[Disney Project] Old Yeller

Publié le 6 Mars 2018

Sorti en 1957

Réalisé par Robert Stevenson

Ecrit par Fred Gipson & William Tunberg

D’après le roman de Fred Gipson

Dure 1h29

 

Avec :

Tommy Kirk : Travis Coates

Dorothy McGuire : Katie Caotes

Spike : Old Yeller

Kevin Corcoran : Arliss Coates

Fress Parker : Jim Coates

 

 

Dontesque ?

Dans l’Amérique des années 60, un petit garçon se voit chargé de s’occuper de sa mère, son petit-frère, et de la ferme, le temps que son père revienne. La responsabilité est lourde, mais il pourra compter sur son amitié naissante avec un chien errant pour l'aider.

 

 

.oOo.

Je suppose que c’est pas un truc qu’on oublie. Peut-être qu’il ne faut pas, même. Ce que j’essaie de dire c’est que la vie est comme ça, parfois […]. Parfois, sans qu’on sache bien pourquoi, la vie nous frappe et nous met à terre. Elle nous fracasse si bien contre le sol, qu’on a l’impression que notre intérieur se brise. Mais ce n’est pas tout le temps comme ça. Souvent, vivre a du bon. Et on ne peut pas se permettre de gâcher le bon en restant bloqué sur le mauvais. Sinon, tout devient mauvais.

Je n’avais pas bien hâte de le voir, ce film-là, pour être honnête. Mettons qu’il a une certaine réputation, si bien que j’avais un peu le sentiment de « l’avoir vu sans l’avoir vu », et que ce n’est pas une histoire pour laquelle je ressentais beaucoup d’intérêt. Mais je savais qu’un jour ou l’autre, il faudrait bien que j’y vienne, parce que c’est quand même un film un peu culte côté Disney (encore que j’ai l’impression que c’est plus vrai aux USA qu’en France ?), qui a marqué beaucoup d’enfances. Donc je l’ai regardé. Et c’était bien. J’ai bien apprécié ce film, même s’il ne m’a sans doute pas aussi touchée que la plupart des gens ayant fait sa réputation, et que je ne le reverrai sans doute pas. Mais, oui, je suis rentrée dans le film, en grande partie parce que je trouvais le personnage principal, Travis, engageant.

 

Il n’est pas le seul personnage que j’ai apprécié, à vrai dire, car j’ai bien aimé sa mère également. Elle a une aura très calmante, je trouve, et il y a chez elle un bon mix de douceur, et de capacité à scier un arbre/recoudre des blessures pas jolies à regarder (nous, on les voit pas, bien entendu, mais vu la grimace…).Et même si le petit frère est souvent agaçant, je l’ai au moins trouvé agaçant d’une façon crédible : c’est un gosse perdu au milieu de nulle part qui n’a personne avec qui jouer, du coup il cherche à attirer l’attention. Il s’ennuie, et il ne veut pas qu’on fasse du mal à son chien, le tout me paraissant très naturel. L’acteur n’est pas excellent, mais dans l’écriture, il fait un petit garçon très crédible à mes yeux, et c’est bien entendu important qu’on croit à la famille de Travis, puisque s’occuper d’elle est un élément crucial de son histoire et son évolution.  A côté de ça, les personnages secondaires sont écrits de façon inégale: le voisin malotru est amusant, mais sa fille est tristement fade, et Sanderson (un personnage qui intervient vers la moitié du film) est très agréable mais ne semble pas vraiment à sa place dans le film à mes yeux, et n’apporte pas grand-chose qui n’aurait pu venir d’ailleurs. Revenons-en donc à Travis.

 

