[Visite morbide] House of Wax

Publié le 20 Mars 2018

Sorti en 1953

Réalisé par Andre DeToth

Ecrit par Crane Wilbur

Basé sur Mystery of the Wax Museum

D’après la nouvelle de Charles S. Belden

Dure 1h28

 

Avec :

Vincent Price : Henry Jarrod

Phyllis Kirk: Sue Allen

Carolyn Jones: Cathy Gray

Frank Lovejoy : Tom Brennan

Charles Bronson: Igor

etc

 

Dontesque ?

Un sculpteur de cire génial semble perdre la vie dans l’incendie accidentel détruisant également le musée de cire et les statues qui étaient toute sa vie. Mais l’incendie n’avait rien d’un accident, et le sculpteur est moins mort qu’on ne le croyait.

 

.oOo.

Je continue mon incursion dans le vieil Hollywood, avec cette fois-ci House of Wax. Il FALLAIT que je voie celui-là, bien entendu. Parce qu’il combine l’avancement du projet Hollywood à mon amour des films d’horreur. Et à mon envie de réellement découvrir Vincent Price, parce que pour être honnête, il a beau être une véritable icône, je ne crois pas que je l’avais déjà vu dans un rôle principal, le connaissant surtout pour son caméo dans Edward Scissorhands et divers rôles de voice-acting seulement. Clairement, il manquait quelque chose d’important à ma culture, et je suis contente d’avoir réparé ce tort (que je vais continuer à réparer lentement -le temps manque, les gens-). Par ailleurs, j’étais particulièrement intriguée par House of Wax, parce que j’ai vu son remake avec Elisha Cuthberg, Chad Michael Murray, et surtout Jared Padalecki (aka Sam Winchester, dans Supernatural), et que j’étais curieuse de découvrir l’original. Plot twist : en fait cette version avec Vincent Price n’est *pas* l’original mais se base sur Mystery of the Wax Museum, sorti en 1933 (lui-même basé sur une nouvelle jamais publiée). Mais je ne le savais pas. Et si House of Wax 1953 semble suivre Mystery of the Wax Museum fidèlement (d’après Wikipedia, hein), le remake de 2005 n’a plus grand-chose à voir avec l’histoire sur laquelle il s’appuie (sinon beaucoup de cire) et la grande curieuse des remakes en moi s’en est donné à cœur joie. Par ailleurs, ça m’a permis d’avoir la surprise ! … même si en vrai, House of Wax se fait rapidement prévisible.

 

Ce que j’ai le plus apprécié dans ce film, clairement, a été Vincent Price lui-même. Sa voix est un plaisir à écouter, sans surprise –j’ai passé une bonne partie du film à espérer qu’il me lise un livre…-, et il a beaucoup de charisme. Il ne m’a inspiré de crainte à aucun moment, plus de la pitié en fait, car c’est un personnage tragique, qui n’a rien de maléfique à la base. Il est désespéré, et rendu fou par le fait qu’on lui retire ce qui faisait toute sa vie. Et bien que je ne puisse évidemment pas approuver ses méthodes, j’ai ressenti de la compassion à son égard. C’était un monstre tragique, en quelque sorte, et je pense que c’est aussi appuyé par le fait que la seule victime qu’on le voit réellement faire à l’écran est la victime qui le « méritait » (okay, dans la vraie vie, je suis pas pro le meurtre-vengeance, mais à l’écran, dans la logique filmique, le personnage s’est fait choper l’œil et la dent qu’il avait lui-même niqués à la base), et tout le reste se déroule sans qu'on le voie. Vincent Price donne de l’élégance à son personnage, et c’était donc un plaisir de le regarder.

