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Diffusé en 2015

Sur BBC One

3 épisodes

 

Réalisé par Craig Viveiros

Ecrit par Sarah Phelps

D’après la nouvelle dAgatha Christie

 

Avec :

Douglas Booth >>> Anthony Marston

Charles Dance >>> Lawrence Wargrave

Maeve Dermody >>> Vera Claythrone

Burn Gorman >>> William Blore

Noah Taylor >>> Thomas Rogers

Anna Maxwell Martin >>> Ethel Rogers

Sam Neill >>> John MacArthur

Miranda Richardson >>> Emily Brent

Aidan Turner >>> Philip Lombard

Toby Stephens >>> Edward Armonstrong

 

Dontesque ?

8 personnes sont invitées par une mystérieuse personne à venir passer un peu de temps sur une île isolée. Lorsqu’ils s’y rendent, néanmoins, les meurtres ne tardent pas à commencer, suivant une comptine inquiétante.

 

.oOo.

Je n’ai jamais été la plus grande fan de romans policiers. Thrillers, oui, mais romans policiers, pas tellement (jamais surkiffé Sherlock Holmes, par exemple). Cela dit, j’ai toujours bien apprécié Agatha Christie, et parce que je suis originale dans la vie comme ça, mais aussi parce que c’est la première histoire que j’ai lue d’elle, And then, there were none est ma favorite. Malgré tout, je n’en avais jamais vu aucune adaptation, et celle-ci ayant à son casting à la fois Charles Dance, Sam Neil, et surtout Aidan Turner (cf. Being Human), je ne pouvais pas passer à côté, bien entendu. Je n’ai pas regretté ma décision. Bon, ma première pensée en regardant cette série a été « je le sens pas cet opening » (en fait, j’en aime beaucoup l’idée et la musique, ce sont juste les figurines et la couleur verte qui ne s’accordent pas, selon moi, à l’ambiance lourde et menaçante… pure question d’appréciation esthétique personnelle), mais après ça, je suis rentrée dedans sans souci, et en fait, j’ai trouvé la mini-série visuellement très réussie, avec une ambiance pesante à souhait.

 

And then there were none arrive vraiment à donner un sentiment de claustrophobie, et à faire sentir la tension qui s’installe, au point où, après dix minutes passées sur l’île, je me demandais déjà pourquoi ils n’appelaient pas le bateau pour qu’on vienne les chercher. Mais faut dire que je suis une angoissée qui a envie d’appeler un bateau après avoir passé dix minutes en groupe de toute façon (malheureusement, les bateaux ont du mal avec le bitume). Enfin, bref, oui, la série arrive vraiment à créer une ambiance pesante, et j’ai aimé aussi la façon dont le passé des personnages est présenté comme une véritable hantise, avec apparitions fantomatiques à la clé. Parce que c’est vraiment ça : ils sont hantés, et la série retranscrit cela littéralement, visuellement parlant. J’ai aussi apprécié l’inclusion des flash-backs le long du récit parce que non seulement ça nous en apprenait plus sur les personnages (forcément… c’est l’idée… ils allaient pas nous mettre des flash-backs sur Mr. Dupont et sa quête du meilleur café de la ville, ça n’aurait pas eu beaucoup de sens), mais en plus ça donnait un peu de rythme à une série qui, sinon, est assez statique. Je n’entends pas ça de façon négative, mais simplement c’est vrai que pendant une bonne partie de And then were were none, les personnages attendent, et parlent, se disputent, puis attendent en flippant. Du coup, les flash-backs et les revenants, en exprimant les choses visuellement, changent un peu des dialogues, et finissent de « justifier » l’adaptation, dirais-je. Même si les dialogues sont très prenants, parce que le casting est excellent, et que l’histoire, bien entendu, de même. Même en connaissant la fin d’ailleurs.

