[Vos conseils (1)] Tenacious D / Ball of Fire / La Famille Indienne / The Rewrite / The Jane Austen Book Club (films)

Publié le 6 Novembre 2017

Cernes sur grand écran

Vos conseils, pt. 1/beaucoup

 

 

Après avoir passé une année entière à préparer ma Semaine Anniversaire, ma priorité numéro 1 pour l’année d’après était… okay, en fait, j’avais des tas de priorités numéro 1, mais une d’entre elles était d’enfin sévèrement entamer la liste de toutes les recommandations de livres, films, et (peut-être) dramas que vous m’avez faites au fil des ans. Je pioche dans vos conseils de temps en temps (qu’ils soient dans la liste officielle ou pas) mais c’est vrai que je ne le fais pas assez, alors j’ai pris la bonne résolution de réduire la liste, autant que possible. Ainsi, je me suis lancée, et je vais tâcher, tous les cinq choses (sauf articles séparés), de faire un article pour vous proposer mes petites impressions sur ces œuvres que vous m’avez conseillées.

 

Aujourd’hui, au programme :

 

Tenacious D in the pick of destiny

Ball of Fire

Kabhi Khushi Kabhie Gham (La Famille Indienne)

The Rewrite

The Jane Austen Book Club

 

Cliquez sur les titres si vous voulez aller directement à l’un d’entre eux.

 

Et sinon, let’s go !

 

2006 / Réalisé par Liam Lynch / Ecrit par Jack Black, Kyle Grass, Liam Lynch / Avec Jack Black, Kyle Gass, JR Reed, etc / 1h34

 

JB, un jeune homme fana de rockn’ roll, cherche à monter le meilleur groupe de rock du monde et tombe sur KG, un guitariste doué qui joue dans la rue. Ensemble, ils formeront Tenacious D, et se mettront en quête du médiator de la destinée, qui est en vérité une dent du Diable, faisant un dieu du rock de celui qui la détient.

 

Je ne suis pas la plus grande fan de Jack Black qui soit, mais j’aimais bien l’idée de ce film, c’est pourquoi j’ai commencé par lui. Et encore, je ne savais même pas que ce serait une comédie musicale ! Ce qui n’a bien entendu rendu l’expérience que meilleure (mais je sais pas si c’est vraiment une comédie musicale, ou juste un film où les gens chantent beaucoup, à vrai dire). Et j’ai beaucoup aimé Jack Black dedans. Le film m’a amusée, surtout. J’ai aimé le découpage en chapitres (qui accentue le côté « légendaire » de l’affaire, on nous conte une histoire), annoncés par des cartes de tarot rigolotes (ce qui s’inscrit dans le thème de la destinée), par exemple. Les petites blagues, telles que les personnages se levant fièrement aux « premières lueurs de midi », le caméo de Ben Stiller (dont le personnage a appris le latin pour lire un livre, et nous explique que « Satanus » veut dire « Satan », des fois que…), la référence à Orange Mécanique, etc. Je ne dirais pas que ça donne toujours dans l’humour bien subtil (on commence avec une blague de pet, en même temps, donc le film ne nous prend pas en traître, hein), et j’imagine fort bien que pour certaines personnes, ça ne passera pas, mais pour ma part, je me suis beaucoup amusée devant ce film, et je pense que la clé de son succès (à mes yeux) était dans la façon dont le personnage de Jack Black passait son temps à chanter ce qu’il faisait. On aurait dit un gosse, et voilà, je trouve qu’il y a quelque chose de presque « naïf » dans ce film. Certaines personnes diront « immature », et oui, sans doute, mais j’avais le sentiment que ce film, ces acteurs, ces personnages, s’amusaient beaucoup, et c’est ce qui a fonctionné pour moi, car ça m’a rendu très rapidement tout ce petit monde sympathique.

