[Dans le sidecar de Kang Chul] Tough as iron 깡철이

Publié le 9 Novembre 2017

 

Sorti en 2013

Réalisé et écrit par Ahn Kwon Tae

Dure 1h48

 

 

Avec :

Yoo Ah In >>> Kang Chul

Kim Hae Sook >>> La mère de Kang Chul

Jung Yu Mi >>> Soo Ji

Lee Si Un >>> Jong Soo

Kim Sung Oh >>> Whi Gon

Etc

 

 

Dontesque ?

Kang Chul vit avec sa mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer, et se débat comme il peut, entre differents travaux, pour s’occuper d’elle et payer toutes les factures. Il flashe sur une jeune touriste, mais se retrouve également embarqué dans une affaire dangereuse de gangs.

 

Fiche Ecrans d’Asie : ici

 

 

.oOo.

Le come back de Yoo Ah In ! Pas qu’il soit parti bien longtemps, mais revenons à lui, avec également un soupçon de Jung Yu Mi, le temps de Tough as Iron. Que je me devais de voir bien entendu, justement pour Yoo Ah In et Jung Yu Mi qui étaient tous deux au programme de ma SA2017. Oh, et pour Pouppa, aka Kim Sung Oh, également. Pouppa qui, ici, joue un gangster (je sais, quel choc !) et est toujours un bonus très agréable, quel que soit le projet. Je dois bien admettre, néanmoins, que j’ai pas mal repoussé le visionnage de ce film. Parce que le sujet me faisait un peu peur. Voyez-vous, le titre international est « Tough as iron » (en coréen, le film s’appelle « Kang Chul », comme son personnage principal), ce qui signifie « dur/solide comme le fer/l’acier » en gros. Et pourquoi Kang Chul est-il « tough as iron » ? Eh bien parce que sa vie, en grande partie, craint, et que malgré tout, il tient bon, il garde le sourire, et il fait front. Or ce qui fait que sa vie est difficile, c’est surtout que sa mère est atteinte d’Alzheimer. Au-delà de la difficulté émotionnelle, Kang Chul vit dans la pauvreté parce que tout son argent passe dans les soins de sa mère, et il doit donc multiplier les travaux difficiles, qui l’épuisent physiquement, en plus de devoir s’occuper d’elle quand il rentre chez lui. Et moi, c’est bien entendu le côté « détérioration de l’esprit » qui me faisait peur, car si vous me connaissez un peu, alors vous savez que je vis souvent mal ces histoires-là. Donc je repoussais. Mais maintenant que j’ai vu le film, dans l’ensemble, il m’a plu. Ce n’était pas un film parfait, mais voyez-vous : j’ai beaucoup aimé la première scène, et j’ai beaucoup aimé la dernière scène donc le film m’a embarquée puis laissée sur une note positive, et si au milieu il y avait des passages longuets, un peu lourds ou embrouillés, il y a aussi des moments que j’ai aimés, dont certains qui me sont allés droit au cœur (surtout deux, en fait, qui l’ont écrabouillé grave).

 

Et ça, on le doit surtout à Yoo Ah In. Il m’a brisé le cœur, en fait. Effectivement, Kang Chul est « tough as iron » : il est dans une situation terriblement épuisante, et il garde la tête haute avec le sourire… mais des fois il craque, quand même. Et il y a donc deux scènes qui m’ont retournée. La première, je ne vous la raconte pas, car je vous laisserai la découvrir vous-même si vous décidez de voir le film ([spoiler] pour les gens qui l’ont vu, cela dit, il s’agit de la scène où Chul pense que sa mère est dans un jour lucide… et en fait non :’( [/spoiler]), mais la seconde c’est celle où il finit par admettre qu’il est fatigué. Il atteint un stade de désespoir où il craque, d’un coup, il s’effondre complètement, et le film qui, juste que là, nous montrait surtout la tristesse et la difficulté de sa situation, nous met subitement sous les yeux quelque chose d’encore plus terrible, à savoir que si Kang Chul aime sa mère de tout son cœur, il arrive un moment d’épuisement où il finit par lui en vouloir, par regretter son existence. Ce qui ne manque évidemment pas de l’accabler de culpabilité. C’est vraiment le moment qui m’a fait l’effet d’un coup de poing, et Yoo Ah In est très bon dans cette scène, comme dans toutes les autres, à mes yeux. Kang Chul, en général, m’a émue. Il a une relation très douce avec sa mère, on sent l’affection qu’il y a entre eux, et c’est attendrissant de le voir jouer avec elle, la comprendre et s’en occuper, mais il étouffe aussi de plus en plus, il est écrasé, et enfermé, à regarder les autres vivre. Ainsi, il est notamment très jaloux de Soo Ji (Jung Yu Mi) qui, elle, voyage d’endroits en endroits, alors que lui n’est jamais sorti de Busan (et au passage, je kiffe toujours l’accent de Busan). [spoiler] Et j’aime beaucoup la fin où elle le prend dans le sidecar et le conduit en dehors de Busan… pendant tout le film, Kang Chul a été sur la moto, et sa mère dans le sidecar, parce qu’il s’occupait d’elle (pas que sa mère d'ailleurs, on le voit également conduire son meilleur ami, par exemple), et à la fin, c’est Soo Ji qui conduit, qui va lui montrer le monde, et c’est Kang Chul qui se laisse guider. [/spoiler]

