais à ce stade, il a bien gagné le droit de le faire, et je ne pense même pas qu’il en abuse lors de ces scènes-là. La scène du mariage, notamment, me faisait peur, car je craignais que le film en fasse des tonnes sur la bravoure des personnages, et omg comment c’est beau qu’ils continuent à sourire dans cette situation, etc, mais en fait… non. J’ai même du mal à exprimer comment il s’y prend, mais le film ne dépasse jamais la limite, et ce moment sonne véritablement comme une fête et une victoire.

[Du miracle du quotidien] April Bride 余命1ヶ月の花嫁 [Du miracle du quotidien] April Bride 余命1ヶ月の花嫁 [Du miracle du quotidien] April Bride 余命1ヶ月の花嫁
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En grande partie, c’est sans doute dû au fait que le film traite ses personnages avec la même sobriété qu’il utilise sa musique. April Bride n’en fait jamais des tonnes, et si, par exemple, on voit les personnages pleurer quelques fois (Eita de façon maladroite de temps en temps, d’ailleurs), parce que c’est quand même fort triste ce qui leur arrive (quand même), le film ne les fait pas s’assécher et en rajouter, il use de retenue tandis que chaque personnage essaie de gérer les difficultés du mieux qu’il peut. Et parce que le film use de retenue, quand un personnage craque, c’est d’autant plus difficile à encaisser. Une des scènes à m’avoir la plus remuée, notamment, est celle où Taro et le père de Chie partagent un moment ensemble et où le père de Chie se met à pleurer tout en remerciant Taro. Jusque-là, il s’est montré aussi fort que possible, parce qu’il doit soutenir sa fille, mais lors de cette scène où elle est sortie avec des amies, et qu’il a Taro en face de lui, il n’en peut plus, et sa reconnaissance se mêlant au reste, ça donne une scène qui m’a vraiment énormément émue. Parfois, on n’a même pas besoin que les personnages craquent cela dit, et il y a par exemple une scène en particulier où j’ai eu envie de pleurer rien qu’à voir la fatigue évidente sur le visage de Taro, parce que la maladie n’épuise évidemment pas que Chie, mais également tous ceux qui s’inquiètent et la regardent s’éteindre petit à petit. A vrai dire, je n’ai pas cessé d’avoir les larmes aux yeux dans ce film, parce qu’à aucun moment je n’ai eu le sentiment qu’il essayait de me les tirer, si bien que j’avais tout l’espace dont j’avais besoin pour ressentir les choses. Je ne me suis jamais sentie écrasée, juste touchée, et parfois, j’ai même pleuré un peu de joie… enfin, joie, c’est pas le mot, mais d’une émotion positive en tout cas, en voyant Chie aussi entourée par ses amis, sa famille, et Taro.

J’ai aussi apprécié la façon dont le film abordait la maladie. Il n’en rajoute, encore une fois, pas sur l’état de Chie, mais il nous en montre la fatigue, il nous montre à quel point ça devient difficile de faire de petites choses, il nous la montre devant le miroir regardant son corps transformé (on a dû lui retirer un sein) et se sentant indésirable et dépossédée de son corps, on la voit perdre ses cheveux, et devoir porter une perruque… j’ai trouvé qu’April Bride était honnête, en fait. Ce n’est pas un documentaire sur le cancer, mais oui, je l’ai trouvé honnête avec son sujet. Et j’avais peur que le film ne me laisse que triste (j’ai rien contre les films tristes, mais c’est vrai que quand je suis juste triste à la fin d’un film, sans qu’il m’ait apporté d’autres choses compensant, même quand il est bien fait, je ne me sens pas très satisfaite … cf The Throne, par exemple), mais au final, il ne m’a même pas vraiment laissée triste… J’ai été triste a plusieurs moment, évidemment, mais je pense que le film a atteint son objectif de me réchauffer le cœur à voir Chie entourée tout l’amour de ses proches, et qu’il fait passer son message sur le miracle d’un quotidien même banal. Je ne suis pas sortie déprimée du tout, mais certainement pas indifférente non plus, donc yep, pour revenir à mon intro, April Bride a su très bien trouver l’équilibre.

Je ne pensais vraiment pas apprécier ce film, et certes, il ne va pas se ranger au panthéon de mes films favoris, mais ça a été une vraie bonne surprise quand même, parce que c’était touchant, parfois émouvant, parfois triste, sans être écrasant, plein de personnages que j’ai aimés, et filmé avec une retenue très appréciable. Je ne sais pas si je vous pousserais absolument à le regarder, dans le sens où ce n’est pas un film dont je me suis dit à la fin « OH MON DIEU IL FAUT ABSOLUMENT QUE JE FASSE VOIR CE FILM A TOUT LE MONDE » mais je suis quand même drôlement contente d’avoir dépassé mes appréhensions et de l’avoir regardé~

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