 

Et puis, contre toutes mes attentes, il y a des moments qui m’ont touchée dans le tas. Par exemple, la tirade qui nous dit que Satan est un peu dans chacun de nous (oui, dit comme ça, ça a pas l’air cool, j’admets que l’Exorciste n’est pas exactement mon projet de vie, mais là Satan = esprit de rébellion, liberté, etc), ou la scène où on découvre que KG a acheté une guitare à JB avec l’argent du loyer… et puis, surtout, j’ai beaucoup aimé le livreur de pizza. C’est un personnage qu’on ne voit pas beaucoup, mais je l’ai trouvé tellement adorable que c’était mon personnage favori. Il est tellement sincère dans son amour de Tenacious D, c’était touchant. Bon, il y a des moments de creux, honnêtement. Des passages où j’ai trouvé que le film s’égarait un peu trop (il y a, par exemple, tout un passage avec Big Foot qui dure trop longtemps, je pense), mais dans l’ensemble j’ai passé un bon moment, et j’ai bien aimé la bande-son, ce qui ne fait pas de mal. Je ne pense pas que je la réécouterai en dehors du film, mais elle faisait un bon accompagnement, et il se trouve que j’aime bien la voix de Jack Black. Donc yep, je l’ai bien aimé, ce film.

 

1941 / Réalisé par Howard Hawks / Ecrit par Charles Bracket et Billy Wilder / D’après From A to Z de Thomas Monroe et Billy Wilder / Avec Gary Cooper, Barbara Stanwyck, Dana Andrews, etc / 1h51

Un groupe d’universitaires vit ensemble depuis plusieurs années, compilant une grande encyclopédie. Mais leur spécialiste du langage remarque alors qu’il a complètement négligé l’argot dans ses recherches, et il se met donc en quête de spécialistes. Il tombe ainsi sur Sugarpuss O’Shea, chanteuse dans un nightclub et petite-amie de gangster (ce qu'il ne sait pas). Comme elle a besoin de disparaître de la circulation (ce qu'il ne sait pas non plus)(il sait pas grand-chose, en fait) elle s’installe avec les professeurs.

 

C’était également sur ma liste de classiques Hollywoodiens à voir, donc pour le coup, j’ai niqué deux oiseaux avec la même pierre. Je ne savais pas grand-chose de ce film avant de me lancer dedans, au-delà du fait qu’il était écrit par Billy Wilder, réalisé par Howard Hawkes, et comptait Gary Cooper au casting. Le nom de Barbara Stanwyck était également dans le livre, bien entendu, mais il m’était moins familier donc je ne l’avais pas retenu (mea culpa). Bref, je suis rentrée dans le film sans savoir à quoi m’attendre, et j’ai eu une bonne surprise, donc yay. Oh, et pour commencer par ça : j’adore décidément la façon de parler des acteurs dans les vieux films. Les intonations, l’articulation, ne sont vraiment pas les mêmes qu’aujourd’hui (et ne sont pas naturelles, du reste, car les acteurs apprenaient à parler) et c’est tellement plaisant à entendre pour moi, que je crois que j’aurais du mal à véritablement détester un vieux film Hollywoodien, car il y aurait toujours au moins ce plaisir-là. Ici, en plus, le langage oral est au centre du film, ce qui ne pouvait que me réjouir, d’autant qu’on a ainsi droit à de très jolies lignes de dialogues, très colorées, principalement de la part de notre héroïne, spécialiste en argot. Et j’étais aussi fascinée que notre personnage principal masculin.

 

J’ai beaucoup aimé Barbara Stanwyck dans le rôle de Sugarpuss (j’avoue, le nom m’a fait rire, car apparemment, ça veut dire « joli visage », mais hum, on pourrait facilement rendre ça plus… cru ? et je suis immature comme ça, parfois). Elle est vraiment charismatique, et j’ai aimé ce que le personnage avait de mature (donc pas comme moi, en gros), sûr de soi, séducteur, sans parler de sa langue bien pendue, et son caractère fort. J’ai aimé qu’elle ne se laisse pas impressionner, qu’elle ne se laisse être rabaissée non plus, elle me faisait rire, et en plus j’adorais ses robes, avec une préférence particulière pour celle-ci :

 

 

Parce qu’elle brille *O*

 

