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Sorti en 2007

Réalisé et écrit par Furuhata Yasuo

D’après le roman d’Asada Jiro

Dure 1h47

 

Avec :

Tsumabuki Satoshi >>> Hikoshiro Bessho

Nishida Toshiyuki >>> La pauvreté

Akai Hidekazu >>> La maladie

Morisako Ei >>> La mort

 

 

Dontesque ?

1867, le Japon aborde un tournant dans son histoire, et les temps sont durs. Encore plus pour Hikoshiro, samuraï ayant perdu son poste, et ayant dû divorcer. Il vit à présent aux crochets de sa famille, une situation qu’il vit mal. Un soir, ayant un peu bu, il décide d’aller prier auprès de trois divinités ayant porté chance à une de ses connaissances. Mais saoul, il se plante d’autel, et va à la place recevoir la visite de trois divinités qu’il aurait préféré ne pas rencontrer : la pauvreté, la maladie et la mort.

 

Fiche Ecrans d’Asie : ici

 

 

.oOo.

Plus de Buki, yay ! Cela vous manquait <3 (c’est une affirmation, pas une question) Et puis faut le continuer ce Buki project, quand même !!! Donc aujourd’hui, on va gaiement causer de the Haunted Samurai, qu’honnêtement j’ai regardé parce que je pensais que c’était un film d’horreur. Enfin, non, je l’ai regardé becoz Buki et qu’il va falloir (avec plaisir) que je regarde tout de lui, mais quand est venu le moment de choisir mon prochain visionnage, j’ai en gros hésité entre Dragon Head, Tomie Rebirth et The Haunted Samurai, qui ont pour point commun de donner dans l’horreur. Bon, sauf The Haunted Samurai du coup. Mais moi j’avais pas lu le synopsis aussi ! J’avais lu “haunted”, et dans ma tête ça s’était traduit par « wouhou, horreur ! » et « Buki + fantômes = yay, vas-y, fais-moi peur, Film ». Malheureusement, j’ai pas eu peur. Moins malheureusement, au moins, tout samurai qu’il est, Buki n’a pas un bout de la tête rasée (je ne suis pas superficielle, j’ai juste lancé un culte dans lequel les cheveux de Buki sont sacrés…). Et encore moins malheureusement, à tel point que c’est plutôt cool en fait, j’ai aimé le film. Much yay. Mais vous, ça, vous vous en foutez. Non, je sens bien que votre esprit désireux de tout faire rentrer dans des cases (tss, les cheveux de Buki vous jugent) n’a qu’une question en quête : « okay, donc c’était pas un film d’horreur, mais alors c’était QUOI ?! (bordayl) ». Alors, déjà, vous vous calmez tout de suite, et ensuite, vous en faites pas, je m’en vais vous répondre : ce film était….une comédie ? un peu. Mais aussi un drame, un peu. En fait, pour résumer, ça a commencé plutôt drôle, c’est devenu plutôt triste, et ça a fini plutôt bizarre. Et je vais pas prétendre que le film était parfait, mais ça m’a plu.

 

Je dois quand même l’admettre : je suis vaguement biaisée. Pas à cause de Buki, mais parce que comme vous commencez peut-être à le savoir, j’ai un faible pour les fictions se déroulant dans des périodes de transition, des « fins d’époques », où un monde disparait, et où des gens se retrouvent un peu laissés sur la route. Il y a une mélancolie particulière à la chose (après, bien entendu, faut que ce soit bien fait, hein) et il se trouve que the Haunted Samurai tape vraiment en plein dedans, puisque l’histoire se déroule sur les années 1867-68, c’est-à-dire à la fin du régime Tokugawa. On commence alors que le dernier Shogun quitte Edo, et on assiste vraiment à une page qui se tourne. Mais j’y reviendrai (et je m’excuse un peu en avance, car je suis pas du tout experte en histoire japonaise).

