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Monsters' Club

 

Sorti en 2011

Réalisé & écrit par Toyoda Toshiaki

Dure 1h12

 

Avec :

Eita >>> Kakiuchi Ryoichi

Kubozuka Yosuke >>> Kakiuchi Yuki

KenKen >>> Kakiuchi Kenta

Kusakari Mayuuu >>> Kakiuchi Mayuu

etc

 

 

Dontesque ?

 

Isolé de la société qu’il fuit, en quête de liberté, Ryoichi fabrique des bombes dans son chalet, lorsqu’il commence à avoir de drôles de visions inquiétanteS.

 

Fiche Ecrans d’Asie : ici

 

 

~oOo~

Bien, bien, bien.

 

Je vous annonce tout de suite la couleur, les gens : l’article va être plutôt court, car je suis quasiment certaine d’avoir manqué quelque chose avec ce film. Ce qui n’empêche pas que j’ai aimé, mais pour citer mon amie Takai (qui est encore plus fan d’Eita que moi) :

Eita and Kubozuka Yosuke - Monsters' Club

Le pire étant que c’est la deuxième fois que je vois ce film… et je suis toujours passée à côté d’un truc. A vrai dire, s’il n’y avait pas ce projet Eita, je pense que j’attendrais peut-être ma troisième vision pour écrire quelque chose. En l’occurrence, malheureusement, je manque de temps, et je me suis engagée, mais voyez cet article comme une sorte d’avant-goût, de brouillon, pour ce que j’écrirai sans doute lorsque je reverrai le film une fois de plus, un jour. Car cela arrivera. Peut-être pas tout de suite, mais cela arrivera, vu qu’il y a quand même de l’amélioration : en effet, à l’instar de Su-Ki-Da, la première fois que j’ai vu ce film, je m’étais méchamment ennuyée. Ce qui m’avait fait de la peine d’ailleurs, car j’aime beaucoup le réalisateur, Toshiaki Toyoda (Aoi Haru, 9 souls, Hanging Garden, etc), ainsi qu’Eita (sans blague) et Kubozuka Yosuke, qui a pendant longtemps été une de mes plus grandes idoles. Cette fois-ci, néanmoins, j’ai aimé le film, donc yay, il y a du progrès. Peut-être que la troisième fois, je le capterais !! Ou peut-être pas. Ou peut-être que la troisième fois, captant ce qu’il y a à capter, ou captant qu’en vrai il n’y a rien à capter (non parce que ça arrive aussi), je le détesterai. Qui sait.

 

En attendant, calmons-nous quand même (vous vous CALMEZ, okay è.é) : quand je dis que je n’ai pas compris le film, ce n’est pas entièrement vrai. C’est-à-dire que j’ai capté l’enchainement des évènements, et ce qui se passait factuellement. Encore qu’une partie des « faits » est laissée un peu à l’interprétation… la fin, déjà, parce que le film nous laisse sur une note ouverte, mais aussi l’enchainement des évènements en général, car notre personnage principal Ryoichi (interprété par Eita, donc) commence à recevoir la visite de monstres, de ses frères morts qui se mettent à lui parler. A partir de là, on peut accepter que les fantômes/monstres sont bien présents si on veut, mais il est très possible aussi (et personnellement, c’est ce que je pense, car ça me semble appuyé par plusieurs moments du film) que Ryoichi, après avoir perdu la grosse majorité de sa famille, soit un peu à la dérive, mentalement parlant. On parle tout de même du type qui fabrique des bombes artisanales du fin fond de son chalet dans les bois…. Il est un chouïa perturbé. Donc quand il se met à voir des fantômes, il est raisonnable de penser que la solitude et les questions lui pèsent, notamment vis-à-vis du suicide de son grand-frère, Yuki (Kubozuka Yosuke, que ça fait vraiment super plaisir de retrouver ici), dont il pensait comprendre les raisons et la philosophie… mais finalement peut-être pas. Ryoichi est un personnage en quête de liberté, qui a rejeté la société et essaie de la combattre, car, comme il dit, la société nous embourbe l’esprit, nous lave le cerveau et nous fait croire que nous avons des besoins que nous n’avons pas. Elle nous réduit en esclavage, et la liberté ne peut s’atteindre dans ce monde de technologie moderne, il faut se couper de tout, revenir à l’individualité, tout ça. Vous noterez que, ça aussi, je l’ai compris (faut dire qu’en même temps, il nous en parle directement en voix-off, donc il n'y avait qu'à écouter…), de même que j’ai saisi que Ryoichi se posait de plus en plus de questions sur sa liberté, s’il l’avait bien atteinte, si c’était possible, ce qu’en penserait Yuki, à quel point ses actions étaient bien-fondées. C’était intéressant, tout ça, d’ailleurs ! Mais…  en clair, j’ai compris la surface, et c’est pas comme si j’étais arrivée à la fin du film en me demandant ce qui s’était passé, je le trouve plutôt clair au « premier niveau ». Mon souci, c’est que je sens bien (à tort ?) qu’il doit y avoir un autre niveau, qui lui me passe complètement au dessus de la tête. J’ai le sentiment d’avoir vu la vitrine, d’avoir mis un pied dans le magasin, mais de ne pas avoir eu accès à l’arrière-boutique, en quelque sorte.

