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Sorti en 2012

Réalisé par Park Jung Woo

Ecrit par Park Jung Woo, Kim Kyoung Hoon & Jo Dong In

Dure 1h49

 

Avec:

Kim Myung Min >>> Jae Hyuk

Moon Jeong Hee >>> Kyung Soon

Kim Dong Wan >>> Jae Pil

Lee Honey >>> Yeon Joo

 

Dontesque ?

La Corée du Sud se retrouve aux prises avec une maladie poussant les gens à se noyer dans leurs derniers instants, et un père de famille doit tout faire pour trouver une solution, car sa femme et ses enfants sont touchés, et qu’il ne leur reste pas beaucoup de temps.

 

Fiche Ecrans d'Asie: ici

 

 

.oOo.

Un jour, j’ai demandé à ce qu’on me recommande des dramas d’horreur (parce que finalement, j’en connais très peu ! De vrais dramas d’horreur, j’entends, pas juste des dramas avec un fantôme qui traîne ici ou là)… plus précisément, j’ai demandé des conseils de dramas japonais d’horreur surnaturelle. Du coup, forcément, on m’a conseillé un film coréen n’ayant strictement rien de surnaturel :D

 

Of course.

 

Enfin au moins, c’était effectivement de l’horreur (pfiou), et vous me connaissez : je dis parfois « plus tard », mais rarement « non » à un film d’horreur (et par rarement, je veux dire « jamais », mais il parait qu’il ne faut jamais dire « jamais »). En plus, celui-là, il avait quand même deux arguments en particulier allants en sa faveur : le premier, c’est que c’est un film s’inscrivant dans le genre pandémie (à l’échelle nationale, OKAY, donc c’est pas vraiment une pandémie, mais… un peu quand même, on va dire), et que je n’en ai pas vus tant que ça en provenance de Corée du Sud. Je ne dis pas qu’ils n’existent pas (par exemple, il y a Train to Busan, ou The Flu), simplement qu’il n’y a pas l’air d’en avoir des masses, en tout cas pas mis en avant, et donc, j’étais forcément curieuse. Et puis à côté de ça, il se trouve que Kim Dong Wan est dans le film, et si vous ne savez pas qui est Kim Dong Wan, bande de sales incultes, il s’agit d’un membre du groupe Shinwha. Or j’ai une amie surfan de ce groupe qui a essayé de me convaincre pendant longtemps de regarder Dong Wan jouer, sauf qu’elle n’arrêtait pas de me proposer Cheer Up Mr. Kim (120 épisodes, quand même) qu’elle n’avait pas trop aimé, au lieu de me proposer Deranged (qu’elle a aimé), de peur que l’idée de regarder un film d’horreur me rebute… ce qui, je pense, prouve surtout que nous avons un souci de communication assez balèze, parce que clairement elle ne sait rien de moi… mais bref, voilà, c’est fait, j’ai regardé Dong Wan jouer. Parlons du film.

 

Au final, je pense que ce qui avait le plus piqué ma curiosité (c’est-à-dire la pandémie made in la Corée du Sud... désolée Dong Wan) est effectivement ce qui a fini par me plaire avant tout. Nous vivons sur une planète largement constituée d’eau, que nous aimons bien pourrir en plus, et la Corée du Sud, bien qu’elle ne soit pas une île, est quand même pas mal entourée d’eau, si bien que l’idée que celle-ci soit la menace numéro 1 est très anxiogène. Et pas *juste* parce que ça fout Jeju vraiment dans la merde, mais aussi parce que comme nous ne sommes pas des cailloux (#coursdebiologieavecMila), nous avons *besoin* d’eau pour survivre, si bien que le film transforme ce qui nous maintient en vie, en ce qui nous tue. C’est une idée qui me plaisait, et je la trouve bien exploitée par le film. Les effets spéciaux m’ont semblé tout à fait corrects, et je n’ai jamais trouvé que le film faisait trop cheap pour que j’y croie. Je trouve également que Deranged réussit à faire ressentir l’échelle à laquelle se déroule l’histoire, rendant bien le sentiment de panique nationale (et bien entendu, on n’échappe pas au plan inévitable de la gosse figée sur place qui pleure au milieu d’une foule en panique pendant la catastrophe, donc ouf, cliché respecté… ! Plus sérieusement, c’était pas vraiment dérangeant, mais ça m’a fait sourire on va dire). Il y avait, par ailleurs, quelque chose de particulièrement glauque à regarder ces cadavres flottant sur l’eau, tête vers le bas, dans les rivières traversant la ville. Je ne dirais pas que le film fait vraiment peur, ou en tout cas il ne m’a pas fait peur à moi, mais il a quelque chose d’un peu dérangeant, parce qu’on y voit vraiment l’humanité mourir de maladie, les corps s’accumulant, ce qui est quand même fort peu cool, à moins bien sûr que vous soyez un ours polaire commençant à trouver la banquise vachement moins spacieuse qu’avant.

