[Un nouvel élan] Saikou no Rikon 最高の離婚

Publié le 23 Juin 2017

 

Diffusé en 2013

Sur Fuji TV

11 épisodes

 

Réalisé par Miyamoto Rieko, Namiki Michiko, Miyawaki Ryo

Ecrit par Sakamoto Yuji

 

Avec :

Eita >>> Hamasaki Mitsuo

Ono Machiko >>> Hamasaki Yuka

Maki Yoko >>> Uehara Akari

Ayano Gou >>> Uehara Ryo

Yachigusa Kaoru >>> Hamasaki Aiko

Etc

 

Dontesque ?

Ca va mal dans le foyer des Hamasaki, aucun des deux époux ne se sentant à l’aise dans une relation où les disputes succèdent à d’autres, jusqu’à ce que finalement ça tombe : il est temps de divorcer. Lorsque Mitsuo rencontre une ex petite-amie, la vie du couple Hamasaki se retrouve mêlée à celui du couple Uehara pour qui tout semble parfait... mais les apparences sont trompeuses.

 

Fiche écrans d'Asie : ICI

 

~oOo~

Dans mon Eita-project, je savais qu’il y a quelques articles qui seraient particulièrement difficiles à écrire. Parmi ceux-là, je comptais notamment ma réécriture de celui d’Aoi Haru que je craignais un peu, mais aussi celle de The Foreign Duck, the Native Duck and God in a Coin Locker (que j’ai pas réécrit au final :D… un jour j’en ferai une vidéo, sans doute), et je ne pouvais que me féliciter de ne pas m’être trop merdée sur Soredemo Ikite Yuku parce que la première fois avait été galère. Je soupçonne également que Wakamonotachi ne sera pas simple, mais je ne m’avance pas. En revanche pour deux dramas, c’était certain que j’allais galérer : Mahoro Ekimae Bangaichi et Saikou no Rikon. Là, je savais que ce serait dur, pour la simple raison que j’avais échoué une première fois. Oui, à l’instar de Mahoro Ekimae Bangaichi, j’ai vu Saikou no Rikon il y a un petit moment (2013, quand il est sorti), ça avait été un gros, gros coup de cœur pour moi, mais impossible d’écrire dessus, je bloquais, j’avais l’impression de ne rien écrire de bien, je ne savais pas par où commencer. D’abord, j’ai agencé mes notes sur le drama, ensuite j’ai mis un mois à faire un plan d’article, puis je n’ai pas arrêté de le déchirer et le réécrire, parce que rien ne me semblait bon (c’est difficile d’écrire sur un coup de cœur, et soyons honnête, le drama parle de sujets dont je n’ai aucune expérience, ça aide pas) et en gros il s’est passé un mois et demi avant que je me décide à taper quelque chose. Pour tout vous avouer, je ne suis même pas satisfaite de ce que j’ai écrit (je tape cette intro après l’article, oui… mais à vrai dire, j’aurais aussi bien pu l’écrire avant, parce qu’il n’y avait aucun moyen que l’article me semble suffisamment bon, et idem pour Mahoro, pour Soredemo, et pour tous ces put***s de dramas excellents qui ne veulent juste pas être suffisamment médiocres pour me simplifier la vie… wae) mais à un moment donné, fallait que ça sorte, sinon ça sortirait jamais. Donc c’est sorti.

