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Sorti en 2014

Réalisé par Ishii Yuya

Ecrit par Okudera Satoko

Dure 2h12

 

Avec :

Tsumabuki Satoshi >>> Reggie Kasahara

Kamenashi Kazuya >>> Roy Naganishi

Katsuji Ryo >>> Kaye Kitamoto

Kamiji Yusuke >>> Tom Miyake

Ikematsu Sosuke >>> Nojima Frank

Takahata Mitsuki >>> Emmy Kasahara

Miyazaki Aoi >>> Sasaya Toyoko

Santamaria Yusuke >>> Horiguchi Torao

etc

 

 

Dontesque ?

Le film raconte l’histoire vraie de comment une équipe japonaise de seconde génération d’immigrants va commencer à enchainer les victoires dans un contexte (le Canada à l’aube de la Seconde Guerre Mondiale) de discrimination à leur égard.

 

Fiche Ecrans d’Asie : ici

 

 

.oOo.

Oui, forcément, si on me réunit un casting pareil, aussi. C’est-à-dire que moi Kame, de base, même quand il n’est pas vraiment bon, ça suffit à me motiver à regarder n’importe quoi, alors si en plus on me rajoute Tsumabuki Satoshi (que je n’ai jamais vu être mauvais, pour le coup), Katsuki Ryo (pour qui j’ai une sympathie générale) et même Yusuke Santamaria dans un petit rôle, forcément, forcément. Je ne savais même pas vraiment de quoi le film allait parler, mais j’étais déjà partante. Et… honnêtement, j’ai un peu honte. Parce que justement, je ne savais pas du tout de quoi ça allait parler. Bon, étant donné que je ne suis vraiment pas branchée baseball ou sports du tout (ce qui n’est pas un souci, car ce film, comme beaucoup de films de sport, est plus centré sur les joueurs que sur le sport lui-même, et bordayl, j’étais à fond derrière eux, j’ai même laissé échapper quelques cris d’encouragement) je n’ai pas honte de ne pas avoir su qui était l’équipe Asahi, mais en revanche le film m’a pas mal envoyé au visage mon ignorance sur l’immigration japonaise au Canada, et ça j’ai trouvé cela bien plus regrettable. Enfin, au moins ça m’a poussée à aller apprendre des choses, donc je vais retenir cette retombée positive. Ainsi que le fait que le film m’a vraiment beaucoup plu.

 

Donc notre histoire se situe à Vancouver dans les années 30, et nos personnages principaux appartiennent à la seconde génération d’immigrants japonais, c’est-à-dire que leurs parents sont nés au Japon puis sont venus au Canada, tandis qu’eux sont nés au Canada. Et c’est intéressant de voir comment ces deux générations d’immigrants vivent dans le pays qui les a accueillis ou vus naître. La Seconde Guerre Mondiale se profile déjà à l’horizon, et les tensions montent, si bien que les japonais, déjà victimes de discrimination à la base (ils doivent bosser deux fois plus dur que les autres dans de moins bonnes conditions et pour de plus petits salaires, par exemple, mais en général ils n’ont juste pas les mêmes droits et opportunités que les autres) se retrouvent dans une position d’autant plus compliquée. Non seulement par rapport au canadiens, mais même entre eux, il y a des tensions, parce que les deux générations ne sont pas toujours d’accord l’une avec l’autre. D’un côté on a les jeunes, la seconde génération à laquelle appartient Reggie (Tsumabuki Satoshi), qui ont appris l’anglais et veulent s’intégrer à leur pays, et en face on a la première génération, celle du père de Reggie (interprété par Sato Koichi) qui, pour certains, refusent d’apprendre l’anglais, et envoient leur argent au pays, parce qu’ils sont encore très patriotes. Bien entendu, les générations ne sont pas « homogènes », tout le monde n’a pas la même attitude, mais on voit quand même qu’il y a une différence entre les deux, parce que la seconde génération, elle, n’a pas connu le Japon. Un personnage, Frank, fait d’ailleurs la remarque que s’il retournait au Japon, il serait un immigré là-bas aussi, et que finalement il ne sait pas où il serait le moins bien accueilli. Bref, ils ont un peu le cul entre deux chaises, et c’est encore plus vrai pour notre équipe de baseball, que leur communauté voit comme des ambassadeurs auprès des « blancs » et aussi des porteurs d’espoir, qui seraient capables de prendre une revanche sur leurs oppresseurs en gagnant les compétitions.

[Go low to get higher] The Vancouver Asahi  バンクーバーの朝日
[Go low to get higher] The Vancouver Asahi  バンクーバーの朝日

J’ai trouvé que le film faisait du bon travail quand il s’agissait de présenter chaque point de vue, et j’ai apprécié le fait qu’il ne parte pas dans le « noir ou blanc ». Par exemple, on a plusieurs personnages de canadiens qui semblent plutôt décents. Comme la professeur d’Emmy (la sœur de Reggie), la vieille dame chez qui elle est domestique, ou encore des gens lambdas qui s’insurgent quand l’équipe Asahi est victime d’injustice. On a aussi des canadiens à l’attitude bien plus raciste et discriminante, et dans ceux qui ne le sont pas, ça ne veut pas dire qu’ils prennent tous position (auquel cas ils participent au système), même si certains oui. Mais le film, je trouve, a la bonne idée de présenter l’oppression comme quelque chose de systémique (et donc plus difficile à combattre), et ensuite de proposer des individus dans ce système qui y adhèrent, n’y adhèrent pas, n’y font rien, protestent un peu, en profitent, etc, il y a de tout. Par contre, puisqu’on parle de ces canadiens, j’ai été gênée par les acteurs je dois dire. Bon, déjà, c’est vrai que certains acteurs n’ont pas un anglais super glorieux, ce qui pouvait être un peu décrédibilisant pour certains (pas tous), mais surtout les acteurs non-japonais n’étaient pas tous très bons, et cela devenait dérangeant lors de scènes où ils balançaient une remarque à notre équipe de baseball, et où je ne savais sincèrement pas s’ils étaient en train de se moquer de nos protagonistes ou de les encourager, tandis que l’opinion générale semblait évoluer en faveur d’Asahi. Et forcément, c’était un peu gênant.

