Contes revisités ~a Deedr Challenge~

Publié le 13 Novembre 2017

Contes revisités

~a Deedr Challenge~

 

Sur leur blog D’Encre et de Rêves (que vous devriez visiter et suivre si ce n’est pas déjà le cas), Morgana et la Luciole, qui s’apprêtent à nous parler de la Belle et la Bête ainsi que de certaines de ses adaptations et réécritures, nous ont également proposé un petit défi : l’idée est de voir ou lire une réécriture de conte avant le 1er Décembre. Surtout, n’hésitez pas à participer vous aussi ! L’article dédié au challenge est : ici. Et vous pouvez garder le lien, du reste, car c’est l’article sur lequel elles annoncent tous leurs défis.

 

Pour ma part, j’ai décidé de participer. Et comme apparemment, je suis arrivée à relever le défi trop vite, la Luciole a modifié les règles rien que pour moi : je dois voir deux films et lire trois livres, sinon elle sera profondément déçue, et je serai bannie de Deedr à jamais, dans le déshonneur le plus complet (oui, suivez-les, mais soyez prévenus quand même : elles mordent). Il me manque encore un livre, mais je me suis dit qu’allez, j’allais quand même créer cet article, et le remettrais à jour, petit à petit (car je risque de lire plus d’un autre livre, finalement… déjà que j’ai dépassé le nombre de films… et ne compte pas m'arrêter là....). J’aurais voulu créer un article par film/livre mais pour être honnête, je n’en ai simplement pas le temps, donc à la place…

 

Let’s go !!!

 

 

Freeway de Matthew Bright (1996, film)

 

La première chose que j’ai faite, lorsque j’ai décidé de participer à ce projet, a été de me chercher une réécriture du Petit Chaperon Rouge. Si vous me demandez pourquoi… Eh bien, je n’en sais trop rien, finalement. A mon avis, c’est que j’étais dans une période un peu sombre, or période un peu sombre, pour moi = must watch films d’horreur, et Le Petit Chaperon Rouge, ça s’y prête particulièrement bien.  Bon en l’occurrence Freeway n’est pas un film d’horreur, mais…

 

Dans Freeway, notre petit chaperon s’appelle Vanessa Lutz (Reese Witherspoon), et est une jeune femme issue d’une famille défavorisée, qualifiée de « white trash ». Lorsque ses parents sont arrêtés (sa mère pour prostitution et détention de drogues, son beau-père pour drogue et agression sexuelle sur Vanessa elle-même), elle échappe à l’assistante sociale et espère pouvoir rejoindre sa grand-mère, qui n’est même pas au courant de l’existence de Vanessa. En chemin, lorsque sa voiture tombe en panne, elle tombe sur Bob Wolverton (Wolf = loup)(Kiefer Sutherland) qui propose de l’aider. Il s’avèrera rapidement que Bob n’est pas aussi amical qu’il veut le sembler.

 

J’ai beaucoup aimé Freeway. Et je me rends compte subitement qu’il y aurait plein de choses à en dire, et que finalement je ferais peut-être mieux de le revoir et lui consacrer un article… Un de ces jours peut-être ! En attendant, pour résumer, une des premières raisons pour lesquelles le film m’a plu est que je me suis beaucoup attachée à Vanessa, notre héroïne, jouée par une Reese Witherspoon surprenante. Surprenante pour moi en tout cas, car c’est vrai que j’ai une image d’elle plutôt « clean », alors que là elle parle « mal », elle jure, elle est violente… Mais elle a aussi très bon fond, essaie toujours de s'en sortir, et le loup…eh bien, mettons que le loup ne va pas avoir la tâche facile. Et c’est très satisfaisant. J’étais à fond derrière Vanessa, je jubilais de la voir prendre les choses en main, j’ai ressenti avec elle l’injustice de ne pas être écoutée,… et j’ai pas mal souri aussi, parce qu’il ne faut pas oublier que ce film, c’est quand même aussi une comédie noire.

