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Sorti en 2017

Réalisé par Andy Muschietti

Ecrit par Chase Palmer, Cary Fukunaga & Gary Dauberman

D’après le roman de Stephen King

Dure 2h15

 

Avec :

Bill Skarsgard >>> Ça / Grippe-sou (Pennywise)

Jaeden Lieberher >>> William Denbrough (Bill)

Sophia Lillis >>> Beverly Marsh (Bev)

Jeremy Ray Taylor >>> Benjamin Hanscom (Ben)

Finn Wolfhard >>> Richard Tozier (Richie)

Jack Dylan Graze >>> Edward Kaspbrak (Eddie)

Wyatt Oleff >>> Stanley Uris (Stan)

Chosen Jacobs >>> Michael Hanlon (Mike)

Nicholas Hamilton >>> Henry Bowers

 

Dontesque ?

Dans la petite ville de Derry, dans le Maine, une poignée d’enfants se retrouve aux prises avec un monstre prenant l’apparence de leurs pires cauchemars pour les traquer.

 

.oOo.

Eh bien… j’aime Stephen King, vous avez dû vous en rendre compte (un peu), donc forcément, j’avais la hype depuis l’annonce de cette nouvelle adaptation. Honnêtement, il y a peu d’adaptations de King que je n’aime pas, parce que certes, beaucoup sont de mauvais films/mauvaises mini-séries mais la plupart n’en sont pas moins très divertissantes, donc j’aime beaucoup les regarder. Ça est un de mes romans favoris de King (un rappel : j’en ai finalement lu très peu, vu tout ce qu’il a écrit), et j’aime ben la mini-série, même avec ce qu’elle a de pas extra, donc j’étais toute enthousiaste, d’autant que lorsque le film est sorti, les gens ont commencé à dire que c’était bon, donc yay ! Non seulement ça, mais ça allait être ma première adaptation de King au cinéma, donc je n’étais que bonheur au fond de moi. Sauf que forcément, on me proposait que de la VF. Donc je me suis résignée, le cœur triste, à attendre la sortie du DVD, jusqu’à ce que finalement, je craque. Et aille voir le film en VF. Et franchement, ça va, ça aurait pu être pire, mais la VF était quand même assez perturbante pour moi, et (mais ça va de soi) je vous conseillerais vraiment de voir le film en VO. Au-delà de deux trois moments où les doubleurs « émotaient » plus que les acteurs, c’est surtout que le pronom « it » est naturel et utilisé tout le temps en anglais, pour les objets, pour les animaux, et même pour les bébés parfois. En français, on n’utilise pas « ça » dans les mêmes circonstances, et à l’oral, on dirait pas « Ça est en colère », mais « C’est en colère » (mais encore plus probablement « Il est en colère », dans le contexte du film, parce qu’on n’a pas le même genre de pronom neutre). L’utilisation du « ça » était étrange, cela donnait des phrases qui ne sonnaient pas naturel, et je pense qu’en anglais ils ne devaient pas avoir ce problème à priori. Mais bref. Ce n’est pas lié à la qualité du film en l’occurrence, donc parlons du film lui-même, film que j’ai aimé.

 

Je vais tâcher de garder les comparaisons au livre à un minimum, si possible. J’y ai réfléchi de toute façon, mais niveau adaptation, j’aime le résultat. Plusieurs choses ont été changées, et même si j’ai des réserves sur la résolution de l’affaire « Beverly », en général j’aime quand même ce qui a été fait du matériel de base. Notamment, j’ai beaucoup aimé leur Pennywise, clow dansant, car j’ai trouvé que le film lui donnait une échelle un peu « cosmique ». Je sais pas si c’est le mot que je cherche, mais quand on découvre l’endroit où il vit, notamment, on sent que Pennywise n’est pas juste un monstre dans les égouts, on sent son ampleur et son ancienneté. Même si des choses du livre ont été changées, j’ai trouvé que le film rendait bien l’ampleur du personnage, sans avoir à le transformer lui en bête géante. Bill Skarsgard fait également du bon boulot dans ce rôle, et j’ai hâte de voir ce qu’on apprendra  de nouveau à son sujet dans le second film. On reparlera de si oui ou non notre clown dansant a de quoi faire peur, mais en tout cas, j’ai aimé le concept et l’interprétation du personnage, la façon dont son existence a quelque chose de Lovecraftien (wouhou, maintenant moi aussi je peux utiliser ce mot vu que j’ai lu Lovecraft !) tellement on sent qu’il est étranger et immense par rapport à l’humanité, sous son masque de clown.