A vrai dire, j’ai beaucoup aimé le couple central, formé par les personnages de Barbara Stanwyck et Gary Cooper. Dans beaucoup de vieilles comédies romantiques, je réponds plus à l’aspect comique que romantique, mais ici je les ai trouvés adorables ensemble. Alors, il reste que leur relation avance très vite, donc je dis pas que c’est vraisemblable comme histoire, mais la naïveté guindée et sans expérience du monsieur offrait un contraste sympathique au caractère extraverti et à l’assurance de la madame, et chacun apportait à l’autre quelque chose dont il avait besoin. Lui, apportant un peu de sincérité à Sugarpuss (pas qu’elle ne soit pas sincère, c’est le monde autour d’elle, le souci), et elle, mettant un peu de vie dans sa vie à lui. Enfin, sa vie à lui, et celle des sept vieux enfants avec lesquels il vit. Commençant avec un « il était une fois », Ball of Fire a une (très) lointaine parenté avec Blanche Neige, apparemment, mais alors, vraiment lointaine. Mais on a bien nos sept nains, qui sont ici sept universitaires, dont la plupart n’ont apparemment jamais interagi avec une femme (mais le Pr. Oddly a été marié, et raconte d’ailleurs une histoire touchante, bien que comiquement puritaine, à propos de feu sa femme), et deviennent de vrais gamins face à une Sugarpuss qui, de façon appropriée, les appelle « kids ».

 

L’histoire n’est pas ce qui m’a le plus intéressée dans Ball of Fire, mais j’ai été charmée par les performances, et surtout par les dialogues. Et au-delà des dialogues discutant du langage lui-même (le professeur Potts, notre héros, se lamente par exemple de la façon dont leur domestique ne cesse de mettre les adverbes au mauvais endroit), j’ai eu un faible pour toutes les répliques jouant sur les mots en les répétant. Je trouve toujours ça à la fois amusant, et très élégant. Voici quelques exemples parmi mes favoris :

 

- Where do I sleep ?

- I don’t know, where do you live ?

(- vais-je dormir ?

- Je ne sais pas, vivez-vous ?)

 

You must get me out of your mind, and I must get you out of this house.

(Vous devez me chasser de votre esprit, et je dois vous chasser de cette maison.)

 

Don’t look into the matter, look into the library.

(N’examinez pas la question, examinez l’intérieur de la bibliothèque.)

 

Avec, en plus, sur les deux dernières, un joli passage de quelque chose de théorique (chasser quelqu’un de son esprit, réfléchir à une question), à quelque chose de pratique (mettre quelqu’un à la porte, regarder dans la bibliothèque), l’opposition rendant les répliques amusantes.

 

Oh, et dans la catégorie « répliques élégantes », j’ai aussi noté la lamente du Pr. Pott après avoir découvert l’argot du peuple via un homme venu poser une question aux universitaires :

 

That man talked a living language, I embalmed some dead phrases.

Cet homme parle une langue vivante, et moi j’embaume des phrases mortes.

 

Je trouve cette phrase vraiment jolie et poétique dans l’utilisation de ses images, de même que les répliques que j’ai partagées avant ont quelque chose de poétique pour moi dans la façon dont les répétitions leur donne un rythme (mais ne m’écoutez pas trop, car je n’y connais rien en poésie).

 

Bref, entre la façon de parler des acteurs, leurs performances générales, mon appréciation des personnages, et le soin apporté aux dialogues, j’ai beaucoup aimé ce film~

 

कभी खुशी कभी ग़म / 2001 / Réalisé par Karan Johar / Ecrit par Karan Johar et Sheena Parikh / Avec Amitabh Bacchan, Jaya Bacchan, Shahrukh Khan, Kajol, Hrithik Rosha, Kareena Kapoor, etc / 3h30

Un fils veut recoller les morceaux entre son père et son frère aîné, qui a quitté la maison familiale il y a des années, après avoir pris une décision qui n’a pas plu à son père.

