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Sorti en 2005

Réalisé et écrit par Ishikawa Hiroki

 

Avec :

Miyazaki Aoi >>> Yu, jeune

Eita >>> Yosuke, jeune

Nishijima Hidetoshi >>> Yosuke, adulte

Nagasaku Hiromi >>> Yu, adulte

 

Dontesque ?

Yu est amoureuse, d’un garçon qui semble avoir le béguin pour sa grande sœur. La vie passe.

 

~oOo~

Dans la liste de tout ce qu’il me faudrait voir dans le cadre de mon projet Eita, Su-Ki-Da était très clairement un des films que j’étais la moins enthousiaste à l’idée de voir. Ou plutôt revoir. Et c’était surtout ça le souci. Il y a des projets de sa filmo/dramagraphie qui ne me tentent pas des masses (pas beaucoup, cela dit) mais ils ont pour eux l’avantage de la nouveauté, alors que j’avais déjà vu Su-Ki-Da, il y a des années, et j’en gardais un souvenir tellement, mais tellement, mais teeellllleeeeement ennuyeux. J’avais écrit un article dessus à l’époque, et le portrait peint n’était pas flatteur, donc oui, j’étais un peu inquiète. Néanmoins, j’avais pas le choix, il fallait que je le revoie, et en plus, j’avais quand même espoir que ça me plaise plus cette fois-ci, parce que comme je l’ai déjà dit une ou deux fois, j’ai bien plus de patience maintenant que je n’en avais à l’époque, et je suis certaine que certains des films favoris de mon moi-présent, auraient soigné l’insomnie de mon moi-passé. Donc j’espérais que cette fois-ci, j’aimerais mieux le film… et… ça a été le cas ! J’ai largement mieux aimé le film cette seconde fois, et à certains moments, je l’ai même adoré. Et puis cette fois, je sais qui est Kase Ryo, donc je l’ai reconnu et… bah… c’est sympa. Mais surtout, oui, j’ai vraiment mieux aimé le film cette fois-ci. Cependant, effectivement, c’est toujours lent, et je ne vais pas vous mentir, au début, ça m’a pris du temps de rentrer dedans. Peut-être que mes appréhensions ont joué, je redoutais tellement la lenteur que je l’ai peut-être encore plus ressentie, mais le film est CLAIREMENT lent, et si à la fin j’étais complètement investie dans Su-Ki-Da, et dans le devenir des deux personnages principaux surtout, au début, j’ai dû m’accrocher un peu.

Le film avance au rythme d’images du ciel très statiques, on a beaucoup d’images de gens debout, puis assis au même endroit, puis debout… et parfois, ils marchent, aussi, mais la plupart du temps, ils sont filmés de loin, sans que l’angle change, si bien que le décor, lui n’évolue pas, ce sont juste eux qui bougent dessus, et il y a donc une impression d’immobilité. Et pour ce qui est du son, c’est un film très silencieux. Il n’y a gère plus de musique que les quelques secondes de guitare que le lead arrive à jouer (c’est comme ses sentiments : il essaie de s’exprimer, mais il n’y arrive pas bien), et si ça parle bien plus dans la seconde moitié que la première, les dialogues de cette première moitié sont…minimalistes, on va le dire comme ça, et dans la seconde partie, c’est vrai, ça parle plus, parce que les personnages devenus adultes ont dépassé leurs difficultés adolescentes à s’exprimer (enfin… ils ont toujours du mal à dire ce qu’ils veulent, mais ils parlent plus), mais les dialogues restent très posés. C’est un film silencieux, et particulièrement tranquille, ce que j’ai beaucoup apprécié, bien qu’il m’ait fallu un petit moment pour vraiment entrer complètement dedans, et me laisser porter par l’ambiance. Mais je pense que c’est parce que le film est comme il est que je me suis mise à m’impliquer autant dans ce qui arrivait aux personnages. Parce que la façon dont le film est tourné créé une intimité avec ces personnages. On rentre dans leur tête, parce qu’il n’y a rien pour détourner notre attention de leurs mots, de leurs expressions faciales, de la façon dont ils bougent (ou ne bougent pas). On est très près d’eux, la musique ne parle pas à leur place, et tout est fait pour qu’on soit concentrés sur ce qui se passe à l’intérieur d’eux. Personnellement, une de mes scènes favorites, et celle où je suis véritablement rentrée dans le film, c’est celle où Yu, l’héroïne, embrasse Yosuke pour la première fois.

