[Disney Project] Merlin l'Enchanteur

Publié le 26 Mai 2018

Sorti en 1963

Réalisé par Wolfgang Reitherman

Ecrit par Bill Peet

D’après le livre de T. H. White

Dure 1h19

 

Dontesque ?

Le jeune Arthur, surnommé Moustique, a peu de perspectives d’avenir, lorsqu’il tombe sur le magicien Merlin, qui le prend sous son aile et entreprend de l’instruire.  

 

.oOo.

Un Disney !! Cela faisait longtemps, dites ! Il était donc temps d’y revenir un peu, et vu que le dernier dont j’ai parlé est Les 101 Dalmatiens, c’était au tour de Merlin l’Enchanteur d’y passer (même si je n’ai pas super respecté l’ordre chronologique en vrai… et que j’ai sauté la Belle au Bois Dormant et Peter Pan #Izgotmyreasonsokay). Ce dessin-animé-là, pour la petite histoire, je l’avais vu dans ma jeunesse, et à l’époque, je l’aimais bien, mais pour être honnête, ça n’a jamais non plus été un de mes films favoris. Autant je revoyais Robin des Bois en boucle, autant j’ai dû voir Merlin l’Enchanteur deux fois (et maintenant trois), et je m’en souvenais finalement assez mal. Maintenant que je l’ai revu… ma position sur le film n’a pas vraiment changé. Je l’ai trouvé sympa, mais ce n’est toujours pas un de mes Disneys favoris. C’était un drôle de film. Dans un sens, il me rappelle pas mal le Livre de la Jungle (qui est sorti 4 ans après), en fait. C’est-à-dire qu’on a un gosse qui va de segment en segment, sans que les segments soient supra reliés les uns aux autres (Alice au Pays des Merveilles fonctionne aussi un peu comme ça, mais le Livre de la Jungle et Merlin l’Enchanteur ont une ambiance plus détendue qui font que je les associe plus l’un à l’autre). D’autant moins reliés entre eux que là, en plus, on n’a même pas de Shere Khan pour servir de menace constante, et de motivation à avancer aux personnages. Il y a bien un loup qui essaie de manger Arthur, mais les personnages ne savent même pas qu’il existe, et il n’a finalement aucune influence sur l’histoire, servant uniquement de running gag. Et oh là là, je me sentais tellement mal pour ce loup… A l’exception de la madame écureuil qui se fait briser le cœur par Arthur (lorsqu’il est lui-même transformé en écureuil), le loup est le personnage pour lequel je me suis sentie le plus triste dans ce film. Je sais qu’il essayait de manger notre héros, mais bordayl, il n’arrivait à rien, et pourtant il essayait si fort :’(

 

Puis, il faut dire que si le Livre de la Jungle et Merlin l’Enchanteur ont une autre chose en commun, c’est que leurs personnages principaux sont pas mal ballotés à droite à gauche et ne sont pas franchement passionants. J’ai une certain compassion pour Arthur, parce qu’il vit coincé entre un « frère » et un « père » qui le maltraitent et l’exploitent, mais c’est une compassion très intellectuelle, pas émotionelle : je ne ressens juste pas grand-chose pour Arthur. C’est un bon garçon, mais il ne brille pas exactement par sa personnalité, il n’a pas des masses de charisme non plus, et il est quasiment ce qu’il y a de moins mémorable dans ce film dont il est censé être le héros, un truc que le titre français a bien compris, si bien qu’il ne s’appelle certainement pas « Arthur ».  Quasiment tout autour d’Arthur est plus intéressant qu’Arthur lui-même, bien que ce soit un peu inégal. Mettons que certains segments sont plus intéressants que d’autres. De loin, le meilleur est celui de Madame Mim à mes yeux. Parce que Mim, la sorcière, est en soi un personnage coloré et dynamique (et flippant par moment… sa forme de chat me foutait les boules quand j’étais jeune), et parce que son duel avec Merlin est décidément la séquence la plus divertissante de tout le film. La plupart des segments ont quelque chose à proposer (le brochet du passage « poissons » me faisait très peur à une époque, et mon cœur se brise toujours pour la madame écureuil, bien qu’il serait de bon ton de lui apprendre à ne pas harceler les gens), mais ils ont tendance à durer trop longtemps à mon goût, et c’est vrai que je n’ai jamais été fana des chansons les accompagnant. Elles ne sont pas mauvaises, elles ne me passionent juste pas. Et en général, ce sont un peu mes sentiments vis-à-vis du film : c’est pas mauvais, c’est sympa, mais ça me passionne pas. Il y a des personnages amusants dedans (mon favori étant Archimède, le hibou bougon de Merlin qui se prend petit à petit d’amitié pour Arthur), mais même les plus divertissants ne sont pas des personnages qui me marquent plus que ça, et je pense sincèrement que c’est parce que, les concernant, le film manque beaucoup trop d’impact émotionnel. Le loup et l’écureuil sont les deux seuls personnages à m’avoir réellement tiré une certaine empathie, et on parle d’un antagoniste running-gag dans le fond, et d’un personnage secondaire qui a cinq minutes de temps d’écran