Maintenant, revenons au début. Bien entendu, ce drama fait partie du projet Eita, mais même sans ça, même à la base, quand j’ai vu le drama pour la première fois, vous vous doutez certainement que le casting avait été un gros point de motivation. Et par casting, je ne veux pas parler que d’Eita, parce que j’aime beaucoup Maki Yoko (qui est également dans Osozaki no Himawari, que je vous conseille, mais qui est aussi une habituée d’Eita, puisqu’elle a joué dans Mahoro Ekimae Bangaichi, Lost : Time : Life, ainsi que Summer Time Machine Blues, et Tokyo Friends), ainsi qu’Ayagou (promis, je vous reparle d’Ayagou un jour). Ono Machiko était certainement l’actrice que je connaissais le moins, mais elle n’était certainement pas moins bonne que les autres, et ça va me faire une filmographie à découvrir, car elle brille dans l’émotion brute, avec des scènes mémorables telles que la grande dispute de l’épisode 4 où elle se met complètement à nu, et joue à merveille un mélange de colère et de vulnérabilité qui m’est allé droit au cœur. Il n’y a eu aucune fausse note niveau casting, que ce soit dans les moments où tout éclatait, ou ceux où tout retombait (notamment, dans l’épisode 10, il y a une scène où sa propre solitude tombe sur Mitsuo, et la façon dont Eita joue cette réalisation, simplement assis face au vide, m'a également brisé le cœur). Et surtout aucune fausse note que les personnages soient seuls face à la caméra, ou ensemble. Le drama, tout comme Soredemo Ikite Yuku, a une confiance absolue (et justifiée/récompensée) en ses acteurs, donc oui, on peut avoir de longs monologues, face à la caméra, sans musique, avec juste l’acteur pour porter le texte, et à côté de ça, on a au contraire des scènes de disputes ininterrompues, de dialogues à quatre, où on peut profiter de l’excellente dynamique partagée par le casting. Dans l’épisode 9, par exemple, on a une dispute qui dure 15 minutes, et on dirait pas comme ça, mais ça pourrait être long, ça fait un quart d’épisode où les personnages sont juste dans une même pièce à se parler, sans qu’on coupe pour nous montrer quoi que ce soit d’autre. Mais c’est prenant. Parce que c’est impeccablement joué, parce que la réalisation fait tout pour mettre ce jeu en valeur, et aussi, bien entendu, parce que le texte lui-même est très bon.

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Non parce que je vous ai dit que le casting était une de mes motivations, certes, mais j’en avais une autre et elle était toute aussi importante : le scénariste. Sakamoto Yuji (Soredemo Ikite Yuku, Itoshi Kimi E, Woman, Mother, etc). Et je soupçonne que j’aurai souvent du mal à écrire sur quasiment tous les dramas de cet auteur. Mais oui, quand on a un script de Sakamoto Yuji sous la main, forcément, on va chercher le bon casting, et on essaie de le mettre en valeur. Alors, pour le moment, je n’ai vu que quatre de ses dramas (Saikou no Rikon, Soredemo Ikite Yuku, Itoshi Kimi E, et un autre dont le titre reste secret pour le moment), mais pour ce que j’ai pu observer, dans Saikou no Rikon, on retrouve vraiment sa patte, dans la façon dont il construit ses personnages en tâchant de les rendre aussi humains et complexes que possible, en cherchant vraiment à examiner ce qu’ils ont dans la tête, et ce qu’il y a entre eux. Des quatre dramas que j’ai vus, cela dit, Saikou no Rikon se démarque un chouïa :  par rapport aux trois autres, il a des personnages un peu plus excentriques (encore que jamais caricaturaux, et toujours crédibles en tant qu’être humains, cela ne va jamais trop loin), et il est plus amusant. Ce qui ne signifie pas que ce ne fut pas une expérience riche en émotions, voire éprouvante parfois.

Cela se reflète dans le générique de fin d’ailleurs. Saikou no Rikon a un ending très sympathique, et amusant, à grand renfort de chorégraphie drôle et de musique joyeuse, et surtout un ending qui évolue au fil de la série. Et on pourrait croire qu’il change juste « comme ça », pour que ce soit toujours neuf, mais il suit la progression des personnages, et quand on en arrive à l’épisode 10, à un moment où tous les personnages sont épuisés par les évènements de la série, cela se reflète aussi dans l’ending : on les voit sans énergie, bouger à peine, écrasés par la réalité qui s’est introduite même dans cet ending un peu fantaisiste. C’est que si le drama est en partie une comédie, il parle aussi de choses réelles, et ainsi, la forme suit. Par exemple, je vous parlais des disputes ininterrompues, et c’est une bonne façon de faire sentir le temps qui passe, et donc la fatigue entraînée par les conflits, vu qu’on les vit en « temps réels » avec les personnages. Par ailleurs, le drama aime aussi beaucoup ces plans-là :

