[Vie partie en fumée] Metade Fumaca 半支煙

Publié le 14 Avril 2018

 

Sorti en 1999

Réalisé et écrit par Riley Yip

Dure 1h41

 

Avec :

Eric Tsang : Roy

Nicholas Tse : Smokey

Shu Qi : La femme à la cigarette

 

 

Dontesque ?

Ses jours de gloire derrière lui, un ancien gangster se fait aider par un jeune délinquant pour retrouver la mystérieuse femme à la cigarette qui a changé sa vie.

 

 

.oOo.

Toujours sur la route de Shu Qi, j’avais mis Metada Fumaca dans la liste des choses à voir absolument, pour deux raisons. La première c’est que j’avais vu cette image d’elle :

Et que … comment vouliez-vous que je résiste. Bon, au final, elle a certes un rôle crucial, dans le sens où elle est à la base des motivations du personnage principal, mais elle n’est pas beaucoup à l’écran (mais quand elle y est, mes yeux pleurent de joie). Quant à ma seconde raison de choisir Metade Fumaca, c’était simplement le titre. Je ne sais pas pourquoi, mais en lisant la filmographie de Shu Qi, il m’était resté en tête. Je ne savais pas ce qu’il voulait dire, mais il sonnait japonais, et du coup, il m’intriguait. Au final : ce n’est pas du tout du japonais, mais du portugais. Rien à voir donc. Et apparemment, ces mots signifient « à demi fumée », ce qui se réfère à la cigarette du personnage principal, qu’il a depuis des années et n’a pas fini de fumer, de la même façon que sa vie a été mise en suspens quand il a dû quitter le pays après le mauvais tournant pris par la soirée de sa rencontre avec Shu Qi (je vais l’appeler comme ça car les personnages ignorent son nom et sont justement en quête de son identité). A vrai dire, il est clair que le film n’a pas été sponsorisé par une marque de patch nicotine, parce que ça fume dans tous les sens, les cigarettes étant utilisées comme métaphores pour à la fois la vie, et les souvenirs.

 

La vie, parce que nos existences sont courtes comme le temps qu’on met à fumer une cigarette, mais aussi parce que les cigarettes représentent les petites choses dont nos existences dépendent :  Roy, l’ancien gangster, a vu sa vie changer du tout au tout lorsqu’il a rencontré Shu Qi, et qu’elle lui a accordé un regard le temps d’une cigarette ; le personnage de Nicholas Tse est appelé Smokey parce qu’il a été conçu en moins de temps qu’il en a fallu à sa mère pour finir sa cigarette. Bref, nos existences ne tiennent pas à grand-chose, et si les cigarettes sont nos existences, la fumée qui s’en échappe sont les souvenirs, le passé qu’on cherche à conserver, après lequel on court, mais qui flotte, et nous échappe. Et le fait que la fumée n’ait pas réellement de forme joue aussi, je pense, dans la métaphore, car les souvenirs se déforment, ou sont déformés, volontairement ou involontairement, positivement ou négativement. Pour Roy, qui se définit par ses souvenirs, il y a la tentation, par exemple, de les embellir, pour donner une meilleure image de son lui présent. Vous vous en doutez, donc, il y a une mélancolie certaine à Metade Fumaca, puisqu’on a un personnage qui fait le bilan sur sa vie, courant après un passé fumeux, à l’aide d’un jeune homme sans trop de direction dans la vie.

 

Pour autant, et même si oui, effectivement, j’ai eu la larme à l’œil par moments, n’allez pas vous imaginer que Metade Fumaca est un film triste, et à vrai dire, il y a plusieurs scènes qui m’ont fait sourire, voire rire de bon cœur. Certaines tournant encore autour de la cigarette (Roy et Smokey faisant de la surveillance en voiture, jusqu’à ce que la voiture soit trop remplie de fumée pour qu’ils y voient quoi que ce soit = win), d’autres non, comme une baston générale entre gangs ennemis, ne commençant en vérité jamais, parce que tous ces gangsters endurcis ont vu passer une étoile filante, et qu’au fond, ils ont tous une petite licorne au fond d’eux, il faut croire. Le film contient plusieurs personnages amusants, il est également souvent rythmé par une petite musique brésilienne légère(le personnage de Roy s’étant réfugié au Brésil durant son exil), et tous les flash-backs, en particulier, sont tellement exagérés (parce que Roy embellit les choses), qu’ils en deviennent comiques.

