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Kerri embarque clandestinement avec son amie Mégane pour Amazonia, la planète où ses parents ont disparu. Là vivent d’étranges chenilles dévorant la forêt : les Mange-Forêts. Dans leur sillage, des petits humanoïdes poilus, les maroufles.

Kerri sent bientôt le danger : le capitaine Stefano Evrett ne semble pas disposé à voir éclater la vérité…

Quatrième de couverture

Il faut que j’aille à la bibliothèque emprunter la suite de la Quête d’Ewilan de Pierre Bottero (à priori, je dirais qu’au moment où je poste, ce sera sans doute fait, mais je préfère ne jurer de rien edit: oui, c'est fait :D et j'ai lu le tome 2), mais en attendant, à lire vos (très gentils <3) commentaires sur facebook, twitter et le blog lui-même, je me suis retrouvée jalouse, parce que tout le monde avait l’air de revivre ses souvenirs de jeunesse, et bordayl, y a pas de raison que vous soyez les seuls, moi aussi je veux revivre ma jeunesse, être nostalgique et tout le bordel. Donc je suis allée ressortir plusieurs romans de ma jeunesse, j’en ai fait une pile, et je me suis dit que j’allais relire tout ça, histoire de (peut-être) retomber en enfance, et voir ce qu’ils valent, via des yeux d'adulte. Ainsi, j’ai décidé de commencer par le tome 1 de la série Kerri et Mégane, parce que… euh… eh bien essentiellement parce qu’il s’est trouvé, par hasard, sur le dessus de la pile, en fait. Ce n’est pas le roman dont j’avais le plus de souvenirs. J’ai été surtout marquée par les illustrations, dans ce cas précis, c’était ce dont je me souvenais le mieux. Enfin je me rappelais tout de même que j’aimais beaucoup cette série, sinon je ne l’aurais pas ressortie, et je me suis donc replongée dans le tome 1. Grande question : ai-je apprécié ma lecture ? Mmh… oui ? un peu ?

Pour le coup, ce livre adressé aux enfants « dès 10-11 ans », s’adresse vraiment aux enfants. Quel choc, je sais. Notez, cela dit que la quatrième de couverture n’a pas l’air décidée, parce qu’elle me dit à la fois que c’est un livre à lire à partir de 10 ans mais que ça « éclairera » mon enfant de 9 ans…. What is le truth, livre ?! Mais en tout cas, en effet, je pense que la tranche d’âge 9-13 ans (ou 9-12) est la bonne. Mettons qu’il y a des livres pour enfants-ados qui peuvent parler à un public adulte, et que celui-ci, à mon avis, n’a pas grand-chose à offrir de ce côté-là. Ca se lit vite et bien, le style est clair (et on apprend du vocabulaire, y a même des petites définitions, dites-donc !), mais il n’est pas remarquable, il n’y a pas de quoi s’émerveiller de chaque phrase, et même si j’aime bien l’idée des mange-forêts, ces énormes chenilles qui avalent les arbres devant elles et ne s’arrêtent quasiment jamais d’avancer, tandis que la forêt repousse derrière elles, ainsi que celles des maroufles, peuple extra-terrestre vivant dans leur sillage, l’univers proposé paraît un peu limité, de même que la population de cette planète qui ne comprend apparemment que des arbres et deux espèces animales… ça fait pas beaucoup. Dans le cadre du livre, ça a du sens : c’est un petit livre, écrit gros, de seulement 150 pages (dans un format plus poche, sans les illustrations, ce serait plus format nouvelle, y en aurait pour 50 pages au plus), donc on va pas nous créer un univers de folie, et il case déjà pas mal de choses dans son petit format, qui pourront faire s’enthousiasmer les enfants… simplement, d’un point de vue d’adulte, voilà, j’ai pas trouvé qu’il y avait grand-chose à se mettre sous la dent. A part les illustrations, j’aime toujours vraiment bien les illustrations. Même si je regrette un peu qu’elles ne soient pas plus… pétantes ? Ou plutôt, contrastées. L’absence de couleurs ne me dérange pas, mais j’aurais aimé que les noirs soient plus noirs, les blancs plus blancs. Ici on dirait que les illustrations ont été créées en couleurs, puis imprimées en nuances de gris, pas qu’elles ont tout de suite été pensées en noir et blanc, et ça donne quelque chose d’un peu terne (à mes yeux), bien que j’aime les dessins eux-mêmes.

