Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Un sondage sur vos disponibilités pour fêter les dix ans du blog est en ligne :) Si vous voulez être là, ça se passe par ici.

 

 

Sorti en 2009

Réalisé par Mizuta Nobuo

Ecrit par Kudo Kankuro

Dure 2h14

 

Avec :

Abe Sadao >>> Shimoigusa Yuta

Eita >>> Shimoigusa Yusuke

Takeuchi Yuko >>> Yamagishi Tetsuko

Tsukamoto Takashi >>> Kinjo Daisuke

Etc

 

 

Dontesque ?

 

Alors que son petit-frère Yusuke est encore dans le ventre de leur mère, Yuta est emmené par son bon à rien de père, et abandonné, puis élevé par une autre famille. Des années plus tard, Yuta a repris le restaurant du père l’ayant adopté, et vit pour aider les autres, tandis que Yusuke est devenu comédien à succès avec un ami, tous deux prétendant être frères.

 

Fiche Ecrans d’Asie : ICI

 

 

~oOo~

 

Mmh, vous avez le visage un peu pâle, le teint cireux et l’œil fatigué les gens. Ouvrez grand la bouche pour voir ? Laissez-moi prendre votre température. Ah, oui, c’est bien ce que je pensais : vous êtes en manque d’Eita. Ne vous inquiétez pas, c’est une condition que je connais bien, et dont souffrent énormément de gens. Certaines personnes passent même une vie entière sans réaliser leur condition, sans mettre le doigt sur ce qui ne va pas exactement. Heureusement pour vous, je suis une spécialiste, et j’ai exactement le traitement qu’il vous faut. Mais avant de passer aux vrais trucs qui marchent d’enfer, aujourd’hui, histoire d’y aller en douceur, je vais vous prescrire un truc moins fort. Voyons. Allez, No More Cry.

 

Oui, c’est ma façon de vous dire qu’Eita forever, et que No More Cry c’est pas extra. Et ça m’a fait de la peine en plus, parce que ce film est scénarisé par Kudo Kankuro (IWGP, Kisarazu Cat’s Eye, Gomen ne Seishun, Tiger and Dragon, etc), que j’aime souvent beaucoup, et compte non seulement Eita au casting, mais également Takeuchi Yuko. Maintenant, je ne peux pas non plus prétendre que je ne l’avais pas un peu vu venir. Je sais que c’est mal de juger un film à son poster mais celui-ci me faisait anticiper une comédie loufoque, sans doute assez agitée, peut-être un peu bruyante, et bien que j’apprécie généralement ce que fait Kudo Kankuro en la matière, c’est vrai malgré tout que j’ai parfois plus de mal avec l’humour OTT japonais à présent… et aussi qu’Abe Sadao, l’acteur principal, est un grand maître du surjeu, et un acteur que j’aimais beaucoup, mais que j’ai plus de mal à regarder à présent, selon les projets. Pas parce qu’il est devenu moins bon, mais simplement parce que mes goûts ont changé, voilà tout. Malgré tout j’espérais me tromper… et j’ai donc été déçue de constater que le film n’a pas fonctionné, pour moi. Le premier souci étant effectivement que la comédie n’a pas pris.  Pour plusieurs raisons.

 