 

Kiefer Sutherland est tout ce qu’il y a de plus malaisant dans le rôle du loup (et c’est le but), et lorsqu’il crache à la face de Vanessa son mépris misogyne et classiste (un super combo, donc), c’est juste une raison de plus de vouloir se ranger du côté de la jeune femme qui en a ras la casquette d’être traitée comme de la merde par quasiment le monde entier. Il faudra que je revienne à Freeway un de ces jours, mais en attendant, c’est un bon thriller, une comédie qui m’a fait sourire, c’est bien joué, c’est centré autour d’un personnage attachant dont j’ai ressenti l’indignation et espéré la victoire, et en plus on a droit à une bande originale fort sympathique signée Danny Elfman. Et j’en suis ressortie avec une appréciation renouvelée pour Reese Witherspoon que j’appréciais déjà beaucoup. Donc yep, je suis convaincu.

 

 

Hard Candy de David Slade (2005, film)

 

Comme j’avais déjà vu ce film-là, je ne le comptais pas vraiment dans le challenge, mais je me suis dit que j’allais tout de même l’inclure dans cet article, parce que c’est un film que j’apprécie. Je l’ai revu après Freeway, parce que… eh bien, c’est une autre réécriture du Petit Chaperon Rouge.

 

Ici, notre petit chaperon est interprété par Ellen Page. Elle joue Hayley, une jeune fille de 14 ans qui, sur internet, rencontre Jeff (Patrick Wilson, un acteur que je suis toujours contente de voir), un photographe de 32 ans. Ils décident de se donner rendez-vous pour de vrai, et Jeff emmène Hayley chez elle. Sauf que ce petit chaperon rouge-là n’est pas du tout sans défense, et que rapidement, le loup devient la proie.

 

Alors, certes, le retournement est une surprise pour Jeff, mais je me suis permis de le mettre dans le synopsis, parce que ça arrive tôt, parce que sinon je pouvais difficilement parler du film, et parce que l’intérêt d’Hard Candy est loin d’être dans la petite surprise de début (qui n’est pas une surprise énorme non plus, du reste, d’autant que le film ne comptait pas dessus, au vu du matériel promotionnel de 2005). Non, l’intérêt d’Hard Candy il est dans le tête à tête entre Jeff et une Hayley drôlement remontée (et très bien jouée à Ellen Page, je trouve… j’aime aussi beaucoup Patrick Wilson, mais Ellen Page a beaucoup de charisme dans ce film), qu’on n’apprend pas à connaître du tout, parce qu’elle devient l’incarnation d’une colère qui entend démonter l’hypocrisie de Jeff, ses excuses, et, en gros, lui faire un procès elle-même, vu qu’elle n’a que peu confiance en le système.

- Oui, peut-être. Peut-être que tu irais en prison. Mais franchement : la thérapie, les médicaments, les discussions de groupe, prévenir les gens quand tu emménages. Est-ce que c’est si difficile que ça ?
- Ca ruinerait ma carrière, ma vie.
- Eh bien… Roman Polanski vient de gagner un oscar, non ?

- Tu m’as fait des avances !
- Oh, arrête. C’est ce qu’ils disent tous, Jeff.
- Qui ?
- Qui ? Les pédophiles. « Elle était tellement sexy. Elle n’attendait que ça ». « Oh, elle était une enfant mais juste techniquement : elle agissait comme une femme ». C’est si facile d’accuser une gosse, pas vrai ? Mais juste parce une enfant sait imiter une femme ne veut pas dire qu’elle est prête à faire ce que font les femmes. Sérieusement, c’est toi l’adulte ici. Si une gosse joue à l’adulte et flirte, tu es censé l’ignorer, pas l’encourager ! Si une gosse te dit « Eh, et si on se faisait des cocktails à la vodka ? », tu es censé ranger la bouteille, pas jouer à qui boira le plus vite !