[Dans le sidecar de Kang Chul] Tough as iron  깡철이
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Maintenant, puisqu’on parle de Soo Ji… Le film la gère assez mal. C’est-à-dire qu’elle vit une sorte de romance avec Kang Chul, mais une romance pas mal laissée en arrière-plan, ce qui ne serait pas un souci (après tout, développer la relation entre Chul et sa mère est déjà un gros morceau, y a bien de quoi occuper un film) si le film ne donnait pas énormément d’importance à cette relation à la fin. Elle n’est pas développée, on la voit à peine, mais on est censés accepter que les quelques interactions auxquelles on a droit ont suffi à créer quelque chose d’assez profond pour que la fin repose en grande partie dessus. Et c’est dommage. C’est dommage parce que ça affaiblit nettement le film, l’écriture ne faisant pas son boulot de rendre crédible un élément important, et aussi parce que j’aimais bien Soo Ji (mon amour de Jung Yu Mi y est pour un peu, certes) et que j’aurais bien aimé la voir plus. Le souci c’est que le film était trop occupé à développer son histoire de gangsters sur le côté… et tout ce que ça m’a inspiré c’est « mais pourquoi ? ».

 

Qu’on se comprenne bien : j’étais contente de voir Pouppa, on devrait toujours avoir droit à plus de Pouppa, et là où il y a Pouppa, il y a souvent gangsters, car il est pas mal typecasté. Le souci, c’est que là, ça colle pas. Enfin, c’est pas lui qui ne colle pas en particulier, c’est toute l’affaire gangsters. En fait, j’ai même plutôt bien aimé son personnage : complexé par ses difficultés à s’exprimer, très touchant quand il est avec le grand-frère qu’il ne veut surtout pas décevoir, et à côté de ça, cruel, violent et méprisable, et déterminé en plus à se débarrasser de notre héros. Et à vrai dire, dans toute l’affaire gangster, il y a des scènes que j’aime bien, et je ne suis pas contre parler des gangs qui chassent les gens pauvres et désespérés mais c’est juste que 1/ encore une fois ce n’est pas suffisamment développé car le film part dans tellement de directions qu’il ne peut pleinement se pencher sur aucune et 2/ pendant un long moment, l’affaire « gangsters » n’est pas vraiment connectée à l’histoire principale. Ca prend un certain temps pour que Kang Chul, c’est-à-dire le sujet du film (cf. le titre original), ait affaire à eux, et donc toutes les histoires de rivalité de gangs semblaient complètement anecdotiques, et incongrues. En fait, je pense qu’il aurait fallu couper un bout de l’histoire. Soit couper Soo Mi (ou la « fusionner » au personnage du meilleur ami, à la limite) et prendre plus le temps de connecter l’histoire des gangsters à celle de Chul, ou bien couper l’affaire des gangsters et prendre le temps de développer la relation entre Soo Mi et Chul. Bref, j’aurais aimé que le film au lieu d’essayer maladroitement de caser plein de choses, se concentre plus, choisisse une chose, et la fasse bien.

 

Le film a un souci de construction. Et je le soupçonne également de forcer un peu trop sur le pathos, mais ça c’est difficile à dire, parce que sur moi ça a marché… Mais oui, surtout, les parties ne sont pas bien équilibrées ou agencées à mon sens, ce qui donne une sorte de bordel dans lequel certains moments ressortent, mais d’autres ne fonctionnent pas bien ou s’étendent trop. Certaines pièces sont bonnes, mais l’assemblage non. Le truc, c’est que voilà, j’ai vraiment bien aimé certaines de ces pièces, j’ai été émue par plusieurs scènes (ma sensibilité au sujet a dû jouer, aussi), j’ai aimé la luminosité des images, les paysages de Busan, les interprètes bien entendu, et au final, c’est un film que j’ai vraiment bien aimé regarder. Je ne sais pas si je le conseille spécialement, mais je suis contente de l’avoir vu.

[Dans le sidecar de Kang Chul] Tough as iron  깡철이
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