L’humour, on le sait, c’est subjectif, et non seulement ça varie de personne en personne, mais en plus, ça varie aussi de pays en pays, et au Japon on voit beaucoup de ces duos (ou pas duos, mais j’ai surtout l’impression d’avoir vu des duos) comiques dont la comédie se base avant tout sur des jeux de mots. Il se trouve que dans ce film, le personnage d’Eita fait partie d’un tel duo comique (les Kinjo brothers) et qu’il y a donc pas mal de ce type d’humour. Forcément, à la traduction, on y perd, et même avec une très bonne traduction, je crois que le type de jeux de mots ne correspond juste pas vraiment à ce qui me fait rire, il m’a l’air d’y avoir là une comédie typiquement japonaise dans le genre de jeux de mots (forcément, vu que ça se base sur leur langage), les thèmes, la gestuelle... Mais c’est difficile à réellement affirmer, vu qu’encore une fois, je suis obligée de me baser sur une traduction… malgré tout, au final, cet humour-là, qui constitue une partie de la comédie de film, se perd dans le passage d’une culture/langue à une autre, et donc ça n’a pas marché sur moi. Ensuite, il y a pas mal de blagues grossophobes qui ne m’ont pas beaucoup amusée non plus : les Kinjo brothers se moquent de leurs fans grosses (toutes leurs fans sont jolies, disent-ils… sauf les grosses :D), le personnage de Takeuchi Yuko était gros et on nous la présente donc comme affalée par terre, paresseuse, seulement motivée à bouger pour de la nourriture, avec son père qui sort au personnage principal qu’il lui aurait demandé d’épouser sa fille (parce que, déjà, c’est sa place) mais que bon, elle est grosse, alors il va pas lui faire ça, quand même (« heureusement » elle revient fine, donc tout va bien… le héros insiste bien qu’il l’aurait kiffée même grosse, mais alors là, je doute que le film l’aurait laissé faire). Bref. Et puis oui, effectivement, à tout ça, il faut rajouter tout l’humour dans le surjeu, auquel je n’ai pas été sensible non plus, question de sensibilité personnelle. Pas que je ne puisse pas apprécier l’exagération, mais en l’occurrence, cela n’a pas pris, et donc ce film (en grande partie) comique, s’il m’a peut-être tiré un sourire à une ou deux reprises (il y a quelques moments d’humour absurde qui ont fonctionné), ne m’a sinon pas beaucoup amusée, ce qui est fort dommage, forcément.

[Et pas plus de rires] No More Cry  なくもんか[Et pas plus de rires] No More Cry  なくもんか
[Et pas plus de rires] No More Cry  なくもんか[Et pas plus de rires] No More Cry  なくもんか[Et pas plus de rires] No More Cry  なくもんか
[Et pas plus de rires] No More Cry  なくもんか[Et pas plus de rires] No More Cry  なくもんか

Ensuite, je dois admettre que j’ai eu du mal à réellement m’attacher au personnage principal, Yuta. Au-delà du surjeu récurrent d’Abe Sadao qui, ici, ne m’a pas accrochée, parfois, j’ai eu un fort sentiment de malaise en le regardant. Par exemple, quand il se jette littérairement sur Tetsuko (Takeuchi Yuko) l’embrassant ou la plaquant par terre contre son gré. C’est censé nous montrer qu’il est emporté et qu'il l'aime, et encore une fois, tout est dans l’excès, mais ça m’a mise mal à l’aise. Et surtout… ok, Yuta nous est présenté comme un type qui se donne à fond pour les autres. Il accepte de rendre tous les services, il s’épuise à rendre tout le monde heureux. Et c’est parti du fait qu’il a été abandonné par son père, et recueilli par cette famille qui ne lui « devait » rien, si bien qu’il a l’impression, lui, de devoir quelque chose au monde entier. Triste, compréhensible, et j’étais toute prête à compatir. A vrai dire, plusieurs fois, le personnage m’a effectivement touchée (parce qu’Abe Sadao est capable de se poser aussi, et que c’est un bon acteur… je ne remets vraiment pas en question sa prestation : il y en a juste une partie qui tombe dans un style qui ne m’a pas plu), mais le souci c’est que vraiment, jusqu’au bout, j’ai eu le sentiment de le voir s’épuiser pour les gens, courir dans tous les sens, et le faire parce qu’il a ce profond traumatisme et complexe au fond de lui. Ce qui me met mal à l’aise, ce n’est pas qu’il soit comme ça (même si c’est triste), c’est que le film, à travers plusieurs dialogues, veuille nous faire croire qu’il le fait par plaisir. Pas parce qu’il se force,  mais parce qu’il aime être gentil avec tout le monde. Et je veux bien croire que c’est quelqu’un de gentil, qui aime aider, c’est certainement vrai, mais le film n’a vraiment pas réussi à me faire avaler que c’était tout ce qu’il y avait, ou qu’il fallait s’en réjouir, parce que ça atteint des proportions trop élevées (et qu’en plus, en face, faut voir ce qu’on lui sert). C’est de là qu’est venu le malaise : du décalage entre ce que le film voulait me faire croire, et ce que je voyais. Pour donner une image qui rende la chose plus claire : imaginez que vous êtes à une fête, et que vous avez cette amie qui a des problèmes avec l’alcool. Elle peut boire quelques verres et apprécier ça, s’amuser, mais elle se retrouve rapidement à boire trop, pour noyer ses soucis, et finit toujours par se rendre vraiment malade, et déprimer sec. Et là, elle se met à enchainer les verres encore et encore, et vous, vous vous inquiétez pour elle, mais tout le monde (dont elle, mais elle n’est pas exactement en état de réaliser ce qui se passe) vous dit que « mais nooon, elle boit parce que c’est fun, c’est tout, elle s’amuse ! », et vous ne pouvez rien faire sinon la regarder continuer à boire, et regarder les autres/le film vous dire de rigoler avec eux. C’est ce genre de malaise dont je parle.