Bref, Hayley a la haine, personnifie la rage, et je trouve que, dans un quasi huis-clos, Hard Candy réussit à créer une atmosphère tendue et violente, tout en ne nous montrant quasi rien, et gardant généralement la caméra concentrée sur le visage des acteurs qui font du bon boulot dans chacun de leur rôle. Soyez prévenus quand même, ce film-là peut être chaud à regarder pour certaines personnes, car certes, on ne voit rien, mais c’est tout de même plutôt brutal, et il y a de quoi se sentir mal à l’aise, parce que ça flirte pas mal avec le « fantasme vengeur », et je conçois que pour certains, ce sera vu comme trop malsain. Par ailleurs, le film n’est pas non plus parfait (perso je suis pas fana de la fin, notamment), mais j’ai été contente de le revoir, surtout pour la performance des deux acteurs.  

 

 

Au bois dormant de Christine Féret-Fleury (2014, livre)

 

J’ai emprunté ce livre à la bibliothèque, sans spécialement l’avoir prévu. J’étais allée voir s’ils avaient du Clive Barker, et aussi emprunter un recueil de nouvelles de Neil Gaiman, et en passant devant la section YA, je me suis dit « il doit forcément y avoir des réécritures de contes dans la YA ! » (parce que j’ai vu passer des couvertures sur internet quand j’ai fait mes recherches). Alors j’ai regardé les titres, et un livre s’appelant « Au bois dormant » … ça semblait indiqué.

 

L’histoire est celle d’Ariane, une jeune fille qui va vers ses seize ans, et vit une existence compliquée sous le regard très, très protecteur de ses deux parents. Elle peut à peine sortir, elle est contrainte de déménager très souvent, et elle ne sait pas pourquoi. Ses parents, en effet, ne lui ont pas dit qu’elle est la cible d’un serial killer, le Rouet, qui, lorsqu’elle était bébé, a juré de la tuer le jour de ses seize ans, comme il a déjà tué plusieurs malheureuses. Lorsqu’elle finit par apprendre la vérité, Ariane décide de prendre son destin en main et de protéger ses parents (qui y passeraient avec elle, selon les méthodes du tueur) en faisant une fugue. Mais comment fuir un ennemi qui l’a observée toute sa vie, et pourrait être absolument n’importe qui ?

 

J’ai apprécié ma lecture d’Au bois dormant. Je l’ai pas mal dévoré, le lisant en 3h (réparties sur deux journées, cela dit), et c’était un livre divertissant qui m’a rendue curieuse de découvrir la fin. Mais à aucun moment dans ma lecture je ne peux prétendre l’avoir trouvé excellent. Je ne peux pas non plus dire qu’il soit mauvais, vu qu’après tout, il a maintenu mon intérêt pendant mes trois heures de lecture. Il est écrit de façon plaisante, avec des descriptions donnant une bonne idée de l’action sans la ralentir, et une narration imagée qui ne verse pas dans l’excès de métaphores, l’héroïne est raisonnablement attachante (bien qu’elle puisse se montrer frustrante de bêtise par moments) et je voulais découvrir l’identité du tueur. Par ailleurs, c’était amusant d’identifier les personnages et étapes du conte, du prince aux bonnes fées en passant par la forêt de ronces, par exemple. D’ailleurs, je l’ai bien aimé, ce prince réécrit, qui portait sur son visage la cicatrice qu’il avait au cœur, faute d’avoir réussi à faire son deuil. Dans un sens, si Ariane risque d’être bientôt endormie, lui « dort » depuis déjà des années, et avait besoin de notre princesse pour se réveiller.

