[Ghostly white] Silk 诡丝

Publié le 27 Décembre 2017

Sorti en 2006

Réalisé et écrit par Su Chao-Bin

Dure 1h48

 

Avec :

Eguchi Yosuke >>> Hashimoto

Chang Chen >>> Tung

Chang Nun-Ning >>> Mei

Chen Bolin >>> Ren

Barbie Hsu >>> Su

Kar Yan Lam >>> Wei

 

Dontesque ?

Une équipe de scientifiques, ayant enfin découvert un fantôme qu’ils puissent observer, espèrent découvrir une technologie révolutionnaire. Afin de les aider, leur chef recrute les services d’un sniper de la police à la vision impressionnante, et capable de lire sur les lèvres (parce que le fantôme n'a pas de voix).

 

Fiche Ecrans d’Asie : ici

 

 

.oOo.

J’aime décidément beaucoup regarder les films uniquement pour un acteur (ou une actrice, ou les deux), dans le cadre d’un épluchage de filmographie. Pour moi, c’est finalement ce qui se rapproche le plus de regarder un film « au hasard », parce que je me renseigne très peu sur les films : puisqu’il y a machin ou machine dedans, et que je suis censée regarder toute (ou une majorité de sa) filmographie, il faut que je voie le film, point, et je rentre dans ces films, que je n’aurais peut-être jamais regardés sinon, en en sachant encore moins de choses que d’habitude (vu que je me renseigne de base pas des masses sur tout ce que je regarde). En l’occurrence, pour Silk, je ne savais vraiment queudale, je n’avais pas lu un synopsis ou quoi que ce soit, et c'était... intéressant, à défaut d’être vraiment bon. Enfin, je ne dirais pas non plus que c’était un désastre, mais mettons que tout ne s’emboitait pas exactement comme il fallait. N’empêche que c’était intéressant. Et que le film a un sacré casting, aussi ! Je suis rentrée dedans pour Chang Chen, et n’avais pas lu le casting au-delà, mais le film réunit également Yosuke Eguchi, Barbie Xu et Chen Bo Lin ! Bon, okay, Silk ne fait quasiment rien de Chen Bo Lin, qui a un rôle d’arrière plan, et Barbie Xu a un second rôle également, Yosuke Eguchi et Chang Chen se disputant réellement la vedette, mais j'étais quand même contente de les voir. Et puis Yosuke Eguchi (qui est dans un de ses bons jours esthétiques), Chang Chen et Chen Bo Lin, même dans le fond, je vais pas vous mentir les gens, ça fait plaisir à mes yeux.

 

D’ailleurs, de manière générale, le film a plutôt fait plaisir à mes yeux. Parfois, il va un peu trop dans le vert vitreux, et c’est dommage que la qualité de la vidéo ne soit pas ouffissime, mais j’ai trouvé que le film était généralement plaisant à regarder, et qu’il arrivait assez bien à instaurer une ambiance, pas vraiment menaçante, mais un peu glauque. Bon, par contre, niveau effets spéciaux, c’est un peu la misère. Certains passent, mais d’autres sont vraiment à faire grimacer, et le plus triste là-dedans est qu’ils ne semblent jamais réellement nécessaires. Le film aurait carrément pu s’en passer, mais au lieu de cela, ils l’handicapent. Enfin, même si en général je ne peux pas dire que j’ai eu peur, il y a quand même quelques moments bien tendus. Par exemple, à un moment donné du film, notre héros, Tung (interprété par Chang Chen, donc) doit prendre en filature un fantôme dont il ne doit surtout pas croiser le regard, et un fantôme qui n’aime pas être observé, si bien qu’on est toujours un peu en flip que le spectre s’aperçoive qu’il est suivi. L’idée du fil de soie reliant les morts aux vivants est également une idée intéressante qui créé une certaine tension, parce que, surtout à la fin du film, quand on voit un fil attaché à quelqu’un, on sait que quelque chose va se produire, et du coup, on attend (de même que le personnage, s’il a vu le film) de savoir quoi, tout en se doutant que ça ne va pas être quelque chose de plaisant. Mais ce que j’ai préféré, c’est la façon dont le fantôme du petit garçon est utilisé.

 

Dans Silk, il n’y a pas beaucoup de fantômes. A vrai dire, il y en a juste un pendant la majeure partie du film, il est découvert tôt, et il ne se balade pas invisible au milieu des vivants : ce sont les vivants qui l’observent, et lui qui ne les voit, la plupart du temps, pas. Il est enfermé dans une pièce, aveugle et sourd, dans sa routine, en pleine vue, et au bout d’un moment, on finit presque par le considérer comme faisant partie du décor. Mais du coup, quand la routine change, quand subitement il fait un mouvement inhabituel et/ou menaçant, ça fait office de véritable piqûre. Comme si subitement vous rentriez dans votre salon et que quelqu'un avait réarrangé le mobilier, sauf que là en plus le mobilier est un enfant mort (après, je sais pas ce que vous avez comme mobilier, hein). J’ai trouvé, encore une fois, qu’il y avait une bonne idée de ce côté-là. Mais je ne peux pas dire, malgré tout, que le film m’ait bien effrayé, cela ne prend jamais tout à fait.

