Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

Sorti en 2009

Ecrit et réalisé par Nishikawa Miwa

 

Avec :

Shofukutei Tsurube >>> Osamu Ino

Eita >>> Soma Keisuke

Yachigusa Kaoru >>> Torikai Kaduko

Yo Kimiko >>> Ohtake Akemi

Kagawa Teruyuki >>> Masayoshi Saimon

 

Dontesque ?

Un jeune interne en médecine se retrouve en stage dans un petit village de montagne, sous la tutelle du Dr Ino. S’il n’est d’abord pas ravi de se retrouver paumé au milieu de nulle part, il ne tarde pas à revoir son opinion.

 

~oOo~

Cette semaine sera une semaine vraiment Eita-esque, puisque je vous ai parlé d’April Bride avant-hier, et vous réserve mon article sur (enfin !) Mahoro Ekimae Bangaichi pour ce week-end (j’ai galéré à l’écrire, et ne suis pas entièrement satisfaite, mais il faut que l’amour sorte), mais je pense que personne ne s’en plaindra, pas vrai ? De toute façon, vous pouvez vous plaindre si vous voulez, mais je ne m’arrêterai pas de parler d’Eita. Mon « petit » projet avance ! Et aujourd’hui, on va parler de Dear Doctor, un film que je ne sentais pas trop, pour être honnête. J’ai l’impression de dire beaucoup ça ces derniers temps, mais c’est assez naturel, en fait : on arrive vers les derniers projets de sa filmo/dramagraphie, et il reste donc ce que j’ai repoussé, à savoir les projets que je sentais le moins, et les énormes coups de cœur dont je savais que j’aurais du mal à parler. Dear Doctor faisait partie des projets qui me laissaient dubitative. Je pense que c’est parce que je ne suis pas très attirée par ce qui touche à la profession médicale à la base, mais aussi, c’est vrai que dernièrement j’ai regardé Kyokuhoku Rhapsody et que ça m’a un peu refroidie. Je sais que c’est injuste, mais Kyokuhoku Rhapsody et Dear Doctor ont quelques points communs : il y a Eita dans les deux, les deux histoires se situent dans un endroit isolé qui manque d’un staff médical et où les médecins doivent accepter que leur profession consiste essentiellement à accompagner la population vieillissante tandis qu’elle meurt à petit feu. Kyokuhoku Rhapsody ne m’ayant vraiment pas enthousiasmée, même si je savais que ce n’était pas fondé, j’avais des appréhensions à me lancer dans Dear Doctor. Cela dit, si les deux ont des points communs, ce sont effectivement des œuvres bien différentes, et une différence majeure entre les deux… … … est que Dear Doctor n’est pas ennuyeux à mourir :D Wouhou. Non, en fait, j’ai bien aimé ce film, et je ne me suis certainement pas ennuyée parce que pour le coup, j’étais intéressée par le sort des personnages.

Je pense que le film a eu une très bonne idée en commençant par nous placer du point de vue de Keisuke (le personnage d’Eita). Enfin, non, techniquement, on commence par une petite intro où on découvre que le médecin du village a disparu, mais après ça, on emprunte le point de vue de Keisuke, qui arrive dans ce village depuis la ville pour y faire un stage. On apprend donc tout de suite que le médecin disparu est le « doctor » du titre, et s’il est le personnage central du film, on commence par le découvrir à travers Keisuke qui le voit interagir avec ses patients tandis qu’il découvre également comment fonctionne le petit village. Le jeune homme est, comme nous, un étranger, et le suivre permet d’apprendre à se repérer, mais aussi d’apprendre à apprécier le village en même temps que lui, et je pense que c’est pour ça aussi que le début du film est plus léger  que le reste : afin de nous permettre de de nous attacher à l’endroit, aux habitants, au mode de vie, afin qu’on voit ce que le village a d’agréable et tranquille, pour qu’on prenne son sort à cœur plus tard. Le docteur est un homme agréable et chaleureux, un mentor enthousiasmant pour Keisuke, les habitants sont enjoués et amicaux, bien qu’ils vivent très conscients du fait que leur âge avancé signifie que la mort n’est jamais trop loin, et bref, toute cette petite communauté est agréable, tandis que visuellement, le film se charge de faire ressortir le charme de la campagne, en faisant ressortir les couleurs et la tranquillité. On saisit très vite l’attrait de l’endroit. Keisuke arrive en se plaignant, parce qu’il n’y a pas de boutiques, que ce n’est pas du tout là qu’il voulait être, mais plus tard dans le film, il a envie de revenir une fois complètement formé, et se met à véritablement penser ce qu’il avait dit sans sincérité à son arrivée, à savoir qu’il aime la campagne non seulement parce que « c’est retiré, l’air y est pur » mais également parce que dans cet endroit plus petit, c’est différent de la ville où « tout le monde est occupé à faire la course, et les médecins ne voient que les symptômes et pas les personnes »