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... qui ressemblent à des plans de « télé-réalité », comme si une caméra cachée avait été posée dans un coin de la pièce et qu’on observait vraiment la vie de ces gens, ce qui renforce l’impression de réel, d’entrer dans leur intimité. D’ailleurs, une autre chose qui fait penser à la télé réalité, c’est la façon dont chaque personnage a son propre confessionnal. Dans l’épisode 1, au début, on découvre celui de Mitsuo (son cabinet de dentiste), puis à chaque début d’épisode, on découvre celui d’un des quatre personnages principaux. Après cela, on alterne, parfois on en voit plusieurs dans le même épisode, parfois les quatre personnages nous racontent la même histoire, chacun dans leur confessionnal, avec des sentiments différents vis-à-vis de ce qui s’est passé.  Encore une fois, on rentre dans leur intimité. Et j’ai beaucoup aimé, au niveau de l’écriture, qu’on apprenne tant de détails sur eux. C’est-à-dire qu’on sait où ils vont pour vider leur sac, se ressourcer, mais on sait aussi, par exemple, comment Mitsuo et Yuka ont adopté leurs chats, où Ryo et Akari ont obtenu leur cuiseur de riz, quel est l’animal favori de  Mitsuo (faut dire qu’il tient un top, révisé chaque année, il prend ça drôlement au sérieux). Ce sont de petites choses, mais ça les construit aussi. Néanmoins je parlais de la forme, et pour y revenir, et poursuivre mon idée d’entrer dans l’intimité et de caméra cachée, on va aussi avoir ce genre de plans :

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Ici, cela ne donne pas tant le sentiment de « télé-réalité » parce qu’on n’a pas le sentiment d’une caméra qui a été fixée dans la pièce pour observer le quotidien de ces gens, mais les angles et surtout la façon dont une partie de l’image est bloquée, donnent malgré tout l’impression qu’on regarde les personnages en cachette, qu’on s’introduit dans leur vie privée. Et comme on parle de forme, je ne peux manquer de mentionner la musique. Elle sait, comme je le disais, se faire discrète, voire absente quand il le faut, afin de laisser aux acteurs la place de respirer et de s’exprimer, mais quand elle est là, elle est toujours ce qu’il faut, tour à tour triste, flottante, mélancolique, enjouée, drôle, et apparaissant toujours au bon timing, avec quelques scènes en particulier où je n’ai pu que relever à quel point son utilisation me plaisait (cte pluie de compliments… !) Bref elle s’adapte au ton, qui oscille de la comédie au drame, en passant par les nuances au milieu, un peu comme dans la vie, en fait. Et on ne parle pas de comédie exagérée ou de drame à la « omg je suis amnésique, j’ai trois cancers, quarante six petits boulots pour payer mes dettes et je suis amoureuse de mon demi-frère caché », bien entendu, ça reste à échelle « de la vie ».

Mais les deux fonctionnent, et oui, il y a des tas d’occasions de rigoler : la guerre des réseaux sociaux entre Mitsuo et Yuka qui veulent s’impressionner l’un l’autre m’a beaucoup fait rire, de même que ce gros ballon gonflable sur lequel Mitsuo s’interroge tout le long de la série. Ryo et Mitsuo se « battant » à coup de tambourins au karaoke était à la fois adorable et très amusant, et les dialogues fusent à la fois drôles et porteurs de sens, grâce encore une fois à l’excellente dynamique du casting, mais aussi grâce à des personnages bien définis, et semblant à l’opposé les uns des autres. On a droit à des liens se développant entre tout le monde, et bien que j’aie aimé voir interagir la réservée Akari et l’exubérante Yuka, je dois dire que j’ai eu un faible pour toutes les interactions de Ryo et Mitsuo, parce que d’un côté on a un type qui s’arrête beaucoup trop sur absolument tous les détails de toutes les petites choses de la création, et de l’autre Ryo qui ne prend presque rien à cœur. Ils ne semblent vraiment pas faits pour aller ensemble, ils ont du mal à se comprendre, mais ça donne un combo très drôle, et j’ai un faible pour la façon dont Ryo semble très sincèrement apprécier la compagnie de Mitsuo, qui a tendance à taper sur les nerfs de beaucoup de gens. Sauf que Ryo n’est vraiment pas du genre à s’arrêter là-dessus (ou sur quoi que ce soit).

