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Sorti en 2007

Réalisé par Jeong Yoon Chul

Ecrit par Jeong Yoon Chul & Yoo Kab Yeol

Dure 1h54

 

Avec :

Cheon Jo Jin >>> Le père

Moon Hee Kyung >>> La mère

Kim Hye Soo >>> La tante

Hwang Bo Ra >>> La fille

Yoo Ah In >>> Le fils

 

 

Dontesque ?

Le film suit quelques semaines de la vie de la famille Shim, dont les membres ne communiquent plus entre eux. A ce stade, ils ne se connaissent quasiment plus. Plusieurs tragédies commencent alors à leur tomber dessus.

 

Fiche Ecrans d’Asie : ici

 

 

.oOo.

 

Yoo Ah In + Jung Yu Mi + Semaine Anniversaire = must watch. Bien entendu.

 

Mais là, en plus, ce film est un peu « spécial », parce que c’est le premier rôle de Yoo Ah In au grand écran. Pas son premier rôle à l’écran tout court, mais je n’ai pas pu remonter tous ses dramas, malheureusement, faute de les avoir trouvés. Donc dans ce que j’ai trouvé, Skeletons in the closet est son premier rôle. Pas celui de Jung Yu Mi, en revanche, mais c’est leur première collaboration~ Ce qui est fort cool. Et vous savez ce qui est fort cool, aussi ? Ce film.

 

Oui, j’ai vraiment bien aimé Skeletons in the closet, même si j’ai eu étrangement du mal à déterminer exactement pourquoi. Plus exactement, j’ai eu du mal à organiser mes pensées vis-à-vis du film en général. Je savais que j’avais aimé, mais je n’étais pas sûre de savoir ce que j’en avais pensé, si ça a du sens. En tout cas, je suis certaine d’une chose : ce film est assez étrange. Il a une ambiance très posée, mais un humour absurde qui donne presque dans l’over-the-top, mais de façon sobre. En clair, il y a de l’exagération, mais sur un ton terre à terre, ce que j’ai tendance à beaucoup apprécier en général. C’est-à-dire que, par exemple, lorsque la mère de famille croit découvrir qu’elle a un cancer, elle est au téléphone pour l’annoncer, et là, avec un timing « parfait », on vient lui demander où se trouve la morgue, et c’est du genre « coïncidence grosse » mais le film traite ça avec une sobriété qui fait que c’est encore plus drôle, dans la catégorie « humour noir », bien entendu.

 

En regardant Watashi chichi ga kirai desu il y  a quelques jours, je suis retombée sur une citation de Charlie Chaplin qui disait « Life is a tragedy when seen in closeup, but a comedy in long-shot » (« La vie est une tragédie quand on la regarde en gros plan (de près), mais une comédie quand on la regarde en plan d’ensemble (de loin) ») et à mon sens, Skeletons in the Closet trouve pile poil le point de vue exactement entre les deux. On commence le film avec l’image d’une mouche dans « l’espace » . Pas beaucoup plus petite que la planète Terre, elle se fait tuer, et tombe. On zoome alors sur le personnage de Yoo Ah In, comme si le film voulait commencer par nous rappeler que nous allons regarder les personnages de près, mais que finalement, non seulement notre existence, mais également celle de toute notre planète, n’est que de la taille d’un insecte par rapport à l’Univers. Le film est toujours entre le proche et le lointain de ses personnages : on rentre vraiment dans l’intimité des protagonistes, mais en même temps, ils sont assez étranges, se comportent de façon un peu décalée par rapport à notre réalité, comme pour qu’on ne se retrouve pas complètement en eux, qu’on ne reconnaisse que des parties de nous. Encore une fois : on est entre le proche, et le pas si proche que ça.

 

Et c’est pareil pour les personnages entre eux, parce que tous les membres de la famille Shim se tiennent à distance les uns des autres. Un des grands propos de Skeletons in the closet est que les gens, et plus particulièrement les membres d’une famille, sont comme la lune, et ce pour trois raisons : la première c’est qu’elle est toujours là, on ne peut pas la fuir (à débattre), la seconde c’est que comme la lune qui n’est pas toujours entière, la famille a des hauts et des bas, elle n’est pas toujours au beau fixe, et la troisième raison, c’est que la famille a sa face cachée. A la fois pour les gens extérieurs, qui ne peuvent pas voir tout ce qui se passe au sein d’un foyer, mais aussi au sein de ce foyer lui-même, car les membres de la famille ne savent pas tout les uns des autres, tout le monde a des secrets (même le chien de la maison, c’est vous dire). C’est souvent représenté visuellement par le film : au petit déjeuner, on nous filme souvent le dos de la tête des personnages par exemple, nous cachant leur expression afin qu’il soit plus difficile de créer une connexion avec eux, de la même façon qu’ils ont du mal à trouver une connexion les uns avec les autres. D’ailleurs, en particulier au début, les personnages ne partagent quasiment jamais le même plan, ils sont toujours filmés séparément. Pas juste au sein de la famille Shim : lorsque le personnage de Jung Yu Mi parle à sa mère, on ne voit qu’elle, et son reflet dans le miroir, mais pas sa mère qui lui répond. Bref, tout le monde a une face cachée, et a du mal à se connecter aux autres.