 

J’ai été très intéressée par le héros, Hikoshiro. Tiens, et puisqu’on parle de lui, on va le dire tout de suite : Buki était bon dans ce film (contrairement à dans Nazo no Tenkousei dont on a parlé la dernière fois). Il rend son personnage très engageant, et même si ce n’est pas la performance pour laquelle je le noierais sous les récompenses, il est drôle quand il faut, touchant quand il faut, et il fait preuve d’une douceur naturelle qui me plait. Le film a plusieurs longues prises également où lui et ses co-acteurs montrent qu’ils ont une bonne dynamique, qui fonctionne. Je trouve ça un peu nul de la part du film d’avoir fait Buki se comporter de façon adorable avec une gamine, parce que mon cœur a failli ne pas s’en remettre et que c’est un organe dont j’aimerais pouvoir me servir encore quelques années si possible, mais je ne peux pas trop en vouloir à the Haunted Samurai non plus, et donc pour résumer Buki était bon, et Hikoshiro était intéressant.

 

A mes yeux, Hikoshiro tenait une sorte de « double rôle » dans le film.

 

C’est-à-dire que, déjà, c’est juste un jeune homme, et un jeune homme plutôt sympathique en plus. Il est sérieux, bosseur, et on l’apprend rapidement, il n’a pas été renvoyé parce qu’il faisait mal son boulot (au contraire, il est très respecté et apprécié), mais parce que deux de ses subordonnés se sont battus, donc il a endossé la responsabilité. C’est ce qui a entrainé son divorce, alors que ni lui ni sa femme n’en voulait, étant chacun toujours amoureux de l’autre. Hikoshiro est amer, il n’aime pas vivre aux crochets de sa famille, mais c’est un type bien on va dire. Il essaie une fois de reporter ses malheurs sur autrui, mais réalise rapidement que ça va à l’encontre de qui il est, et le film raconte comment il se redresse, fait face à la situation, et retrouve sa fierté, son honneur. Mais je ne vais pas trop entrer dans les détails, parce que je ne veux pas spoiler son histoire. Donc rapidement : Buki est bon, Hikoshiro est engageant, et j’ai été ravie de le suivre et le soutenir.

[Shogunat en agonie] The Haunted Samurai 憑神 [Shogunat en agonie] The Haunted Samurai 憑神 [Shogunat en agonie] The Haunted Samurai 憑神
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Plus que son évolution personnelle (que je trouve déjà intéressante), j’ai surtout été interpelée par la façon dont (à mes yeux en tout cas) Hikoshiro sert également de personnification à tout un système dont il fait partie, et par la façon dont son histoire à lui, reflète la fin de ce système. En tout cas c’est ce qu’il m’a semblé, dans ma connaissance limitée (pardon) de l’histoire japonaise.

 

La thématique du changement, et du temps qui passe est au cœur du film. Sans parler du changement de ton (qui passe de la comédie à quelque chose de plus doux-amer), on commence le film sur du noir et blanc qui se transforme très vite en couleurs, et (je vous spoile pas la conclusion, vous inquiétez pas) on finit sur un aperçu du futur, à l’époque moderne, nous rappelant que tout ce qu’on vient de voir, ben, c’est du passé : changement, temps qui passe, époques qui se terminent et deviennent de l’histoire ancienne.

 