 

Au niveau des personnages humains, il y a un tout petit peu plus de soucis, à mon sens. Le fait est que Ça est un bouquin énorme, avec plein de personnages que King, comme c’est son habitude, aime à longuement développer, si bien que tout faire tenir dans un film (ou deux), même de plus de 2h, ça relève de l’impossible. Forcément, Ça ne peut pas entrer dans les détails sur tout le monde, et pour la plupart d’entre eux, ce n’est pas si grave, parce que les personnages s’inscrivent dans le groupe, et se développent via les relations qu’ils entretiennent aux autres personnages. Donc, par exemple, on sait pas grand-chose de Richie, mais comme il interagit beaucoup avec les autres, on cerne facilement sa personnalité, et il se fond bien dans le film. Là où j’ai trouvé que ça passait moins bien, c’était pour Mike et Henry Bowers. On a le même degré d’informations sur Mike et Henry que sur Eddie ou Stan, mais du côté de Mike, il rejoint le club des losers assez tard, si bien qu’il a fait très « pièce rapportée » pour le coup. Certes, Beverly et Ben rejoignent le groupe en cours de route également, mais on les voit interagir entre eux, et créer plus de liens avec leurs nouveaux amis (notamment, il y a la création du triangle Beverly/Ben/Bill). Mike arrive tardivement et on ne le voit que peu tisser de lien avec les autres enfants, ce que j’ai trouvé dommage, car il ne s’inscrivait pas bien dans le film en conséquence. En l’occurrence, je me demande si les changements du film par rapport au livre n’ont pas fait de mal au personnage, car dans le livre c’est Mike qui a effectué toutes les recherches sur l’histoire de la ville, ce qui fait que dans la chasse à Ça, il a les infos utiles et ça lui donne un rôle essentiel au sein du groupe. Dans le film, c’est Ben qui s’est occupé des recherches, et bien que ce soit justifié par son contexte (il est nouveau, il n’a pas d’amis, donc il passe son temps à la bibli), je pense que ça s’est fait au détriment de Mike pour le coup, et donc du film. Quant à Henry Bowers, mon souci avec lui est différent : j’aimais ce que le film (et l’acteur) faisait de lui, sauf qu’il ne va pas assez au bout à mon sens, et j’aurais aimé en voir plus.

[Viens flotter dans les égoûts, tu vas voir, c'est fun] IT / Ça
[Viens flotter dans les égoûts, tu vas voir, c'est fun] IT / Ça
[Viens flotter dans les égoûts, tu vas voir, c'est fun] IT / Ça

Dans l’ensemble, néanmoins, j’ai aimé les personnages. Bon des fois ils sont stupides, hein : j’ai perdu le compte de tous les « mais où est machin ?! » et je facepalm-ais gravement devant mon écran. Leur propension à s’éparpiller comme des imbéciles tout le temps (même après qu’ils aient déterminé que leur seule arme face à Ça soit l’unité) était assez incroyable, et en plus ça créé une dynamique un peu répétitive au film, parce que c’est « machin part d’un côté, voit le clown, il s’en sort et/ou les autres arrivent à la rescousse… maintenant, bidule part d’un côté, voit le clown, il s’en sort et/ou les autres arrivent à la rescousse… maintenant trucmuche part d’un côté, etc ». Mais je les aime quand même bien. Le fait qu’ils soient à la recherche du corps de Georgie, le petit frère de Bill qui se fait tuer par Pennywise au début du film, est un changement que j’ai aimé. Je n’ai pas lu le livre depuis un petit temps, mais dedans il est admis que Georgie est mort. Alors qu’ici, Bill n’a pas encore abandonné l’idée que son petit-frère puisse être vivant, et ça donne lieu à de bonnes scènes entre lui et ses amis qui, eux, pensent que Georgie est mort, mais n’osent pas le dire devant Bill pour ne pas lui faire de mal. Sauf que bien entendu, quand vient le moment de risquer sa vie, il y en a qui ont plus de motivations que d’autres, on va dire. La quête de Bill pour son petit frère m’a émue, et à la fin, jvais pas vous mentir, y a une scène en particulier qui m’a vraiment fait pleurer. Et je suis sûre qu’en VO ça devait être encore meilleur, mais même en VF, l’émotion de la scène passait vraiment.