[Se libérer, tu sais, c'est pas si facile] Monsters’ Club  モンスターズクラブ
[Se libérer, tu sais, c'est pas si facile] Monsters’ Club  モンスターズクラブ
[Se libérer, tu sais, c'est pas si facile] Monsters’ Club  モンスターズクラブ

A un moment donné, une des créatures dit à Ryoichi « transforme tes souhaits en poésie », et c’est vrai, c’est l’effet que m’a fait ce film, l'effet d'être une poésie. Or, j’ai toujours été nulle en analyse de poésie : je comprends les mots, les phrases, je trouve les sons jolis, mais quand on me demande ce que l’auteur a vraiment voulu exprimer sous l’évidence des mots, souvent, je bloque. Mais je trouve les poèmes jolis, et Monsters’ Club n’a pas fait exception : j’ai beaucoup accroché à ce film, et c’était essentiellement une question d’ambiance. Au début, je ne vais pas vous le cacher, cela m’a demandé un petit effort de rentrer dedans, en grande partie à cause d’une assez longue une narration voix-off, via Ryoichi/Eita, qui nous explique ce que pense le personnage. En général, je suis pas fan de tout nous expliquer via une narration audio, mais ici j’ai trouvé que c’était plus justifié, vu que l’idée est que Ryoichi est seul avec ses pensées dans son chalet, si bien que c’est presque comme s’il se parlait tout seul, avant de s’inventer des fantômes avec lesquels converser. Mais plus justifié ou pas,  c’est vrai que cela m’a vaguement rebutée. Néanmoins, après ça, le film a commencé à m’embarquer, pour ce qu’il avait d’hypnotique, et parce que j’ai particulièrement aimé son utilisation de la musique. Par exemple, à un moment donné, Yuki fait tout un discours à Ryoichi, un discours très sombre, sur la société, le monde, l’enfer… au début, il n’y a pas de musique, et petit à petit, des percussions se font entendre, de plus en plus fort, bientôt accompagnées d’autres sons, et c’est comme si on entendait le rythme sortir des profondeurs de la Terre, de l’Enfer lui-même, et se rapprocher de plus en plus. Même si on ne comprenait pas un mot de ce que raconte Kubozuka Yosuke, je pense que la gravité de la scène serait évidente, rien qu’à cette musique. A l’éclairage, la mise en scène, et au jeu de Yosuke aussi, bien entendu, mais c’est la musique qui m’a marquée.

 

La fin (que je ne vous spoile pas) est un autre moment m’ayant marquée. Les images sont au ralenti, et Ryoichi récite un poème (« Un adieu » de Miyazawa Kenji, un poète plusieurs fois cité par le film, car Yuki a légué son recueil de poèmes à son petit-frère, insistant pour qu’il le lise), la musique joue (la même musique que celle jouant sur l’apparition du titre du film) avec une profonde tristesse, avant de laisser place à un silence qui vient comme un coup de poing. Encore une fois, je comprenais le poème, techniquement, mais j’avais l’impression de zapper une dimension derrière les mots… ce qui ne m’a pas empêchée d’avoir la larme à l’œil tout le long de cette conclusion, et de vraiment ressentir l’impact des derniers mots, juste à la façon dont ils étaient illustrés, récités, accompagnés. Sincèrement, c’est encore une scène qu’à mon avis, j’aurais pu apprécier, et dont j’aurais pu comprendre l’idée générale, même sans les sous-titres, juste à l’ambiance.

 

Une fois l’effort du début fait, j’ai trouvé ce film hypnotique, et il y a eu plusieurs moments de forte émotion pour moi. Mais, malgré tout, il y a une frustration qui subsiste, car j’ai le sentiment d’être passée à côté de quelque chose. Ou bien que quelque chose manquait, ce n’est pas encore tranché. Je note quand même que c’est quelque chose qui se fait récurrent avec Toshiaki Toyoda, ce qui n’était pas le cas dans ses films pré-arrestation/pause forcée en 2005. Je ne sais pas s’il y a un rapport, mais je suis intriguée par la rupture nette dans mon ressenti face à ses films. En attendant, je ne sais pas vraiment si je vous conseille Monsters’ Club, vu que je n’ai pas vraiment démêlé moi-même mon avis sur le film, et qu'il y a des chances que vous finissiez frustrés, comme moi la seconde fois, ou que vous vous ennuyiez tout le long, comme moi la première fois. Faites comme vous le sentez o.o

[Se libérer, tu sais, c'est pas si facile] Monsters’ Club  モンスターズクラブ
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Tag(s) : #Cinéma, #Cinéma Asiatique, #Japon, #Monsters' Club, #2010s, #2011, #Toyoda Toshiaki, #Eita, #Kubozuka Yosuke, #KenKen, #Kusakari Mayuu, #Tranche de vie, #Drame, #Famille

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