Alors, j’ai un petit souci avec ce film, à savoir que je ne peux pas en parler exactement comme je veux, car il faudrait que je vous spoiler quelque chose d’important. Notez, cela n’a l’air de n’arrêter quasiment personne sur internet, car ce que je veux vous cacher se trouve dans presque tous les synopsis disponibles, et j’étais au courant avant de lancer le film, ce qui ne m’a rien gâché… mais honnêtement, je pense que l’expérience doit être vraiment meilleure si on entre dans Dear Doctor sans trop en savoir, car cela permet de suivre la même progression que ses personnages. Donc je vais me retenir, et je vous conseille de ne pas aller lire d’autres synopsis, afin de profiter de Dear Doctor comme il faut~

[Lettre ouverte] Dear Doctor  ディア・ドクター[Lettre ouverte] Dear Doctor  ディア・ドクター
[Lettre ouverte] Dear Doctor  ディア・ドクター[Lettre ouverte] Dear Doctor  ディア・ドクター[Lettre ouverte] Dear Doctor  ディア・ドクター
[Lettre ouverte] Dear Doctor  ディア・ドクター[Lettre ouverte] Dear Doctor  ディア・ドクター

Reprenons.

Le titre parle d’un docteur, le Dr Ino, en particulier, mais il s’intéresse à la situation médicale de tout le pays, à vrai dire, ainsi qu’à ce que ça signifie d’être un bon médecin. Keisuke, qui est le fils d’un riche médecin possédant son propre hôpital privé, parle des docteurs des grands hôpitaux comme traitant des maladies plutôt que des gens, ne pouvant pas vraiment interagir avec ceux-ci (et pas nécessairement parce qu’ils ne veulent pas, mais parce qu’il n’y a pas le temps) alors que dans le petit village, le médecin peut réellement s’intéresser aux personnes, les réconforter, créer des liens avec, et les traiter en tant qu’êtres humains. Néanmoins, le film se pose quand même la question d’à quel point un médecin doit être proche de ses patients, et comment ça risque d’affecter ses décisions. Bien sûr, dans Dear Doctor, il y a d’autres choses à prendre en compte, mais malgré tout l’interrogation est là, de même que le médecin du titre doit se demander jusqu’où il doit écouter les souhaits de ses patients, sans oublier que la population étant vieille, il y a un stade où il n’y a plus grand-chose à faire, mais peut-être, également, un stade où plus rien ne devrait être fait. Lors du début du film, notamment, notre sensei local est appelé au chevet d’un patient qui semble être sur le point de mourir, et alors que Keisuke semble vouloir le réanimer, la famille semble penser qu’il est temps de laisser le vieil homme reposer en paix, et le docteur accepte cette décision, mais était-elle la bonne ? La résolution de l’affaire pose quand même bien la question. Et puis il est important aussi de savoir pourquoi on veut traiter les gens. Alors qu’il parle avec un représentant pharmaceutique, le Dr Ino se plaint que la médecine actuelle n’a de cesse de vouloir garder à tout prix en vie des gens dont l’heure est venue, et que ce n’est pas naturel, ce à quoi le représentant répond que c’est toute l’industrie médicale qui est comme ça, et que s’ils arrêtaient, ils n’auraient plus de travail. Plus tard, ce même représentant explique que c’est un réflexe naturel de vouloir venir en aide à une personne qui va mal, alors la question se pose : est-ce qu’il faut toujours sauver les gens ? est-ce que c’est toujours pour aider, ou bien parce que pour faire rentrer l’argent ? et si c’est pour aider, est-ce que les maintenir en vie est toujours bien un service à leur rendre ?