 

Ce film est dans la liste de vos conseils depuis un moment, et je dois admettre l’avoir laissé longtemps de côté, parce qu’il dure quand même 3h30… et 3h30, c’est chaud à caser dans un emploi du temps parfois. Mais c'était dans la liste, j’ai vu un clip sur youtube qui m’a énormément enthousiasmée (meilleur moyen de me faire regarder un Bollywood = trouver le bon passage musical et me le faire voir), et en plus, pour la SA2017, j’ai regardé Jodha Aakbar, découvrant ainsi Hrithik Roshan, qui est au casting de K3G. Kajol + Sharhukh Khan + Hrithik Roshan + Ahmitabh Bachchan (en moindre mesure, mais quand même) + joli clip musical + liste de conseils = go. Et dans l’ensemble, ça m’a bien plu, même si force m’est d’admettre qu’il y a eu des passages plus difficiles que d’autres. A cause d’une différence de valeurs, en partie.

 

Evidemment, quand on décide de se lancer dans une œuvre issue d’une autre culture, cette autre culture vient avec ses règles et ses valeurs, et ici nous avons un drame familial qui tourne en particulier (comme l’indique tout de suite son introduction où père et mère parlent du rapport à leur fils) autour des relations parents/enfants. Or, en Inde, le respect dû aux ainés est quelque chose de bien plus important qu’ici. Enfin, par chez nous aussi on est censés respecter les gens plus âgés que nous, mais dans l’Inde dépeinte par le film, un mariage ne saurait être tout à fait complet sans l’approbation des parents, et il y a des « hiérarchies » : la femme s’incline face au mari, et on s’incline face aux parents. C’est vraiment au cœur du film, et ça a parfois rendu mon implication dans certaines scènes difficiles. Bon, et en vérité, je parle surtout des scènes avec le patriarche, interprété par Ahmitabh Bacchan (qui est très bon). Lorsque son fils tombe amoureux d’une jeune femme en dessous de son statut social, notre classiste de patriarche lui balance à la figure « tu m’as déçu », « tu n’es décidément pas de mon sang » (le jeune homme est adopté, et je vous laisse imaginer à quel point ça doit le déchirer d’entendre ça… moi j’ai pas eu besoin d’imaginer, je l’ai eu devant les yeux, et c’était pas gai), etc.

 

Alors, le film parle de toutes les règles et traditions liées à la famille, et en remet certaines en question : certains enfants réalisent que l’ancienneté des parents ne les autorise pas à tout faire, et une femme obéissant à son mari depuis toujours comprend que finalement, son mari n’est peut-être pas dieu (elle le formule ainsi). Les règles ne sont pas complètement brisées, mais elles sont mises à l’épreuve, remises en question, etc. Néanmoins, on est censés ressentir un minimum d’empathie à l’égard du patriarche, tout de même, et lors d’une scène particulièrement émouvante de la fin, j’étais juste agacée devant mon écran, parce que ce type me sortait par les yeux et qu’il évoquait, pour se justifier, des valeurs auxquelles je n’adhère absolument pas. Ce n’est pas un défaut du film, qui s’inscrit juste dans une culture différente de la mienne, mais j’essaie simplement d’expliquer que, parfois, le décalage culturel a freiné l’émotion que j’étais censée ressentir. Néanmoins, ça ne s’est pas passé comme ça tout le long du film, je vous rassure, et j’ai aussi été touchée par beaucoup de choses, comme la relation entre Rahul et sa mère, ou la relation entre Rahul et son frère Rohan. A la fin, c’est vrai qu’il y a une longue dernière ligne droite assez larmoyante qui se fait un peu lourde, si bien que j’aurais pas dit non à une petite coupe de trente minutes (d’autant qu’à mes yeux il y avait quelques points scénaristiques répétitifs), mais c’était rien de dramatique non plus.