 

Par ailleurs, j’ai également apprécié l’héroïne. J’aimais la façon dont elle et son amie Cathy se serraient les coudes (et au passage, Cathy, qui a un rire franchement chelou, rit aussi de sujets chelous et ça me l’a rendue amusante, comme lorsqu’elle remarque de façon très pratique que les compagnies d’assurance veulent toujours voir un corps avant de payer), mais surtout, j’aimais beaucoup sa perspicacité, son intelligence, sa réactivité, et le fait qu’elle ait confiance en soi, et décide d’agir. Elle vit dans un contexte qui n’a de cesse de l’écraser, parce qu’elle est une femme : elle a désespérément besoin d’un travail, mais le seul qu’elle puisse trouver supposerait d’être victime d’harcèlement sexuel ; et lorsqu’elle fait part de ses suspiciions (très fondées) à la police, on l’écoute d’une oreille, et dès qu’elle est sortie, ça y va du « y a vraiment qu’une gonzesse pour inventer des trucs pareils ». Tout est mis sur le compte de « ah, mais elle est fragile », et certes, elle a subi un traumatisme, donc elle n’est pas au meilleur de sa forme, mais la façon dont elle n’est pas prise au séreux est rageante, et c’était satisfaisant de voir qu’au moins elle se faisait confiance elle-même et n’allait pas prendre « fragile petite chose » pour une réponse. Ca me donnait envie de la soutenir dans cette affaire, une raison de rentrer dans le jeu.

 

Enfin, j’ai bien apprécié le look du film. Je suis un peu triste de ne pas avoir pu le voir en 3D par contre ! Je ne sais pas ce que ça aurait donné (apparemment le monsieur qui a réalisé le film était borgne et ne pouvait pas voir la 3D lui-même ?) mais si je sais que quelques films pré-1960 ont été tournés en 3D, je n’en ai jamais vu, et j’aurais été curieuse de voir ça. En plus, il y a une séquence qui n’a clairement été mise dans le film QUE pour la 3D (un monsieur qui fait du ping pong avec lui-même, en gros, des balles étant liées à sa raquette) et j’aurais voulu en profiter dans toute sa gloire, attendez !

Mais même sans ça, j’ai aimé l’esthétique du film. Je ne sais pas exactement pourquoi… En particulier, il y a deux scènes qui m’ont beaucoup plu : celle de l’incendie au début, qui ne manque pas de spectacle (et il y a une certaine fascination à voir crâmer les figures de cire, aussi), et celle de la vengeance via pendaison. Ou plutôt j’ai aimé, tous les moments où l’antagoniste prenait son costume de méchant, parce que j’avais un faible pour le costume en question, justement. Il a un design très classique, et m’a presque évoqué les Trois Brigands, parce que quand je pense « brigand dans la nuit », c’est vraiment cette esthétique qui me vient en premier en tête : une ombre qui glisse dans la nuit, tout de noir vêtue. Tout respire le classique dans cette affaire, jusqu’à l’asisstant du génie fou prénommé Igor (ici sourd et muet), et cela m’a plu.

 

Malheureusement, je suis bien obligée d’admettre que j’ai fini par m’ennuyer devant ce film. Il n’est pourtant pas si long (mais il y a quand même une intermission au milieu :s), ne faisant pas plus d’une heure et demie, mais c’est un mystère dont on connait la conclusion, et le film a fini par se trainer pour moi. Je ne saurais même pas réellement dire pourquoi j’ai trouvé le temps aussi long, au juste, dans cette seconde partie. Pourtant, j’appréciais les personnages, et ça ne me dérange pas toujours de connaître la fin d’une histoire, surtout qu’ici il y avait une bonne part de tragédie, un genre dans lequel voir venir la fin est généralement un atout à mes yeux. Mais si j’appréciais des éléments du film (des scènes remarquables, le casting, les personnages, l’esthétique), quand on combinait le tout, la sauce ne prenait pas tout à fait, et c’était hyper frustrant parce que je n’arrivais pas exactement à déterminer ce qui clochait : je sentais juste qu’il y avait plusieurs moments creux où je m’ennuyais.

 

Je suis bien embêtée pour trancher, donc. Je ne peux pas prétendre avoir adoré, et ce n’est pas un film que j’aurai envie de revoir un jour, je pense (je peux toujours me tromper, j’ai eu des surprises par le passé) mais je suis contente de l’avoir vu et j’ai beaucoup apprécié les éléments du tout, à défaut d’avoir réellement accroché au tout lui-même.

Et puis, trois films classiques d’épouvante que j’ai aimés:

 

 

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