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Sorti en 1934

Réalisé par Josef von Sternberg

Ecrit par Eleanor McGeary & Manuel Komroff

Dure 1h44

 

Avec:

Marlene Dietrich >>> Sophia Frederica, future Impératrice Catherine II

John Davis Lodge >>> le comte Alexey

Sam Jaffe >> le grand-duc Pierre

Louise Dresser >>> impératrice Elisabeth Petrovna

 

 

Dontesque ?

La princesse allemande Sophia Frederica est envoyée en Russie pour épouser le neveu de l’impératrice Elisabeth I, bien qu’elle tombe amoureuse du comte Alexey en chemin.

 

 

.oOo.

Continuons tranquillement notre petit bonhomme de chemin dans l’Hollywood d’hier,  avec aujourd’hui the Scarlet Empress que je zieutais de loin depuis un moment, pour deux raisons en particulier, la première étant que la photo dans mon livre m’attirait :

Et la seconde étant que j’avais envie de voir jouer Marlene Dietrich, parce que finalement, je ne l’ai vue que dans Der blaue Engel/L’Ange bleu en cours d’Allemand et que pour être honnête, je ne m’en souviens même pas si bien que ça. D’ailleurs, en petite parenthèse, j’ai observé quelque chose que je trouve amusant : dans les films classiques, je me laisse souvent bien plus guider par les actrices. Que ce soit Greta Garbo, Marilyn Monroe, Doris Day, Katharine Hepburn, Marlene Dietrich, ce sont généralement elles que j’ai vraiment envie de voir et que je suis de projet en projet. Bien entendu, il y a des acteurs que j’aime, mais je réfléchis vraiment en termes d’actrices pour tout ce qui est cinéma hollywoodien classique, alors que dans le récent, ce sont surtout les acteurs qui me motivent... Je me demande si c’est ma perception qui est comme ça, ou Hollywood qui a changé. Enfin, quoi qu’il en soit, j’avais envie de voir ce film, signé Josef von Sternberg (qui a souvent travaillé avec Dietrich, et est d’ailleurs le réalisateur de Der blaue Engel), et bonne nouvelle, le film m’a plu, wouhou. Par contre, je me dis que j’aurais vraiment dû acheter le dvd, parce qu’à la place j’ai regardé une version numérisée à partir de notre vhs du film, et que la qualité d’image n’était vraiment pas très bonne, ce qui est quand même triste pour un film dont le principal intérêt est véritablement ses visuels. Enfin, j’ai quand même aimé.

 

Faut dire qu’au cœur du film, on a déjà une figure intéressante, celle de la Grande Catherine de Russie, un personnage historique assez fascinant, que je ne connaissais finalement que très peu. Pas qu’à présent je sois une experte bien entendu, car, soyons clair, ce film n’est PAS une leçon d’histoire. Après l’avoir regardé, je suis allée faire un tour rapide sur wikipedia (or comme on sait, wikipedia EST un cours d’histoire toujours 100% fiable, of course :D) et il est assez clair que The Scarlet Empress ne s’est pas trop embarrassé de suivre le cours de l’histoire. Cela dit, il a le mérite de vraiment piquer l’intérêt, rendant Catherine intrigante et donnant le sentiment qu’elle a dû avoir une vie passionnante (et wikipedia est au moins d’accord à ce sujet-là, elle a effectivement eu une vie passionnante… ça mériterait de trouver une bonne biographie à lire), donc on peut voir ce film comme un bon point de départ, une invitation à s’intéresser à ce pan de l’histoire de la Russie. Et puis, j’ai bien aimé cette version du personnage, en tant que personnage de fiction, j’avais envie de la voir évoluer, et surtout, de suivre son ascension, son arrivée au pouvoir. Parce que certes, elle a été élevée très jeune pour régner, mais en vrai c’est pas tant « régner » que devenir l’accessoire du type qui aura le cul sur le trône, et après l’avoir rencontrée enfant, on la retrouve aussitôt jeune femme, sur le point d’être livrée en mariage à un homme qu’elle n’a jamais rencontré (et qui s’avèrera cruel et très peu intéressé par sa femme, en plus de faire un monarque faible, en raison de difficultés intellectuelles). Une fois sur place, elle est véritablement traitée en objet, machine à reproduction : on lui impose un nouveau nom, une nouvelle religion, on la coupe de sa famille, et on lui explique que maintenant va falloir qu’elle remplisse son rôle, et rapidement pondre un bébé royal, mais attention un garçon, hein ! (comme si elle avait le moindre contrôle sur la chose) Bref, elle est traitée comme une chose, et rabaissée, ce qui forcément m’a rapidement placée de son côté, j’avais envie de la voir prendre le pouvoir et dominer tous ceux qui lui avaient marché dessus. Et effectivement, si elle est naïve et sans pouvoir au début, peu à peu, on la regarde s’endurcir, prendre le contrôle de son corps, de sa sexualité, prendre confiance en elle, se redresser, et bien sûr, finir à la tête du pays (ce qui, à mon sens, n’est pas un spoiler, vu que c’est quand même de l’Histoire avec un grand H, et qu'en plus le film s'appelle l'Impératrice Rouge).