Bon, ok, le livre n’est pas très consistant pour un adulte, mais en même temps, c’est pas à nous qu’il s’adresse, donc: et pour un enfant, alors ? Pour un enfant, je pense qu’il y a de quoi s’amuser, oui, et que ça fait une bonne introduction à la science-fiction, en tant qu’espace pour une aventure, et genre permettant de soulever différents thèmes. Ici celui de la nature, la façon dont on la traite, du respect qu’on lui doit, de comment on sépare l’animal de l’homme et de ce qu’il y a entre. Il y a un peu d’action, des personnages secondaires amusants, de l’humour (qui moi me paraît plus relou qu’autre chose : avoir un personnage répondre « égale MC2 » à chaque fois que quelqu’un sort un « euh », c’est devenu rapidement fatiguant pour moi, mais à l’époque ça me faisait rire), un monde à explorer,  et des personnages principaux attachants. Ils ne sont pas parfaits (Kerri se montre notamment assez cruel envers Mégane à un certain point… heureusement il s’excuse sincèrement dans la seconde), donc ils ne semblent pas trop lisses, mais ils sont courageux, décidés, et généralement sympathiques. En revanche, c’est vrai que j’ai un petit regret vis-à-vis du personnage de Mégane, parce que c’est très bien de vouloir nous proposer un duo garçon/fille dans les rôles principaux, mais entre les deux, le partage des « tâches » n’est drôlement pas équitable. Kerri a les pouvoirs magiques, la motivation, c’est toujours lui qui résout les situations et fait avancer l’intrigue. La contribution de Mégane consiste, une fois, à lire un tableau d’affichage, et sinon elle se contente surtout d’être présente, et de servir de soutien émotionnel. C’est important le soutien émotionnel, bien entendu, mais ç’aurait aussi été sympa de la voir plus active, et pas juste flipper pendant que Kerri résout tous les soucis. Avec un peu de chance, cela se règlera dans les tomes suivants : je n’ai pas l’intention de tout relire, pour les raisons données dans le début de l’article, mais je vais sans doute jeter un œil sur les tomes que j’aimais le plus quand j’étais jeune.

Et à présent, j’en viens à ma seconde légère frustration, vis-à-vis de ce livre, et c’est le fait que je trouve l’exploitation de ses thèmes un peu… pas assez poussée. A mon avis, un public jeune en retiendra ce qu’il faut, à savoir qu’il faut respecter les civilisations des autres, et la nature, donc très bien, mais à la base, donc, les parents de Kerri se sont rendus sur Amazonia (oui ce n’est pas super original comme nom) pour savoir si la planète était exploitable. Ils ont réalisé qu’il y avait une intelligence primitive dessus, ce qui voudrait dire qu’on ne peut pas y toucher, mais le méchant a menti, prétendant qu’il n’y a que des animaux sur Amazonia, ce qui la rend exploitable. Sauf que ça pose pas mal de questions quand même, parce que par « exploitable », on veut dire au juste ? Il s’agit de piller la planète à quel point ? L’idée est que puisqu’il y a une intelligence primitive sur cette planète, il ne faut pas interférer pour les laisser évoluer en paix, mais du coup s’il n’y a « que » des animaux, on les  laisse pas en paix ? A partir de quel moment on considère qu’une espèce a le droit de voir son environnement naturel laissé tranquille/a le droit de vivre son évolution ? Parce que techniquement, nous aussi, on est des évolutions d’animaux, donc qui nous dit que les mange-forêts ne vont pas évoluer pour devenir une « intelligence primitive » eux aussi ? Et quand bien même ça n’arriverait pas, est-ce que pour autant ça signifie qu’on a plus le droit de les « envahir » ? Il y a un passage dans un zoo aussi, où le maroufle est enfermé dans une cage parce que les gens le prennent pour un animal, et il est sous-entendu que si Kerri arrivait à les convaincre que ce n’est pas le cas (mais il a pas le temps), on le ferait sortir de sa cage. Donc « enfermer intelligence primitive = pas cool », mais « enfermer un animal = okay ». La différence entre eux, d’après Kerri et Mégane, étant que le maroufle ressent de la haine envers ses geoliers, ce que ne ressentirait pas un animal qui, lui, chercherait simplement à s’échapper. Néanmoins, Kerri nous dit aussi qu’il vient souvent au zoo pour consoler les animaux, qui se sentent terriblement tristes et loin de chez eux. Dans les deux cas, nous dit-on, l’être enfermé se sent affreusement triste, prisonnier, apeuré, mais il y a un cas où on le prend en compte et l’autre non ? Il y a des tas de questions à se poser, donc ! Et je comprends fort bien que le livre ne se lance pas dedans, mais c’est un autre exemple de frustration pour moi, parce que je me les suis posées toute seule dans mon coin. D’un autre côté, on peut aussi voir cela comme une bonne chose : parce que justement, je me les suis posées, donc ça veut dire qu’avec un enfant, on pourrait s’interroger dessus aussi, et parler un peu de toutes ces choses.

Donc oui, dans l’ensemble, je trouve que c’est un bon livre pour la jeunesse, même si j’espère plus d’action du côté de Mégane dans la suite :)

(par contre je me demande qui cet article va intéresser sur ce blog, mais... c'est mon blog, je fais ce que je veux \O/)

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