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Un jeune garçon et sa petite sœur intègrent un orphelinat à effectif vraiment très réduit, sur une petite île loin de tout, et lorsqu’ils arrivent, les enfants déjà présents les mettent en garde : les adultes cachent quelque chose de dangereux, et il ne faut surtout pas leur faire confiance.

 

 

.oOo.

A la base, je n’avais pas prévu de parler d’un manga, mais d’un roman, sauf que quelqu’un s’est plaint que je ne parlais pas du tout de mangas, alors je me suis rendue à la bibliothèque, gaiement (non parce que j’aime bien les mangas, hein… et les bibliothèques aussi, j’allais pas à l’abattoir) et j’ai emprunté les deux seules séries complètes de mangas qu’il y avait de disponibles sur place… cela dit, encore une fois, je l’ai fait gaiement, parce que les deux (celle-ci et Green Blood) me tentaient bien. Et comme c’est celle-là que j’ai pris le plus de plaisir à lire, je me suis dit que c’était celle-là dont j’allais vous parler. A vrai dire, ce n’est pas la plus solidement écrite ou la plus joliment dessinée des deux séries, mais c’est celle qui m’a le plus amusée, parce que la montée de la tension était fun, à la façon d’une histoire d’horreur. Le manga ayant de toute façon clairement des tons horrifiques, bien qu’il n’appartienne pas à cette catégorie, l’autrice elle-même déclarant qu’il s’agit d’une histoire policière, d’un mystère. N’empêche que le build-up a un côté très horreur à mes yeux, et que vous savez que j’aime ça, donc forcément, ça m’a plu. Même si L’île d’Hozuki est loin d’être une série parfaite. Et qu’elle m’a laissée sur une déception. Mais on va garder ça pour plus tard, et commencer par parler des bonnes choses (note : j’ai utilisé des scans anglais pour illustrer, car j’ai pas osé scanner les tomes de la bibliothèque, je voulais pas abîmer les livres).

 

Comme je le disais, j’ai beaucoup aimé la montée de la tension dans cette série de mangas, on peut vraiment sentir la façon dont la paranoïa des protagonistes se fait de plus en plus intense, tandis qu’on se demande avec eux ce qui se passe, et tandis que l’étau semble se repérer de plus en plus. Le manga arrive bien à nous placer de leur point de vue, et donc on flippe avec eux. Et puis j’avais sincèrement envie qu’ils s’échappent. Bien sûr, de manière générale, je ne kiffe pas qu’on fasse du mal aux enfants, donc quand je vois des gosses dans une situation dangereuse, j’ai envie qu’ils s’échappent (c’est mon côté sensible), mais là j’avais envie que ces personnages en particulier s’en sortent. Ils n’ont pourtant pas des personnalités *super* développées, ils ont chacun un rôle assez précis à jouer dans leur petite troupe et n’en sortent pas beaucoup, mais je les ai quand même trouvé sympathiques. On a droit à un flash-back (ou un peu plus pour certains) sur chacun, et

comme ils ont tous été victimes de la maltraitance/l’absence des parents qui étaient censés les protéger et les aimer, on ne peut bien entendu que tout de suite se ranger de leur côté. Le procédé peut sembler facile et artificiel, mais chaque expérience traumatisante a eu un effet sur les personnages (un enfant qui ne voulaient pas avouer que ses parents étaient en prison est devenu mythomane, un autre ayant perdu ses parents mange de façon frénétique, une autre ne parle plus, etc) donc ces flash-backs ne servent pas qu’à nous faire instantanément ressentir de la compassion pour eux (même si évidemment, on en ressent) mais aussi à nous faire comprendre qui ils sont, et le genre de traumatismes qu’ils vont essayer de surmonter le long de l’histoire. Je ne dirais pas que les personnages sont extrêmement fouillés, mais il y a un effort de fait, je me suis attachée à eux, et je me suis réjouie de leurs victoires, de groupe ou personnelles. Et puis encore une fois, la menace était toujours palpable, si bien que j’ai lu la série d’une traite. Bien entendu, cela n’a rien d’impressionnant niveau « performance », parce qu’il y a que quatre tomes, donc c’est facile de tout lire d’un coup, c’est pas comme si j’avais lu la Bible en un trajet de bus, mais en l’occurrence j’avais vraiment envie de savoir ce qui se passait au juste, de savoir qui allait vivre ou mourir, qui était de quel côté, qui était impliqué et à quel point (alors que dans la Bible, finalement pas trop, mais aussi, j’ai été pas mal spoilée)…

 

Le souci c’est que quand j’ai eu toutes les réponses à mes questions, la série est complètement retombée pour moi, la conclusion étant franchement décevante. Pour plusieurs raisons. Et en particulier trois. Que je vais lister, en utilisant des numéros, parce que fuck les transitions, je suis une grosse flemmasse de la vie \O/  (cela me fait bizarre de dire ça après avoir écrit 56 articles pour cette semaine, mais n’empêche que c’est vrai, donc je vais me simplifier la vie… yay)

 

1. De base, les explications ne m’ont juste pas convaincues. La raison de tout ce qui se passait m’a laissée dubitative, ça ne me semblait juste pas crédible, mais ça, à la limite, c’est le moindre de mes soucis. Parce qu’en fait, je pense que ça aurait pu passer si ça avait été mieux amené.