 

Par ailleurs, j’ai aimé le message général du film, qui est en gros « Il faut affronter ses peurs, mais tu n’es pas obligé de le faire seul, car si seul on est faible, on devient fort à plusieurs » (par contre le dernier affrontement contre Ça était bof, avec une caméra tremblant dans tous les sens et un caractère un chouïa trop facile). Ce film est une jolie ode à l’amitié (parce qu'émouvant, mais aussi visuellement très beau), mais aussi un film d’apprentissage où les personnages passent à l’âge adulte, sans doute trop tôt, et dans des circonstances difficiles, mais en se serrant les coudes. Et je me suis impliquée émotionnellement dans leurs combats, tremblant pour eux, pleurant avec eux, et criant de joie (intérieurement)(non parce que j’étais dans une salle de cinéma quand même, et que bien se tenir au cinéma c’est important) lors de leurs victoires. Parfois les changements de tons étaient un peu abrupts, mais j’ai trouvé que dans l’ensemble, le film arrivait quand même à bien mélanger les liens d’une bande de copain (avec ce que ça implique de jeux, et de vannes), une ambiance nostalgique, et l’horreur, le tout avec une très belle esthétique.

 

Après, non, ce n’est pas un film qui m’a fait peur. Il y a des tas de moments délicieusement glauques, mais le film abuse complètement, et sans finesse, de ses jumpscares. Ils sont partout, et ils sont…pas…subtils. Et le film a d’autres manques de subtilité (notamment, quand Bill fait son discours sans bégayer, je pense que ce n’était pas la peine de le souligner), mais c’est celui qui m’a dérangée. Ce n’est pas aussi agaçant que dans d’autres films d’horreur, parce que (par rapport à the Unborn par exemple) le film ne se résume pas à ces jumpscares et a autre chose à proposer à côté, et parce que (contrairement à la fin de beaucoup des films Blumhouse, par exemple) les jumpscares ont une raison d’être, dans le sens où Pennywise cherche à faire peur à ces gosses, donc c’est logique qu’il leur saute subitement dessus, contrairement à ces fameux moments où quelqu’un pose la main sur l’épaule de quelqu’un et BOUM GROSSE MUSIQUE POUR TE FAIRE PEUR. Ici aussi y a la grosse musique, mais au moins, dans le film, Pennywise (qui a un côté fort trollesque en plus, donc lui et moi on pourrait presque être copains… presque) cherche effectivement à jump-scarer les gosses. Il n’en reste cependant pas moins qu’à mon avis le trop plein de jumpscares dessert le film, parce qu’ils n’arrêtent pas de relâcher la tension. Imaginez (c’est de circonstances) un ballon, qu’on gonfle progressivement. L’idée serait de le faire gonfler, et gonfler, jusqu’à ce que vous stressiez à l’idée qu’il pète. Ça va arriver, mais vous savez pas quand, et donc c’est la grande angoisse. Le souci, c’est que chaque jumpscare, finalement, agit comme une petite bouffée d’air qui s’échappe du ballon, ce sont des moments qui font retomber la pression. Pas pour les gosses, parce que eux ne savent pas quand Pennywise va apparaître (et aussi parce que eux sont en danger de mort et nous beaucoup moins… à priori), mais moi, il y a au total UN jumpscare que je n’avais pas vu venir. Sinon, ils sont tous arrivés précisément au moment où je l’avais prévu (certains étaient dans la bande-annonce, ça aide pas... même celui que j'avais pas vu venir d'ailleurs, mais je l'avais oublié). Vous ajoutez à ça que Pennywise, dans son grand trollage, ajoute souvent de l’humour à ses interventions, et on a un ballon fort peu gonflé, qui ne tient pas exactement le public (en tout cas moi) les fesses serrées.