 

Le truc c’est que je peux pas rester fâchée contre ce Bollywood de toute façon. Déjà parce que j’aime beaucoup trop le casting. SRK est un acteur pour lequel j’ai énormément de sympathie de base, et ici je compatissais énormément avec son personnage, Jaya Bacchan, l’actrice qui joue sa mère (et est mariée, dans la vraie vie, à Ahmitabh Bacchan, qui joue son père), m’a beaucoup touchée, de même que Farida Jalal, qui joue sa nourrice, qui est comme une mère pour les deux frères. Et bien entendu Hrithik Roshan est très séduisant, et Kajol très sympathique dès que son personnage est autorisé à se calmer : au début, pour illustrer son esprit très libre, le film lui en fait faire des tonnes et c’est assez peu naturel, voire crispant. Mais dès qu’on dépasse cette phase-là, ça se passe très bien, et puis c’était sympa de voir elle et SRK être dans une romance ensemble à nouveau. En général, j’ai apprécié et me suis attachée à tous les personnages, donc j’étais impliquée dans leur histoire. Je n’étais pas fan du patriarche, donc, et la petite sœur de l’héroïne m’a également agacée plus d’une fois car elle est devenue une vraie peste en grandissant, mais c’était seulement 50% du temps (elle est super « mean girl » à l’école, mais largement plus agréable dans le cadre familial), mais l’ensemble m’a plu.

 

Et puis l’autre raison pour laquelle je ne pouvais pas rester fâchée contre ce film, c’est, déjà, qu’il y a plein de chansons dedans et que la plupart m’ont plu, ma favorite restant tout de même la première que j’ai entendue, à savoir celle-ci (note : la mise en scène spoile un peu… enfin je vous dis ça, mais moi ça m’avait rien spoilée vu que j’avais aucune idée de ce qui se passait, donc à mon avis vous pouvez regarder, mais je préviens quand même au cas où) :

 

Mais il y en a d’autres que j’aime bien, et même quand il y avait des chansons qui me plaisaient moins que d’autres, c’était dur de leur résister, parce que les transitions sans tentative de raccord et la mode kitsch à la années 90, ça me va droit au cœur (et voir Hrithik Roshan danser aussi, du rester).

I mean… come on :’)

 

Certaines scènes humoristiques se perdent un peu dans la traduction, et d'autres ne fonctionnent juste pas trop (à mes yeux), mais je me suis malgré tout beaucoup amusée devant ce film, et j’ai été émue par ce grand drame de famille qui peut avoir des allures de soap par moments. Le casting, la musique, la sympathie que j’avais pour plusieurs personnages, m’ont embarquée, et puis c’était intéressant de le voir explorer la dynamique familiale indienne (ou un type de dynamique, en tout cas, car les familles ne doivent pas TOUTES se ressembler, bien entendu). Il y a eu quelques petits moments de creux pour moi, mais je vous recommande néanmoins ce film, sans hésiter.

 

Et puis comment résister à :

 

Ofc.

 

2015 / Réalisé et écrit par Marc Lawrence / Avec Hugh Grant, Marisa Tomei, Bella Heatcote, J.K. Simmons, Chris Eliott, Allison Janney, etc / 1h46

 

Un scénariste, dont l’heure de gloire est passée, accepte un poste de professeur en université, pour des raisons financières. Peu ravi de sa nouvelle position, il compte bâcler son travail, mais finalement va découvrir que ce même travail est peut-être bien le nouveau départ dont il avait besoin.

 

J’étais d’humeur romcomesque, d’humeur à voir Hugh Grant, et ce film semblait avoir tout pour lui : c’est un film centré autour de Hugh Grant jouant un has-been (j’ai un faible pour ce type de personnage), et écrit/réalisé par Marc Lawrence, qui a également écrit réalisé Two weeks notice, et Music and Lyrics, deux films avec Hugh Grant que j’aime beaucoup. Il a aussi écrit/réalisé Did you hear about the Morgans avec lui (et Sarah Jessica Parker) mais je n’ai pas vu celui-là. Bref, dans tous les cas, j’étais enthousiaste, et c’est vrai que ce film tape en plein dans une certaine fibre nostalgique pour moi. Je ne le connaissais pas, mais à première vue, il donnait dans la même formule que les autres (en plus de réutiliser le côté has-been qu’il y avait déjà dans Music and Lyrics, et que j’adore) : Hugh Grant joue un type qui stagne, un type qui a besoin de changer, et il rencontre une femme qui va le pousser à changer. C’est une formule que je connais bien, d’où le côté confortable.