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Cela dit, et c’est quelque chose que j’ai vraiment bien apprécié, ces flash-backs sont certes souvent drôles, parce que les personnages prennent des poses et parce que la petite musique ne colle pas aux images, mais ils parlent quand même du passé violent de Roy (le « Léopard des Neiges », de son surnom de gangster), donc ils sont violents, et ils sont bien filmés. Il y a quelques scènes d’action sympa, et les personnages sont à la fois ridicules dans leurs poses, mais avec un peu la classe quand même, si bien que c’est pas difficile de voir pourquoi Smokey se laisse impressionner par ce récit très romantisé. Il y a un peu de tout dans Metade Fumaca : un peu de comédie, un peu de tragédie, un peu de réalisme, mais aussi un chouïa de magie à la fin, et quand on ajoute tout ça, ça donne quelque chose de réussi qui m’a vraiment à la fois touchée et divertie. Parce qu’il faut dire aussi que j’aimais vraiment bien les personnages, et que forcément, ça a pas mal aidé.

 

Une grosse portion du film est consacrée au lien qui se tisse entre Roy et Smokey, et très rapidement, je me suis investie dans cette relation et son évolution. Les deux personnages sont à la recherche de quelque chose : Roy court après son passé avec seulement un visage en tête, tandis que Smokey est à la recherche d’un père qu’il n’a jamais connu, et dont il ne connait même pas le visage. Et finalement, ces deux personnages, que j’ai tous deux appréciés individuellement, se trouvent surtout l’un l’autre. On voit l’affection se développer entre eux, et il y a beaucoup de scènes où ils se parlent, simplement, et apprennent des choses l’un sur l’autre. En quelque sorte, Roy devient un père de substitution pour  Smokey, qui se met à vraiment l’admirer (offrant ainsi une reconnaissance à Roy dont celui-ci avait besoin), et lorsque Smokey subit inévitablement sa première déception (parce qu’on doit souvent découvrir un jour que nos parents ne sont pas ce qu’on s’était imaginé), ça m’a fait mal au cœur, je l’admets. Bien entendu, aucun des deux personnages n’est tout à fait clean, mais Eric Tsang joue Roy avec une pointe de pathétisme fatigué parfaite, tandis que Nicholas Tse, dans le rôle de Smokey, se rend très rapidement attachant, le film faisant de son personnage un jeune homme  presque naïf par moments, et ayant un meilleur cœur que ce qu’il croit.

 

Quant à la fin, que je ne vous spoilerai certainement pas, elle a cimenté mon affection pour ce film.

 

Donc, oui, parce qu’il a su me faire sourire, pleurer, et me réchauffer le cœur, tout en même temps, (sans oublier de faire plaisir à mes yeux, autant par sa réalisation que par la présence au casting de Shu Qi, Nicholas Tse et Stephen Fung dans un petit rôle) je vous conseille vraiment de jeter un œil à Metade Fumaca. Quant à moi, j’ai gardé le nom du réalisateur et scénariste de côté (Riley Yip) et sur le long terme (car je me connais) j’aimerais bien voir plus de ses films, notamment Just One Look (dans lequel Shu Qi a un petit rôle également), Love is not a game but a joke (avec encore Shu Qi) et Lavender (avec Kaneshiro Takeshi et Kelly Chen) qui me font de l’œil. J’ai aussi envie d’explorer la filmographie de Kaneshiro Takeshi d’aileurs. Je ne vais jamais m’en sortir :D Yay :D

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