[Cohabitation post-mortem] Just like Heaven

Publié le 17 Juillet 2018

 

Sorti en 2005

Réalisé par Mark Waters

Ecrit par Peter Tolan et Leslie Diwon

D’après le roman Et si c’était vrai de Marc Levy

Dure 1h35

 

Avec :

Reese Witherspoon : Elizabeth Masterson

Mark Ruffalo : David Abbott

John Heder: Darryl

Donal Logue : Jack

Ivana Miličević : Katrina

Etc

 

 

Dontesque ?

Elizabeth était sur le point de faire un bond dans sa carrière lorsque, alors qu’elle se rendait chez sa soeur, elle a un accident de voiture.

David, récemment célibataire, emménage dans son appartement, mais réalise rapidement qu’il n’est pas seul : le fantôme d’Elizabeth n’a pas déménagé.

 

 

.oOo.

Ces derniers temps, je suis d’humeur à regarder des films romantiques, et je suis tombée sur celui-là sur Netflix (un peu in extremis en plus, parce qu’il a été retiré du catalogue quelques jours après !). Reese Witherspoon est toujours un argument positif, donc même si je ne savais pas trop si je sentais Mark Ruffalo en lead romantique, je n’ai pas trop hésité, d’autant que le concept me plaisait bien (vous savez, moi, dès que ça cause de fantômes, je suis déjà à moitié convaincue). Plus le film avançait, néanmoins, plus l’histoire me semblait familière. Les images non, mais l’histoire oui, et j’ai réalisé une fois le film terminé (en lisant la page wikipedia) que c’était parce que ce film est l’adaptation du roman Et si c’était vrai de Marc Levy, et que j’ai lu ce roman ! En entier, je crois bien. C’était il y a un bail donc je ne me souvenais pas du tout du livre, mais du coup je suis contente parce que je m’étais toujours dit qu’un jour il faudrait que je lise un roman de Marc Levy, histoire de pas mourir idiote, et non seulement je découvre que c’est déjà fait, mais en plus j’ai lu un de ses plus populaires, wouhou ! (et il m’a absolument pas marquée, mais yay pour une case cochée dans ma liste de choses à faire avant de mourir). Bref, je vous partage ma petite victoire, et par ailleurs, j’avais tort: j’ai trouvé Marc Ruffalo charmant dans ce film. Et Reese Witherspoon, comme je m’y attendais, était lumineuse et attachante. Ensemble, ils forment un bon duo et sont clairement le principal atout de ce film qui, sinon, serait assez médiocre.

 

Histoire tout de même de lister des choses positives, le film commence avec la voix de Katie Melua sur la chanson Just like Heaven and se termine sur la même chanson, dans sa version originale par the Cure. J’aime bien les deux versions, et le film est souvent accompagné de musiques que j’aime bien. A vrai dire, Just like Heaven utilise beaucoup de chansons, et parfois, j’ai presque eu envie de dire trop, mais je n’arrive pas à mettre le doigt sur pourquoi. Il y en avait tellement (une vingtaine de chansons –en plus de la BO- sur un film d’1h35, ce qui –en arrondissant- fait une chanson toutes les cinq minutes, sauf erreur de ma part) que de temps en temps j’avais le sentiment que ces petits bouts de chansons populaires étaient comme des soudoiements, un peu comme certains films utilisent références et clins d’œil pour quémander l’affection du public et cacher ses manques. Néanmoins je me demande si ce n'est pas justement parce que je trouvais que le film avait des manques que j'ai eu cette impression là. Enfin, j’aimais les chansons utlisées, et je me suis enthousiasmée chaque fois qu’une commençait, donc je suppose que ça a marché sur moi. En même temps, je suis très facilement corruptible donc ce n’est pas étonnant : je n’ai aucune éthique.