[Ghostly white] Silk 诡丝
[Ghostly white] Silk 诡丝
[Ghostly white] Silk 诡丝
[Ghostly white] Silk 诡丝

Le film veut apparemment faire trois choses : nous raconter une histoire de fantôme, former un lien entre science et surnaturel, et nous donner une leçon sur la vie. Moi, je veux bien, mais tout ne semble pas tout à fait s’emboiter comme il faut. Le côté science paraît toujours un peu absurde, avec ces histoires d’éponges, de gouttes dans les yeux qui permettent de voir les fantômes, de balles qui peuvent les blesser quand elles sont trempées dans ces mêmes gouttes, etc. Et le côté surnaturel, lui, se voit rendu un peu moins effrayant et efficace à cause de cette science qu’on a du mal à prendre au sérieux. Quant au côté plus personnel de l’histoire, ce qui concerne les états d'âme des personnages, c’est vrai que ça a eu du mal à prendre avec moi, parce que je n’ai jamais eu le sentiment qu’on se rapprochait suffisamment d’eux pour ça. Ce qui ne signifie pas, encore une fois, qu’il n’y a pas des idées intrigantes dans tout ça. Personnellement, un des moments que j’aime particulièrement est celui où le personnage d’Eguchi Yosuke aborde le concept de droits pour les fantômes. Tung veut isoler le fantôme du petit garçon, mais Hashimoto avance que si les êtres humains ont des droits, alors peut-être que les fantômes devraient en avoir également. Après tout, ils sont morts, mais ce sont des personnes, et ils retiennent clairement des sentiments, une personnalité, etc. Et le gosse n’était pas spécialement dangereux avant qu’on vienne l’embêter. Le film met rapidement l’idée de côté, mais j’aimais bien qu’elle soit soulevée, parce qu’en admettant qu’on découvre que les fantômes existent, qu’on puisse scientifiquement le prouver et l’expliquer, il faudrait bien se poser la question de comment gérer la chose, et j’imagine que ça passerait par se demander s’il faut considérer les fantômes comme des personnes, comme semble le faire Hashimoto, ou comme un phénomène et/ou une menace, comme semble le faire Tung, chaque personnage étant bien entendu influencé par son propre vécu.

 

Je dois dire que j’adore assez la question de Tung lorsqu’il découvre le fantôme, et demande à Hashimoto s’il est dangereux, parce que, comme il dit, les fantômes sont généralement dangereux dans les films d’horreur. Cela m’a fait rigoler, et à la fois, je me dis que dans ce type de situation, est-ce que ce ne serait pas exactement le type de réflexion qu’on se ferait ? Après avoir été abreuvés de films où les fantômes sont des êtres terrifiants et la plupart du temps agressifs, si on découvrait qu’ils existent demain, est-ce que, en plus de la peur de l’inconnu en général, notre premier réflexe ne serait pas encore plus d’avoir peur ? C’est pour ça que je dis que Silk a des idées intéressantes ici et là : on a une entité qui ne demandait rien à personne, qu’on découvre, décide d’étudier pour l’exploiter, et autour de ça sont soulevées les questions de l'influence des médias, et de s’il faut  donner des droits au fantôme. Mais là, j’extrapole énormément, parce qu’encore une fois, la réplique sur les films d’horreur passe, et on n’y revient pas, c’était juste censé être une blague. Le film ne traite pas ces sujets, mais simplement, il m’y a quand même fait penser, et c’est ce qui m’a fait m’y intéresser.

 

Bon et puis, je dois admettre que même si l’histoire de Tung ne m’a pas émue aux armes, elle avait du potentiel, et à la fin, il y a quand même une scène qui m’a un petit peu touchée. Je ne me suis jamais sentie suffisamment proche de lui, mais je comprenais sa situation quand même, donc je ne suis pas restée complètement indifférente non plus. J’ai eu plus de mal à cerner Hashimoto en revanche. Alors, je comprends son ras-le-bol, parce que c’est clairement fun pour personne d’être brimé, rabaissé et moqué (et de se voir envoyé des cendriers au visage o.o le patron d’Hashimoto est grave, oui) à longueur de journée, si bien que je comprends qu’il cherche une solution à sa condition, et se raccroche à toutes les possibilités, mais lorsqu’il regarde le fantôme, et sort qu’il l’envie parce que le fantôme est libre, je n’ai vraiment pas suivi sa logique. A ce stade, le seul fantôme qu’on ait vu est sourd et aveugle au monde autour de lui, muet, isolé, et enfermé dans une boucle affreusement triste… Euh… ce n’est pas exactement ma définition de « libre »… ?

 

Bref, il y a des manques. J’aurais vraiment aimé que le film soit ait plus de place pour développer toutes les idées qu’il avait, soit qu’il se concentre sur un aspect ou deux, au lieu de s’éparpiller un peu trop. J’ai vraiment apprécié de le regarder, je n’ai pas arrêté de me demander quel tour il allait prendre ensuite, si bien que je ne suis jamais sortie de l’histoire, mais ses moments d’intérêt sont noyés dans une narration qui ne fonctionne pas bien, et les détails que j’ai trouvés les plus intrigants ne sont que des lignes en passant. C’est dommage, mais je ne regrette absolument pas de m’être lancée dans ce film pour autant~

[Ghostly white] Silk 诡丝
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