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Après les évènements du premier tome, Camille et Salim entrent à nouveau dans Gwendalavir, et avec leurs compagnons, entreprennent une quête dont dépendra le sort du royaume.

 

 

 

~oOo~

 

Il n’y a pas bien longtemps, je me suis lancée, suite à des tas de recommandations très enthousiastes (et répétées sur des années, mais que voulez-vous, je suis longue à la détente, VOUS ME LÂCHEZ TOUT DE SUITE, HO !) dans l’œuvre de Pierre Bottero, en commençant par le premier tome de la Quête d’Ewilan, vu que c’est le début, et que je suis quelqu’un de logique comme ça. J’avais été déçue. Pour résumer rapidement mon opinion (que vous pouvez lire en entier ici) :

 

1/ je n’avais pas été fan du tout de l’exposition forcée

2/ j’avais beaucoup apprécié le concept du Dessin mental permettant de créer des choses de toutes pièces, de même que l’histoire des dimensions parallèles

3/ j’avais été largement moins impressionnée par l’univers créé qui ressemblait à n’importe quel univers de fantasy, et était peuplé de personnages somme toute peu originaux.

4/ j’avais aimé le style d’écriture de Bottero

5/ j’avais trouvé que l’héroïne (Ewilan/Camille) était agaçante

6/ et aussi que l’histoire était répétitive dans la façon dont elle lui arrangeait bien la vie, et prenait pas mal de facilités.

 

Bref, j’étais mitigée, mais comme il y avait quand même des choses que j’appréciais, et que j’espérais que certaines choses s’arrangeraient (par exemple l’exposition, vu qu’après tout, une partie était faite à présent),  j’avais envie de tenter la suite, et je me suis rendue à la bibliothèque pour emprunter le tome 2. Et… okay, je vais pas vous mentir, au milieu du livre, je suis allée vérifier que je n’avais pas lu la version abrégée du tome 1 (en fait, non), parce qu’il y avait une nette amélioration, si bien que j’ai eu un doute. Yep : j’ai vraiment bien plus apprécié ce tome2. On en est pas encore au gros coup de cœur, mais j’ai bien plus apprécié ma lecture, et ça me rend bien plus optimiste pour la suite, que je compte donc bien découvrir (de toute façon, j’ai emprunté le troisième tome en même temps que le second).

 

En premier lieu, le style de Bottero est toujours très agréable, et comme je l’espérais, niveau exposition, ça s’est bien mieux déroulé. Cette fois-ci, et même si j’aimais l’idée des sauts entre dimensions et espère qu’on y reviendra plus tard, on reste dans notre dimension fantastique, ce qui permet de l’explorer, et on a aussi un nombre de personnages plus élevé passant plus de temps ensemble, ce qui créé de vrais dialogues, plutôt que d’avoir toujours « Ewilan rencontre quelqu’un, ce quelqu’un lui sort un bloc d’exposition ». On continue d’apprendre des choses sur le monde dans lequel on se trouve, mais cela se fait au gré de voyages et conversations, de façon plus naturelle, et ça passe donc largement mieux, on profite plus de la découverte. Et puisqu’on passe plus de temps dans cet univers, on en découvre également des tas de nouvelles facettes. C’est-à-dire que oui, dans le premier tome, on nous donnait des informations, et Camille et Salim voyageaient un peu, mais ici on a un aperçu plus large et plus « de première main » de cet univers vu qu’on y reste et qu’on le traverse. Ainsi, on rencontre plus de créatures, de peuples dont jusque-là on avait juste entendu parler, et on découvre également plus de paysages, avec (j’ai l’impression) des descriptions plus engageantes que dans le tome 1, qui créent de jolis tableaux, et notamment un passage empli de magie où Camille et Salim voient pour la première fois l’Arche menant à la ville d’Al-Jeit. On a un lac immense, un fleuve si grand qu’on dirait la mer, des plateaux dangereux et plus arides, bref on voit du décor, et ça fait du bien. Alors, je ne dirais pas que (pour le moment ?) le monde de la Quête d’Ewilan révolutionne quoi que ce soit, mais son univers commence à devenir plus palpable, encore plus magique, et plus amusant. Par ailleurs, j’aime toujours beaucoup le concept du dessin, et le roman continue de nous apprendre des choses sur la question, nous montrant différentes utilisations possibles, et je trouve ça intéressant, notamment avec la découverte que [spoiler j’imagine] certains objets peuvent être créés de façon permanente, ce qui, se voit dire Camille, va contre l’ordre naturel. Et sans parler d'éthique, c’est facile de voir pourquoi c’est potentiellement dangereux, lorsque Camille créé le poignard ultime. Enfin, son don était déjà potentiellement dangereux, car il pourrait facilement servir d’arme, mais imaginez si quelqu’un décidait de créer des tas de pièces de monnaie, ce que ça ferait à l’économie ! :O Ou l’impact sur l’environnement si quelqu’un créait une nouvelle espèce ! On aurait vite fait de foutre le bordel, en clair. [/spoiler] Bref on développe et construit sur ce concept qui m’avait plu et qui continue de me plaire.