 

Pour continuer dans le positif, j’ai apprécié la majeure partie du casting. Pas juste les deux acteurs principaux. Donal Logue est amusant le rôle du meilleur ami psychologue du héros (même si perso j’irais pas faire ma thérapie chez lui, parce qu’encourager un type qui sombre dans l’alcoolisme à boire ne me semble pas être la meilleure chose à faire, d’autant que le type a clairement encore moins d’éthique que moi, et que son « l’alcool rend les hommes plus courageux et les femmes plus laxes » m’est resté en travers de la gorge), et j’ai eu un faible pour John Heder qui joue un employé de librairie occulte, digne héritier de Bill et Ted, avec son air de stoner, et son amour du mot « righteous » (qui viendrait remplacer le « excellent »). Il est serviable, sympathique, drôle, et son air d’ahuri me parlait. Tous les personnages secondaires ne brillent pas, mais j’en ai apprécié la plupart, même si bien entendu, le duo principal prend le plus de place. Apparemment Mark Ruffalo peut tout à fait me convaincre en lead romantique, et les deux acteurs ont une bonne dynamique, agréable et souvent drôle, avec quelques scènes qui sortent du lot (en matière de comédie, une de mes favorites est celle où le héros, complètement dépassé, sauve la vie d’un type dans un restaurant en suivant les instructions de l’héroïne)(même si je ne comprends pas pourquoi elle n’a pas juste possédé son corps : apparemment elle peut le faire et ça aurait été beaucoup plus simple, et plus sûr…). J’ai un faible pour les histoires de cohabitation forcée, et j’ai bien aimé les débuts du film, ou les deux personnages doivent apprendre à s’accomoder de leur situation. Malheureusement, je trouve aussi que le film ne développe pas très bien leur relation.

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Mon premier souci avec ce film, c’est qu’il n’a pas de règles bien strictes quant au surnaturel, et qu’il repose souvent sur la bêtise de personnages qui refusent apparemment de communiquer. Ca ne me dérange pas trop que Just like Heaven soit entièrement prévisible, parce qu’en l’occurrence les grosses coïncidences ne sont, justement, pas des coïncidences, le film jouant sur l’idée d’intervention d’une force supérieure, mais compter sur le destin c’est une chose, sur la bêtise des leads c’en est une autre. Par ailleurs, à la fin, le film teste vraiment les limites de ce que je suis prête à croire. J’ai aimé la dernière ligne droite parce que toute la partie dans l’hôpital m’a fait rire tellement on empilait du nawak sur du nawak, mais on ne me fera pas croire qu’un type qui a frappé un médecin et essayé de voler une patiente dans le coma n’est pas arrêté parce qu’il a l’air triste. Et pour tous les thèmes sérieux qu’il essaie d’aborder (notamment le deuil) le film m’a paru très superficiel. Mais le vrai gros problème que j’ai avec Just like Heaven, c’est décidément la relation entre ses deux personnages principaux. Parce que je n’y crois pas.

 

J’aime les deux interprètes, ils me vendent qu’il y a une attirance entre eux, mais le film va beaucoup trop vite. Certes, ils sont destinés dans les étoiles et tout ce bordayl, mais au-delà de ça, je n’arrive pas à croire qu’ils sont vraiment tombés amoureux l’un de l’autre. Elle, c’est surtout qu’il est la seule personne à le voir, et lui il en est encore à pleurer sa femme. Je comprends qu’elle fait enfin la pause dont elle avait besoin (même si c’est forcé), et qu’il fait enfin son deuil, et il y a un angle « ils se sauvent l’un l’autre », mais c’est tout. Ils ont trop de choses à régler, et dans tout ça je perçois une camaraderie, une attirance, mais le grand amour, je ne le ressens pas plus loin que « l’Univers a dit que ». Parce que le film est trop court, il va trop vite, il résume. Même la « guérison » du héros, je la trouve trop rapide. Je vois les étapes (elle lui dit « boire c’est pas bien », il lui dit quelques phrases sur sa femme, il sauve une vie et se sent utile pour la première fois depuis longtemps) mais chacune est tellement résumée qu’émotionnellement, son retour à la vie à lui m’a semblé manquer de poids. Encore ce sentiment de superficialité. Je pense que le film aurait vraiment gagné à avoir plus de scènes posées entre ses deux leads, où on aurait pu leur découvrir des choses en communs, par exemple. Et ces minutes, le film aurait pu les récupérer en virant tout l’axe de la voisine qui veut absolument coucher avec le héros, parce que… ben, déjà, c’était pas drôle. Le personnage est très lourd, et la façon dont elle force les choses avec le lead m’a surtout mise mal à l’aise pour lui. C’est le forçage qui est censé nous faire rire, mais le film appuie tellement dessus que ça devient relou, d’autant que ça apporte vraiment pas grand-chose au film. Les autres personnages contribuent à l’histoire (ou sont plus discrets), mais la contribution de la voisine consiste simplement à rendre l’héroïne jalouse, ce qui est vu comme une progression dans la romance, mais honnêtement, j’aurais largement échangé ça contre plus d’interactions intimes entre les personnages.

