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Sorti en 2014

Réalisé par Lu Yang

Ecrit par Chen Shu & Lu Yang

Dure 1h46

 

Avec :

Chang Chen >>> Shen Lian

Cecilia Liu >>> Zhou Miao Tong

Wang Qianyuan >>> Lu Jian Xing

Ethan Li >>> Jin Yi Chuan

Nie Yuan >>> Zhao Jingzhong

Chin Shi-chieh >>> Wei Zhongxian

 

Dontesque ?

Trois assassins royaux sont envoyés sur les traces d’une figure politique à l’influence politique trop élevée au goût de l’empereur, mais le moment venu, des problèmes personnels risquent de remettre en question leur loyauté.

 

Fiches Ecran d'Asie: ici

 

 

.oOo.

Avec un titre pareil, forcément… Il y a « brotherhood » or qui dit « brotherhood » dit « bromance » (si), et il y a « blades », or qui dit « blades » dit « action », donc j’étais intéressée. Et en plus, j’avais vu cette affiche :

 

 

Et ça m’avait l’air bad-ass bien comme il faut cette affaire. On a en effet nos trois personnages principaux, et ils semblent livrer un combat impossible, ce qui me promettait un combat peut-être déjà perdu, de grands élans d’héroïsme, des passages sans doute épiques (parce qu’on se bat pas à 3 contre 100 sans être un peu épique dans sa tête, quand même… quitte à être juste épiquement inconscient). Bref, tout cela s’avérait fort prometteur. Et le film était plutôt pas mauvais, d’ailleurs. Mais, arf, je sais pas, il y a un truc qui n’est pas passé. Je ne sais pas si ça venait de moi ou de lui, peut-être que j’étais juste pas dans les bonnes circonstances, mais j’ai le sentiment d’avoir plus apprécié l’idée du film, que le film lui-même. J’aime pas quand ça me fait ça, ça me laisse toujours avec un goût amer dans la bouche de potentiel gâché. Enfin, au moins, s’il y a une chose que je suis très certaine d’avoir appréciée, c’est Chang Chen (le monsieur de Tigre et Dragon, rappelez-vous), dans le rôle principal, parce que décidément, les films historiques, ça lui va bien au visage. Donc j’approuve le fait de mettre Chang Chen dans des films historiques, continuez, directeurs de casting (et puis heureusement qu’il a été casté pour le coup, parce qu’apparemment l’argent n’est venu qu’après qu’il ait confirmé sa participation)

 

Et, encore une fois, sur le papier, il y a des tas de choses que j’aurais dû aimer dans ce film, à commencer par l’action. Déjà, j’aime l’idée de suivre ces super assassins royaux qui sont super craints par la population (logique) et pas respectés du tout par leurs supérieurs hiérarchiques, qui ne voient finalement en eux que des fantassins plus performants que la moyenne, mais quand même de pauvres fantassins, sacrifiables comme bon leur semble. On est face à des personnages qu’on soutient parce que le film arrive à les rendre attachants, chacun dans leurs désirs, leurs emmerdes, mais surtout parce qu’effectivement, ils sont trois contre le reste du monde, et qu’on a été « formés » à soutenir David plutôt que Goliath. N’empêche que ce ne sont pas des saints, nos protagonistes, et notamment, la tragédie personnelle de Shen Lian (Chang Chen) est étroitement liée à ses propres mauvaises actions, parce que tu peux pas tuer des gens pour vivre et t’attendre à ce que ça te retombe pas dessus d’une manière ou d’une autre un jour. Autre raison pour laquelle j’aimais l’idée de suivre des assassins hors-pair : ça promettait des scènes de combat impressionnantes. Parce que les types c’est pas des nuls, hein, et le poster n’a pas menti : tu peux les mettre à 1 contre plein, et ils s’en sortiront.  Mais si j’ai aimé l’idée de certaines scènes d’action (le combat enfermé, par exemple, ou le crachat de feu improvisé de Shen Lian), et si les chorégraphies avaient l’air plutôt réussies, je dis justement « avaient l’air » car j’ai trouvé que Brotherhood of Blades avait trop tendance à tomber dans le découpage excessif pour nous laisser suffisamment en profiter. On n’est pas dans Taken 3 non plus, c’est pas extrême à ce point, mais honnêtement j’ai trouvé plusieurs des scènes d’action trop peu claires pour être vraiment impressionnantes. Et le sang CGI n’aidait pas. Je n’ai à vrai dire même pas trouvé que nos trois assassins soient si effrayants que ça. On sent que les gens en face ont peur, et les trois acteurs posent très joliment, ils ont l’air bad-ass et tout, mais je ne les ai pas trouvés plus imposants ou effrayants que ça, malheureusement.