Ok, en premier lieu, cette scène m’a fait subitement réaliser à quel point Eita est peu embrassé dans ses projets (ça lui est arrivé, mais c’est pas si courant), et j’ai donc apprécié la rareté de la chose, mais ensuite j’aime vraiment la façon dont la caméra reste sur Yu tout le long. Dans la première partie du film, c’est elle qu’on suit, avant d’ouvrir la seconde moitié du point de vue de Yosuke, et dans cette scène de baiser, c’est elle qui se lance, parce qu’elle a des sentiments pour lui. On la voit aller vers lui, et une fois qu’elle l’a embrassé, la caméra est juste sur elle, il est hors champ, et il le reste. Ce qui, je trouve, est une très bonne façon de nous plonger dans l’état d’esprit de Yu qui ne sait pas comment va réagir Yosuke (et nous non plus, parce qu’on n’a aucune idée de quelle tête il fait, du coup), et commence à se sentir très seule quand il ne dit rien, et ne va pas vers elle. Il ne repasse vite fait dans le champ que quand il s’en va, sans un mot, et entre temps on peut voir toutes les émotions défiler sur le visage de Yu tandis qu’elle attend désespérément qu’il fasse un pas vers elle, et « entre dans son champs » à nouveau. Elle est toute joyeuse, puis gênée, puis elle se met à pleurer, et on vit la situation comme elle la vit. D’autant que le film favorise les longues prises qui font que, déjà, ça donne un sentiment plus réaliste à tout le film, et qu’ici (et dans d’autres scènes) on vit chaque seconde avec le personnage, tandis que ses émotions lui tombent dessus petit à petit. C’est vraiment le premier moment où je me suis dit que ce film me plaisait. Après, dans la partie adulte, la caméra se concentre beaucoup sur les visages des personnages. On est très près d’eux, et ça aussi, ça créé un sentiment d’intimité et nous fait ne voir que leurs expressions, leurs sentiments, sans nous occuper des décors (généralement très épurés) ou de quoi que ce soit qui ne soient pas eux. . Il y a un autre baiser dans la seconde moitié, d’ailleurs, et c’est un autre de mes moments favoris, parce qu’encore une fois, les sentiments des personnages y ressortent vraiment, mais aussi parce que le moment vient progressivement, sans coupure, et que du coup toute l’anticipation, la simplicité, et l’intimité ont rendu cette scène vraiment sexy à mes yeux, à sa manière. D’autant plus qu’à ce stade, le sort de ces personnages me tenait vraiment à cœur, le film ayant vraiment réussi à m’y faire m’y intéresser et m’y attacher.

[Mélodie inachevée] Su-Ki-Da  好きだ[Mélodie inachevée] Su-Ki-Da  好きだ[Mélodie inachevée] Su-Ki-Da  好きだ
[Mélodie inachevée] Su-Ki-Da  好きだ[Mélodie inachevée] Su-Ki-Da  好きだ
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Et pourtant, on ne sait pas tant de choses que ça sur eux.