 

2. La narration m’a semblé trop artificielle. Entre un personnage nouveau qui n’arrêtait pas d’intervenir dans la dernière ligne droite, et semblait trop « arrangeant », trop forcé dans le scénario pour arranger l’autrice, et l’épilogue qui semblait au moins aussi artificiel, dans la façon dont les personnages se racontaient des choses qu’ils savaient déjà et qui étaient clairement adressées au lecteur. Jusque-là, je trouvais que la mangaka avait plutôt bien géré l’exposition, mais là, ça sonne vraiment terriblement faux, et elle aurait tout aussi bien pu nous écrire un paragraphe pour nous expliquer, que ça ne m’aurait

pas paru plus forcé. Enfin, avec le recul, j’ai également eu le sentiment d’avoir été entourloupée par l’autrice, parce que certaines situations sont vraiment dessinées pour nous induire en erreur. Après, comme on épouse le point de vue des enfants, je me dis que ce n’est pas étonnant. Il y a peut-être quelques cases où c’est moins justifié, mais malgré tout, on voit l’histoire du point de vue de gosses flippés qui sombrent dans la paranoïa donc la déformation de la perception va de soi. En revanche la rupture entre le déroulement de l’histoire jusque-là et sa conclusion m’a parue aussi abrupte que si le manga nous avait dit « en fait c’était juste un rêve :D ». C’était pas ça, mais ça m’a fait le même effet, et c’était désagréable.

 

3. Et exactement comme si le manga nous avait dit « depuis le début, c’était un rêve », j’ai aussi eu le sentiment très désagréable que le manga n’avait pas assez le courage de ses décisions. [spoiler] Que les gosses qui étaient censés être morts au début de l’histoire ne le soient pas, je comprends, parce que ça vient souligner l’idée que c’est le manque de communication, et la paranoïa (renforcée par un prof pourri jusqu’à la moelle en particulier) d’enfants qui (pour de bonnes raisons) n’ont pas confiance en les adultes et ont mal interprétés certains évènements, qui ont causé tout le bordel par la suite… mais en ramenant à la vie Shû (que j’étais contente de revoir, notez bien, vu que c’était mon personnage favori) et le prof pourri (lui, j’étais moins contente de le revoir), de façons assez improbables en plus, car j’ai en particulier beaucoup de mal à croire que le prof ait survécu et ait pu ramper à nouveau jusqu’à l’école puis ait encore survécu après ça (encore un point commun avec l’horreur, notez bien : les méchants sont increvables :D), le manga enlève quasiment toutes conséquences à l’histoire. A l’exception du proviseur, tout le monde va bien (mieux, même, pour certains), les enfants sont dédouanés de responsabilités (par exemple, Shû n’a pas tué le proviseur, c’est le chien scénaristiquement pratique qui l’a fait chuter)… [/spoiler]  Et je trouve que ça retire tout poids à tout ce qu’on a lu jusque-là. Donc non seulement la conclusion déçoit, mais en plus elle rend le build-up moins fun, et gâche une relecture potentielle. Au moins, avec ou sans cette conclusion, j’aime toujours l’amitié et la solidarité naissante entre les enfants, et leurs avancées personnelles.

 

Sinon, au niveau du style de dessin, pour être honnête, ce n’est pas esthétiquement ce que je préfère en termes de mangas, je n’ai pas été impressionnée, je ne suis pas tombée amoureuse quoi,

mais ça se tient parfaitement bien, et comme je le disais, la mangaka arrive très bien à donner une ambiance sombre à son manga. Les personnages sont expressifs, bien distincts les uns des autres, et ce que l’histoire a de sombre et violent est facile à prendre au sérieux. Par contre, j’ai eu du mal avec le fanservice constant. Sérieusement, même sur les couvertures, on n’a droit qu’à des femmes (alors que le manga a son lot de personnages masculins, mais eux ils sont au dos des livres, dans des positions évoquant plus l’action, ou l’innocence) dans des positions suggestives, fesses et seins généralement mis en avant, et bordayl, un des personnages placés en position clairement séductrice/sexuelle est une gosse de onze ans ! Dans le manga, au moins, la sexualisation des personnages est justifiée par le point de vue emprunté du professeur pervers qui voit effectivement ces personnages comme des bouts de viande, et dont le point de vue est censé nous mettre mal à l’aise… du moins parfois… parce que parfois, c’est aussi juste l’occasion de se rincer l’œil. Et alors, autant à certains moments c’est pas trop distrayant, autant il y a en a d’autres où les angles et positions des personnages sont tellement pas naturels, tellement clairement forcés pour avoir la bonne vision de boobs, ou de fesses, que ça devient gênant, et que ça peut sortir complètement de l’histoire. Par exemple, au milieu d’une course poursuite qui se voudrait sans doute tendue, on a subitement un gros plan sur les fesses de Mlle Kai, une des enseignantes, et le fanservice gratuit est tellement flagrant que ça sort aussitôt de la scène, et ça en casse absolument toute la tension. A partir de là, tout ce que je pouvais voir c’était les fesses de la prof. J’ai rien nécessairement contre le fanservice, mais quand il sort trop de l’histoire, forcément, c’est pas bon.

 

Dans l’ensemble, je sais que j’ai pas mal critiqué la série, mais je me suis amusée à la lire. C’est juste que je pense qu’elle a quand même plusieurs défauts, et que la conclusion jette une ombre sur le tableau qui laisse sur un goût amer. Néanmoins, avant ça, j’étais très intriguée, et très prise dans l’histoire. Mais du coup, je sais pas trop comment conclure… Parce que dans un sens, je pense que vous pourriez peut-être vous amuser aussi à lire le manga pré-conclusion (même s’il n’est pas parfait), mais d’un autre côté, je sais aussi que tout ça mène à une conclusion décevante, et qu’il y a peu de chances que vous ressortiez satisfaits. Mais en même temps, je ne suis pas sortie satisfaite, et pourtant je suis contente d’avoir lu ces mangas. Donc en fait, je vais conclure là-dessus :

Parce que conclure sur T.O.P., ça, ça ne déçoit jamais :D

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