[Montée au pouvoir et décoration d'intérieur] The Scarlet Empress[Montée au pouvoir et décoration d'intérieur] The Scarlet Empress[Montée au pouvoir et décoration d'intérieur] The Scarlet Empress
[Montée au pouvoir et décoration d'intérieur] The Scarlet Empress[Montée au pouvoir et décoration d'intérieur] The Scarlet Empress
[Montée au pouvoir et décoration d'intérieur] The Scarlet Empress[Montée au pouvoir et décoration d'intérieur] The Scarlet Empress[Montée au pouvoir et décoration d'intérieur] The Scarlet Empress
[Montée au pouvoir et décoration d'intérieur] The Scarlet Empress[Montée au pouvoir et décoration d'intérieur] The Scarlet Empress

Après, je ne peux pas prétendre avoir été touchée par ce film, je n’étais pas émotionnellement surinvestie dans l’affaire, c’est plus que j’étais intéressée, et j’observais le personnage central plus que je vivais vraiment son histoire avec elle. Je n’y étais pas attachée, et je ne sais pas trop à quoi ça tient… Peut-être parce qu’au début l’histoire fait un peu fi de sa volonté, et qu’il faut attendre un moment pour qu’elle se prenne en main, si bien que je ne ressentais rien de plus qu’une forme de compassion à son égard ? Je ne sais pas, mais je ne peux pas dire que ce film m’ait émue, et effectivement, parce que j'’étais émotionnellement un peu en dehors, j’ai ressenti quelques longueurs, ici et là. Rien de bien trop gênant, mais mettons qu’il y a tout de même des moments dont je me serais passée parce que j’avais capté l’idée, c’est bon, et les scènes ne me remuaient pas, donc j’étais prête à passer à autre chose. Néanmoins, heureusement, tandis que j’attendais, j’avais franchement de quoi me régaler les yeux, et c’est là que j’en viens au véritable intérêt de ce film : son esthétique.

 

Esthétique qui ne plaira pas à tous, mais moi j’ai carrément adoré ce qu’elle avait de gothique, étrange et, c’est vrai, chargé. Ah ouais, c’est clair que The Scarlet Empress, c’est pas un film minimaliste ou un film qui kiffe licornes et arcs-en-ciel. D’ailleurs quand on rencontre Catherine gosse, elle passe d’une vocation de danseuse à une vocation de bourreau, et histoire de lui illustrer ce que le boulot de bourreau implique, on a droit à quelques petites images de torture fort sympathiques. Et par « sympathiques », je veux dire « pas sympathiques du tout », c’est même assez violent (enfin, oui, on est bien d’accord que la torture c’est jamais non-violent, je parle de ce que le film choisit de nous montrer et la façon dont il le fait). Pour en revenir à ce que je disais, néanmoins, le film est visuellement inquiétant. C’est-à-dire que quand même :

[Montée au pouvoir et décoration d'intérieur] The Scarlet Empress[Montée au pouvoir et décoration d'intérieur] The Scarlet Empress
[Montée au pouvoir et décoration d'intérieur] The Scarlet Empress[Montée au pouvoir et décoration d'intérieur] The Scarlet Empress[Montée au pouvoir et décoration d'intérieur] The Scarlet Empress
[Montée au pouvoir et décoration d'intérieur] The Scarlet Empress[Montée au pouvoir et décoration d'intérieur] The Scarlet Empress

 

Hahaha, vous les sentez les cauchemars des gens qui doivent s’endormir dans ce genre de décor ? Alors, y a des trucs visuellement pas flippants, du genre des jolis costumes de tout le monde (encore que certains ont l’air chaud à porter), ou du visage magnifique de Marlene Dietrich que le film met joliment en valeur (de toute façon il est évident que pour le réalisateur, ce film c’est 30% de décors et 70% de mettre en valeur son actrice principale… je lui en veux pas), mais quand même, j’ai passé beaucoup de temps à regarder les décors, avec leurs statues grimaçantes droit sorties de l’enfer, et magnifiquement éclairées. Sincèrement je suis déçue d’avoir regardé ça en qualité moyenne parce que l’éclairage et le contraste offert par le noir et blanc donnent de très beaux tableaux, dans le genre gothique et/ou effrayant. Il n’y a pas de meubles normaux dans ce film. Mais eh, c’est la classe quand même ! Quand tu reçois tes invités assis dans ce siège :

Clairement, tu fais impression.

 

Ou bien mettons que tu sois coincée à devoir passer la soirée avec des membres relous de ta famille, c’est cool, t’as aussi la version du siège qui facepalme de façon dramatique à ta place :

J’ai trouvé tout cela vraiment passionnant… je ne vivrais pas dans leur château, hein, mais à regarder… ils pouvaient bien passer deux minutes de trop sur une scène, pas de souci, j’avais de quoi m’occuper le regard. En ajoutant ça à mon intérêt pour le personnage principal, et l’interprétation de Marlene Dietrich, j’ai beaucoup aimé ce film, à défaut qu’il m’ait touchée. En fait il m'a laissée une impression un peu similaire à Queen Christina d'intérêt avant l'émotion, les décors en plus. Après, si le visuel vous passionne moins que moi, le film risque de moins vous parler, mais si vous êtes intrigués~

[Montée au pouvoir et décoration d'intérieur] The Scarlet Empress[Montée au pouvoir et décoration d'intérieur] The Scarlet Empress
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