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Et un gag récurrent qui m’a plu aussi est la façon dont Mitsuo semble se détériorer le long du drama, son dos lâchant, puis ses cheveux, etc. Dit comme ça, cela n’a pas l’air fun, mais en fait, … ben c’est les deux. C’est-à-dire que c’est à la fois tourné de façon amusante, avec des tas de gags en résultant, et de personnages se moquant un peu de lui (notamment Yuka), et à la fois c’est la représentation physique du stress  qui pèse de plus en plus su lui, le long de la série. Qui oui, m’a fait mal au cœur de temps en temps. J’ai parlé de cette scène de l’épisode 10 où Mitsuo se retrouve subitement face au vide, mais il y a des tas de moments où on ressent vraiment la détresse et la fatigue des personnages, le drama évoquant tout un tas d’émotions.

Un bon exemple, serait le personnage d’Uehara Ryo. Enfin ce sont tous de bons exemples, mais j’ai eu des sentiments particulièrement « mélangés » à son égard. Je le disais, Ryo est quelqu’un qui semble ne prendre rien à cœur, et si cela peut passer pour de la tolérance, souvent, il semble surtout qu’il s’en moque, qu’il ne fait pas attention, tout simplement. Et c’est souvent très drôle : il vit complètement à son rythme, il est dans sa bulle, il reconnait à peine les gens, bref il est détaché, et son air d’incompréhension quand on lui parle est également puissamment adorable, on a envie de lui faire un câlin. En même temps, parfois, j’ai senti que j’aurais dû le détester. Car je détestais ses actions. On apprend dès l’épisode 1 (donc pas un spoiler) qu’il trompe Akari, et on devrait le détester pour ça, pas vrai ? D’autant que j’ai aimé la façon dont c’était fait, parce que cela montre tout le mal que l’infidélité d’un conjoint peut faire à quelqu’un, et pas juste le côté « maintenant je te déteste, et mon cœur est brisé » (ce qui est déjà affreux, hein !). Cela peut aller plus profondément que ça.

Akari nous est présentée, au début, comme quelqu’un de très calme, très contenu, qui semble maîtresse d’elle-même, et correspond (comme le fait remarquer Yuka, me semble-t-il) au modèle classique de la femme japonaise parfaite, avec ses gestes mesurés et gracieux, et une façon de parler de douce. La vérité, néanmoins, c’est que sous ce masque calme, il y a de la frustration, et de la colère, qui ressort parfois avec même une pointe de cruauté, comme lorsqu’elle sort à Mitsuo qu’elle n’a aucun bon souvenir de leur ancienne relation, et qu’elle espère sa mort. C’est dit sous le coup de la colère, et une colère souvent justifiée même, mais bref, on sent qu’il y a quelque chose qui bout sous la surface. Là où Ryo est calme de nature, Akari se contraint sans arrêt, et parce qu’elle a cette tendance à tout internaliser, l’infidélité de Ryo finira par la blesser de façon profonde et complexe. « Ce n’est pas toi que je déteste le plus, c’est moi », finira-t-elle par lui sortir. Et en voyant le mal qu’il lui fait, même sans le vouloir, je sentais bien que j’aurais dû le détester, et pourtant, ben, non. Ce qu’il faisait, oui, lui, non. Et je pense qu’un personnage le résume bien : « On ne te déteste pas, parce que tout le monde sait que tu ne seras jamais heureux ». En clair, oui, le « vide » de Ryo est souvent drôle dans la façon dont il le pousse à réagir (ou ne pas réagir) au monde autour de lui, mais il fait aussi de lui un personnage pathétique, et qui en a conscience (« Je crois que je ne suis pas normal » confie-t-il dans son confessionnal). A vrai dire, Ryo doit certainement avoir le monologue qui m’a le plus fait mal, parce que c’est celui auquel je m’identifiais le plus : dans l’épisode 3, il compare sa vie à un jeu de Tétris (dans une scène qui fait partie de celles où la musique est particulièrement bien utilisée). Il empile les pièces comme il empile les jours, machinalement. Quand il a empilé les jours, ils disparaissent sans laisser de trace, sans laisser de sens, et il continue de jouer, alors que le jeu n’a aucun but, sinon d’empiler des jours encore et encore, jusqu’à, on peut s’imaginer, ce que la partie s’arrête seule, ou qu’il se laisse déborder, qu’il n’arrive plus à bien caser les choses dans les autres, et que tout soit détruit. Il y a des moments où j’ai détesté ses actions, et leurs conséquences, mais lui, je n’ai jamais réussi.