[La face cachée de la famille Shim] Skeletons in the closet  좋지 아니한가[La face cachée de la famille Shim] Skeletons in the closet  좋지 아니한가[La face cachée de la famille Shim] Skeletons in the closet  좋지 아니한가
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Cela dit, finalement, l’action du film se déroule sur une période de temps assez réduite, durant laquelle les secrets s’empilent. Avant ça, les membres de la famille avaient des secrets les uns pour les autres, nul doute, mais pas tant que ça, et tous ces secrets sont plutôt le résultat de leur attitude. La lune a une face cachée, c’est inévitable, mais en l’occurrence le film a l’air de vouloir nous dire, quand même, que même s’il y a forcément une face cachée, il y a aussi surtout des gens qui ont cessé de regarder, parce qu’ils ne font plus aussi attention les uns aux autres. On ne peut pas savoir tout d’une personne, même de sa famille, mais on peut faire un effort, et les membres de la famille Shim ne font plus cet effort depuis un bail, donc le film ne présente pas juste la « face cachée » comme un phénomène naturel, mais en met aussi la responsabilité sur nos personnages.

 

Ils ne font plus attention : la fille de la maison est libre de suivre son professeur parce que personne ne s’intéresse à ce qu'elle fait, ni où elle est. Le fils fait n’importe quoi parce que tout le monde se fout de sa vie : au début du film on nous apprend qu’il a fait une tentative de suicide, et qu’il n’est pas allé au bout simplement parce qu’il craignait d’avoir fait une faute d’orthographe dans sa note d’adieu, et sa sœur est au courant, mais ça n’a pas l’air de l’émouvoir plus que ça, elle est plus intéressée par l’orthographe du mot. Quand la mère s’effondre, tout le monde est très zen, et personne ne va la voir à l’hôpital, c’est pour ça qu’elle rêve d’une aventure extra-conjugale. Ces personnages sont à moitié morts, à vrai dire. D’ailleurs, il y a une scène que j’adore où la mère, étant tombée, est relevée par l’homme avec qui elle rêvera d’une liaison, et quand il la redresse, c’est joué comme s’il ramassait une poupée désarticulée, et c’est exactement ce qu’elle est: un pantin sans énergie, qui a grand besoin d’un souffle de vie à nouveau. Ils ont tous cessé de se regarder les uns les autres, donc forcément, ils ne risquent pas de voir les choses, et les secrets s’accumulent, alors même que certains ne sont que de gros quiproquo.

 

Lors du générique de début du film, après la prise de photo de famille, on nous présente les personnages, et leurs noms n’apparaissent nulle part, tout ce qu’on voit d’écrit, ce sont leurs rôles : mère, lycéen, femme au foyer, employé, etc. Et c’est comme si justement tous ces gens ne voyaient plus que les rôles de chacun, sans trop voir la personne derrière. Pendant une bonne partie du film, il est question du cuiseur de riz de la famille (le riz = le repas = le moment familial), qui se fait vieux et ne marche quasiment plus. Simplement personne n’a pris la peine de le réparer ou le remplacer, se disant que ça ne valait pas le coup, et la famille Shim est dans le même état : elle ne marche plus, mais personne ne fait l’effort d’y changer quoi que ce soit. A tel point que la fille de la maison en vient à se demander à quoi rime leur vie, puisque, dit-elle « pourquoi vivre ensemble, si on ne tient pas les uns aux autres ? ».

 

Donc la question du film c’est : y a-t-il de l’espoir ? Les Shim finiront-ils par se redécouvrir les uns les autres, par réaliser qu’ils s’aiment encore, par faire un effort pour sauver leur famille ? Et j’espérais vraiment que oui. Parce que mine de rien, il y avait quelque chose d’attachant à tout ce petit monde. Aucun personnage n’est parfait, ou même sympathique tout le temps (par exemple, le fils m’a fait grimacer une ou deux fois, notamment vis-à-vis du personnage de Jung Yu Mi), mais j’avais envie de les voir réparer leur famille, je me suis sentie impliquée dans cette affaire.

 

Et dans le film, que j’ai décidément vraiment aimé. Le casting est bien entendu très bon, le film est drôle d’un humour un peu noir, un peu absurde, mais dans le calme, et à la fois il nous parle de tragédies humaines auxquelles je pouvais compatir, qu’il s’agisse de celle du fils persuadé d’être adopté, ou celle de la mère que tout le monde prend pour acquise. Je ne pouvais pas approuver les agissements de tout le monde tout le temps, et on pourrait certainement discuter de certaines choses en mode spoilers, mais ça ne veut pas dire que je ne me suis pas attachée aux personnages, et au final, j’ai apprécié le message du film que faire fonctionner une famille, ça prend des efforts, ça demande des compromis, parce que si on ne fait pas attention, les liens familiaux menacent de se défaire.

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