 

Je trouve aussi que tous ces moments ont tendance à affaiblir un peu le personnage de Pennywise, parce que certes, il trolle les gosses, mais en attendant, il leur fait pas grand-chose, en fait (et ça, c’est un souci de l’histoire de base je suppose, mais le film, en tant qu’adaptation, avait le droit d’apporter plus de modifications, après tout). Alors, il y a l’excuse « mais c’est qu’il faut qu’il les fasse flipper d’abord, sinon ça marche pas ! ». Certes. Mais et Georgie alors ? Dans l’ouverture du film, il attaque et tue Georgie. De manière violente même ! J'étais sur le cul, à voir le gosse ramper sur le sol, avec la trainée de sang derrière ; je n’avais pas imaginé que le film serait si violent direct, surtout avec un enfant (mais après, le film a tendance à être plus sage avec son Pennywise, comme s’il s’était dit « bon on va les choquer pour leur dire qu’on ne plaisante pas, mais après mollo, hein »). Or on me fera pas croire que les membres du club des losers étaient moins flippés que Georgie au début du film. Qu’il y ait une justification ou pas, il n’en reste pas moins que Pennywise passe son temps à faire « bouh » à tout le monde, mais qu’il fait moins de dégâts que les parents des gamins, si bien que la tension n’est pas exactement à son comble.

[Viens flotter dans les égoûts, tu vas voir, c'est fun] IT / Ça
[Viens flotter dans les égoûts, tu vas voir, c'est fun] IT / Ça

C’est d’autant plus dommage qu’il y a vraiment de bonnes choses, question horreur. La meilleure scène, à mes yeux, reste la mort de Georgie, parce que justement, elle a ce côté « ballon qui gonfle, tu sais qu’il va exploser, mais tu sais pas quand ». Pennywise ne trolle pas Georgie, il est creepy à mort, et menaçant, et il ne se contente pas de lui faire un jumpscare. Je pense sincèrement que si tout le film avait réduit sur les jumpscares et plutôt présenté la menace comme quelque chose de sourd, de plus dans l’ombre, et de montant graduellement, il aurait pu être flippant en plus de tout le reste. Parce que Bill Skarsgard fait un bon Pennywise, et qu’il y a de vrais bonnes choses. Mes moments favoris sont tous les petits, ceux qui suggèrent que le Mal qui se cache dans les égouts suinte vers le haut et infecte toute la ville (on pourrait avancer que c’est ce qui amplifie la violence des persécuteurs des gosses par exemple, exacerbant ce qui était déjà là), comme la télé dans le fond qui parle d’emmener tes amis jouer dans les égouts, mais si, tu verras, les égouts, c’est super drôle, ou bien la dame dans la bibliothèque sur lequel le film n’attire pas l’œil, mais qui se cache dans le fond et fixe Ben tandis qu’il lit sur les incidents tragiques ayant marqué l’histoire de Derry.

 

Pennywise aussi a des moments subtils qui fonctionnent bien. C’est super qu’il s’éclate à troller les gosses, et je l’ai sincèrement trouvé drôle (dans le genre noir, bien sûr) par moments (genre le coup des trois portes dans la maison flippante, avec la porte « ici ça fait peur »,  celle « ici ça fait pas peur », et la « ici ça fait très très peur »), mais aucun passage n’est plus terrifiant à mes yeux que les quelques secondes, quand il parle à Georgie, où il perd subitement toute expression. Il est tout souriant, charmeur, cajôleur, et d’un coup, bam il devient inexpressif. Ça dure à peine trois secondes, mais la bête derrière le masque apparaît. Jusque là, il se montrait amical avec Georgie (et bien entendu la menace était apparente, hein, ne serait-ce que parce que c’est un clown dans les égouts et qu’il a une tête malsaine) mais subitement, cet être à déguisement humain perd sa façade, on voit le prédateur qui fixe sa proie, et réfléchit à comment la charmer, la dévorer. C’est un petit moment, et probablement le seul où Pennywise (que j’ai sinon trouvé fascinant, divertissant, et tout un tas de choses) lui-même m’a paru terrifiant. Sinon, je craignais bien plus le père de Beverly.

 

J’ai aimé ce film. J’ai trouvé que c’était une bonne adaptation, et un bon film. Après je ne sais pas à quel point mon enthousiasme pour tout ce qui met le travail de King à l’écran a joué, car il est clair que j’étais particulièrement prédisposée à aimer Ça, mais à mes yeux, c’était un bon film. Il est divertissant, émouvant par moments, son Pennywise est réussi, il est visuellement très beau et il y a quelques moments creepy au milieu de la débauche de jumpscares. Le film n’est pas parfait, mais je suis contente d’être allée le voir~

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