 

Cela dit, Hugh Grant change, et c’est en petite partie parce qu’il y est poussé par le personnage de Marisa Tomei, mais à vrai dire, c’est en plus grande partie encore grâce à son nouveau travail, et ses contacts avec ses étudiants et étudiantes, ainsi qu’avec ses collègues. Donc quand je vous parle de « formule », en vérité, la romance est mise plutôt dans l’arrière-plan, donc c’était sympa, parce que c’était familier et réconfortant pour moi, mais à la fois différent. Et à cause de cette différence, le personnage de Marisa Tomei, qui serait plus co-star autrement, est reléguée au rang de personnage secondaire au même titre que tous les autres personnages. Ce qui m’a fait un peu de peine, mais pour une raison quasiment positive, finalement : j’aimais bien son personnage, j’aimais beaucoup sa prestation, et donc j’avais envie de la voir plus. J’ai trouvé énormément de charme à Marisa Tomei. C’est vrai qu’on n’apprend pas grand-chose d’elle sinon qu’elle semble travailler dans tous les endroits possibles de la ville, qu’elle a des enfants, et quelques petits détails, mais l’actrice m’a conquise, et j’ai beaucoup aimé ses interactions avec Hugh Grant. Et encore une fois, il n’y a pas qu’elle : j’ai eu de l’affection pour tous les personnages secondaires, quasiment. Que ce soit l’étudiant fana de Star Wars qui a du mal à s’en sortir, l’étudiante snob au regard noir sur l’existence (Sarah, ma favorite des élèves du personnage principal), le collègue dont les yeux s’embuent chaque fois qu’il parle de sa famille, le collègue et voisin qui a mémorisé une citation de Shakespeare pour chaque occasion… Et j’ai eu un faible particulier pour la chef de département fana de Jane Austen. Déjà parce qu’elle et moi on a ça en commun (même si elle froncerait les sourcils en apprenant que j’ai pas ouvert un roman d’Austen depuis des années mais que j’ai revu Clueless il y a moins de deux semaines), mais aussi parce que j’appréciais qu’elle soit la voix de la raison. Sans elle, Keith (Hugh Grant) n’aurait jamais évolué du tout, parce qu’il fallait qu’elle soit là pour lui sonner les cloches.

 

Je me suis sentie très triste pour Keith au début. Scénariste dans la dèche, en panne de sous et en panne d’idées, résumé par tout le monde à une réussite qu’il ressasse dans ses moments sombres. Mais ça l’a rendu amer, et le film nous dévoile peu à peu un sexisme franchement antipathique, sans compter un professionnalisme très défaillant. Entre les mains de quelqu’un d’autre, je ne sais pas à quel point je me serais investie émotionnellement dans l’histoire du personnage, mais je n’arrive pas à ne pas aimer Hugh Grant à l’écran. Attention, je parle bien d’attachement. Parce que je pense que je me serais investie dans l’histoire, le film faisant attention à ne pas présenter ses défauts et conneries comme autre chose que des défauts et conneries, donc des choses à corriger. L’histoire est celle de sa rédemption, on n’est pas censés trouver charmant qu’il balance son sexisme à la réception de l’université (drôle, oui, parce qu’il s’enfonce, mais pas charmant) mais si un personnage imparfait peut-être intéressant, ça ne garantit pas qu’on va s’y attacher. Or je me suis attachée au personnage ici, ou plus exactement, à l’interprétation de Hugh Grant.  Je suis un être très faible, le personne passe son temps à faire des blagues à ses dépens, mais surtout, Hugh Grant… eh bien, pour me citer sur Two Weeks :

 

Hugh Grant joue toujours ses personnages de romcoms comme s’il était à moitié désolé d’exister. Et je dis pas que le personnage est désolé de [caster ses étudiantes en fonction de leur physique], ça vient pas de l’écriture, c’est Hugh Grant qui a toujours un air de s’excuser, si bien que [Keiith] fait des conneries sans s’excuser de les faire tout en étant joué par un Hugh Grant qui a l’air d’être désolé de respirer.