 

Le souci, c’est qu’il y a aussi plein de choses qui m’ont quand même fait tiquer. Déjà, certains personnages ne m’ont pas semblé bien développés, surtout du côté des bonnes fées qui arrangent bien l’autrice mais ne sonnent jamais comme de vraies personnes, et toujours plutôt comme un outil scénaristique bien pratique. En fait, c’est surtout que tout le reste est une réécriture de conte dans un contexte réaliste (presque… parce que, vu que le tueur ne frappe que les anniversaires de 16 ans, je ne trouve pas réaliste que personne n’ait simplement songer à construire un bunker et s’y enfermer pendant 24h le jour en question ><… voire, allez, 48h, pour être bien certain) et que ces personnages-là, pour le coup, font vraiment « fées de conte » (sans les pouvoirs magiques). J’aimais bien cette ambiance d’entraide féminine, mais j’aurais aimé que les personnages semblent plus étoffés, moins « arrangement scénaristique ».

 

Parce que mon plus gros souci avec ce livre, ça a justement été la façon dont l’autrice se simplifiait la vie. Par exemple : Ariane décide de faire une fugue et monte dans un bus ? COMME DE PAR HASARD une autre demoiselle visée par le tueur a décidé de faire une fugue ce soir-là, et est dans le même bus (et ofc les deux demoiselles forment une connexion très forte en l’espace de quelques heures). COMME DE PAR HASARD elle va aussi tomber sur la sœur de l’enquêteur qui la recherche, par exemple. Je peux pas vous donner trop d’exemples, parce que je veux pas vous spoiler l’histoire non plus, mais il y a pas mal de moments où j’ai roulé des yeux parce que c’était gros, si gros. Et dans un conte, okay, mais dans un thriller policier, se reposer sur autant de coïncidences qui font bien les choses, c’est quand même triste. Je trouve aussi assez gros, du reste, que l’enquête ait galéré aussi longtemps et qu’Ariane arrive à trouver en quelques semaines des trucs auxquels la police n’ont même jamais pensé (Ariane, fil d’Ariane, elle leur montre le chemin, vous comprenez).  

 

Et puis il y a la fin, et ça, ça été mon moment le plus frustrant du roman. Parce qu’Au Bois Dormant manque la fin parfaite d’un demi-cheveu. Sérieusement, le livre y était, et subitement, nous balance un nouvel élément qui pète tout, et fait de cette fin un pétard mouillé qui m’a laissé un goût assez amer dans la bouche. C’est vraiment d’autant plus frustrant que les éléments étaient là pour nous offrir un bon twist, et rendre une relecture du roman quelque peu creepy (ce qu’elle n’était pas jusque là, car je ne peux pas dire que ce livre m’ait angoissée).

 

Voilà… J’ai bien aimé lire Au bois dormant, ça m’a occupée trois heures et ça se lisait bien, j’aimais bien le style de l’auteur et certaines idées, mais le scénario m’a semblé bien trop gros, et la conclusion bien trop décevante. Je suis donc mitigée.

 

 

 

Je vous parlais d’entraide féminine dans Au Bois Dormant, et je remarque que la solidarité féminine et l’idée de femmes sauvant d’autres femmes/elles-mêmes, se retrouve dans les trois œuvres dont j’ai parlé jusque là :  dans Au Bois Dormant c’est carrément écrit de façon explicite et le livre regorge de personnages féminins positifs (et bien sûr, les bonnes fées s’occupant d’Ariane sont la plus grande marque de solidarité féminine), dans Freeway, Vanessa prend les choses en main, essaie de neutraliser le « loup » non seulement pour elle mais pour les autres femmes, et la phrase « les femmes doivent aider les autres femmes » est également prononcée (et mise en œuvre), et dans Hard Candy, Hayley agit au nom des victimes de Jeff, des femmes (ou plutôt, des jeunes filles).

 

J’ai pas spécialement fait exprès de choisir ce genre d’œuvres (et ces thèmes ne sont pas dominants ou présents dans les œuvres que j’ai choisies par la suite) mais je note que les deux contes revisités sont des contes avec des femmes victimes d’autrui et sauvées par des hommes, et que ces réécritures consistent en grande partie à les rendre moins passives, et à les faire être sauvées par elles-mêmes ou d’autres femmes (et je désapprouve pas...).

