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Sorti en 2015

Réalisé par Takimoto Tomoyuki

Ecrit par Aoshima Takeshi

D’après le roman d’Isaka Kotaro

Dure 2h

 

Avec :

Ikuta Toma >>> Suzuki

Asano Tadanobu >>> Kujira

Yamada Ryosuke >>> Semi

Et d’autres gens

 

Dontesque ?

Lorsque sa petite-amie meurt, victime parmi d’autres d’un attentat, Suzuki, un professeur de collège, décide de quitter son travail, pour essayer de se venger. Par ailleurs, en même temps, Semi, un tueur à gages, est engagé pour tuer Kujira, un autre tueur à gages qui sait apparemment trop de choses.

 

Fiche Ecrans d’Asie : ici

 

 

.oOo.

Le retour d’Ikuta Toma dans cette Semaine Anniversaire \O/ Etant en pleine exploration de la filmographie d’Ikuta Toma dans le cadre de cette semaine, le détour par Grasshopper s’imposait. Néanmoins, j’avais d’autres motivations ici (et un crush pas encore cité lors de cette SA, qui explique sa présence ici). La première, c’est que le reste du casting m’enthousiasmait également : j’aime bien Asano Tadanobu (parce que j'ai pas le choix, SALT m'a menacée), et surtout, j’avais envie de voir ce que Yamada Ryosuke (crush en question… IL A GRANDI OKAY ;A;) donnerait dans un rôle d’assassin barré, parce que jusque-là, je ne l’ai vu que dans des rôles plutôt cleans, et que je me demandais s’il allait s’en sortir. Ma seconde motivation, c’était que le film est basé sur un livre de Kotaro Isaka, et que si je n’ai lu que Pierrot la gravité de lui (La mort avec précision est quelque part dans ma bibliothèque aussi, mais le monsieur n’a pas été assez traduit en France du tout), plusieurs de ses romans ont été adaptés en films, donnant généralement des résultats que j’ai beaucoup aimés (regardez The Foreign Duck, the Native Duck and God in a Coin Locker, les gens), et j’ai retenu que Kotaro Isaka = bien. Et j’aimerais vraiment bien lire le roman Grasshopper d’ailleurs, mais bien entendu il n’a pas été traduit, becoz… becoz ça craint, voilà. Enfin, au moins, j’ai pu voir le film, et grâce à ce film, j’ai découvert un truc important : je peux me taper le gore d’Evil Dead 2013 sans ciller, y a pas de souci, mais un gros plan de trois secondes sur un criquet me met extrêmement mal à l’aise. Je ne déconne pas : je regardais l’écran avec un œil fermé, et à un moment donné j’ai cru qu’il allait sauter sur le protagoniste alors j’ai porté les doigts à mon visage. Voilà, voilà. Heureusement, malgré le titre, il n’y a pas beaucoup de vrais criquets dans le film, ouf, et il n’a pas été trop dur à regarder. A vrai dire, il était même tout à fait agréable à regarder. En particulier autour de Yamada Ryosuke, bizarrement, mais c’est peut-être parce que Ryosuke lui-même est joli à regarder, tout comme le film, dont j’ai notamment beaucoup aimé les couleurs.

 

Oh, et puisque Yamada Ryosuke faisait partie des choses qui me rendaient curieuse, on va tout de suite répondre à la question qui, j’en suis sûre, vous taraude : était-il bon ? Eh bien… oui ! J’ai été surprise, mais oui. J’en ai pas hurlé à l’oscar, mais il était bon, et ça m’a fait plaisir. Quand je pense que je l’ai vu tout petit et que maintenant il tue des gens au couteau dans des films avec des grandes giclées de sang, aw :’) Oui, parce qu’il y a des moments un peu violents dans ce film, au fait. Rien de non plus insoutenable à mon sens (à l’exception de l’ouverture du film), mais on plonge quand même dans un monde d’assassins, donc forcément, ça peut pas être complètement Bisounoursland. Et le personnage de Ryosuke est le plus sanglant, parce qu’il utilise un couteau, donc forcément. Et en plus, il a même l’air d’aimer ce qu’il fait, d’une certaine façon. Cela dit, pour moi, le moment le plus violent reste l’ouverture où un homme drogué, dans une mission terroriste, fonce avec une voiture dans une foule qui fêtait Halloween dans Shibuya. Ce n’est même pas tant le moment où il fonce avec la voiture que je trouve affreux, mais l’après, les gens qui pleurent sur les corps de leurs amis au sol. Et après cela, viennent les gens qui prennent des photos, les partagent, insensibles à l’horreur, avec des (littéralement) « C’est sanglant. Faisons tourner XD », avant que la vie reprenne son cours comme si de rien n’était. La société est malade, les gens sont malades, et à vrai dire, c’est le thème du film, désolée pour ceux qui voulaient un documentaire sur la vie des criquets : il faudra aller chercher votre film d’horreur animalier ailleurs. Néanmoins, vous vous demandez peut-être ce que tout ça peut bien avoir comme rapport avec ces êtres démoniaques, et l’explication nous vient au cours du film. Je cite : 

Quand il y a surpopulation, une mutation se produit, dans une « phase de grouillement ». Ils prennent une couleur plus sombre, leurs ailes grandissent, et ils se font agressifs. Afin de pouvoir manger quand il n’y a pas assez de ressources pour tous… Les gens, c’est pareil.