 

… Il y a une tristesse chez le personnage de base, et de l’auto-dérision dans la performance d’un Hugh Grant qui a l’air désolé à la place de son personnage, c’est ce qui me permet de m’investir dans son histoire pas juste pour les autres ou parce que c’est intéressant de voir des personnages évoluer, mais pour Keith aussi, parce que je voulais son bien malgré tout (et il fait de sacré conneries).

 

A vrai dire, ce film doit beaucoup à son casting de toute façon. Enfin, non, j’ai aussi beaucoup apprécié les dialogues, retrouvant dedans l’humour que j’avais tant aimé dans Two Weeks Notice, mais c’est vrai que le rôle de Keith pourrait facilement être antipathique, et que les rôles secondaires, bien qu’écrits de façon colorée, sont peu développés, si bien que sans les bons interprètes, ça ne fonctionnerait pas autant. Mais heureusement, le casting est impeccable.

 

J’ai vraiment bien aimé the Rewrite. Dans la trilogie Mark Lawrence/Hugh Grant que j’ai vue, ce n’est pas mon favori, car j’aime toujours mieux Music and Lyrics, mais c’était très sympa~ Bon, pis faut dire que Music and Lyrics a quand même un avantage non négligeable qui fait que:

Ne jamais sous-estimer le pouvoir d'une pop song. Et celle-là me rend incroyablement heureuse. De même que le reste de la B.O. de ce film.

 

 

2007 / Réalisé et écrit par Robin Swicord / D’après le roman de Karen Joy Fowler / Avec Maria Bello, Emily Blunt, Kathy Baker, Amy Brenneman, Maggie Grace, Hugh Dancy, Marc Blucas, Jimmy Smits, etc

 

Lorsque la vie leur fait essuyer plusieurs coups durs, un groupe de femmes décident de créer un club de lecture, à thème « Jane Austen ». Elles sont rejointes par Grigg, un jeune homme enthousiaste ayant flashé sur l’une d’entre elles, mais que celle-ci veut caser avec sa meilleure amie récemment séparée de son mari.

 

Hugh Dancy is

 

Aussi, j’aime bien Jane Austen, ce qui ne fait pas de mal (oh et ça m'a permi de tester le service de location d'Itunes, et ça marche plutôt bien). Mais surtout, SALT m’avait dit que Hugh Dancy était particulièrement adorable dans ce film. Or, comme précédemment établi : Hugh Dancy is

 

Et oui, je confirme, il EST adorable dans ce film, c’était quasiment intenable, j’ai atteint le pur niveau hamster du fangirlisme sur ce coup-là. Et je suis ressortie du film avec essentiellement deux envies : relire Jane Austen (pas de pot pour elle, à la place j’ai commencé à relire Sarn, de Mary Webb… mais c’est bien aussi), et regarder plus de Hugh Dancy (pour le coup, ça, j’ai fait : j’ai revu Confessions of a Shopaholic). Pas que Jane Austen et Hugh Dancy soient les deux seules choses que j’ai appréciées dans ce film, mais oui, ce sont quand même deux choses qui sont ressorties.

 

Du côté « Jane Austen », en fait, au-delà du fait que j’aime ses romans, j’étais contente d’entendre ce que tous les personnages avaient à en dire, c’était amusant de les voir discuter de tous ces livres que j’ai lus (et dont je me souviens plutôt bien finalement, encore que je soupçonne de pouvoir remercier les nombreuses adaptations), et puis le fait d’avoir lu les livres a fait que je me suis sentie encore plus incluse dans le groupe. C’était comme si je faisais partie de leur petit club moi aussi, c’est une des choses qui m’ont bien plu, et dans ma tête, je comparais mes impressions aux leurs (et moi j’aime bien Fanny Price, voilà).