 

J’ai cherché ce qui me perturbait autant dans cette image des morts dans les fleuves et rivières, et je pense que cela tient à trois choses : déjà, les cadavres qui s’accumulent, c’est rarement très gai, ensuite il y a effectivement le fait que ces morts pourrissent dans le liquide qui nous maintient en vie, arrive dans nos maisons, etc, et donc contaminent la ville, et enfin, il y a aussi l’effet de silence, véhiculée par l’eau tranquille. A moins que vous ayez vécu sous un rocher ces dernières années, vous avez dû vous rendre compte que les zombies sont à la mode depuis un petit temps déjà (même la Corée du Sud s’y est mise avec le précédemment mentionné Train to Busan), et c’est vrai que quand on me parle d’épidémie menaçant l’humanité, mon esprit a tendance à tout de suite penser « zombies ». Je pense à the Walking Dead, à 28 days later, et même à des trucs du genre I am Legend ou the Maze Runner, qui n’ont pas vraiment de zombies, mais quelque chose qui y ressemble un petit peu. Ce que toutes ces œuvres ont en commun, c’est de présenter une masse de personnes malades (et/ou mortes) qui sont devenues agressives et attaquent les personnes saines/vivantes. Dans Deranged, les personnes malades n’ont pas envie de manger les autres, et ne sont même pas contagieuses, se contentant de se montrer agressives si on les empêche d’atteindre le point d’eau où elles boiront jusqu’à se noyer. Il n’y a de conflit que si on ne les laisse pas mourir. Sinon, on peut juste les regarder crever. Et je trouve ça glauque d’une autre façon. 

[Eau non potable] Deranged  연가시[Eau non potable] Deranged  연가시
[Eau non potable] Deranged  연가시
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Maintenant, bien entendu, le fait qu’on n’ait pas de zombies dont faire exploser les cervelles dans Deranged ne signifie pas qu’il n’y a pas de danger ou de sens de l’urgence. Déjà parce que, comme je le disais, les gens se font agressifs quand on les empêche de rejoindre les cours d’eau et qu’apparemment beaucoup de gens ne semblent étrangement pas chauds à l’idée de laisser leurs proches/la population se « suicider », ce qui forcément entraîne des confrontations. Mais aussi parce que dans grand nombre d’histoires zombiesques, une bonne partie du danger vient des vivants, de la société qui s’effondre, et de ce que l’instinct de préservation peut faire faire aux gens.. et dans Deranged, on retrouve tout cela, tandis que le film explore la réaction des gens face à la crise… or les gens en panique, surtout lorsque le gouvernement n’est pas préparé et vraiment pas doué à le cacher, ils ont vite fait de devenir dangereux, surtout si en plus on leur fait comprendre qu’il y a un médicament, mais qu’il n’y en aura pas assez pour tout le monde. Quand on voit ce que l’annonce de soldes peut faire à une foule, je vous laisse imaginer ce que ça donne quand on leur dit « eh, j’ai de quoi permettre à une personne sur dix d’entre vous de survivre :D » (et encore je trouve que la situation dégénère bien moins qu’elle aurait pu). Le film glisse d’ailleurs une petite critique du capitalisme dans son histoire, mais je l’ai trouvée un peu faible, pour être honnête. Elle arrive trop tard à mon goût, mais surtout, je crois qu’elle n’a pas pris pour moi à cause de ce que la menace capitaliste semblait avoir « d’isolée » finalement, au lieu d’être un gros problème de système national. Ok, c’est dur de dire tout ça sans spoiler, mais en gros, pour moi, ça n’a pas vraiment pris.