Par ailleurs, je trouve que le film a du mal à délivrer son message. Quand j’étais enfant, pour moi, le message du film était qu’il faut s’instruire, que c’est important, et même que ça peut être plutôt fun, pourvu qu’on ait un professeur capable de nous transformer en oiseau ou en poisson. A l’époque, je dois admettre que ça marchait moyennement pour moi. Le film faisait sembler l’apprentissage à peu près divertissant, mais pas suffisamment pour m’enthousiasmer à mort, et je faisais partie de ces gamines qui aimaient l’école, donc à vrai dire, les leçons de Merlin ne me semblaient pas aussi fun que mes leçons d’histoire de toute façon. Malgré tout je n’avais pas spécialement envie de regarder un film qui me rappelle de faire mes devoirs. A présent, c’est surtout que je le trouve confus, ce film. Je ne m’étais pas trompée sur le message : il le dit clairement, c’est important de s’instruire. C’est plusieurs fois répété, et c’est toute la position de Merlin (dont le film porte le nom) qui s’oppose au gardien d’Arthur, promouvant une bonne instruction, plutôt que la force brute. Même son duel contre Madame Mim est un duel « cerveau vs muscles », à vrai dire. Les gens qui préfèrent la force sont constamment représentés comme méchants et/ou bêtes. Bref, « éducation FTW » semble vouloir nous dire Disney. Le souci c’est que la fin du film ne va pas du tout dans ce sens. Peut-être que si Arthur avait tiré l’épée du rocher en utilisant une formule mathématique (ou que sais-je) ça aurait fonctionné, mais en l’occurrence ce n’est pas comme ça que ça se passe.

 

Le titre original du film est The Sword in the Stone, c’est-à-dire « L’épée dans la pierre ». La traduction française, pour le coup, n’a peut-être rien à voir avec ce titre original, mais est bien plus représentative de ce qu’il y a effectivement dans le film, parce que l’épée dans la pierre apparait au début et à la fin, mais n’est jamais mentionnée sinon. Arthur n’est jamais au courant de son existence, la majorité du film ne semble rien avoir du tout à voir avec cette épée. Néanmoins, Merlin l’Enchanteur lui donne de l’importance, en introduisant le film avec, et en en faisant la grande récompense d’Arthur à la fin. Il sort l’épée de la pierre ! Son père et son frère doivent s’agenouiller devant lui ! Il est enfin respecté ! Et c’est supra cool pour lui, vraiment, mais quel est le rapport avec tout ce qu’on a regardé jusque là ? L’éducation qu’a reçue Arthur n’a joué aucun rôle dans le fait qu’il sorte l’épée du caillou. Il tombe dessus par hasard, ou parce que c’était son destin plutôt. Non seulement ça, mais en plus il tombe dessus alors qu’il venait de mettre son éducation et ses ambitions en pause, allant contre les enseignements de Merlin, et il se retrouve roi, et complètement flippé, parce qu’il n’a absolument aucune idée de quoi faire du trône : il n’est pas du tout préparé.  « Sans une bonne éducation, on n’arrive à rien » disait Merlin, mais clairement, Arthur n’a pas appris des masses de trucs, et il est quand même devenu roi d’Angleterre, parce que c’était son destin, semble-t-il. Dire aux gosses qu’il faut avoir de l’ambition, qu’on peut faire quelque chose de soi-même, que l’éducation ouvre des portes, très bien… mais je pense vraiment que le film aurait gagné à faire plus le lien entre ces leçons données à Arthur et le résultat, histoire qu’il y ait une relation solide de cause à effet, parce que là, ça ne marche pas. Non, là, la leçon c’est « si tu es l’Elu, alors tu arriveras à quelque chose », finalement.

 

Ce n’est pas un très grand film, pour moi. Je le trouve agréable à regarder, d’autant que j’aime bien le style d’animation, visiblement daté, mais ça ne va jamais plus loin. Et d’ailleurs, en parlant d’animation, le film fait pas mal de recyclage. D’autres films, mais aussi de lui-même, et autant reconnaître des bouts d’animation venant d’autres films Disney ne me dérange pas plus que ça, autant voir le film réutiliser ses propres images, ça fait un peu cheap pour tout vous dire. Je comprends le pourquoi (l’animation à la main, c’est galère, ça prend du temps, et ça coûte cher), mais le résultat n’est pas idéal.

 

Et au final Merlin l’Enchanteur est un film que j’apprécie raisonnablement sur le moment, mais que j’oublie rapidement (pour tout vous dire, tout à l’heure j’ai parlé d’être transformé en oiseau, et heureusement que j’avais mes notes, et écrit le plan de cet article juste après avoir vu le film, parce que je l’ai regardé il y a deux mois et que j’avais déjà complètement zappé tout le passage « oiseaux »). Je suis contente de l’avoir revue, je le reverrai certainement dans dix ans, et en attendant, je pense que je n’y penserai pas beaucoup.

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