[Assassins fauchés] Brotherhood of Blades  绣春刀
[Assassins fauchés] Brotherhood of Blades  绣春刀
[Assassins fauchés] Brotherhood of Blades  绣春刀
[Assassins fauchés] Brotherhood of Blades  绣春刀
[Assassins fauchés] Brotherhood of Blades  绣春刀

Tout de même, il me restait ma bromance !! Une bonne bromance, ça marche toujours… sauf quand ça marche pas. Ou à moitié, ce qui a été le cas ici. C’est-à-dire que j’ai presque eu le sentiment que l’un d’entre eux, celui qui veut désespérément sa promotion, était déconnecté des deux autres. Pas tout à fait, mais il m’a semblé y avoir moins de scènes complices entre lui et les deux autres, tandis que Shen Lian et le jeunôt partageaient plus de scènes, Shen Lian taquinant le « gosse » à propos de son béguin pour la fille du médecin, mais étant également au courant d’autres choses le concernant (no spoils~). L’amitié est donc un peu déséquilibrée, et c’est con, parce qu’il y a des moments qui fonctionnent entre les deux personnages qui interagissent vraiment, et parce que toute la tragédie du film découle en partie de cette amitié, tout partant d’un geste de Shen Lian, qui pense rendre service. Parce que s’il y a un truc que tous nos personnages ont en commun, c’est qu’ils sont gravement fauchés dans une société corrompue que seul l’argent fait tourner. L’un veut une promotion pour laquelle on veut le faire payer (et pas qu’un peu), l’autre est victime d’un chantage menaçant sa position et n’a pas l’argent pour faire taire le coupable (ni la force nécessaire pour s’en débarrasser « autrement »), et le dernier veut rendre sa liberté à une prostituée (avec laquelle il ne couche pas, mais il la kiffe), sauf que la liberté ça s’achète aussi, et qu’il a pas les moyens, parce qu’assassin, ça paye queudale apparemment. Et quand il cède, et veut mettre la main sur l’argent dont lui et ses amis ont besoin, il lance en vérité toute une suite d’évènements qui risque de les détruire tous.

 

Bromance + tragédie self-infligée = yes please. Enfin, ça dépend: quand la tragédie est self-infligée (je détruis la langue française si je veux, d’abord) parce qu’un personnage est vraiment stupide, ou plein de mauvaise volonté, ça marche moins, mais en l’occurrence, c’est juste une question de désespoir, parce que le personnage sent bien qu’il n’a pas d’autre moyen de s’en sortir et d’aider ses amis, vu que sa vie est insignifiante dans ce monde corrompu, que sa loyauté et ses talents ne sont pas appréciés à leur juste valeur, et que pour s’en sortir, il va peut-être falloir qu’il joue selon les règles (c’est-à-dire qu’il va devoir tricher).  [spoiler] A cela on rajoutera la conclusion, où Shan Lien se rend compte que non seulement la femme qu’il aime ne l’aime pas, mais qu’en plus elle le craint, parce qu’enfant elle l’a vu arrêter ses parents. Au final, il se retrouve traqué pour ce qu’il n’a pas fait, et détesté pour ce qu’il a fait, s’étant compromis pour une happy-end à laquelle il n’avait de toute façon pas droit. Je trouve du coup vraiment dommage qu’il survive et s’échappe, d’ailleurs. Dans un sens, comme il est condamné à vivre en sachant qu’il a été l’élément déclencheur ayant mené à la mort de ses deux compagnons, on reste dans le domaine du tragique, [/spoiler] mais le ton de la conclusion m’a paru trop léger par rapport à ce qu’il y avait avant, ce qui explique peut-être que la tragédie n’ait pas entièrement pris avec moi, vu que je suis restée sur une impression de « oh, du coup [spoiler] il s’est vengé et il est libre maintenant [/spoiler], ça va, ça aurait pu être pire ».

 

Au final, de Brotherhood, je retiens surtout de bonnes idées, un Chang Chen très séduisant en costume, des personnages féminins un peu faibles (ce qui explique que j’en ai peu parlé), et une exécution qui ne m’a pas entièrement convaincue,  parce que rien ne m’a semblé pleinement exploité, que ce soit les bonnes idées en matière d’action succombant au montage, l’amitié de nos trois protagonistes qui ne transparait jamais suffisamment à l’écran à mon goût, ou l’impact de la tragédie, qui est amoindri par la fin, mais aussi par le fait que je n’étais pas assez investie dans les personnages, rapport au fait que leurs liens ne m’ont jamais suffisamment embarquée (que ce soit entre les trois amis, ou entre Shen Lian et Miao Tong, la femme dont il est amoureux, ce qui est quand même un des gros moteurs du film).  Dommage, donc.

Tag(s) : #Cinéma, #Cinéma Asiatique, #Chine, #2010s, #2014, #Lu Yang, #Chen Shu, #Brotherhood of blades, #Chang Chen, #Cecilia Liu, #Wang Qianyuan, #Ethan Li, #Nie Yuan, #Chin Shi-chieh, #Action, #Bromance, #Drame, #Romance, #Tragédie, #Historique (ou "historique")

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