Et au passage, j’aimerais dire que j’ai apprécié la performance de l’acteur (et sa façon de parler… en fait, me demandez pas pourquoi, je me suis éclatée à écouter parler tout le casting). Elle est datée, c’était inévitable, mais je ne m’attendais pas à grand-chose, et Tommy Kirk est très engageant, en fait, et m’a donné une raison de plus de m’investir dans le parcours de ce personnage qu’on regarde grandir le long du film. Au début, il est laissé en charge par son père, il devient « l’homme de la maison » le temps de son absence, et évidemment, c’est dur, parce que c’est encore un gosse. Par exemple, on a cette scène où il doit aller chasser pour nourrir sa famille, et il y a bien du gibier qui fait son apparition mais il a les yeux rivés sur deux écureuils qui se chamaillent : d’un côté il y a ses responsabilités d’adultes (nourrir sa famille, ici), de l’autre l’insouciance, il est pris entre les deux, et c’est joliment exprimé par la scène. Scène qui, d’ailleurs, est agréablement souligné par une bande-son donnant un thème clair à chaque émotion et alternant entre les deux, de façon à ce que même sans l’image, finalement, on pourrait s’imaginer la scène. En général, j’ai bien aimé la bande-son de toute façon, qui ne m’a véritablement gênée qu’une seule fois, vers la fin, parce qu’elle rend la transition d’une émotion à une autre très abrupte [spoiler] (je pense à la musique après que Travis ait dû abattre Yeller… on a à peine le temps d’encaisser que boum, grand soleil, et musique joyeuse… après ça, on revient à la gravité de la mort de ce pauvre chien, mais la transition est quand même rude, et du coup j’ai pas eu le temps de ressentir toute la tristesse de la situation) [/spoiler].

[Disney Project] Old Yeller[Disney Project] Old Yeller
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Travis, le long du film, fait son apprentissage de la vie. Bien entendu, il aura encore des choses à apprendre plus tard, car on n’arrête jamais vraiment, mais pour lui, c’est la fin de l’insouciance. Avant cela, il avait déjà fait l’expérience de choses difficiles bien entendu, mais cette fois-ci, c’est plus brutal, parce qu’il ne peut pas juste pleurer et se laisser consoler, il a des responsabilités à prendre. Et à travers tout ça, il peut compter sur son nouvel ami, Old Yeller. J’ai beaucoup aimé voir leur relation se construire le long du film ! Au début, ils ne s’entendent pas trop, mais petit à petit, Travis et Yeller commencent à réellement tisser des liens et si Yeller est un compagnon de jeu important pour le petit-frère, Travis est embarqué sur un chemin difficile, donc le chien devient essentiel pour lui. C’est un ami, mais aussi un protecteur, pour un gamin à qui on vient de dire d’un coup « maintenant grandis, et protège les autres ». Ce n’est pas qu’il ne puisse plus compter sur ses parents, sa mère est toujours là pour l’aider notamment, mais il y a l’idée quand même qu’à présent les autres vont se reposer sur lui, donc avoir Old Yeller pour le soutenir, c’est crucial. Bref, c’est une jolie relation, et il y a une petite partie de moi qui regrette vaguement de n’avoir jamais eu de chien quand j’étais plus jeune.

 

Après, je ne vous cache pas que si j’ai trouvé beaucoup de bonnes choses dans Old Yeller, il y en a aussi certaines qui m’ont fait grimacer. Le film date d’une autre époque, et se passe dans l’ouest, donc forcément, on n’échappe pas à plusieurs allusions aux « injuns », c’est-à-dire « indians » mal prononcé (et ça a pas une connotation très positive), avec le père offrant une coiffe de chef indien à son fils pour jouer avec… bref, on sent l’époque. Mais c’est limité à quelques allusions, ce n’était pas envahissant. Ce qui, en revanche, était partout, c’était les moments où je stressais méchamment pour les animaux du film. Ca m’a mise très mal à l’aise, parce que je n’arrivais pas du tout à déterminer ce qui relevait de la chorégraphie sans danger ou pas, et que dans certains cas, les cris des animaux respiraient quand même le stress. On a un cochon, par exemple, qui glapit (je connais pas les bons verbes, ok…) quand on veut le suspendre à un arbre, un ourson qui crie quand le petit frère le tient par la jambe, des grenouilles fourrées dans des poches… et un chien qui se « bat » avec un ours aussi (là je me doute que c’était chorégraphié, mais je ne sais pas à quel point). C’était malaisant, franchement. Parce que dans certain cas, c’est quand même bien évident que ces animaux sont stressés, et c’est dur à regarder. Cela dépend de votre sensibilité, je suppose, mais moi, je ne pense pas revoir le film, en grande partie à cause de cela.

 

J’ai beaucoup apprécié la relation centrale d’Old Yeller, ainsi que de voir grandir Travis, notre personnage principal. Le film trouve un juste milieu entre dépeindre une réalité difficile et ne pas en montrer trop, et j’aime vraiment bien le casting. Maintenant, oui, les éléments qui m’ont fait grimacer ont rendu le visionnage stressant par endroits, et du coup je ne pense pas revoir le film. Mais je suis contente d’avoir complété ma culture !

Sur ce, de jolies histoires d'amitié avec des animaux (avec des moments très durs pour certaines):

 

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