- Tu vois le jeu « Tétris » ?
- Oui.
- C’est un peu comme ça. Tu sais, la plupart des yeux parlent d’espace ou de détruire des zombies, non ? Mais tétris, c’est vraiment le jeu que je ne comprends pas. Les blocs continuent de tomber, alors je fais en sorte qu’ils s’emboitent. Quand j’y arrive, ils disparaissent. Ma vie actuelle, elle est comme ça. Je ne sais pas ce que j’essaie de faire. Je n’ai pas de but, et ça ne s’arrête jamais. J’ai l’impression de juste rassembler les jours, de les empiler. Et ça continue, c’est tout.

De même, j’ai été agacée par les personnages, frustrée, attristée, mais je n’en ai jamais détesté aucun, je n’ai jamais souhaité qu’on les vire de l’écran, j’avais toujours envie de voir où ils allaient aller, même quand sur le moment je n’étais pas fan d’eux en tant que personne.

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En particulier, il m’a fallu du temps pour accrocher au personnage d’Hamasaki Mitsuo. C’était une drôle d’expérience, c’était la première fois que je ne trouvais pas instinctivement sympathique un personnage interprété par Eita. Mais déjà il a mis l’émeu en tête du top de ses animaux favoris et moi je dis qu’on peut pas faire confiance à un type qui aime les émeus à ce point, fourbes animaux >< Mais plus sérieusement, Mitsuo est véritablement difficile à apprécier au début : il se plaint sans arrêt, il est agacé par les moindres détails, il est complètement rigide, il ne fait pas attention aux gens autour de lui, et lorsqu’il y a un tremblement de terre, il s’inquiète plus de ses bonzais que de sa femme.  Sans compter qu’il se montre vraiment relou avec Akari, se mêlant de sa vie de façon complètement inappropriée, si bien que j’étais fort ravie de voir qu’elle le traitait en stalker, comme approprié. Il est facile donc de voir pourquoi Yuka en avait ras-le-bol, et il serait vraiment facile de mettre l’échec de leur mariage sur ses épaules. Bien entendu ce serait trop simple, mais oui, je ne peux vous cacher que s’il fallait choisir un côté, je serais celui de Yuka.

En partie c’est parce que j’ai trouvé l’actrice si bonne (Eita est bon aussi, mais il y avait quelque chose de si brut à la performance d’Ono Machiko <3), et en partie parce qu’elle se sent profondément délaissée, pas appréciée, et que c’est facile de voir pourquoi, Mitsuo ne faisant pas attention du tout à elle. Il ne remarque pas quand elle fait des efforts, et plus le temps passe, plus elle se sent comme le troisième chat de la maison, pas comme sa femme. Mais d’un autre côté, il n’y a pas vraiment d’indication que Mitsuo ait été autre chose que ce qu’il est quand on commence le drama. Il est la personne qu’elle a épousée, avec simplement du temps en plus, et donc même s’il est agaçant, on ne peut pas exactement dire que ce soit une surprise. Peut-on donc vraiment lui mettre l’échec du mariage sur le dos, donc, s’il n’y a pas eu de revirement de sa part ? Peut-être simplement que Mitsuo et Yuka n’étaient pas compatibles, peut-être qu’ils se sont mariés trop vite, c’est la question qu’ils se posent (lui est un maniaque de la propreté et de l’ordre, elle est complètement bordélique, par exemple.. et leurs projets d’avenir ne semblent pas coïncider non plus, comme ça éclate dans la grosse dispute de l’épisode 4). Surtout, il y a un gros souci de communication. Pas juste entre eux, d’ailleurs : entre Akari et Ryo aussi. Eux ne se disputent jamais, ne mettant jamais rien « à nu », tandis que Mitsuo et Yuka sont tellement opposés qu’ils ne font que se disputer, il n’y a plus de vrai dialogue. Les personnages sont tous différents, mais ils ont au moins tous ça en commun : ils ont beaucoup de mal à s’exprimer, de façon claire et sincère en tout cas. Pour en revenir à ce que je disais néanmoins : oui, au début, j’ai eu du mal avec Mitsuo, et à vrai dire, il a fallu attendre l’épisode 3 pour que je ressente réellement de la compassion à son égard. La scène précède celle de Tétris à vrai dire… autant vous dire que l’épisode 3 a été dur pour mon cœur.