 

Enfin, au centre du film, nous avons donc Tsumabuki Satoshi et Kame. Le reste de l’équipe est bien entendu essentiel, mais le film s’articule quand même majoritairement autour de ces deux-là. Et je dois admettre que Kame m’a fait sourire, mais le pauvre, ce n’est pas sa faute. Enfin pas entièrement. Parce que oui, le fait est que ce n’est pas le plus grand acteur que la Terre ait porté, si bien qu’il n’arrive pas toujours à se faire oublier dans les rôles, mais aussi c’est vrai que je suis polluée parce que je suis très fan de Kame en dehors de ses rôles (notamment le fait qu’il sache jouer au baseball, c’est un truc qui revenait souvent sur le tapis dans les émissions). Enfin, je l’ai quand même vraiment bien aimé, j’ai trouvé qu’il se débrouillait bien dans le rôle de Roy, le meilleur joueur de l’équipe qui peine simplement à trouver une vraie raison de jouer, tant il est fatigué par sa situation. Il fait un bon compagnon à Reggie, parce que là où Reggie a tendance à s’écraser et ne pas faire de vagues inutiles afin de ne pas envenimer les situations, Roy fonce plus souvent dans le cas, étant en colère de manière générale. Les deux jeunes hommes font un bon duo, qui apprend à mieux se comprendre, et déteignent l’un sur l’autre pour former une jolie amitié. Tsumabuki Satoshi, dans le rôle de Reggie, capitaine de l’équipe qui n’avait rien demandé et n’est pas certain de savoir comment mener les autres, est très bon, et la véritable star de ce film. Le personnage est très attachant, j’ai aimé à la fois le voir gérer ses problèmes de famille (notamment ses engueulades avec son père, parce qu’ils ont tous les deux, comme je l’ai précédemment abordé, des attitudes très différentes vis-à-vis de leur pays) et petit à petit en avoir marre de perdre tout le temps, et user d’intelligence, des moyen qu’ils ont, pour faire gagner son équipe. Tsumabuki Satoshi rend très bien le caractère un peu timide de son personnage, il m’a souvent touchée, et il reste toujours agréablement sobre dans un film qui, en général, n’est de toute façon pas agité du tout (et c’est très bien).

[Go low to get higher] The Vancouver Asahi  バンクーバーの朝日
[Go low to get higher] The Vancouver Asahi  バンクーバーの朝日
[Go low to get higher] The Vancouver Asahi  バンクーバーの朝日

Les couleurs plutôt marron/orange du film lui donnent tout de suite quelque chose d’un peu mélancolique et « passé », et le film est très calme, très silencieux. Enfin il y a de la musique (même qu’au début je l’avais trouvée un peu générique... mais après ça s’arrange) mais aussi beaucoup de moments de silence, ce qui m’a beaucoup plu, j’ai vraiment aimé cette ambiance posée. On a aussi plusieurs plans presque statiques, où des groupes de personnages sont filmés de loin comme s’ils faisaient partie de tableaux, ce qui accentue encore l’impression de passé. Le film prend son temps, et loin de m’être ennuyée, j’ai trouvé ça reposant, et ça me laissait l’opportunité de me sentir proche des personnages. Après, au niveau du rythme, c’est vrai qu’il y a quand même quelques petits couacs. Par exemple, parfois, le film va prendre le temps de nous montrer des personnages qui ne semblent pas apporter grand-chose à l’intrigue. Je pense notamment aux prostituées qui apparaissent une ou deux fois et qui, finalement, semblent très anecdotiques, et prendre du temps d’écran pour pas grand-chose, d’autant qu’elles peuvent sembler casser le « flow » du film. De même, à la fin du film, j’ai eu le sentiment que The Vancouver Asahi passait très vite sur certaines choses pour arriver à sa conclusion. Mais en vérité, je pense que je vois ce que le film essayait de faire. Parce que the Vancouver Asahi ne parle pas vraiment de baseball, ou en tout cas pas seulement : ça parle d’une communauté et d’une époque, si bien qu’il était, notamment, important de nous montrer la vie du quartier. C’est fait de façon légèrement maladroite sur le moment, mais quand on arrive au bout du film, j’ai trouvé que c’était finalement efficace, et même si je pense que ça aurait pu être mieux fait, l’émotion était là, et les intentions du film m’ont semblé claires.

 

Au final, donc, j’ai beaucoup aimé the Vancouver Asahi. J’en suis ressortie avec un goût doux-amer dans la bouche, cela m’a permis d’en apprendre sur un pan d’histoire que je ne connaissais pas, j’ai trouvé les personnages engageants, le casting bon, et le film m’a aisément embarquée dans son ambiance et son rythme. Ici et là, il y a quelques petites choses qui auraient pu être mieux gérées mais dans l’ensemble, j’ai beaucoup apprécié de le regarder, j’ai été touchée par ce film, et bref je ne regrette pas de l’avoir lancé~

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