Le pont s’envolait vers le ciel, en une courbe gracieuse et puissante à la fois. Il scintillait comme s’il était de lumière et non de matière et, juste avant de toucher les étoles, redescendait, à des kilomètres de là, sur l’autre rive. Ses proportions tenaient du miracle, comme la facilité avec laquelle il se jouait de la pesanteur. C’était une merveille de pureté et de perfection. Des larmes montèrent aux yeux de Camille.
- Qu’estce que c’est ? réussit-elle à dire.
- L’Arche, répondit simplement Edwin.

Maintenant, je vais pas vous mentir, y a des trucs qui continuent de fâcher, et celle qui fâche le plus c’est que c’est officiel : je ne supporte pas Camille. Dans le premier tome, elle m’agaçait mais comme l’histoire autour d’elle était également imparfaite, mon ressenti était plus « dilué ». Ici, le tout s’est grandement arrangé autour d’elle, mais elle continue de m’agacer, et donc elle m’agace encore plus.. j’admets, il y a quelques moments où, tout de même, je me suis rangée de son côté, simplement parce que je trouvais qu’elle avait raison, notamment de ne pas vouloir abandonner ses compagnons de route (quand elle ralentit exprès par refus de laisser Salim en arrière, le mettant en danger = aw ), mais la plupart du temps, chaque fois qu’elle parlait, j’espérais qu’elle allait vite se taire. Même parfois quand elle ne disait pas nécessairement une connerie, ce qui est quand même fort dommage vu que la saga porte quand même son nom. Je me sens un peu coupable, mais déjà je trouve le personnage peu intéressant car trop boosté. Par exemple, dans ce tome elle découvre  qu’elle est excellente cavalière, c’est inné :D alors qu’elle est jamais montée sur un cheval de sa vie :D Le livre a l’air de jouer avec l’idée de connaissances héritées d’une vie antérieure, de son enfance oubliée peut-être, ou de ses parents (« J’ai parfois l’impression d’être un bébé et d’autres fois je sais que j’ai plusieurs siècles » dit-elle), mais est-ce que ça les tuerait de la rendre moins

bonne à au moins un truc ? J’ai roulé méchamment des yeux je dois dire. Et encore, si elle était juste bonne à tout, bon, mais le souci c’est qu’elle est si consciente de sa puissance que je la trouve sincèrement souvent désagréable, qu’elle se moque des talents limités de l’Empereur (« Une cloche retentit dans une pièce voisine, lui tirant une esquisse de sourire. Le souverain de Gwendalavir était un bien piètre dessinateur ! » .. je sais que c’est pas bien méchant, mais ça s’ajoute au reste) ou peste contre les professeurs de la capitale, parce que forcément, ils lui arrivent pas à la cheville en termes de pouvoir. C’est sûr, elle est l’Elue (et en plus, eux sont limités par les circonstances), mais de là à aller sortir « Je vous assure qu’ils sont mauvais ! » et lever les yeux aux ciels quand Duom (le vieux sage de la bande) lui répond que non, ils sont juste moins bons qu’elle, et que ça veut pas dire non plus qu’ils ne peuvent rien lui apprendre, vu qu’ils ont quand même plus de pratique… bref, elle me saoule. C’est même pas forcément étonnant qu’elle réagisse comme ça, parce que quelque part, c’est quand même une gosse, donc même si par certains aspects elle est plus mature que d’autres, eh bien, son arrogance a quelque chose d’enfantin de pas étonnant… mais ça veut pas dire que je l’apprécie. Heureusement, y a plein de personnages à côté pour faire diversion, et notamment, je commence à vraiment apprécier Ellana.