Le film, comme je vous le disais, commence en 1867. C’est-à-dire au crépuscule de l’ère Edo, et à l’aube de l’ère Meiji. Le shogun vient de quitter Edo, qui est devenu quasiment morte d’après la narration. Hikoshiro est particulièrement affecté, parce que sa famille a un devoir de « kagemusha » vis-à-vis du shogun. Un "Kagemusha » ou « ombre guerrière » est censé être un double prenant la place du chef, histoire de le protéger de l’ennemi. S’il n’y a pas de shogun, forcément, son kagemusha, c’est-à-dire Hikoshiro, perd son utilité. Hikoshiro est l’ombre d’un homme représentant un monde et un système sur le point de disparaître. Et on pourrait avancer que les trois divinités se présentant à Hikoshiro sont les trois divinités ayant précipité la fin du régime Tokugawa. Si le bakumatsu commence en 1853, on peut remonter aux années trente pour expliquer la chute du shogunat. En 1833, à cause d’un changement climatique, les récoltes sont super mauvaises, et ça entraîne misère et pauvreté dans tout le pays, ce qui cause (et je résume beaucoup, évidemment) des agitations dans le pays, le peuple (et certains samurais) blâmant les classes sociales plus hautes, et le système. Ca, c’est pour la Pauvreté. Ensuite, en 1853 arrivent les bateaux noirs américains, menés par Matthew C. Perry. Ce ne sont pas les premiers navires étrangers que voient les japonais, mais Perry est vraiment celui qui va forcer l’ouverture du Japon, de façon agressive. Pour l’ère Edo, et le régime Tokugawa, on peut voir cette ouverture du pays, et cette infiltration étrangère comme une Maladie, qui vient envenimer encore plus leurs affaires et rendre la position du shogun encore plus instable. Ce qui nous mène en 1867, où commence notre film. En 1867, le shogun abdique, et le 3 janvier 1868, la restauration du pouvoir impérial est annoncée. Alors, en vrai, la situation ne devient complètement stable qu’en mai 1869 parce que jusque-là, il y a encore quelques partisans du shogunat et samurais attachés à l’ancien système qui résistent, mais ils sont vraiment peu, et en gros, en 1868 (année où se termine notre film) le régime Tokugawa est terminé, et avec lui l’ère Edo. Bien sûr, ça, c’est la Mort.

 

Et Hikoshiro a peut-être une chance d’échapper à la mort (je vous laisserai découvrir ça vous-mêmes), mais Edo et le shogunat, eux, non, l’Histoire ne nous laissant aucun doute à ce sujet, ce qui emplit le film d’une mélancolie que j’ai beaucoup aimée. Parce que même en survivant, Hikoshiro resterait une ombre disparaissant. Et c’est pour ça que si le film a plusieurs scènes amusantes, et ce jusqu’au bout, il se fait de plus en plus doux-amer progressivement, parce que le héros se relève tandis que son monde tombe de plus en plus en ruines. J’ai été pas mal émue par la fin d’ailleurs. Enfin, la première fin. Après il y a l’aperçu du futur, et arrive la musique de fin, qui était drôlement cheloue. Que l’histoire d’Hikoshiro se finisse bien ou mal (et à vrai dire, je pense qu’on pourrait défendre l’un comme l’autre, [spoiler] parce que d’un côté il meurt, ce qui est triste en soi, mais d’un autre côté, il redécouvre la valeur de sa propre vie avant ça, et meurt avec le sentiment de servir à quelque chose, un sourire au visage : sa mort a le mérite que sa vie avait perdu à ses yeux [/spoiler]) en tout cas, elle se finit calmement, et subitement on nous balance une musique super rythmée et exubérante, et ça fait une sacrée rupture. J’ai aimé la musique du film, en fait, mais ce changement d’ambiance soudain m’a vraiment laissé sur une note de « wtf » total.

 

Par ailleurs, j’ai trouvé la comédie amusante mais pas hilarante non plus (je soupçonne qu’une partie se soit perdue dans la traduction), et à la fin, j’ai ressenti quelques longueurs. Au final, je ne pense pas que the Haunted Samurai soit excessivement mémorable. A la limite, la fin cheloue peut-être, mais sinon je ne pense pas que le film ait suffisamment d’impact pour ça : il m’a fait sourire, mais pas rire, il m’a rendu les yeux humides mais ne m’a pas fait pleurer. Mais il était agréable à regarder, j’ai aimé le cast, le personnage principal, les dinivités, il y avait quelques moments fort sympathiques de réalisation, et j’étais intéressée par le contexte. A mon avis, ça vaut bien le coup d’œil, quitte à ce que vous ne vous en souveniez pas dans quelques années.

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