Si Ryo compare sa vie à un jeu de tétris, Mitsuo, lui, compare la sienne à un jeu de corde à sauter. Pas en solitaire : vous savez ce jeu où deux personnes tiennent chacune l’extrémité d’une corde, et la font tourner, tandis que d’autres sautent au milieu ? Mitsuo voit sa vie comme étant le spectateur de ce jeu-là. Il ne sait pas comment rentrer dans la partie, et quand il essaie, il se prend les pieds dans la corde et casse le fun de tout le monde. « Tu ferais aussi bien de mourir » lui a dit Akari, et dans l’épisode 3, pour la première fois, il admet qu’il se demande si ça ne vaudrait pas mieux, en effet, parce qu’il est douloureusement conscient de ne pas être adapté à la vie en société (oui, ça m’a fait un coup cette fin d’épisode 3… d’autant que c’était vraiment un parfait combo jeu + texte + musique + images). « Est-ce que tu te trouves agaçant ? » lui demandera-t-on, et il ne pourra répondre que « oui ». Et lorsqu’il est à table avec sa femme, et un personnage secondaire (Kubota Masataka <3) lui enviant son intellect, c’est avec tristesse qu’il finira par répondre que ce n’est vraiment rien comparé à la capacité de comprendre les sentiments des gens et de ne pas les blesser.

- Je me demande si je ferais mieux de mourir. Si je mourrais…
- Je suis désolée ! J’en ai trop dit la dernière fois. Je ne le pense même plus. La dernière fois, tu disais du mal de mon mari, je, euh, je n’ai pas pu me retenir. Je ne veux vraiment plus que tu meures.
- C’est comme une longue corde à sauter…
- Hein ?
- … et elle tourne tout le temps. Tout le monde saute au milieu. Ils me disent de les rejoindre. J’essaie, et je me prends aussitôt les pieds dans la corde, arrêtant le mouvement. Je ne sais vraiment pas quoi faire. Q-Qu’est-ce qu’il faut que je dise ? Je ne sais rien faire comme il faut. J-J’en suis juste incapable.

Mitsuo ne blesse pas volontairement, la plupart du temps il n’arrive juste pas à repérer les émotions des autres, et ne sait pas communiquer avec, c’est pourquoi il a tendance à fuir la compagnie des autres : il aime les mauvais films et les restaurants impopulaires dit-il, parce que les salles sont vides. Quand on lui met devant les yeux le mal qu’il a causé (que ce soit à Akari lorsqu’elle lui révèle la raison pour laquelle ils ont rompu, ou à Yuka lorsqu’elle s’effondre dans l’épisode 4) ça le travaille sincèrement, il regrette, il veut se rattraper. Alors, intention ou pas intention, quand le mal est fait, il est fait, et la responsabilité est bien là également, mais il n’y a pas de gens mauvais dans ce drama, juste des gens imparfaits, parfois profondément « abimés », qui font du mal aux autres, ou s’en font à eux-mêmes. Ce sont des personnages complexes, avec des tas de failles, et c’est ce qui les rend intéressants à suivre, ce qui fait aussi qu’ils m’ont tous profondément touchée, et que j’espérais les voir saisir cette occasion, ces divorces, pour rouvrir les communications, et être plus heureux.