 

Elle et Salim sont, pour le moment mes personnages favoris. Pour ce qui est de Salim, bien que je ne sois toujours pas pliée en deux de rire, j’aime beaucoup la direction qu’il prend. Sa loyauté à toute épreuve est touchante, il doit traverser plusieurs moments traumatiques, et je sens le personnage se construire petit à petit, donc j’ai envie de le voir continuer à grandir. Surtout que ça va inclure Ellana aussi, et que comme je le disais, j’aime vraiment bien Ellana. Ainsi que le lien qui la lie à Ewilan, d’ailleurs, parce que je ne suis jamais contre une amitié féminine solide dans un roman, au contraire, et j’apprécie que ce roman jeunesse nous propose une amitié aussi proche, et se basant sur un respect, un soutien et une affection mutuels. Par ailleurs, Ellana, elle est quand même bad-ass bien comme il faut, et contrairement à Ewilan, on sent qu’il y a des années d’entraînement dur derrière, ainsi que, toujours, des efforts fournis, ce qui me pousse à l’apprécier plus (et c’est pareil pour Salim d’ailleurs : je ressens plus ses difficultés, et sa bravoure face à ces difficultés, si bien que ça me fait l’apprécier). Elle a le caractère bien trempé, elle a gagné le respect de ses camarades à force de courage et efficacité, et en plus il y a derrière elle tout un monde (les marchombres) qui m’a l’air fort intriguant (et difficile) au vu de ce qu’on apprend sur elle dans ce tome (et que je ne vous spoile pas). On m’a beaucoup répété que le cycle se centrant sur elle (Le pacte des Marchombres)

était le meilleur de Bottero, et je compte découvrir ça plus tard, mais je suis clairement enthousiaste, parce que pour le coup, c’est une héroïne que j’ai envie de suivre. Je suis moins fana du fait que l’auteur semble préparer le terrain pour une romance entre elle et Edwin (que j'apprécie du reste et j'ai été contente de voir derrière le guerrier de légende un peu... j'aime ses moments plus humains, comme lorsqu'il parle de son passé à Ewilan ou encourage et complimente Salim au moment où le garçon en a cruellement besoin), le second grand bad-ass du bouquin, mais pour le moment on n’en est qu’aux bases, et je me dis qu’il y a des chances pour que Bottero fasse marche arrière et nous laisse profiter plutôt d’une relation de respect et admiration mutuels. Elle n’est, du reste, pas le seul personnage que j’ai appris à apprécier dans ce roman, car on en apprend plus sur certains personnages déjà existant (comme Maniel, le soldat taciturne qui se met enfin à communiquer et se révèle plus attachant qu’on aurait pu le penser) et on en rencontre d’autres, qui élargissent également notre aperçu de cet univers, puisque l’un d’entre eux n’est pas humain et confronte sa vision du monde à celle de nos autres personnages, tandis que l’autre vient d’un ordre particulier et fait démonstration d’une forme de dessin différente de celle d’Ewilan. Certes on avait déjà eu un aperçu de cette forme de dessin dans le tome1, mais ici on a plus de détails, et on rencontrera d’autres dessinateurs différents, comme ceux spécialisés dans le mouvement, qui sont utilisés comme des sortes de rames humaines pour faire avancer les bateaux.

 

Autre chose qui a joué en la faveur de ce tome 2 à mes yeux : il y avait une vraie direction. Dans le tome 1, au bout d’un moment Camille finit par avoir une sorte de quête, mais c’est réglé supra rapidement, à tel point qu’on se demande si ça valait bien le  coup (j’imagine que ça resservira plus tard mais en attendant, ça paraissait assez expédié dans le tome 1), et sinon c’était surtout de la découverte, pas supra bien orchestrée, alors qu’ici, il y a un objectif, les personnages savent ce qu’ils ont à faire, et ça aussi, je trouve que c’est une amélioration: on a une quête dans laquelle les soutenir, même s'il y a des aspects de la résolution qui m’ont un chouïa déçue, [spoiler] genre le fait qu’on nous fasse plusieurs fois le coup de « quelqu’un va mourir… haha mais en fait non », ou que le gardien soit « juste » un dragon… je veux dire, c’est cool les dragons, mais je sais pas, je m’attendais à quelque chose de plus surprenant j’imagine ? Et puis c’est vrai qu’on nous monte bien nos attentes, et qu’au final la question se règle très rapidement et facilement. Cela dit, j’ai beaucoup aimé l’association avec la baleine, ainsi que l’idée de la baleine elle-même, donc ça rattrapait pas mal quand même… [/spoiler]

 

Malgré tout, vu là où on laisse les personnages, j’ai envie de découvrir la suite, en particulier pour voir ce que va devenir Salim, vu qu'en ce qui me concerne c'est son évolution à lui que je trouve la plus intéressante (j'aime beaucoup Ellana aussi, elle est simplement moins "en formation" que lui), et j'ai aimé le voir passer par des tas d'étapes dans ce tome, certaines assez traumatisantes d'ailleurs. Ainsi, je n'ai pas encore eu un gros coup de cœur, mais je suis bien enthousiaste à l’idée de lire la suite. Ce qui me fait dire que yay. En gros.

Pardon, j'ai pas pu m'en empêcher OTL

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