 

Maintenant, quand le film parlait, avec plus de sérieux, de son affaire de drame familial, c’est vrai que ça fonctionnait mieux à mes yeux. C’est-à-dire qu’il y a des moments qui m’ont émue, des moments qui sonnent très juste (je trouve), comme lorsque Yuta nous dit qu’il n’a pas envie de recevoir d’excuses de son père, parce qu’après il lui faudrait prendre une décision (lui pardonner son abandon/sa trahison ou pas) et qu’il ne se sent pas capable de la prendre. Mais à côté, il y a d’autres instants que j’ai trouvés personnellement plus limite, comme lorsque Tetsuya engueule Yusuke (Eita) parce qu’il ne veut pas créer de relation avec son grand-frère qu’il n’a absolument jamais connu. Je comprends bien qu’il a abusé sur le ton (se montrant condescendant vis-à-vis de l’occupation de Yuta), mais en attendant il s’est créé une vie, il n’a jamais connu son frère, et tout le monde (ainsi que le film, c’est ça le souci) semble partir du principe qu’il faut qu’une relation se créée, alors qu’il n’a vraiment aucune obligation, c’est parfaitement son droit de ne pas en avoir envie, même si Yuta, lui ne rêve que de ça. Donc oui, il y a des moments qui faisaient mouche, d’autres non, et de toute façon les meilleurs moments m’ont semblé trop peu nombreux, et perdu dans un tout peu convaincant et trop brouillon.

 

Bref, à mes yeux, tout ça était un trop inégal. Il y a des éléments qui me plaisaient, pourtant, et de base je trouvais les deux frères intéressants, chacun ayant développé sa propre façon de survivre (pour Yusuke, il s’agit de la comédie : il veut faire rire avant qu’on rie de lui…) mais le tout est noyé dans une comédie qui ne m’a pas convaincue, sans compter que le film parait trop chargé et se voit obligé de passer trop rapidement (à mon goût) sur certaines choses (notamment sur ce qui concerne la relation de Tetsuko, Yuta, et les enfants de Tetsuko). Si le film avait pu se concentrer plus, je pense déjà qu’il m’aurait plus plu, mais en l’état… je ne suis pas beaucoup rentrée dedans. Tant pis :(

[Et pas plus de rires] No More Cry  なくもんか[Et pas plus de rires] No More Cry  なくもんか
[Et pas plus de rires] No More Cry  なくもんか[Et pas plus de rires] No More Cry  なくもんか[Et pas plus de rires] No More Cry  なくもんか
[Et pas plus de rires] No More Cry  なくもんか[Et pas plus de rires] No More Cry  なくもんか
Tag(s) : #Cinéma, #Cinéma Asiatique, #Japon, #No More Cry, #2000s, #2009, #Mizuta Nobuo, #Kudo Kankuro, #Abe Sadao, #Eita, #Takeuchi Yuko, #Tsukamoto Takashi, #Famille, #Drame, #Comédie

Partager cet article

Repost 0