Dès la première scène, lorsque le monsieur drogué fonce sur la foule, on lui dit de tuer ces « insectes », et avant ça, lorsqu’on nous montrait Shibuya noir de monde, ma première pensée avait été « bordayl, ce monde o.o » : les gens sont pressés les uns contre les autres, et ils sont tellement que certains d’entre eux finissent par considérer la vie des autres comme aussi insignifiante que celles d’insectes (alors qu’en plus on sait tous que les abeilles font tourner le monde, tss). Les « ressources » qu’ils se disputent ne sont pas nécessairement de la nourriture, on a parfois même le sentiment qu’ils ne se disputent rien,  mais le monde trop occupé, trop bondé, trop constamment en mouvement les rend dingues et agressifs, et ils mutent. De différentes façons. Certains, comme les gens qui prenaient les photos des morts sur la route, deviennent indifférents, certains ont des hallucinations comme l’assassin interprété par Asano Tadanobu qui vit avec les fantômes de tous les gens dont il a causé la mort, et dans le cas de Semi (Yamada Ryosuke), il a un sifflement, un bruit constant dans les oreilles, qui le rend dingue et ne s’arrête que lorsqu’il tue. Ou lorsqu’il parle avec son seul ami, comme si un lien sincère pouvait également pallier la folie… mais reste à savoir si un tel lien peut durer longtemps dans un monde qui vire au cauchemar. A vrai dire, Semi et Kujira (Asano Tadanobu) sont tous deux étrangement pas antipathiques, parce que Kujira traîne une fatigue et une culpabilité évidentes, tandis que dans les moments qu’il partage avec son ami, Semi devient un jeune homme semblant tout ce qu’il y a de plus normal, et on a droit à des scènes presque touchantes. C’est que le film, plutôt que de montrer la descente dans la violence de façon horrifique, préfère souligner ce qu’elle a de complètement absurde. Et rapide, aussi : le film se déroule sur seulement deux jours.

[Danger de mutation] Grasshopper  グラスホッパー[Danger de mutation] Grasshopper  グラスホッパー
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Vous remarquerez que, dans tout ça, je n’ai toujours pas parlé d’Ikuta Toma, qui est pourtant censé être le personnage principal de toute cette affaire, et pour qui j’ai quand même en partie regardé le film… et c’est parce que le personnage est très… retiré ? Ce n’est pas vraiment le mot, il est plutôt « visiteur ». C’est-à-dire qu’il est parfois périphérique à l’action, mais aussi parfois en plein dedans, sauf qu’il est juste… dedans. Il ne fait que se trouve au milieu. A la fin du film, lors d’une scène que j’adore, deux personnages le voient sortir d’un bâtiment, et se demandent « mais c’est qui celui-là ? » tandis que Suzuki (Toma, donc) constate ce qui s’est passé. Il est au cœur de l’action, mais il n’en est pas acteur, il est juste là. Le scénario lui arrive, et quand il l’influence, c’est généralement sans trop savoir comment, et plus par hasard. Parce que dans tout ce bordel, Suzuki représente le criquet qui n’a pas encore muté, et qui a encore une chance de s’en sortir s’il ne se frotte pas trop à la folie des autres, ou arrive à ne pas la laisser le souiller en tout cas. Je pense que toute l’idée est de nous faire espérer qu’il ne va pas trop s’impliquer, ce qui devient de plus en plus évident vers la fin, tandis que divers éléments nous sont livrés. La fin, à vrai dire, est vraiment le moment où tout s’est imbriqué pour moi.

 

Et voilà mon souci : j’ai beaucoup aimé penser au film après coup, et j’ai aimé la fin, c’est le moment où j’ai apprécié ce qu’avait fait le film, mais avant ça, je ne peux pas dire que j’étais très intéressée par Grasshopper. Parce que, en grande partie, Suzuki semble effectivement très déconnecté du reste et fait un protagoniste assez frustrant. Ikuta Toma n’est pas mauvais du tout, mais le personnage m’a parfois agacée, je ne l’ai pas trouvé très intéressant, et chaque fois que le film revenait sur lui, il semblait subitement largement plus ennuyant. Tout Grasshopper, tandis que je le regardais, me donnait l’impression d’avancer lentement, et d’être très disjoint, encore que bien interprété et joli à regarder. J’ai eu du mal à m’investir dans l’histoire, je me suis souvent ennuyée, et même si Asano Tadanobu et Yamada Ryosuke rendaient l’expérience plus plaisante chaque fois qu’ils étaient à l’écran, il y avait pas mal de moments de creux. Bref, j’ai galéré pendant une bonne partie du film, ne l’appréciant réellement qu’une fois fini, et tandis que j’écrivais le plan de cet article après y avoir réfléchi. Du coup, peut-être que ce serait intéressant à revoir maintenant ? Mais honnêtement, je n’ai pas spécialement envie de le faire. A la place, je lirais plutôt le livre (mais encore une fois, ce n’est pas possible…T.T).

 

Voilà, c’est un film que j’ai apprécié une fois terminé, mais pas pendant que je le regardais. Du moins, pas tout le long de mon visionnage, vu qu’il y avait quand même des scènes plus intéressantes que d’autres (en général, dès que Semi et Kujira apparaissaient, jusqu’à ce que Suzuki revienne plomber l’ambiance). Pour moi, il y avait un déséquilibre d’intérêt entre les axes. Je ne peux pas reprocher au film d’avoir fait sembler Suzuki aussi déconnecté du reste, vu que c’est toute l’idée du personnage, stalké par un criquet (T.T) qui attend de voir s’il va sombrer avec le reste ou pas, mais même comme ça, et même en faisant du personnage un M. Tout le monde, j’aurais aimé qu’il soit plus intéressant, ou que ses scènes aient plus de punch, quelque chose, afin que le film entier ne me semble pas ralentir chaque fois qu’on en revenait à lui. Donc je ne sais pas si je vous recommande le film… Vous aviserez bien~ 

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