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Parce qu’on n’en a pas encore parlé, mais le drama s’appelle Saikou no Rikon, soit « Le plus grand/le meilleur des divorces », et donc qu’a-t-il de si grand, ce divorce ? Lorsqu’on le rencontre pour la première fois, c’est de manière quasiment comique, à vrai dire. Lors d’une de leurs disputes habituelles, dans l’épisode 1, Mitsuo et Yuka balancent l’idée du divorce, et commencent même à en imprimer les papiers, ne s’arrêtant en cours de route que parce que le papier est coincé dans l’imprimante. Néanmoins, si les papiers sont faciles à imprimer, si la partie officielle semble aisée, déjà, lorsque la chose véritable tombe sur le personnage qui ne l’avait pas vu venir, c’est un vrai choc, et surtout, comme le dit le drama, les papiers, ce ne sont véritablement que le début du divorce. Après ça, c’est un long processus : il faut le dire à la famille, il faut réajuster son attitude vis-à-vis de l’autre, gérer la solitude, le fait que l’autre puisse peut-être s’adapter plus vite, l’absence d’une présence qui prenait de la place, quelles qu’aient été les tensions sur la fin… d’autant qu’on ne divorce pas nécessairement parce qu’on est plus amoureux de l’autre. Le divorce est présenté comme un processus long et difficile, mais aussi bénéfique (aidé par le fait ici, aussi, qu’il n’y ait pas d’enfants à considérer), et une décision qui a, en fait, le même objectif que le drama : on se marie parce qu’on veut être heureux, et on divorce pour la même raison. Parce que des fois, ça ne marche pas. En l’occurrence, pour les personnages, est aussi une façon de réévaluer leur relation, de faire le point, et de communiquer avec des circonstances nouvelles, des « attaches » différentes. En quelque sorte, pour Yuka et Mitsuo en particulier, c’est presque comme si le « pire » était déjà arrivé de toute façon, donc à ce stade, lentement mais sûrement, tout peut sortir : il n’y a plus grand-chose à casser de toute façon. Pour Ryo et Akari la situation est différente, mais ça, je vous laisserai la découvrir (de même, j’ai même pas parlé de la grand-mère de Mitsuo, dont j’ai adoré le personnage, ainsi que sa relation avec Yuka, et toute l’acceptation que Mitsuo doit faire que la femme qui l’a élevé vieillit, et ne sera pas toujours là…argh, y a juste trop à dire). Pas de simplification en tout cas, et les relations entre les personnages sont aussi complexes que ceux-ci.

En clair, Saikou no Rikon c’est l’histoire de gens imparfaits et compliqués qui essaient de communiquer avec d’autres gens imparfaits et compliqués, avec tous les trébuchements et faux pas que ça implique, certains plus graves que d’autres. Parfois c’est drôle, parfois c’est triste, souvent c’est entre les deux, et en tous les cas, c’est intéressant car porté par un combo excellente réal/excellent casting/excellente écriture plus qu’appréciable. Il y a juste un moment ou deux où je me suis dit que telle ou telle chose aurait pu être améliorée (par exemple, la sœur d’Akari rend une visite surprise à celle-ci, et ça passe si vite, qu’on a un peu le sentiment qu’elle a juste fait « coucou » pour faire avancer le scénario… néanmoins, elle donne des infos intéressantes sur Akari. Simplement, ça aurait pu être mieux fait), mais ce n’est vraiment pas arrivé souvent. Le drama a eu droit  à un épisode spécial ajouté, mais pour le moment, je ne l’ai pas vu. Pour tout vous dire, j’aime beaucoup la fin de Saikou no Rikon, et je ne sais pas si je suis encore prête à voir ce qui s’est passé un an après cette fin. Je finirai par voir le SP, mais en attendant, je vais me contenter du « drama principal » et, bien entendu, vous le recommander chaudement. Evidemment, c’est comme avec tout, y a des chances que vous n’accrochiez pas du tout, mais je vous encourage à lui donner sa chance, en espérant qu’il vous plaira autant qu’à moi~

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Et si vous ne regardez pas Saikou no Rikon pour vous ou pour moi, faites le pour eux :

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