 

Non parce que, bien entendu, ayant lu l’histoire de base plusieurs fois, je savais à peu près comment les choses allaient se dérouler, donc on ne peut pas dire que je me rongeais les ongles sous le suspense du « omg mais qui est le coupable ? ». Je dis « à peu près », cela dit, parce qu’il y a quelques modifications dans la mini-série, et une des plus significatives, à mon sens, est le fait qu’alors qu’à la fin de l’œuvre littéraire le résultat des évènements était constaté par des personnes extérieures (des policiers enquêtant sur les meurtres), ce n’est pas le cas dans cette série qui appuie plus sur l’idée de « purgatoire » que sur la prétention/l’envie du coupable à commettre le crime parfait. Ce qui ne fait que réaffirmer que si le mystère est bien écrit, et prenant surtout pour ceux qui n’en connaissent pas la résolution (quand même), il y a à côté aussi toute une étude de personnages et de la nature humaine qui fait que la série est très regardable, et très prenante, même quand on sait où elle va.

[Comptine assassine] And then, there were none[Comptine assassine] And then, there were none
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Et pour réussir cette étude de personnages, il fallait bien entendu que le cast suive, et de ce côté-là, il n’y a tellement pas de souci que j’étais même déçue que les gens commencent à mourir (mais bien sûr l’histoire marcherait pas exactement pareil si personne ne se faisait tuer). Les acteurs sont tous excellents, donnant aux personnages tout ce qu’ils ont, selon la personne, de pathétique, de détestable, de charismatique, et parfois même de drôle lors de certaines scènes (une de mes répliques favorites : « Remettons-nous en à Dieu… mais on ferait peut-être aussi bien de fermer nos portes à clé »). Miranda Richardson est délicieusement antipathique, j’étais ravie de voir Sam Neill à nouveau (car ça faisait longtemps pour moi), Charles Dance avait énormément de présence… et dans tout ça, il y a deux personnages que j’ai particulièrement regardés, à savoir Vera Claythorne (interprétée par Maeve Dermody, que je ne connaissais que de Black Water), et Mr Lombard (Aidan Turner).

 

Vera, elle, nous sert de protagoniste, et ça nous met dans une drôle de position. Parce que dans un sens, grâce à l’interprétation de l’actrice, il y a une tristesse et un regret chez elle qui semblent sincères et font peser autour d’elle une atmosphère mélancolique, qui fait qu’on a envie de la prendre en sympathie. En plus, très tôt, dans le train à l’aller, on la voit très mal à l’aise face au regard appuyé de Lombard, puis essayer de repousser ses avances déplacées, et lorsqu’elle commence à flipper (à raison), et énoncer sa théorie (justifiée), elle se voit accusée d’être en proie à une hystérie typiquement féminine (c’est eux qui le disent), et bref, elle est dans une position de victime au milieu d’hommes qui ne l’écoutent pas, ce qui fait qu’on a envie de prendre son parti, d’autant qu’on sait qu’elle a raison (et puis pour ma part, je reconnais la situation des attentions déplacées, donc ça me fait compatir d’autant plus). Mais à côté de ça, elle est accusée d’un crime elle aussi, et puisque tous les autres accusés semblent être coupables, on se dit que notre protagoniste aussi l’est sans doute, non ? Donc on la suit dans cette histoire, on l’encourage, et à la fois on redoute un peu qu’on nous révèle quelque chose de bien sombre comme il faut. Ce qui créé bien entendu une tension très appréciable.

 

Quant à Lombard, au-delà du fait que j’aime Aidan Turner et que la série a la très bonne idée de lui enlever ses vêtements et le faire se balader avec une simple serviette autour de la taille (well done show, well done), il a un personnage intéressant parce qu’il se retrouve à être, comme il dit, le seul personnage honnête dans un repère de menteurs. Et tous ces menteurs, bien emmitouflés dans leurs faux-semblants et leur respectabilité, le regardent avec dégoût, le traitent de monstre, alors que quand les masques tombent, on se rend compte qu’ils ne sont pas bien reluisants eux-mêmes. Cela n’enlève rien à ce que Lombard a fait de mal, mais par sa présence et sa franchise, il souligne vraiment l’hypocrisie des autres, qui semblent également représenter des rouages de la « haute société » (un médecin, un juge, un policier, un avocat… même les domestiques font partie de ce « système » en quelque sorte), dont on imagine donc également l’hypocrisie générale.

 

Bref, que vous connaissiez l’histoire ou pas, And then there were none est une adaptation très appréciable de l’œuvre d’Agatha Christie, avec un casting charismatique et solide, et une atmosphère réussie, même si je ne suis toujours pas fan de l’opening. En clair, n’hésitez pas.

[Comptine assassine] And then, there were none
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