 

Bon, puis surtout, ça créé une opposition trainée/prude qui m’a fait grimacer, je vous le cache pas.

 

Dès qu’elle apparait à l’écran, la voisine n’a qu’une obsession : coucher avec le personnage principal. Vite fait, à la fin, elle nous dit que c’est parce qu’elle souffre de la solitude, et qu’il n’y a pas de mal à coucher avec les gens... et je suis d’accord: y a pas de mal à coucher avec les gens... si tout le monde est partant. Le personnage aurait pu être touchant écrit autrement, mais l'opportunité passe vite, puis le film repart sur sa lignée. Elle s’impose quand le type veut clairement la voir partir, et quand il est évident qu’il n’est pas partant, elle entreprend de se déshabiller pour lui forcer la main. En clair elle est en plein dans le harcèlement sexuel. Sa sexualité est agressive, et elle est une caricature moquée par le film (car bien sûr, elle est aussi écrite plutôt bête, et elle a un tatouage sur les fesses qui dit "tous à bord" pour parfaire le stéréotype…) et par les personnages principaux eux-mêmes. D’ailleurs l’héroïne est la première à l’appeler « slut/trainée », remarquant que personne ne s’habille comme elle en pleine journée à moins d’être une trainée. Et l’héroïne, elle, est la prude. On ne nous dit pas qu’elle est vierge, mais c’est une possibilité, et donc clairement elle a besoin d’être sauvée. A l’aube d’une promotion pour laquelle elle a bossé super dur, ce qui la retient en ce monde ce n’est pas la famille qu’elle adore, ou son ambition, ses rêves professionnels pour lesquels elle a tant bossé, non, l’inachevé qui fait qu’elle est retenue en ce monde c’est un inconnu qu’elle n’avait même pas envie de rencontrer (et qu’elle doit « réparer »). Au fond, c’est ça qui manquait à sa vie de prude (j’ai un peu grimacé lorsqu’elle sort au héros « sans toi, je cesse d’exister »… parce que littéralement, c’est ce que le film semble dire). Alors, sans le personnage de la voisine, je pense que ça serait passé, parce qu’après tout, oui, elle a atteint la réussite professionnelle (presque), elle a mis sa vie sentimentale en pause tout ce temps, et clairement, une partie d’elle a envie de voir comment c’est, l’amour. Donc c’est pas absurde que ce soit ce regret qui la retienne. Le souci c’est que quand on introduit la voisine, ça créé un contraste « court trop après les hommes = agressif/ridicule/trainée, pas assez d’hommes dans sa vie = doit être sauvée ».  Peut-être que si la voisine avait été écrite autrement, ça aurait marché, mais pour moi s’il y avait un truc dans le film qui pouvait vraiment être écarté pour à la place écrire plus de scènes rendant la relation entre les personnages principaux plus crédible, c’était ça.

 

Mais voilà, Reese Whiterspoon m’inspire beaucoup d’amour, Mark Ruffalo a du charme, et en dépit de tout, j’ai apprécié le film comme on apprécierait, mettons, une glace. C’est pas bien consistant, ça se mange rapidement, mais c’est sucré. C’est pas un film qui va me marquer, je l’aurai oublié dans deux mois, mais j’ai passé un bon moment devant, j’avais envie que les deux protagonistes surmontent les obstacles, j’ai ri à plusieurs passages même si j’ai grimacé à d’autres, et il y avait des chansons que j’aime bien. Entre les mains d’une meilleure équipe derrière la caméra, je pense qu’on aurait pu faire bien plus avec cette idée, mais bon, avec des si, on mettrait l’Alsace en gobelet. Je ne vous presse pas spécialement de voir le film, mais si le synopsis vous tente, pourquoi pas. Ne vous attendez juste pas à monts et choucroute.

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