On voit très peu de personnages qui ne soient pas les leads dans le film. De temps en temps on a des figurants vite fait, et il y a quelques personnages secondaires, mais malgré tout, j’ai eu le sentiment que Su-Ki-Da ne se servait de ces personnages qu’avec parcimonie, et bref, on reste vraiment concentrés sur les deux personnages principaux, mais même comme ça, d’un point de vue « factuel » on n’a pas beaucoup de détails sur leur vie, leurs circonstances, ce qu’ils pensent sur tel ou tel sujet,… on a juste l’essentiel, histoire de justifier qu’ils se trouvent ici ou là à tel ou tel moment, mais c’est tout. Mais ce n’est pas très important, parce que le film s’attache tellement à nous faire ressentir ce qu’ils ressentent, qu’ils existent quand même, et qu’on peut sentir l’essentiel de qui ils sont à ces moments de leur vie. On apprend à les connaître non pas via une biographie, une liste de faits les concernant, mais en faisant l’expérience de ce qu’est d’être eux à des moments importants de leur vie. Et puis ça aide que les acteurs soient bons. Avec une préférence pour ma part pour Miyazaki Aoi (dans le rôle de Yu jeune) et Nishijima Hidetoshi (Yosuke adulte). Les deux autres (Nagasaku Hiromi, et bien entendu Eita) sont très bons aussi, mais j’ai eu un coup de cœur pour Miyazaki Aoi et Nishijima Hidetoshi, qui brillent, je trouve, chacun dans leur moitié respective de l’histoire. En même temps, comme je vous le disais, si le film s’intéresse à ses deux personnages, il se penche plus particulièrement sur son héroïne dans sa première moitié, et plus particulièrement sur son héros dans la seconde moitié… le fait que j’ai préféré l’actrice dans la première moitié, et l’acteur dans la seconde, n’est donc pas étonnant : ils étaient plus mis en valeur, et c’est peut-être juste le signe que le film a bien fait son boulot.

Je n’ose pas vous en dire plus… C’est une histoire vraiment simple, sur des personnages qui peinent à s’exprimer, peut-être parfois parce qu’ils peinent à se comprendre, et je commence à parler de l’histoire, je vous spoile tout, et ce serait dommage (c’est aussi pour ça que mon « dontesque » est aussi court… j’ai regardé d’autres synopsis, et celui d’Asian Wiki, par exemple, spoile tout le film). Alors, juste, laissez-moi vous dire que je trouve la fin très jolie : [spoiler] plus tôt dans le film, une jeune femme explique à Yosuke que lorsque ça ne va pas, elle ferme les yeux, et repense à un moment où elle s’aimait elle-même. Plus tôt également, Yosuke découvre que la sœur ainée de Yu est plongée dans le coma depuis des années, et dit que peut-être elle dort parce qu’elle en a envie. A la fin du film, alors qu’il allait rejoindre Yu, Yosuke est agressé et laissé à agoniser.  Il tombe dans un coma, mais se réveille, et ce que je trouve joli, c’est qu’alors qu’il perdait conscience, à ce moment où ça n’allait décidément pas, il a revu Yu, dans leur jeunesse : c’est quand il était avec elle qu’il s’aimait lui-même. Par ailleurs, la grande sœur de Yu avait perdu l’homme qu’elle aimait, et l’idée, je pense, est qu’elle dort, parce que dans ses rêves, elle est avec lui, dans ces moments où elle s’aimait le plus. De ce côté-là, c’est déprimant, mais du côté de Yosuke, qui se réveille pour trouver Yu à ses côtés, parce que lui peut retrouver la personne avec laquelle il se sent le mieux… c’est joli. Et quand ils échangent enfin ces mots « Suki da /je t’aime » qui sont dans le titre mais qu’ils ont mis des années à se dire, j’avoue, j’ai eu la larme à l’œil, parce que Su-Ki-Da m’avait fait si bien m’accorder aux sentiments des personnages que j’avais autant besoin qu’eux qu’ils le disent. [/spoiler]

Des hésitations adolescentes, au mal être adulte, en passant par les regrets, j’ai vraiment aimé suivre ces deux personnages. Au début, c’est vrai, il y a eu des moments de frustration, mais petit à petit, j’ai commencé à me laisser porter par le film, et ça a été une expérience émotionnelle très satisfaisante pour moi. Maintenant, je suis très conscience que beaucoup de gens auront du mal avec ce film, qui est effectivement lent, et dans lequel il ne se passe techniquement pas grand-chose. Mettons que je ne vous le conseillerais pas si vous n’avez pas dormi depuis une semaine, ou si vous êtes allergiques au silence, mais pour ma part, je suis vraiment contente de m’être repenchée dessus, car d’un film que j’avais trouvé laborieux et dont je gardais un très mauvais souvenir, ce revisionnage a fait un film qui m’a beaucoup plu, et beaucoup touchée. Donc yay.

[Mélodie inachevée] Su-Ki-Da  好きだ
[Mélodie inachevée] Su-Ki-Da  好きだ[Mélodie inachevée] Su-Ki-Da  好きだ
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