Par ailleurs, au-delà des questions à l’échelle du médecin, le film souligne également un gros souci actuel, à savoir que les petites populations dans les endroits plus reculés ont bien du mal à avoir accès aux soins. C’était un thème qu’abordait également Kyokuhoku Rhapsody, sauf que là on ressent plus le désespoir de la situation parce qu’on en a quelque chose à battre des habitants et que, quand même, ça aide (qui aurait cru que créer des personnages engageants serait un avantage pour un film… okay j’arrête de taper sur Kyokuhoku Rhapsody… j’ai même pas détesté en plus !).La population du village fait toujours la fête au docteur, et c’est parce qu’ils apprécient d’autant plus ce qu’il fait qu’ils ont dû longtemps vivre sans. Dans ce village, le docteur est « dieu » nous dit un personnage. [spoiler] Et si le fait qu’ils aient aussi facilement cru qu’Ino est médecin sans même vérifier est peut-être un commentaire sur le pouvoir d’un uniforme et l’aveuglement face à l’autorité, je pense que c’est surtout la conséquence de leur situation désespérée qui fait qu’ils ont trop besoin d’un médecin pour remettre en question le seul qu’ils aient. Le film reste ambigu sur le personnage d’Ino d’ailleurs. On ne nous le présente clairement pas comme un héro, mais pas non plus comme quelqu’un de mauvais, et les seules personnes à le suspecter de mentir sont les gens qui ont un pied dans le domaine médical (logique, en même temps, que ce soit eux qui se doutent de quelque chose) et si l’un comprend ses sentiments, les deux autres savent surtout comment marchent les grands hôpitaux, la médecin à son plus « industriel », et ils ont l’air de trouver une valeur à l’alternative, si bien qu’ils rechignent à prendre position contre Ino. En tous les cas,  [/spoiler] le Dr Ino est tout ce qu’on les habitants, et ce n’est pas comme s’il disposait de grands moyens, l’équipement étant réduit, l’hôpital proche loin, et il n’y a pas d’ambulance sur place. Bref, il y a un vrai problème.

Et le film se retient donc de juger ses personnages de façon définitive, nous laissant les découvrir, exposant des problèmes, nous posant des questions qu’ils laissent ouvertes pour qu’on y réfléchisse.   Et c’est bien ce qui m’a plu. Enfin ça et le fait que je trouve Eita absolument adorable dans ce film, aussi. Les cheveux en pagaille, c’’est le bien les gens . Mais, hum, questions, éthique, nature humaine, tout ça, tout ça, aussi. Et cheveux. ARGH. Bref, j’ai bien aimé ce film. Je ne dirais pas que j’ai eu le coup de cœur pour, mais il m’a engagée émotionnellement, en particulier dans la relation qui se noue entre le Dr. Ino et la veuve malade, et il parlait de sujets qui m’intéressent. Donc yay.

[Lettre ouverte] Dear Doctor  ディア・ドクター[Lettre ouverte] Dear Doctor  ディア・ドクター[Lettre ouverte] Dear Doctor  ディア・ドクター
[Lettre ouverte] Dear Doctor  ディア・ドクター[Lettre ouverte] Dear Doctor  ディア・ドクター
[Lettre ouverte] Dear Doctor  ディア・ドクター[Lettre ouverte] Dear Doctor  ディア・ドクター
[Lettre ouverte] Dear Doctor  ディア・ドクター[Lettre ouverte] Dear Doctor  ディア・ドクター
Tag(s) : #Cinéma, #Cinéma Asiatique, #Japon, #Dear Doctor, #2000s, #2009, #Nishikawa Miwa, #Shofukutei Tsurube, #Eita, #Yachigusa Kaoru, #Yo Kimiko, #Kagawa Teruyuki, #Tranche de vie, #Drame, #Médical

Partager cet article

Repost 0