 

 

Rumpelstiltskin de Mark Jones (1995, film)

Ce film a été un accident heureux. C'est-à-dire que ça faisait un moment que j'en avais entendu parler et qu'il était sur ma liste de choses à voir. Et comme j'étais un peu tristoune dans ma tête, et que quand je suis tristoune, je me tourne toujours vers les films d'horreur, j'ai lancé celui-là qui avait l'air bien fun, en plus. C'est après l'avoir lancé, et grâce à un commentaire extérieur sur twitter, que j'ai réalisé qu'en fait, ça pouvait compter dans le défi Deedr ! Donc yay, un film de plus.

Pour ce qui est de l'histoire, dans ce film, une jeune mère ayant récemment perdu son mari, se retrouve en position d'un drôle de caillou, qui s'avère contenir l'âme de Rumpelstiltskin (qu'on connait en France sous le nom de nain Tracassin, entre autres), qui y a été emprisonnée il y a plusieurs sicèles de cela. Par accident, elle l'éveille,il lui exauce un voeu, et à présent il n'a qu'une obsession: le bébé de notre héroïne, c'est-à-dire son paiement. Bien sûr, notre héroïne n'est pas d'accord, et elle prend la fuite, pour sauver son fils.

J'ai beaucoup apprécié ce film. C'était fun. Et ça résume assez bien ce que j'ai pensé en fait. Clairement, il ne se prend pas au sérieux, et il y a quelque chose de très drôle à voir Rumpel découvrir un tout nouveau siècle. Lui parle encore de façon un peu archaïque, mais c'est avec joie qu'il découvre le cigare, les lunettes de soleil et les motos. Or moi je ne résiste pas à ce genre de scènes:

Ce n'est certainement pas un film qui fait peur à son public, mais il est très divertissant, et j'aime beaucoup son côté cheap. En plus, j'ai eu le plaisir d'y retrouver des acteurs pour lesquels j'ai une certaine affection, en particulier Allyce Beasley, qui joue ici la meilleure amie de l'héroïne, que j'ai vu dans plusieurs films, sans oublier la série Moonlighting, mais qui m'est surtout restée en mémoire comme la policière cocue qui commence à discuter avec sa télévision dans l'adaptation télé des Tommyknockers de Stephen King (un autre projet un peu cheap, qui me fait sourire et que j'apprécie pour ça). Le film contient également de la bonne musique, dont I ran d'A flock of seagulls, une chanson dont le côté "cheesy" ne peut que marche dans le sens du film.

Les personnages sont quasiment tous attachants, même le lead masculin pour lequel c'était assez mal barré au début, et même le méchant, qui est trop amusant pour être bien menaçant. Les protagonistes semblent parfois un peu stupides, et dans un film plu sérieux, ça serait handicapant, mais ici, ça ne fait pas beaucoup de dégats. Somme toute, c'est un film que j'ai beaucoup aimé regarder.

 

 

Pour le moment le moment je m’arrête là :D J’ai aussi vu/lu :

 

The book of lost things de John Connolly (2004 , livre)

Miroirs et fumée de Neil Gaiman (1998, livre)

 

Et commencé:

 

 

Je vous en parle une prochaine fois, je remettrai cet article à jour (par contre pour le livre de Connolly, il est possible, finalement, que j'en parle d'un article séparé... je l'ai acheté en papier, après l'avoir lu en ebook, pour le relire. Ca a été un gros coup de coeur, je vous le conseille !)

 

Et en attendant, je vous encourage à participer au défi de La Luciole et Morgana, vous aussi !!

 

 

Rédigé par Milady

Publié dans #Littérature, #Cinéma, #Blablas, #Freeway, #Hard Candy, #Au Bois Dormant

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