 

Ce qui ne m’a pas empêchée d’apprécier le film, of course, et pour revenir à ce que je disais, le danger est bien là, et le sens de l’urgence aussi, surtout le sens de l’urgence même, parce que le gouvernement a sa population à sauver (vu que sinon il ne gouverne pas sur grand-chose, en plus) et que le personnage central, lui, doit sauver sa femme et ses deux gosses, malades.

 

Au début, pour être honnête, j’ai eu un peu de mal à accrocher à notre personnage principal, Jae Hyuk. Kim Kyung Min, l’acteur, est très bon, il n’y a pas de souci (ni de surprise, parce qu’il est généralement bon), mais simplement le personnage me rebutait un peu car si je comprenais qu’il soit dans une situation difficile et stressante, il m’était rendu assez antipathique par son attitude chez lui, où chaque fois qu’il rentrait, il se mettait à crier sur sa femme et ses gosses, même quand sa femme essayait de lui proposer de se mettre à travailler pour l’aider à les sortir de ce mauvais pas. Bien entendu, c’est toute l’idée du film : le personnage réapprend la valeur de ses proches, l’amour qu’il porte à sa famille, lorsqu’il se retrouve subitement confronté à la perspective de les perdre et doit faire tout ce qu’il peut pour les sauver. Donc forcément, s’il les avait déjà appréciés, il n’aurait pas eu grand-chose à apprendre, mais n’empêche qu’au début, c’était un peu trop poussé pour moi, et j’ai eu du mal à avoir envie de le suivre. Et ça valait pour son frère (interprété par Kim Dong Wan, qui n’était pas bordé d’une lumière divine me hurlant « voici ton nouvel acteur favori », d’autant que le rôle ne s’y prêtait pas, mais il était bien, donc yay !) qui avait un côté loser égoïste prononcé (oui, il voulait se rattraper auprès de son frère qu’il a mis dans la merde financière… mais en pompant l’argent de sa copine, donc bon), mais bien entendu, pour lui aussi le film est un voyage vers l’amélioration personnelle, et la réconciliation familiale si possible. Donc malgré des réserves au début qui ont fait que je n’ai pas eu le coup de foudre, petit à petit, j’ai commencé à rentrer dans la course des personnages (d’autant que je suis pas fan de laisser crever des gosses, donc par principe…).

 

A la fin, je dirais simplement que dans la course effrénée en question, il y avait quelques petites répétitions, mais pas au point de vraiment faire du mal au film à mes yeux, si bien que je n’ai pas ressenti de longueur (par contre j’ai éclaté de rire lors de la toute dernière image du film, et je n’arrive pas à savoir si c’était voulu parce que le film a quand même une ou deux scènes censées faire rire, je pense, ou si c’est juste un effet tombé à l’eau… en tous les cas, c’était drôle).

 

Je me suis en fait beaucoup amusée à regarder Deranged. J’aurais aimé ressentir plus d’affection pour les personnages principaux, peut-être ne pas avoir l’explication à la maladie aussi rapidement afin de préserver le suspense un chouïa plus longtemps (même si je comprends que le but du film n’était pas de parler de la maladie elle-même, mais de la réaction des gens), et en général ce n’est pas un film qui va sans doute me rester en mémoire toute ma vie, ou toute l’année, mais le rythme est prenant, j’avais vraiment envie qu’on sauve ces gens, et je suis toujours amatrice d’idées et imagerie glauques, bien entendu. En bonus, j’ai à présent vu jouer Kim Dong Wan et il m’a laissée sur une impression positive, donc en clair, j’ai pas perdu mon temps et Deranged est un « thriller catastrophe » (j’invente plus ou moins des catégories ?) qui m’a parlé~

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