 

Côté Grigg, le personnage de Hugh Dancy, c’est juste que… je ne pouvais pas résister en fait. Le jeune homme est bien trop idéal. Autant il y a des comédies où je soutiens le couple principal (ce qui est déjà pas mal, et pas si évident) sans pour autant rêver du monsieur proposé (exemple : Two Weeks, puisqu'on en parlait), autant là, c’était vraiment un cas de « mais il est où le mien ? T.T » A la fin, il a une mini-passade amère qui ne lui va pas très bien, mais sinon… il est veut tellement s’intégrer et faire les choses bien. Il achète une intégrale énorme, se lance dans Jane Austen l’esprit ouvert (et finit par aimer ça), prend des notes, décore son appartement en fonction, et il est tellement adorablement mal à l’aise, avec ses références à Star Wars et sa confusion totale la moitié du temps. Le jeune homme veut bien faire, est ravi de participer, regarde Buffy (ce qui m’a fait sourire, vu qu’on retrouve Marc Blucas dans ce film, qui a été au casting de Buffy pendant plusieurs saisons), est féru de SF, et porte drôlement bien le costume en plus. Gimme.

 

Mais en vrai, j’ai bien aimé la plupart des personnages, c’est pour ça que c’était sympa « d’intégrer le club ». Bien entendu, j’avais mes favorites (par exemple Bernadette, dont j’ai aimé l’esprit libre), mais j’ai apprécié tout le monde. Je dirais néanmoins que s’il y a un personnage qui m’a réellement touché, ça a été Prudie, interprétée par Emily Blunt. La plupart des personnages ont une histoire à eux, en rapport avec leur vie romantique/de couple, et ça va du mari infidèle à « boy meet girl, boy wants girl to read Ursula Le Guin », et certaines m’ont amusée et/ou attendrie, mais celle qui m’a véritablement touchée, et mise au bord des larmes, c’est celle de Prudie et son mari (interprété par Marc Blucas) qui n’arrivent pas à communiquer, parce que lui ne l’écoute pas, et parce qu’elle n’arrive pas à s’exprimer. L’effet de ce sous-axe doit beaucoup à Emily Blunt, que j’ai trouvée très bonne dans la fragilité de son personnage. Dans notre club de lectrices (et un lecteur), Prudie est le personnage le moins « approchable » de base : c’est une snob, qui prend les gens de haut, et va leur dire que, navrants comme ils sont, ils n’ont juste rien compris à « Jane ». Elle n’est pas le personnage le plus attachant au début, bien que j’aie tout de suite ressenti de la compassion à son égard, mais petit à petit, c’est son histoire à elle qui m’est le plus allé droit au cœur (enfin, Grigg a aussi parlé à mon cœur, mais d’une toute autre façon).

 

J’ai trouvé la fin un peu trop précipitée [spoiler] (les choses se « rangent » très vite, et c’était peut-être un chouïa idéaliste aussi, mais bon, d’un autre côté, Jane Austen aime les happy-endings, et moi aussi… donc même si j’ai trouvé la conclusion plus faible que le reste du film, je ne suis pas trop fâchée, d’autant qu’elle était quand même surtout pleine de choses que j’avais envie de voir) [/spoiler], et certains axes sont moins développés que d’autres (forcément) mais j’ai trouvé le film confortable et charmant. Cela m’a donné envie d’avoir un groupe d’amies (ET GRIGG JE VEUX MON GRIGG) pour faire club de lecture/soutien, de relire Jane Austen, et of course D’AVOIR MON PROPRE GRIGG BORDAYL. Et de regarder plus de Hugh Dancy.

 

Aussi, je savais pas où caser ça, mais Trey, un des élèves de Prudie, est très joli à regarder (et l’acteur, bien qu’il joue un lycéen, a 23 ans, donc tout va bien o.o), et le film s’ouvre sur New Shoes de Paolo Nutini, une chanson que je n’avais pas entendue depuis un bail, mais que j’aime bien, donc j’étais contente de l’entendre. Bonus pour tout ça.

 

 

 

Et sur ce, c’est tout pour cette fois-ci les gens, je vous vois la prochaine fois :D

#Imsohappyrightnow